Fiche de révision : Dyspraxies, dysgraphie et latéralité

Plan du Cours

  1. Développement moteur et coordinations
  2. Mouvement, geste et praxies
  3. Analyse clinique des coordinations
  4. Troubles acquis et développementaux
  5. Critères et manifestations du TDC
  6. TDC et dyspraxies développementales
  7. Formes de dyspraxie
  8. Prise en charge des dyspraxies
  9. Développement du graphisme et de l’écriture
  10. Définition et modèles de la dysgraphie
  11. Signes et comorbidités de la dysgraphie
  12. Évaluation et soins de la dysgraphie
  13. Latéralité et influences du développement
  14. Repères et formes de latéralité
  15. Troubles du processus de latéralisation

1. Développement moteur et coordinations

Notions clés & Définitions

  • Affordance : L’affordance désigne l’ajustement des mouvements du bébé à ce qu’il perçoit dans son milieu, selon Gibson.

★ À maîtriser

  • L’analyse des troubles moteurs peut être théorique, étiologique, sémiologique ou diagnostique.

  • Les approches maturationnistes décrivent un développement moteur partant d’une structure globale qui se différencie avec la maturation anatomique et du système nerveux central, selon des lois céphalo-caudale, proximodistale et dorsoventrale.

  • Les mécanismes moteurs de base sont : (Albaret) : le contrôle du tonus axial, la locomotion, la préhension, comprenant l’approche de l’objet, sa prise et son lâchage

Compléments

  • Dans les approches dynamiques et écologiques, le comportement moteur émerge par auto-organisation de sous-systèmes neuronaux, musculaires, biomécaniques, motivationnels et environnementaux, sans être préinscrit dans le cerveau ni résulter de la seule maturation du système nerveux central.

  • Après l’acquisition des mécanismes de base, l’enfant diversifie et complexifie ses gestes, en améliorant leur précision et leur vitesse et en intégrant leur dimension spatiale.

Astuce mémo

Tête puis tronc et jambes : le contrôle axial suit une progression céphalo-caudale.

2. Mouvement, geste et praxies

Notions clés & Définitions

  • Coordination : Paoletti, Coordinations motrices, mouvements et gestes, 1999 - Mise en jeu ordonnée et enchaînement harmonieux des mouvements constitutifs d’une action, grâce à l’association cohérente des participations toniques musculaires.
  • Praxie : Costini, O., Roy, A., Faure, S. & Le Gall, D., La dyspraxie développementale : actualités et enjeux, 2013 - Geste complexe, appris implicitement ou explicitement, qui suppose une intention consciente, une représentation globale de l’acte et un programme moteur dirigé vers un but.

★ À maîtriser

  • Les coordinations motrices établissent des relations spatio-temporelles entre des éléments initialement indépendants et s’appuient sur des informations internes au sujet et externes, notamment visuelles, tactiles et auditives.

📌 Les mouvements sont des réalisations perceptivo-motrices précoces, essentiellement pré-câblées et favorisées par la maturation et l’entraînement spontané, tandis que les gestes ou praxies sont des actions conscientes, volontaires, dirigées vers un but et culturellement apprises. - Mazeau, 2003

📌 Le trouble développemental des coordinations non spécifique porte principalement sur l’exécution, le contrôle et l’intégration motrice et perceptive, tandis que la dyspraxie concerne davantage la représentation, la conceptualisation et la planification du geste appris.

Compléments

  • Les fonctions motrices statiques immobilisent les segments devant rester fixes, mettent en tension les extenseurs contre la pesanteur, maintiennent l’équilibre et la stabilité, et assurent le placement initial des segments corporels.

  • L’acquisition des praxies requiert l’intégrité des effecteurs neuromusculaires, des systèmes de commande et de régulation du geste, des systèmes sensoriels et de processus cognitifs comme la perception, l’attention, la mémoire, la conceptualisation, la planification et la résolution de problèmes mécaniques.

Astuce mémo

Le mouvement s’acquiert surtout par maturation et entraînement spontané ; le geste répond à un but appris culturellement.

3. Analyse clinique des coordinations

★ À maîtriser

  • L’analyse clinique des coordinations progresse du niveau descriptif des troubles, au contrôle tonico-postural, puis à l’analyse différentielle des coordinations apprises.

📌 Les coordinations bimanuelles comprennent la dissociation, où les mains agissent indépendamment dans l’espace et le temps, la coordination synchrone, où elles produisent des gestes spatialement indépendants au même moment, et la coopération indifférenciée ou différenciée, où elles contribuent à une même action avec des rôles respectivement non différenciés ou distincts.

📌 Les gestes de planification temporelle échouent par omission ou erreur de séquence, les gestes visuoconstructifs par défaut d’organisation spatiale, les gestes d’habillage par difficulté à coordonner espace corporel et extracorporel, et les gestes d’utilisation d’outils par trouble conceptuel ou de programmation.

Compléments

  • Les coordinations manuelles digitales mobilisent des mouvements fins des doigts ou groupes de doigts ; le déliement digital correspond à leur dissociation au service d’une action coordonnée, tandis que les gnoso-praxies digitales associent l’analyse perceptive à la réalisation correcte d’un geste.

📌 Un geste réalisé sur ordre oral sollicite une connaissance préalable de la tâche et une représentation mentale, tandis qu’un geste réalisé sur imitation mobilise l’analyse visuospatiale.

  • Un trouble du contrôle tonico-postural peut associer hypotonie ou hypertonie de fond modérée, mauvaise adaptation du recrutement tonique à la tâche et difficultés de contrôle distal, avec une qualité réduite des équilibres statiques et dynamiques.

Astuce mémo

Décrire, étayer par le tonus, puis différencier les coordinations apprises.

4. Troubles acquis et développementaux

Notions clés & Définitions

  • Apraxie : Déjerine - Trouble de l’activité gestuelle chez un sujet dont les appareils d’exécution sont intacts et qui connaît pleinement l’acte à accomplir.

★ À maîtriser

  • Les apraxies surviennent en lien avec des lésions cérébrales, le plus souvent après une période où les réalisations gestuelles étaient préservées.

  • La CIM-10 définit le trouble spécifique du développement moteur comme une altération sévère de la coordination motrice non exclusivement imputable à un retard mental global ou à une affection neurologique spécifique congénitale ou acquise. - CIM 10

  • Les critères CIM-10 présentés comprennent : (CIM 10) : un résultat à un test standardisé de coordination motrice à au moins deux écarts-types sous le niveau attendu pour l’âge, une interférence significative avec les performances scolaires ou les activités de la vie courante, l’absence d’affection neurologique identifiable, un QI inférieur à 70 comme critère d’exclusion couramment utilisé

Compléments

  • Le modèle de Roy et Square distingue un système conceptuel de connaissances sur les objets et les actions d’un système de production dynamique qui actualise ces connaissances pour produire le geste.

Astuce mémo

L’apraxie survient après une période de gestes préservés ; le trouble développemental apparaît au cours de l’acquisition.

5. Critères et manifestations du TDC

★ À maîtriser

📌 Selon les critères DSM-5 présentés, le TDC associe des compétences de coordination nettement inférieures aux attentes compte tenu de l’âge et des occasions d’apprentissage, une interférence significative et persistante dans la vie quotidienne ou scolaire, un début précoce et l’absence d’une meilleure explication par un handicap intellectuel, une déficience visuelle ou une affection neurologique motrice. - DSM 5

  • La prévalence du TDC est estimée à environ 5 à 6 % chez les enfants de 5 à 11 ans selon le DSM-5, et à 5 à 9 % des enfants d’âge scolaire, dont 1 à 2 % de formes sévères. - DSM 5

  • Les manifestations cliniques du TDC sont hétérogènes et peuvent comprendre lenteur, imprécision, incoordination, difficultés d’équilibre et de contrôle postural, troubles visuo-moteurs, difficultés face aux tâches nouvelles et automatisation motrice limitée.

Compléments

  • La majorité des études rapportent un sex-ratio de deux à trois garçons pour une fille parmi les enfants présentant un TDC.

  • Les études longitudinales citées indiquent que le TDC persiste à l’âge adulte chez au moins 50 % des sujets concernés, malgré les compensations.

  • Les hypothèses étiologiques du TDC portent sur :

    • des facteurs génétiques et héréditaires
    • des facteurs neuro-anatomiques
    • des facteurs périnataux
    • des facteurs psychosociaux
  • Les comorbidités fréquentes du TDC comprennent le TDA/H, les troubles spécifiques du langage et de la lecture, les troubles des apprentissages mathématiques, le TSA, les troubles psycho-affectifs, les troubles du sommeil et certains troubles somatiques.

6. TDC et dyspraxies développementales

Notions clés & Définitions

  • Dyspraxie développementale : Magnat, J. Xavier, I. Zammouri, D. Cohen, Troubles développementaux de la coordination (TDC) : perspective clinique et synthèse de l’état des connaissances, 2015 - Troubles de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires malgré un entraînement habituel parfois renforcé, souvent associés à des troubles visuospatiaux invalidants.

★ À maîtriser

📌 Certains auteurs considèrent la dyspraxie développementale comme une forme spécifique de TDC, tandis que l’approche différenciée distingue le TDC non spécifique, davantage lié à la régulation du mouvement, de la dyspraxie, davantage liée à la programmation du geste appris. - JM. Albaret

📌 La dyspraxie idéatoire trouble l’organisation conceptuelle et la succession chronologique des étapes de manipulation d’un objet, tandis que la dyspraxie idéomotrice trouble l’organisation du geste sans manipulation effective d’un objet.

Compléments

  • Le défaut d’automatisation maintient le geste sous contrôle attentionnel et peut entraîner lenteur, fatigabilité et échecs en situation de double tâche. - Magnat, J. Xavier, I. Zammouri, D. Cohen, Troubles développementaux de la coordination (TDC) : perspective clinique et synthèse de l’état des connaissances, 2015

  • La dyspraxie visuoconstructive affecte l’assemblage et la construction, tandis que la dyspraxie visuospatiale perturbe l’organisation et la structuration spatiales, notamment dans la reproduction de dessins.

Astuce mémo

Le TDC non spécifique touche la régulation motrice ; la dyspraxie vise surtout la programmation du geste appris.

7. Formes de dyspraxie

Notions clés & Définitions

  • Dyspraxie verbale : Magnat, J. Xavier, I. Zammouri, D. Cohen, Troubles développementaux de la coordination (TDC) : perspective clinique et synthèse de l’état des connaissances, 2015 - Ou dysphasie phonologique, est un trouble structurel du langage ayant pour origine une atteinte des mouvements de la parole et souvent associé à une dyspraxie gestuelle.

Points essentiels

  • La dyspraxie bucco-linguo-faciale rend difficiles des programmations motrices telles que souffler, siffler, gonfler les joues, claquer la langue ou faire un baiser.
  • La classification citée distingue : (Magnat, J. Xavier, I. Zammouri, D. Cohen) : les dyspraxies constructives visuospatiales, les dyspraxies non constructives idéomotrices et idéatoires, la dyspraxie de l’habillage, la dyspraxie verbale ou dysphasie phonologique

8. Prise en charge des dyspraxies

★ À maîtriser

  • Les approches centrées sur le déficit comprennent : l’intégration sensorielle par stimulations vestibulaires, proprioceptives et tactiles, les approches sensori-motrices entraînant la discrimination visuelle, les capacités visuo-motrices, les traitements orientés sur les processus développant la kinesthésie, la détection des erreurs et le contrôle postural

  • Les approches orientées sur la performance favorisent la participation à des activités en travaillant directement des tâches spécifiques, parfois décomposées en sous-tâches, ou en aidant l’enfant à élaborer des stratégies pour apprendre une tâche motrice.

  • La prise en charge du TDC et des dyspraxies découle d’une évaluation pluridisciplinaire et associe des soins psychomoteurs, éventuellement orthoptiques, ergothérapiques et psychothérapeutiques, ainsi qu’un accompagnement familial et scolaire et des aménagements adaptés.

  • Les traitements orientés sur les processus considèrent la kinesthésie comme la base essentielle de l’acquisition des habiletés et de la performance motrice.

  • Les approches orientées sur la performance favorisent la participation de l’enfant à des activités sollicitant en permanence les interactions entre le sujet, l’environnement et la tâche.

  • L’approche cognitive aide l’enfant à comprendre comment apprendre une tâche motrice et à développer des stratégies d’apprentissage.

📌 Les résultats des méthodes varient selon la méthode utilisée et selon la nature du trouble, TDC non spécifique ou dyspraxie développementale ; les approches orientées sur le déficit semblent peu adaptées aux dyspraxies, tandis que les approches cognitives sont prometteuses.

Compléments

📌 Les méthodes centrées sur le déficit semblent peu adaptées aux dyspraxies, à l’exception de résultats positifs mitigés pour les thérapies sensori-motrices, tandis que les approches cognitives semblent prometteuses.

  • Les traitements orientés sur les processus développent la kinesthésie afin d’améliorer le contrôle postural par la détection des erreurs et la mémorisation des réalisations correctes.

  • Les interventions spécifiques sur la tâche apprennent une ou plusieurs tâches, enrichissent le répertoire moteur, travaillent directement l’activité et la décomposent en sous-tâches élémentaires.

Astuce mémo

Les approches centrées sur le déficit ciblent les processus ; les approches orientées sur la performance travaillent les tâches.

9. Développement du graphisme et de l’écriture

Notions clés & Définitions

  • Activité graphique : Liliane Lurçat définit l’activité graphique comme l’ensemble des activités permettant de réaliser des tracés, notamment le dessin et l’écriture.
  • Écriture : L’organisation psychomotrice et ses troubles, Manuel de psychiatrie de l’enfant, Chapitre VIII, 2e ed, 1980 - Selon De Ajuriaguerra, l’écriture associe graphisme et langage : elle dépend de l’évolution motrice, d’une coordination fine des mouvements, d’un déroulement dans l’espace et de la connaissance de la langue.

★ À maîtriser

📌 Pour Liliane Lurçat, le dessin prépare à l’apprentissage de l’écriture, tandis que Marie-Thérèse Zerbato-Poudou distingue le graphisme, l’écriture et le dessin comme des activités graphiques complémentaires aux finalités distinctes.

  • Selon Liliane Lurçat, le développement graphique mobilise trois niveaux liés : moteur, perceptif et représentatif.

  • Lurçat décrit trois stades du développement graphique :

    • Gribouillage et naissance des premières formes vers 3–4 ans.
    • Conscience de la forme vers 4–5 ans.
    • Maîtrise du tracé vers 5–6 ans.
  • Entre 6 et 8 ans, durant la phase pré-calligraphique, l’enfant apprend l’écriture par copie, construit des représentations visuelles puis motrices des allographes, contrôle surtout le mouvement par rétroaction visuelle et écrit lentement avec des pauses fréquentes.

  • Entre 8 et 11 ans, durant la phase calligraphique, le tracé devient plus régulier et souple, le contrôle devient proactif, la vitesse augmente et la perte de précision est compensée vers 11 ans.

Compléments

  • Le modèle de l’écriture de Zesiger comprend les connaissances linguistiques, les connaissances visuo-spatiales et les capacités de programmation et d’exécution motrices.

  • À partir de 18 mois, l’enfant produit des gribouillages et commence à réaliser des traits ; à partir de 2 ans, il apprend à contrôler l’espace graphique d’abord par la kinesthésie, puis par la vision.

  • Entre 3 et 4 ans, l’enfant produit un acte graphique avec une intention particulière ; entre 4 et 5 ans, il commence à comprendre la portée symbolique de l’écriture ; vers 5 ans, il recopie des lettres pour écrire son prénom.

  • Après 11 ans, durant la phase post-calligraphique, l’enfant simplifie et singularise une écriture devenue automatique afin de répondre aux exigences croissantes de vitesse et d’économie.

Astuce mémo

Gribouillage, forme, maîtrise ; puis pré-calligraphique, calligraphique, post-calligraphique.

10. Définition et modèles de la dysgraphie

Notions clés & Définitions

  • Dysgraphie : J. DE AJURIAGUERRA - De Ajuriaguerra définit l’enfant dysgraphique comme un enfant dont la qualité de l’écriture est déficiente sans déficit neurologique important ni déficit intellectuel explicatif, au point de rendre l’écriture illisible ou trop lente et de gêner la scolarité.
  • Dysgraphie : Postel définit la dysgraphie comme une atteinte de la fonction graphique scripturale touchant les composantes spatiales de l’écriture sans atteinte des structures morphosyntaxiques.
  • Tampon graphémique : Dans le modèle d’Ellis, le tampon graphémique est une mémoire de travail qui stocke temporairement la représentation graphémique des mots et participe au choix des lettres ; les troubles attentionnels peuvent en entraver le fonctionnement.
  • Système allographique : Dans le modèle d’Ellis, le système allographique intègre les différentes formes possibles d’une même lettre, comme les majuscules, les minuscules, le script et le cursif.
  • Système graphomoteur : Dans le modèle d’Ellis, le système graphomoteur programme l’exécution neuromusculaire de l’écriture et organise les données spatiales, la direction et la taille des éléments graphiques.

★ À maîtriser

📌 L’agraphie est une pathologie acquise, généralement consécutive à un accident neurologique et concernant surtout l’adulte, tandis que la dysgraphie développementale concerne les difficultés d’écriture au cours du développement.

📌 La dysgraphie ne peut être évoquée qu’à la fin des apprentissages graphiques.

  • Les modèles périphériques classent les dysgraphies à partir de la symptomatologie et des conséquences observables sur la production, tandis que les modèles neuropsychologiques les classent selon les processus d’écriture et que les modèles intégratifs articulent ces données dans une dynamique développementale.

  • Le modèle d’Ellis distingue trois systèmes fonctionnels :

    • Le système graphémique.
    • Le système allographique.
    • Le système graphomoteur.

Compléments

📌 La CIM 10 rattache les troubles de l’écriture à la catégorie « malhabileté pour l’écriture », tandis que le DSM 5 les inscrit parmi les troubles spécifiques des apprentissages, avec déficit de l’expression écrite pouvant affecter la lisibilité ou la vitesse et inclure orthographe, ponctuation, grammaire, clarté ou organisation.

  • Dans la classification périphérique de De Ajuriaguerra, les profils comprennent les enfants raides, au graphisme relâché et faiblement tonique, impulsifs, maladroits, ainsi que lents et précis. - J. DE AJURIAGUERRA

  • La classification de Sandler distingue quatre profils (SANDLER et Al.) :

    • Troubles linguistiques et de la motricité fine.
    • Déficits visuo-spatiaux.
    • Troubles de l’attention et de la mémoire.
    • Troubles séquentiels.

Astuce mémo

Graphémique → allographique → graphomoteur : du choix des lettres à leur exécution.

11. Signes et comorbidités de la dysgraphie

★ À maîtriser

  • Les signes de dysgraphie peuvent inclure un mouvement heurté ou saccadé, une régulation spatiale, temporelle ou cinématique déficiente, une écriture irrégulière, une lenteur excessive, une fatigabilité et une dysfluence graphique.

  • La dysgraphie est rarement considérée comme un trouble autonome et coexiste souvent avec des troubles neurodéveloppementaux, notamment les TSA, la dyslexie, le trouble spécifique du langage oral, le TDC et le TDA/H.

  • Plus de 80 % des enfants avec un TDC présentent un trouble de l’écriture, contre environ 15 % des enfants au développement typique.

📌 La présence de troubles associés à la dysgraphie aggrave le pronostic et complique la mise en place de soins et d’aménagements adaptés, de sorte qu’elle doit être prise en compte dans le projet thérapeutique.

Compléments

  • La dysgraphie peut aussi se manifester par l’évitement, une résonance émotionnelle excessive, des difficultés de tenue de l’outil, des espacements ou liaisons anormaux, une difficulté de double-tâche, des douleurs, des syncinésies ou des tremblements.

  • Au début de la scolarité, les difficultés concernent surtout la formation et les liaisons des lettres, leur variabilité, la lenteur et la qualité graphique ; au collège, la lenteur devient très invalidante et la composition peut être réduite ; dans l’enseignement supérieur et à l’âge adulte, la construction et la correction de textes, la prise de notes et la vitesse d’inscription peuvent rester affectées. - Soppelsa R, Biotteau M, Albaret JM, les dysgraphies développementales ou le Trouble de l’Apprentissage de la Graphomotricité

  • Les enfants présentant une écriture pauvre obtiennent majoritairement de faibles scores au M-ABC, notamment en dextérité manuelle, selon l’étude de Smits-Engelsman et al. (2001).

Astuce mémo

Les troubles associés aggravent le pronostic et compliquent les soins.

12. Évaluation et soins de la dysgraphie

★ À maîtriser

  • L’évaluation spécifique de la dysgraphie comprend l’observation du comportement pendant l’écriture, l’examen de la trace produite et l’analyse du mouvement, notamment par enregistrement sur tablette digitale.

  • Le bilan psychomoteur de la dysgraphie nécessite un examen pédiatrique, une anamnèse complète et un examen psychomoteur évaluant la sévérité du trouble et l’organisation psychomotrice générale.

📌 La dysgraphie est définie par un niveau d’écriture très inférieur au niveau attendu à la fin de la période d’apprentissage, et la dysgraphie développementale ne doit pas résulter d’une anomalie telle qu’une atteinte neurologique ou ophtalmologique, notamment une amblyopie.

  • La prise en charge psychomotrice de la dysgraphie associe le travail des formes de base et des indicateurs dynamiques des lettres, l’intégration spatiale par diversification perceptive, le travail de la conscience corporelle, de l’intégration sensorimotrice, de la posture, de la régulation tonico-posturale, du contrôle moteur, de la structuration temporo-spatiale, du rythme, de la trace, de l’expressivité et du symbole.

📌 La prise en charge de la dysgraphie doit être individualisée et inclure l’accompagnement de l’entourage, le soutien psychoaffectif et des aménagements scolaires comme le recours à l’oral, la limitation des contraintes graphiques et l’octroi de temps supplémentaire ; une aide numérique peut être introduite par un professionnel formé en l’absence de progression ou en cas d’effet plafond.

Compléments

  • Les tests standardisés cités comprennent :

    • Le M ABC-2.
    • Le Charlop-Atwell.
    • Le BHK ou BHK-Ado.
  • Hors écriture, le bilan peut évaluer :

    • Les coordinations motrices globales.
    • La régulation tonico-posturale et les équilibres.
    • Le tonus.
    • Les praxies gestuelles et visuo-constructives.
    • Les représentations du corps, l’intégration de l’espace et du temps, l’attention, la mémoire et la planification.

13. Latéralité et influences du développement

Notions clés & Définitions

  • Latéralité : Matta Abi-Zeid C. et Albaret JM, 2011 - La latéralité désigne les caractères et états des asymétries corporelles concernant notamment la main, l’œil et le pied, qui se traduisent par la prévalence d’un élément sur son homologue dans les conduites spontanées ou dirigées.
  • Latéralisation : Habib M., 2009 - La latéralisation désigne l’organisation asymétrique d’une fonction entre les hémisphères cérébraux et renvoie à la mise en place progressive d’une dominance fonctionnelle au cours de la maturation.

★ À maîtriser

  • La dominance manuelle est une expression majeure du processus de latéralisation, qui peut être influencé par des facteurs liés à l’équipement de base, au milieu humain et aux dynamiques développementales.

Compléments

  • Les hypothèses liées à l’équipement de base comprennent les facteurs génétiques, le gradient de maturation, le fonctionnement hormonal et la position intra-utérine.

  • Les influences du milieu humain comprennent :

    • Le biais du portage.
    • La latéralisation des objets de l’environnement.
    • Les considérations et interdits traditionnels et religieux.
  • Les dynamiques développementales sont décrites par un point de vue sensorimoteur, fondé sur l’unification de l’espace, la permanence des moyens instrumentaux et les coopérations bimanuelles différenciées, et par un point de vue psychanalytique, décrivant le passage d’un espace de continuité à un espace différencié, d’abord en miroir puis subjectif.

14. Repères et formes de latéralité

Notions clés & Définitions

  • Ambidextrie : L’ambidextrie désigne une habileté égale des deux côtés du corps, notion controversée probablement proche d’une faible dominance manuelle, et n’est problématique que si elle s’accompagne de maladresse.
  • Latéralité croisée : La latéralité hétérogène ou croisée répartit les dominances de l’œil, de la main et du pied entre les deux côtés du corps ; elle est fréquente et n’est pas un signe pathologique.
  • Latéralité homogène : La latéralité homogène désigne des dominances de l’œil, de la main et du pied situées du même côté du corps.
  • Latéralité contrariée : La latéralité contrariée décrit une préférence naturelle détournée par l’influence de l’entourage ou du matériel disponible.

★ À maîtriser

  • Vers 2–3 ans, les dominances oculaire et du membre inférieur sont stables, tandis que la dominance manuelle n’est déjà stabilisée que chez une minorité d’enfants.

  • À 6 ans, la dominance manuelle se stabilise en règle générale chez de nombreux enfants grâce à la variété et à la répétition des expériences, et l’enfant peut s’orienter à droite et à gauche sur lui-même.

  • Vers 7–8 ans, les dominances sont fixées et l’enfant situe la droite et la gauche sur autrui, d’abord lorsqu’il est à côté de lui puis lorsqu’il lui fait face.

Compléments

  • À 5 ans, la dominance manuelle reste variable : elle est stabilisée chez certains enfants et non fixée chez d’autres.

Astuce mémo

2–3 ans : dominances œil-pied ; 5 ans : main variable ; 6 ans : stabilisation ; 7–8 ans : dominances fixées.

15. Troubles du processus de latéralisation

Notions clés & Définitions

  • Latéralité discordante : La latéralité discordante, ou dyslatéralité, désigne une inadéquation entre la latéralité neurologique appréciée par les dominances de tonicité et la latéralité d’utilisation observée dans les préférences de manipulation quotidiennes.
  • Dysharmonie de la dominance : Une dysharmonie de la dominance correspond à un paradoxe entre performance et préférence, notamment lorsque le sujet utilise préférentiellement une main alors qu’il est plus performant avec l’autre.
  • Ambilatéralité : L’ambilatéralité désigne une préférence pour certaines tâches avec une main et pour d’autres tâches avec l’autre main, comme écrire de la main droite et jouer à la pétanque de la main gauche.
  • Latéralité imposée : La latéralité de nécessité, ou imposée, correspond à une situation où des contraintes externes et conscientes, telles qu’une paralysie ou une amputation, privent le sujet de choix.

★ À maîtriser

📌 Un retard du processus de latéralisation correspond à l’absence de préférence manuelle clairement observable au-delà de 6 ans ou à une préférence manuelle encore instable au-delà de 7 ans.

Compléments

  • Les hypothèses pouvant expliquer une dysharmonie de la dominance comprennent un défaut d’expérience et des influences liées à l’image du corps, notamment des représentations négatives d’un membre issues du vécu relationnel ou d’influences culturelles.

Astuce mémo

Préférence et performance peuvent diverger : utiliser une main n’implique pas qu’elle soit la plus performante.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Dyspraxies, dysgraphie et latéralité avec 51 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelles perspectives peuvent structurer l’analyse des troubles moteurs ?

2. Dans une approche dynamique, un comportement moteur nouveau apparaît lorsque quels facteurs interagissent ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Dyspraxies, dysgraphie et latéralité avec 10 flashcards interactives.

Quelles formes peut prendre l’analyse des troubles moteurs ?

Théorique, étiologique, sémiologique ou diagnostique.

Quelles lois organisent le développement moteur selon les approches maturationnistes ?

Les lois céphalo-caudale, proximodistale et dorsoventrale.

Selon Paoletti, comment se définit la coordination motrice ?

La mise en jeu ordonnée et l’enchaînement harmonieux des mouvements grâce à l’association cohérente des participations toniques musculaires.

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