Fiche de révision : Bronchiolite du nourrisson

Plan du Cours

  1. Définition et agent causal
  2. Transmission et physiopathologie
  3. Signes cliniques
  4. Gravité et complications
  5. Prévention et monitorage
  6. Hospitalisation et traitement

1. Définition et agent causal

Notions clés & Définitions

  • Bronchiolite du nourrisson : Épisode de gêne respiratoire aiguë lié à une infection virale des voies aériennes supérieures touchant les petites voies aériennes, avec inflammation des bronchioles et sécrétions responsables d’une obstruction.

★ À maîtriser

  • Le virus respiratoire syncytial, abrégé VRS, est responsable de 75 % des cas de bronchiolite.

Compléments

  • Les autres virus possibles sont:
    • les virus para-influenza
    • les métapneumovirus
    • les adénovirus
    • les virus influenza
    • les coronavirus
    • les rhinovirus

Astuce mémo

Inflammation + sécrétions → obstruction des bronchioles

2. Transmission et physiopathologie

Points essentiels

  • La bronchiolite se transmet directement par les sécrétions rhinopharyngées lors de la toux ou des éternuements, et indirectement par les mains ou le matériel souillé.

  • La bronchiolite présente un pic saisonnier hivernal, débute à la mi-octobre et atteint son pic en décembre chez les nourrissons de moins de 2 ans, notamment entre 4 et 6 semaines de vie.

  • Après une incubation de 2 à 8 jours, le virus colonise les cellules épithéliales des bronchioles, provoque leur nécrose, une réponse inflammatoire et la destruction des cellules ciliées, puis altère l’épuration muco-ciliaire.

  • L’obstruction endoluminale par bouchon muqueux et pariétale par œdème sous-muqueux entraîne un piégeage expiratoire, une distension et parfois une atélectasie.

Astuce mémo

Incubation → nécrose → inflammation → obstruction

3. Signes cliniques

★ À maîtriser

  • Les signes cliniques comprennent une rhinite ou une rhinopharyngite prodromique, une fièvre modérée, une rhinorrhée et une toux d’abord sèche puis grasse, avec une expression complète à 72 heures.

  • La dyspnée expiratoire associe des signes de lutte, une polypnée et une distension thoracique.

Compléments

📌 L’auscultation peut retrouver des râles sibilants d’origine bronchiolaire ou des râles crépitants d’origine alvéolaire.

Astuce mémo

ORL → toux → dyspnée → râles

4. Gravité et complications

Points essentiels

  • Les signes de gravité comprennent un aspect toxique, une fréquence respiratoire supérieure à 60 par minute ou une bradypnée avec apnées, une SpO2 inférieure à 94 % et des troubles digestifs compromettant moins de 50 % de l’alimentation.

  • Un score de Silverman supérieur ou égal à 5 sur 10, ou supérieur ou égal à 3 chez le grand prématuré, constitue un signe de gravité, tout comme les difficultés aux biberons ou un malaise observés par les parents.

  • Les facteurs de risque sont: l’âge inférieur à 2 mois, la prématurité inférieure à 36 semaines d’aménorrhée, les comorbidités, un contexte défavorable, l’exposition au tabac, la vie en collectivité

  • Les complications immédiates comprennent:

    • l’épuisement respiratoire
    • les apnées
    • le malaise
    • la mort subite
    • le pneumothorax
    • la surinfection

Astuce mémo

Forme simple ≠ signes de gravité nécessitant l’hospitalisation

5. Prévention et monitorage

★ À maîtriser

  • Les facteurs de protection comprennent: l’allaitement maternel, l’éviction du tabagisme pendant la grossesse et du tabagisme passif, la limitation des collectivités précoces chez les nourrissons à risque, les gestes barrières

📌 La surveillance de la SpO2 vise un objectif supérieur à 92 % à l’éveil et supérieur à 90 % pendant le sommeil dans les formes modérées, et supérieur à 94 % dans les formes graves ou en cas de comorbidité.

  • Le monitorage continu permet de détecter précocement une désaturation, des apnées ou un épuisement respiratoire et d’adapter la prise en charge, notamment par oxygénothérapie ou CPAP si nécessaire.

Compléments

  • Le palivizumab, commercialisé sous le nom de Synagis, constitue une prévention médicamenteuse chez les nourrissons à haut risque.

Astuce mémo

Surveillance de la SpO2 → détection précoce de l’aggravation

6. Hospitalisation et traitement

Points essentiels

📌 L’hospitalisation est systématique en cas de forme grave et est indiquée dans une forme modérée si la SpO2 est inférieure à 92 %, si un support nutritionnel est nécessaire, si l’âge est inférieur à 2 mois ou si les conditions de retour à domicile sont insuffisantes.

📌 L’admission en unité de soins intensifs ou en réanimation est indiquée en cas d’apnées, d’épuisement respiratoire, d’hypercapnie avec un pH inférieur à 7,34 ou de besoins en oxygène croissants.

  • Le traitement ambulatoire repose sur: des désobstructions rhinopharyngées pluriquotidiennes, un antipyrétique si besoin, le fractionnement des repas, une bonne hydratation, l’arrêt du tabagisme passif, une proclive à 30 degrés, une pièce à 19 °C

  • Les traitements non indiqués systématiquement sont:

    • les bronchodilatateurs
    • le sérum hypertonique
    • l’antibiothérapie systématique
    • les antitussifs
    • la kinésithérapie respiratoire systématique

Astuce mémo

Ambulatoire ≠ réanimation selon la gravité

Tableaux de synthèse

Critères d’orientation selon la gravité

SituationCritèresOrientation
Forme modéréeSpO2 < 92 %, support nutritionnel, âge < 2 mois ou retour à domicile insuffisantHospitalisation
Forme graveForme grave clinique ou respiratoireHospitalisation systématique
Détresse sévèreApnées, épuisement, pH < 7,34 ou besoins en oxygène croissantsSoins intensifs ou réanimation

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1. Quelle caractéristique définit le mieux la bronchiolite du nourrisson ?

2. Quelle proportion des cas de bronchiolite est attribuée au virus respiratoire syncytial, ou VRS ?

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Qu'est-ce que la bronchiolite du nourrisson ?

Un épisode de gêne respiratoire aiguë lié à une infection virale des petites voies aériennes.

Quel virus cause 75 % des cas de bronchiolite ?

Le virus respiratoire syncytial (VRS).

Quels virus peuvent aussi causer la bronchiolite ?

Les virus para-influenza, métapneumovirus, adénovirus, influenza, coronavirus et rhinovirus.

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