★ À maîtriser
L’analyse des troubles moteurs peut être théorique, étiologique, sémiologique ou diagnostique.
Les approches maturationnistes décrivent un développement moteur partant d’une structure globale qui se différencie avec la maturation anatomique et du système nerveux central, selon des lois céphalo-caudale, proximodistale et dorsoventrale.
Les mécanismes moteurs de base sont : (Albaret) : le contrôle du tonus axial, la locomotion, la préhension, comprenant l’approche de l’objet, sa prise et son lâchage
Compléments
Dans les approches dynamiques et écologiques, le comportement moteur émerge par auto-organisation de sous-systèmes neuronaux, musculaires, biomécaniques, motivationnels et environnementaux, sans être préinscrit dans le cerveau ni résulter de la seule maturation du système nerveux central.
Après l’acquisition des mécanismes de base, l’enfant diversifie et complexifie ses gestes, en améliorant leur précision et leur vitesse et en intégrant leur dimension spatiale.
Tête puis tronc et jambes : le contrôle axial suit une progression céphalo-caudale.
★ À maîtriser
📌 Les mouvements sont des réalisations perceptivo-motrices précoces, essentiellement pré-câblées et favorisées par la maturation et l’entraînement spontané, tandis que les gestes ou praxies sont des actions conscientes, volontaires, dirigées vers un but et culturellement apprises. - Mazeau, 2003
📌 Le trouble développemental des coordinations non spécifique porte principalement sur l’exécution, le contrôle et l’intégration motrice et perceptive, tandis que la dyspraxie concerne davantage la représentation, la conceptualisation et la planification du geste appris.
Compléments
Les fonctions motrices statiques immobilisent les segments devant rester fixes, mettent en tension les extenseurs contre la pesanteur, maintiennent l’équilibre et la stabilité, et assurent le placement initial des segments corporels.
L’acquisition des praxies requiert l’intégrité des effecteurs neuromusculaires, des systèmes de commande et de régulation du geste, des systèmes sensoriels et de processus cognitifs comme la perception, l’attention, la mémoire, la conceptualisation, la planification et la résolution de problèmes mécaniques.
Le mouvement s’acquiert surtout par maturation et entraînement spontané ; le geste répond à un but appris culturellement.
★ À maîtriser
📌 Les coordinations bimanuelles comprennent la dissociation, où les mains agissent indépendamment dans l’espace et le temps, la coordination synchrone, où elles produisent des gestes spatialement indépendants au même moment, et la coopération indifférenciée ou différenciée, où elles contribuent à une même action avec des rôles respectivement non différenciés ou distincts.
📌 Les gestes de planification temporelle échouent par omission ou erreur de séquence, les gestes visuoconstructifs par défaut d’organisation spatiale, les gestes d’habillage par difficulté à coordonner espace corporel et extracorporel, et les gestes d’utilisation d’outils par trouble conceptuel ou de programmation.
Compléments
📌 Un geste réalisé sur ordre oral sollicite une connaissance préalable de la tâche et une représentation mentale, tandis qu’un geste réalisé sur imitation mobilise l’analyse visuospatiale.
Décrire, étayer par le tonus, puis différencier les coordinations apprises.
★ À maîtriser
Les apraxies surviennent en lien avec des lésions cérébrales, le plus souvent après une période où les réalisations gestuelles étaient préservées.
La CIM-10 définit le trouble spécifique du développement moteur comme une altération sévère de la coordination motrice non exclusivement imputable à un retard mental global ou à une affection neurologique spécifique congénitale ou acquise. - CIM 10
Les critères CIM-10 présentés comprennent : (CIM 10) : un résultat à un test standardisé de coordination motrice à au moins deux écarts-types sous le niveau attendu pour l’âge, une interférence significative avec les performances scolaires ou les activités de la vie courante, l’absence d’affection neurologique identifiable, un QI inférieur à 70 comme critère d’exclusion couramment utilisé
Compléments
L’apraxie survient après une période de gestes préservés ; le trouble développemental apparaît au cours de l’acquisition.
★ À maîtriser
📌 Selon les critères DSM-5 présentés, le TDC associe des compétences de coordination nettement inférieures aux attentes compte tenu de l’âge et des occasions d’apprentissage, une interférence significative et persistante dans la vie quotidienne ou scolaire, un début précoce et l’absence d’une meilleure explication par un handicap intellectuel, une déficience visuelle ou une affection neurologique motrice. - DSM 5
La prévalence du TDC est estimée à environ 5 à 6 % chez les enfants de 5 à 11 ans selon le DSM-5, et à 5 à 9 % des enfants d’âge scolaire, dont 1 à 2 % de formes sévères. - DSM 5
Les manifestations cliniques du TDC sont hétérogènes et peuvent comprendre lenteur, imprécision, incoordination, difficultés d’équilibre et de contrôle postural, troubles visuo-moteurs, difficultés face aux tâches nouvelles et automatisation motrice limitée.
Compléments
La majorité des études rapportent un sex-ratio de deux à trois garçons pour une fille parmi les enfants présentant un TDC.
Les études longitudinales citées indiquent que le TDC persiste à l’âge adulte chez au moins 50 % des sujets concernés, malgré les compensations.
Les hypothèses étiologiques du TDC portent sur :
Les comorbidités fréquentes du TDC comprennent le TDA/H, les troubles spécifiques du langage et de la lecture, les troubles des apprentissages mathématiques, le TSA, les troubles psycho-affectifs, les troubles du sommeil et certains troubles somatiques.
★ À maîtriser
📌 Certains auteurs considèrent la dyspraxie développementale comme une forme spécifique de TDC, tandis que l’approche différenciée distingue le TDC non spécifique, davantage lié à la régulation du mouvement, de la dyspraxie, davantage liée à la programmation du geste appris. - JM. Albaret
📌 La dyspraxie idéatoire trouble l’organisation conceptuelle et la succession chronologique des étapes de manipulation d’un objet, tandis que la dyspraxie idéomotrice trouble l’organisation du geste sans manipulation effective d’un objet.
Compléments
Le défaut d’automatisation maintient le geste sous contrôle attentionnel et peut entraîner lenteur, fatigabilité et échecs en situation de double tâche. - Magnat, J. Xavier, I. Zammouri, D. Cohen, Troubles développementaux de la coordination (TDC) : perspective clinique et synthèse de l’état des connaissances, 2015
La dyspraxie visuoconstructive affecte l’assemblage et la construction, tandis que la dyspraxie visuospatiale perturbe l’organisation et la structuration spatiales, notamment dans la reproduction de dessins.
Le TDC non spécifique touche la régulation motrice ; la dyspraxie vise surtout la programmation du geste appris.
★ À maîtriser
Les approches centrées sur le déficit comprennent : l’intégration sensorielle par stimulations vestibulaires, proprioceptives et tactiles, les approches sensori-motrices entraînant la discrimination visuelle, les capacités visuo-motrices, les traitements orientés sur les processus développant la kinesthésie, la détection des erreurs et le contrôle postural
Les approches orientées sur la performance favorisent la participation à des activités en travaillant directement des tâches spécifiques, parfois décomposées en sous-tâches, ou en aidant l’enfant à élaborer des stratégies pour apprendre une tâche motrice.
La prise en charge du TDC et des dyspraxies découle d’une évaluation pluridisciplinaire et associe des soins psychomoteurs, éventuellement orthoptiques, ergothérapiques et psychothérapeutiques, ainsi qu’un accompagnement familial et scolaire et des aménagements adaptés.
Les traitements orientés sur les processus considèrent la kinesthésie comme la base essentielle de l’acquisition des habiletés et de la performance motrice.
Les approches orientées sur la performance favorisent la participation de l’enfant à des activités sollicitant en permanence les interactions entre le sujet, l’environnement et la tâche.
L’approche cognitive aide l’enfant à comprendre comment apprendre une tâche motrice et à développer des stratégies d’apprentissage.
📌 Les résultats des méthodes varient selon la méthode utilisée et selon la nature du trouble, TDC non spécifique ou dyspraxie développementale ; les approches orientées sur le déficit semblent peu adaptées aux dyspraxies, tandis que les approches cognitives sont prometteuses.
Compléments
📌 Les méthodes centrées sur le déficit semblent peu adaptées aux dyspraxies, à l’exception de résultats positifs mitigés pour les thérapies sensori-motrices, tandis que les approches cognitives semblent prometteuses.
Les traitements orientés sur les processus développent la kinesthésie afin d’améliorer le contrôle postural par la détection des erreurs et la mémorisation des réalisations correctes.
Les interventions spécifiques sur la tâche apprennent une ou plusieurs tâches, enrichissent le répertoire moteur, travaillent directement l’activité et la décomposent en sous-tâches élémentaires.
Les approches centrées sur le déficit ciblent les processus ; les approches orientées sur la performance travaillent les tâches.
★ À maîtriser
📌 Pour Liliane Lurçat, le dessin prépare à l’apprentissage de l’écriture, tandis que Marie-Thérèse Zerbato-Poudou distingue le graphisme, l’écriture et le dessin comme des activités graphiques complémentaires aux finalités distinctes.
Selon Liliane Lurçat, le développement graphique mobilise trois niveaux liés : moteur, perceptif et représentatif.
Lurçat décrit trois stades du développement graphique :
Entre 6 et 8 ans, durant la phase pré-calligraphique, l’enfant apprend l’écriture par copie, construit des représentations visuelles puis motrices des allographes, contrôle surtout le mouvement par rétroaction visuelle et écrit lentement avec des pauses fréquentes.
Entre 8 et 11 ans, durant la phase calligraphique, le tracé devient plus régulier et souple, le contrôle devient proactif, la vitesse augmente et la perte de précision est compensée vers 11 ans.
Compléments
Le modèle de l’écriture de Zesiger comprend les connaissances linguistiques, les connaissances visuo-spatiales et les capacités de programmation et d’exécution motrices.
À partir de 18 mois, l’enfant produit des gribouillages et commence à réaliser des traits ; à partir de 2 ans, il apprend à contrôler l’espace graphique d’abord par la kinesthésie, puis par la vision.
Entre 3 et 4 ans, l’enfant produit un acte graphique avec une intention particulière ; entre 4 et 5 ans, il commence à comprendre la portée symbolique de l’écriture ; vers 5 ans, il recopie des lettres pour écrire son prénom.
Après 11 ans, durant la phase post-calligraphique, l’enfant simplifie et singularise une écriture devenue automatique afin de répondre aux exigences croissantes de vitesse et d’économie.
Gribouillage, forme, maîtrise ; puis pré-calligraphique, calligraphique, post-calligraphique.
★ À maîtriser
📌 L’agraphie est une pathologie acquise, généralement consécutive à un accident neurologique et concernant surtout l’adulte, tandis que la dysgraphie développementale concerne les difficultés d’écriture au cours du développement.
📌 La dysgraphie ne peut être évoquée qu’à la fin des apprentissages graphiques.
Les modèles périphériques classent les dysgraphies à partir de la symptomatologie et des conséquences observables sur la production, tandis que les modèles neuropsychologiques les classent selon les processus d’écriture et que les modèles intégratifs articulent ces données dans une dynamique développementale.
Le modèle d’Ellis distingue trois systèmes fonctionnels :
Compléments
📌 La CIM 10 rattache les troubles de l’écriture à la catégorie « malhabileté pour l’écriture », tandis que le DSM 5 les inscrit parmi les troubles spécifiques des apprentissages, avec déficit de l’expression écrite pouvant affecter la lisibilité ou la vitesse et inclure orthographe, ponctuation, grammaire, clarté ou organisation.
Dans la classification périphérique de De Ajuriaguerra, les profils comprennent les enfants raides, au graphisme relâché et faiblement tonique, impulsifs, maladroits, ainsi que lents et précis. - J. DE AJURIAGUERRA
La classification de Sandler distingue quatre profils (SANDLER et Al.) :
Graphémique → allographique → graphomoteur : du choix des lettres à leur exécution.
★ À maîtriser
Les signes de dysgraphie peuvent inclure un mouvement heurté ou saccadé, une régulation spatiale, temporelle ou cinématique déficiente, une écriture irrégulière, une lenteur excessive, une fatigabilité et une dysfluence graphique.
La dysgraphie est rarement considérée comme un trouble autonome et coexiste souvent avec des troubles neurodéveloppementaux, notamment les TSA, la dyslexie, le trouble spécifique du langage oral, le TDC et le TDA/H.
Plus de 80 % des enfants avec un TDC présentent un trouble de l’écriture, contre environ 15 % des enfants au développement typique.
📌 La présence de troubles associés à la dysgraphie aggrave le pronostic et complique la mise en place de soins et d’aménagements adaptés, de sorte qu’elle doit être prise en compte dans le projet thérapeutique.
Compléments
La dysgraphie peut aussi se manifester par l’évitement, une résonance émotionnelle excessive, des difficultés de tenue de l’outil, des espacements ou liaisons anormaux, une difficulté de double-tâche, des douleurs, des syncinésies ou des tremblements.
Au début de la scolarité, les difficultés concernent surtout la formation et les liaisons des lettres, leur variabilité, la lenteur et la qualité graphique ; au collège, la lenteur devient très invalidante et la composition peut être réduite ; dans l’enseignement supérieur et à l’âge adulte, la construction et la correction de textes, la prise de notes et la vitesse d’inscription peuvent rester affectées. - Soppelsa R, Biotteau M, Albaret JM, les dysgraphies développementales ou le Trouble de l’Apprentissage de la Graphomotricité
Les enfants présentant une écriture pauvre obtiennent majoritairement de faibles scores au M-ABC, notamment en dextérité manuelle, selon l’étude de Smits-Engelsman et al. (2001).
Les troubles associés aggravent le pronostic et compliquent les soins.
★ À maîtriser
L’évaluation spécifique de la dysgraphie comprend l’observation du comportement pendant l’écriture, l’examen de la trace produite et l’analyse du mouvement, notamment par enregistrement sur tablette digitale.
Le bilan psychomoteur de la dysgraphie nécessite un examen pédiatrique, une anamnèse complète et un examen psychomoteur évaluant la sévérité du trouble et l’organisation psychomotrice générale.
📌 La dysgraphie est définie par un niveau d’écriture très inférieur au niveau attendu à la fin de la période d’apprentissage, et la dysgraphie développementale ne doit pas résulter d’une anomalie telle qu’une atteinte neurologique ou ophtalmologique, notamment une amblyopie.
📌 La prise en charge de la dysgraphie doit être individualisée et inclure l’accompagnement de l’entourage, le soutien psychoaffectif et des aménagements scolaires comme le recours à l’oral, la limitation des contraintes graphiques et l’octroi de temps supplémentaire ; une aide numérique peut être introduite par un professionnel formé en l’absence de progression ou en cas d’effet plafond.
Compléments
Les tests standardisés cités comprennent :
Hors écriture, le bilan peut évaluer :
★ À maîtriser
Compléments
Les hypothèses liées à l’équipement de base comprennent les facteurs génétiques, le gradient de maturation, le fonctionnement hormonal et la position intra-utérine.
Les influences du milieu humain comprennent :
Les dynamiques développementales sont décrites par un point de vue sensorimoteur, fondé sur l’unification de l’espace, la permanence des moyens instrumentaux et les coopérations bimanuelles différenciées, et par un point de vue psychanalytique, décrivant le passage d’un espace de continuité à un espace différencié, d’abord en miroir puis subjectif.
★ À maîtriser
Vers 2–3 ans, les dominances oculaire et du membre inférieur sont stables, tandis que la dominance manuelle n’est déjà stabilisée que chez une minorité d’enfants.
À 6 ans, la dominance manuelle se stabilise en règle générale chez de nombreux enfants grâce à la variété et à la répétition des expériences, et l’enfant peut s’orienter à droite et à gauche sur lui-même.
Vers 7–8 ans, les dominances sont fixées et l’enfant situe la droite et la gauche sur autrui, d’abord lorsqu’il est à côté de lui puis lorsqu’il lui fait face.
Compléments
2–3 ans : dominances œil-pied ; 5 ans : main variable ; 6 ans : stabilisation ; 7–8 ans : dominances fixées.
★ À maîtriser
📌 Un retard du processus de latéralisation correspond à l’absence de préférence manuelle clairement observable au-delà de 6 ans ou à une préférence manuelle encore instable au-delà de 7 ans.
Compléments
Préférence et performance peuvent diverger : utiliser une main n’implique pas qu’elle soit la plus performante.
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1. Quelles perspectives peuvent structurer l’analyse des troubles moteurs ?
2. Dans une approche dynamique, un comportement moteur nouveau apparaît lorsque quels facteurs interagissent ?
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Quelles formes peut prendre l’analyse des troubles moteurs ?
Théorique, étiologique, sémiologique ou diagnostique.
Quelles lois organisent le développement moteur selon les approches maturationnistes ?
Les lois céphalo-caudale, proximodistale et dorsoventrale.
Selon Paoletti, comment se définit la coordination motrice ?
La mise en jeu ordonnée et l’enchaînement harmonieux des mouvements grâce à l’association cohérente des participations toniques musculaires.
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