Fiche de révision : Bases de psychologie et neurosciences

Plan du Cours

  1. Psychologie, cognition et neurosciences
  2. Bases neuronales de la pensée
  3. Facteurs de construction cérébrale
  4. Corps, cerveau et environnement social
  5. États mentaux et comportements
  6. Prédictions et biais perceptifs
  7. Perception prédictive et illusions
  8. Incertitude et mise à jour des croyances
  9. Retour de flamme et croyances délirantes
  10. Métacognition et théorie de l’esprit
  11. Théorie de l’esprit et relations de soin
  12. Réalités individuelles et émotions
  13. Valence, intensité et comportement
  14. Reconnaissance des émotions faciales
  15. Émotions, croyances et perceptions
  16. Axes du stress et régulation
  17. Comprendre les états mentaux du patient

1. Psychologie, cognition et neurosciences

Notions clés & Définitions

  • Psychologie : Discipline qui étudie les états mentaux, c’est-à-dire l’activité mentale et les pensées.
  • Sciences cognitives : Disciplines qui étudient les processus et mécanismes associés aux états mentaux, notamment ceux qui produisent les pensées et les émotions.
  • Neurosciences : Disciplines qui étudient les processus biologiques soutenant les mécanismes cognitifs et les états mentaux, dans le cerveau et dans le corps.

Astuce mémo

Psychologie : états mentaux ; sciences cognitives : mécanismes ; neurosciences : supports biologiques.

2. Bases neuronales de la pensée

Notions clés & Définitions

  • Neurones : Cellules responsables de l’activité électrique cérébrale.

★ À maîtriser

  • La pensée est générée par l’activité électrique conjointe de nombreux réseaux de neurones.

  • Les neurotransmetteurs sont de petites molécules qui transmettent de l’information d’un neurone à l’autre.

  • Le glutamate est présenté comme le principal neurotransmetteur excitateur et comme impliqué dans 95 % de l’activité cérébrale.

Compléments

  • Le GABA est un neurotransmetteur inhibiteur dont les voies sont ciblées par de nombreux médicaments utilisés en psychiatrie.

  • La dopamine contribue notamment à la régulation de fonctions cérébrales liées à la récompense et au plaisir.

  • La sérotonine contribue aux fonctions émotionnelles et ses déficits sont associés à des troubles psychiatriques et à des difficultés psychologiques.

  • La noradrénaline contribue notamment aux fonctions liées à l’énergie.

3. Facteurs de construction cérébrale

★ À maîtriser

  • L’architecture cérébrale dépend en partie de facteurs innés, notamment de la génétique et de l’embryogenèse.

  • L’histoire personnelle influence le fonctionnement psychologique et la construction du cerveau au cours du temps.

  • La plasticité neuronale est constante et les expériences vécues influencent le fonctionnement cérébral et psychologique.

Compléments

  • Les troubles du spectre autistique sont présentés comme des troubles du neurodéveloppement majoritairement liés à des facteurs génétiques de l’architecture cérébrale.

  • Une infection grippale maternelle pendant la grossesse est associée à un risque accru de schizophrénie chez l’enfant.

  • Le stress prolongé peut affecter le cerveau et le corps, accélérer le vieillissement cérébral et contribuer aux troubles psychologiques et psychiatriques.

  • La dépression est présentée comme environ deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

Astuce mémo

Expériences et stress → plasticité cérébrale et changements psychologiques.

4. Corps, cerveau et environnement social

★ À maîtriser

  • Le système nerveux s’étend des orteils jusqu’au sommet du crâne et ne se limite pas au cerveau.

  • Une partie importante des états mentaux dépend des interactions entre le corps et le cerveau.

Compléments

  • L’éducation, elle-même liée aux normes sociales, influence l’intégration des normes de comportement et des jugements sur soi.

5. États mentaux et comportements

Notions clés & Définitions

  • Perceptions : États mentaux issus du traitement par le cerveau d’informations provenant des sens, notamment l’audition, la vision et l’olfaction.
  • Croyances : Hypothèses qu’une personne entretient sur elle-même, les autres et le monde qui l’entoure.
  • Émotions : Réactions plaisantes ou aversives qui peuvent être déclenchées par des perceptions.

★ À maîtriser

  • Les actions peuvent dépendre des perceptions, des émotions et des croyances d’une personne.

Compléments

  • Les croyances sont probabilistes et se mettent constamment à jour en fonction des informations reçues.

6. Prédictions et biais perceptifs

★ À maîtriser

  • Les croyances influencent les perceptions, les émotions et les actions, tandis que ces perceptions, émotions et actions modifient en retour les croyances.

  • Le cerveau interprète les informations sensorielles en fonction de ses attentes et des croyances préalables.

Compléments

  • Une forme sombre aperçue dans une ruelle peut être interprétée comme un chien plutôt que comme un chat si la personne s’attend à voir le chien du voisin.

  • La schizophrénie peut s’accompagner d’hallucinations, c’est-à-dire de perceptions de choses qui n’existent pas.

  • Des sensations corporelles, comme une douleur abdominale en contexte anxieux, peuvent être générées en partie par l’activité cérébrale plutôt que par des contractions viscérales.

  • Des perceptions auditives au réveil, des fragments de conversation reconstruits dans le métro ou des pleurs de bébé entendus pendant son sommeil peuvent être produits par les attentes du cerveau.

  • Des femmes peuvent ressentir des mouvements fantômes du bébé après l’accouchement, parfois jusqu’à 28 ans plus tard, phénomène attribué à l’activité prédictive du cerveau.

  • Une illusion de relief peut s’inverser lorsque l’image est tournée, car le cerveau s’attend généralement à ce que la lumière vienne d’en haut et interprète les ombres en conséquence.

  • Une image de ratatouille ou de fruits peut être perçue comme un visage parce que le cerveau organise les formes visuelles selon des motifs attendus.

  • La perception d’une continuité anatomique est une attente cérébrale primitive, dont la rupture peut provoquer une réaction émotionnelle très négative.

Astuce mémo

Croyances préalables → interprétation des signaux → perception parfois déformée.

7. Perception prédictive et illusions

★ À maîtriser

  • Dans l’illusion du masque creux, les traits du visage et les attentes concernant l’éclairage influencent la perception de l’avant et de l’arrière du masque.

  • Les différences de perception rappellent au soignant que ce qu’il perçoit n’est pas nécessairement ce que perçoit le patient.

Compléments

  • La perception de formes ambiguës peut être filtrée par les attentes et les expériences antérieures, au point que des formes évoquent des dinosaures plutôt que des animaux inconnus.

  • Une même photographie de robe a été perçue par certaines personnes comme bleue et par d’autres comme blanche.

  • Les personnes schizophrènes et leurs parents au premier degré sont décrits comme moins sensibles à l’illusion du masque creux.

8. Incertitude et mise à jour des croyances

★ À maîtriser

  • Dans une situation incertaine, le danger tient notamment au fait de ne pas savoir ce qui se trouve derrière un signe ambigu.

  • Le cerveau cherche à réduire l’incertitude en construisant des explications sur ce qui l’entoure.

📌 L’incertitude peut être réduite soit par une croyance, qui propose une représentation de la situation, soit par une action, qui permet d’obtenir de nouvelles informations.

  • La mise à jour des croyances consiste à réviser une croyance à partir d’informations nouvelles qui peuvent la renforcer ou la contredire.

Compléments

  • Les comportements des animaux, comme ceux des humains, reposent sur l’interaction entre ce qu’ils imaginent du monde et la manière dont ils agissent pour le vérifier.

  • La mise à jour bayésienne combine les informations déjà disponibles et les nouvelles informations pour produire une croyance révisée.

Astuce mémo

L’incertitude pousse à croire ou à agir pour la réduire.

9. Retour de flamme et croyances délirantes

Notions clés & Définitions

  • Retour de flamme : Renforcement d’une croyance antérieure par une information ou une action qui devait la réduire.
  • Prophétie autoréalisatrice : Survient lorsqu’une croyance conduit à un comportement qui contribue à produire le résultat attendu, comme un patient qui prend irrégulièrement un traitement qu’il croit inefficace.

★ À maîtriser

  • La confrontation frontale à une croyance délirante ou complotiste peut la renforcer et conduire la personne à intégrer son interlocuteur au complot supposé.

📌 Face à un patient qui exprime des idées délirantes de persécution, il est inutile de chercher à les réfuter par des arguments rationnels, car cela peut renforcer sa croyance.

  • La création d’une alliance thérapeutique et d’un climat de réassurance avec un patient délirant repose notamment sur la relation de soin, en particulier celle avec l’infirmier au contact du patient.

Compléments

  • Dans l’exemple du bouquet de fleurs, une femme qui soupçonne son mari d’infidélité peut interpréter son geste comme une tentative de dissimulation et voir son soupçon renforcé.

  • Les thématiques délirantes citées comprennent :

    • la persécution
    • la grandeur
    • la damnation
    • la filiation
    • le mysticisme

Astuce mémo

La confrontation frontale peut renforcer la croyance qu’elle vise à corriger.

10. Métacognition et théorie de l’esprit

Notions clés & Définitions

  • Métacognition : Capacité à avoir des croyances sur ses propres états mentaux, notamment ses pensées, ses émotions et ses perceptions.
  • Théorie de l’esprit : Capacité à se représenter les états mentaux et les croyances d’autrui.

★ À maîtriser

  • La théorie de l’esprit apparaît progressivement et est considérée comme présente vers 5 ans, même si des prémices peuvent exister plus tôt.

Compléments

  • 🔄 Le test de Sally et Anne se déroule ainsi : Sally place une bille dans un panier, Sally s’en va, Anne déplace la bille dans une boîte, l’enfant indique où Sally cherchera la bille à son retour

📌 Dans le test de Sally et Anne, l’enfant qui attribue à Sally une croyance fondée sur ce qu’elle a vu comprend qu’elle ignore le déplacement de la bille.

  • Les difficultés de théorie de l’esprit sont associées aux troubles du spectre autistique et peuvent compliquer la compréhension du second degré et les interactions sociales.

  • La théorie de l’esprit peut être diminuée dans la schizophrénie et excessive ou inadaptée dans les troubles anxieux, notamment la phobie sociale.

Astuce mémo

Métacognition : son propre esprit ; théorie de l’esprit : celui des autres.

11. Théorie de l’esprit et relations de soin

Notions clés & Définitions

  • Contagion émotionnelle : Tendance à attribuer aux autres son propre état émotionnel, par exemple croire que les patients sont énervés parce que l’on est soi-même énervé.

★ À maîtriser

  • La théorie de l’esprit est présentée comme un fondement de l’empathie, essentielle à la relation de soin.

  • Même lorsqu’on connaît bien une personne, les interprétations de ses pensées et de ses émotions restent sujettes à des erreurs.

📌 En pratique soignante, il faut éviter d’attribuer automatiquement au patient ses propres pensées ou sensations.

Compléments

📌 Une théorie de l’esprit faible peut limiter la compréhension d’autrui, tandis qu’une théorie de l’esprit présente chez les personnes psychopathiques peut être utilisée pour manipuler autrui.

Astuce mémo

Comprendre l’esprit d’autrui → rendre possible l’empathie.

12. Réalités individuelles et émotions

Notions clés & Définitions

  • Émotion : État du cerveau et du corps, à la fois psychologique et somatique, qui ne perdure généralement pas longtemps.

★ À maîtriser

  • Chaque individu traverse une réalité différente, même lorsqu’il partage avec les autres une culture ou des expériences similaires.

Compléments

  • Face à une perception de danger, le corps réagit notamment par une accélération du cœur, une tension musculaire et une contraction de l’estomac, puis l’activité cérébrale relie ces signaux à l’émotion.

13. Valence, intensité et comportement

Notions clés & Définitions

  • Valence : Caractère fondamentalement positif ou négatif d’une émotion, avec des degrés possibles entre ces deux pôles.
  • Intensité : Degré plus ou moins fort d’une réaction émotionnelle.

★ À maîtriser

  • Les émotions sont liées à des profils comportementaux différents selon leur valence et leur intensité.

Compléments

  • Face à un tigre dans la jungle, une valence très négative et une forte intensité favorisent la fuite, tandis qu’au zoo, la même perception du tigre peut susciter une valence très positive et l’approche.

Astuce mémo

Valence et intensité → profil comportemental

14. Reconnaissance des émotions faciales

★ À maîtriser

  • Les six émotions primaires attribuées à Ekman sont (Eckman) :

    • la joie
    • la tristesse
    • la peur
    • la colère
    • le dégoût
    • la surprise
  • Le cerveau interprète les expressions faciales, le ton de la voix et des indices comportementaux parfois imperceptibles pour porter des jugements sociaux.

📌 Un sourire jugé authentique présente une synchronie entre le haut et le bas du visage, tandis qu’un sourire forcé peut montrer une dissociation entre les deux.

Compléments

  • Dans les six émotions primaires présentées, la joie est la seule à valence positive.

  • L’étude transculturelle des expressions faciales d’Ekman met en évidence des émotions primaires globalement retrouvées dans différentes cultures, malgré des variations de qualité ou d’intensité des signaux. - Heckman

  • La tristesse peut se manifester par des paupières plus fermées, une tête baissée, une faible kinétique, des lèvres fermées et des épaules basses.

Astuce mémo

Sourire authentique : haut et bas du visage synchronisés ; sourire forcé : dissociés

15. Émotions, croyances et perceptions

★ À maîtriser

  • Les émotions influencent continuellement les croyances et la manière dont une personne perçoit le monde.

📌 Les émotions positives sont associées à des croyances plus positives sur soi, à une exploration plus active de l’environnement et à une perception plus forte des récompenses, tandis que les émotions négatives favorisent les croyances négatives, le repli et l’évitement.

Compléments

  • Dans le trouble bipolaire, un état dépressif peut s’accompagner de croyances de nullité et de désespoir, tandis qu’un état maniaque ou hypomaniaque peut s’accompagner d’un sentiment de puissance et de réussite.

  • La dépression peut modifier la perception visuelle, notamment en donnant au monde une apparence plus grise et en atténuant la teinte rouge.

  • Dans une dépression mélancolique, une personne peut percevoir une annonce diagnostique grave, comme un cancer, de façon positive parce qu’elle y voit la possibilité de mourir.

16. Axes du stress et régulation

★ À maîtriser

  • Les trois axes évoqués dans la réponse au stress comprennent :
    • l’axe endocrinien associé au cortisol
    • les réactions viscérales associées à l’adrénaline
    • la voie neuronale du système nerveux autonome

📌 Le système sympathique favorise l’activation comportementale de fuite ou de combat, tandis que le système parasympathique peut freiner cette activation.

Compléments

  • Le pic de cortisol survient environ une demi-heure après le réveil, mais son horaire dépend de l’heure à laquelle la personne se réveille.

  • Dans les troubles dépressifs, les réveils précoces vers 3 ou 4 heures du matin sont associés dans le cours à une dérégulation de l’axe du cortisol.

  • Une activation sympathique excessive ou insuffisamment réduite par le système parasympathique est associée au stress, à l’anxiété et à une hyperréactivité émotionnelle.

  • La cohérence cardiaque module la respiration pour agir sur le nerf vague et le système parasympathique, avec 5 secondes d’inspiration et 5 secondes d’expiration pendant 3 à 5 minutes.

17. Comprendre les états mentaux du patient

★ À maîtriser

  • L’analyse des états mentaux d’un patient peut distinguer :

    • ses croyances
    • ses émotions
    • ses perceptions
    • ses actions
  • Pour comprendre la souffrance d’un patient, le soignant cherche à identifier ses émotions, ses croyances, sa manière de percevoir la situation et les comportements qui renforcent ses émotions.

  • Le soin ne se limite pas à la technicité corporelle : il implique aussi de comprendre les états mentaux du patient pour adapter la réaction du soignant.

Compléments

  • Chez une patiente qui craint de mourir à l’hôpital, se croit délaissée et juge son médecin incompétent, la peur relève de l’émotion, ces jugements relèvent des croyances et le rejet de ses traitements constitue une action.

  • Une patiente enceinte qui craint de mourir pendant l’accouchement peut rechercher compulsivement des informations en ligne, ne retenir que les informations alarmantes et renforcer ainsi son anxiété.

Astuce mémo

Émotions → croyances → perceptions → comportements

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Bases de psychologie et neurosciences avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une équipe veut définir la discipline qui prend pour objet les pensées et l’activité mentale elles-mêmes. De quelle discipline s’agit-il ?

2. Une chercheuse examine les processus biologiques du cerveau et du corps qui soutiennent les mécanismes cognitifs et les états mentaux. Quel champ étudie-t-elle ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Bases de psychologie et neurosciences avec 10 flashcards interactives.

Qu’étudie la psychologie ?

Les états mentaux, notamment l’activité mentale et les pensées.

Quels processus les sciences cognitives étudient-elles ?

Les processus et mécanismes associés aux états mentaux.

Qu’est-ce qui génère la pensée ?

L’activité électrique conjointe de nombreux réseaux de neurones.

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