Fiche de révision : Arrêt cardiorespiratoire de l’adulte

Plan du Cours

  1. Épidémiologie et conséquences de l’arrêt cardiaque
  2. Causes principales de l’arrêt cardiaque
  3. Phases circulatoires no-flow et low-flow
  4. Réanimation médicalisée et accès vasculaire
  5. Médicaments de la réanimation spécialisée
  6. Contrôle des voies aériennes
  7. Recherche étiologique après reprise circulatoire
  8. Arrêt de la réanimation et support extracorporel

1. Épidémiologie et conséquences de l’arrêt cardiaque

Notions clés & Définitions

  • Arrêt cardiaque : Cessation généralement brutale de toute activité mécanique efficace du cœur, quels que soient l’étiologie et le rythme électrique enregistré.

★ À maîtriser

  • Les lésions cellulaires irréversibles peuvent apparaître après environ 4 à 6 minutes dans les organes les plus sensibles à l’hypoxie, notamment le cerveau.

  • La survie habituellement observée après un arrêt cardiorespiratoire de l’adulte en population générale est comprise entre 4 et 9 %.

  • Le délai de prise en charge et l’activation précoce de la chaîne de survie sont les déterminants essentiels du pronostic.

Compléments

  • La reprise circulatoire peut s’accompagner de lésions d’ischémie-reperfusion, notamment d’œdème cérébral, de sidération myocardique et de dysfonction multiviscérale.

Astuce mémo

Arrêt circulatoire → hypoxie → lésions puis décès

2. Causes principales de l’arrêt cardiaque

★ À maîtriser

  • Les causes cardiaques constituent la majorité des arrêts cardiaques de l’adulte, et les causes coronaires sont les plus fréquentes parmi elles.

  • Les principales causes cardiaques comprennent : les causes coronaires aiguës ou chroniques, les troubles du rythme primitifs ou secondaires, les troubles conductifs de haut degré, l’insuffisance cardiaque réfractaire

Compléments

  • Les causes extracardiaques, notamment respiratoires, traumatiques ou liées à une obstruction circulatoire, représentent environ 20 % des arrêts cardiaques.

Astuce mémo

Causes cardiaques dominantes, causes extracardiaques minoritaires

3. Phases circulatoires no-flow et low-flow

Notions clés & Définitions

  • No-flow : Phase d’interruption complète du débit circulatoire systémique après l’arrêt cardiaque.
  • Low-flow : Phase de circulation faible engendrée par les compressions thoraciques pendant la réanimation cardiopulmonaire.

Points essentiels

  • 🔄 La succession circulatoire comprend : l’arrêt du débit en no-flow, la circulation faible sous massage en low-flow, la reprise d’une activité circulatoire spontanée lorsque la réanimation réussit

Astuce mémo

Débit nul, puis faible sous massage, puis circulation spontanée

4. Réanimation médicalisée et accès vasculaire

Points essentiels

  • La réanimation médicalisée évalue rapidement le rythme, défibrille les rythmes choquables avec reprise immédiate du massage, poursuit le massage et réévalue les rythmes non choquables, sécurise les voies aériennes, traite les causes réversibles et administre les médicaments après obtention d’un accès vasculaire.

  • La voie intraveineuse périphérique est l’accès vasculaire à privilégier; si elle ne peut être mise en place, une voie intra-osseuse est utilisée.

5. Médicaments de la réanimation spécialisée

★ À maîtriser

  • L’adrénaline est le vasopresseur recommandé en première intention, car elle augmente les chances de reprise circulatoire à court terme, malgré une incertitude sur son bénéfice à long terme.

  • L’adrénaline est administrée à la dose de 1 mg le plus tôt possible si le rythme est non choquable, après le troisième choc s’il est choquable, puis toutes les 3 à 5 minutes.

  • L’amiodarone est l’antiarythmique recommandé en Europe en cas de fibrillation ventriculaire ou de tachycardie ventriculaire sans pouls persistante après trois chocs, à la dose de 300 mg; 150 mg supplémentaires peuvent être administrés après cinq chocs si la fibrillation persiste.

Compléments

  • La lidocaïne peut remplacer l’amiodarone si celle-ci n’est pas disponible, tandis que le magnésium n’est plus recommandé pour la réanimation de l’arrêt cardiaque.

📌 Le remplissage vasculaire n’est pas recommandé systématiquement et doit être réservé aux arrêts cardiaques associés à une hypovolémie évidente.

6. Contrôle des voies aériennes

★ À maîtriser

  • En France et en Europe, le contrôle des voies aériennes après la ventilation initiale repose généralement sur l’intubation trachéale réalisée par un opérateur entraîné.

📌 L’intubation trachéale ne doit pas interrompre le massage cardiaque pendant plus de 5 secondes.

Compléments

  • La laryngoscopie directe ou la vidéolaryngoscopie peut être utilisée selon l’expérience de l’opérateur, et la capnographie est recommandée pour vérifier le positionnement intratrachéal de la sonde.

  • Après intubation, les réglages initiaux indiqués sont une FiO₂ de 1, une fréquence ventilatoire de 10 par minute et une durée d’insufflation d’une seconde.

7. Recherche étiologique après reprise circulatoire

★ À maîtriser

  • Après la reprise d’une activité circulatoire spontanée, la recherche étiologique précoce oriente les examens vers une coronarographie, notamment en cas de sus-décalage du segment ST, ou vers un scanner cérébral et/ou thoracique en l’absence d’arguments initiaux pour une cause cardiaque.

Compléments

  • Identifier précocement la cause permet de la traiter lorsqu’elle est accessible au traitement et de prévenir une récidive.

8. Arrêt de la réanimation et support extracorporel

★ À maîtriser

  • Les professionnels peuvent renoncer à commencer ou arrêter la réanimation si : la sécurité des sauveteurs est insuffisante, les lésions sont manifestement mortelles ou le décès est irréversible, des directives anticipées valides existent, la réanimation contredit clairement les valeurs et préférences du patient

📌 L’absence de reprise d’activité circulatoire spontanée après plus de 20 minutes d’asystolie malgré une réanimation bien conduite, en l’absence de cause réversible, constitue un critère d’arrêt de la réanimation.

Compléments

  • Un support circulatoire extracorporel peut être envisagé pour un arrêt réfractaire si le pronostic cérébral reste préservé, si une cause potentiellement réversible existe et si l’implantation rapide est possible.

  • Dans certaines situations d’arrêt réfractaire, un massage automatisé facilite le transport de la victime et la mise en place d’une circulation extracorporelle afin d’oxygéner le sang et de préserver la viabilité des tissus.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Arrêt cardiorespiratoire de l’adulte avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant les conséquences de l’arrêt cardiaque sur les organes sensibles à l’hypoxie :

2. Une équipe intervient rapidement après un arrêt cardiaque et active sans délai la chaîne de survie. Quels éléments sont déterminants pour le pronostic ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Arrêt cardiorespiratoire de l’adulte avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’un arrêt cardiaque ?

La cessation généralement brutale de toute activité mécanique efficace du cœur, quels que soient l’étiologie et le rythme électrique enregistré.

Quels sont les déterminants essentiels du pronostic après un arrêt cardiaque ?

Le délai de prise en charge et l’activation précoce de la chaîne de survie.

Quelles causes constituent la majorité des arrêts cardiaques chez l’adulte ?

Les causes cardiaques.

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