Fiche de révision : Candidoses : facteurs et diagnostic

Plan du Cours

  1. Facteurs des candidoses superficielles
  2. Candidoses profondes et risques
  3. Virulence et adaptation de Candida
  4. Manifestations cutanées et unguéales
  5. Candidoses digestives et buccales
  6. Candidoses génitales et disséminées
  7. Prélèvement et examen direct
  8. Culture et identification des levures
  9. Antifongigramme et interprétation

1. Facteurs des candidoses superficielles

★ À maîtriser

📌 Les candidoses superficielles touchent la peau et ses plis, les ongles, les muqueuses digestives et les muqueuses uro-génitales.

  • La grossesse favorise les candidoses vulvo-vaginales, tandis que la transpiration et la macération favorisent les candidoses cutanées.

  • Le diabète favorise les candidoses cutanées, buccales et oro-pharyngées, et l’infection par le VIH est associée aux candidoses oro-pharyngées et œsophagiennes.

  • Une antibiothérapie prolongée à large spectre déséquilibre la flore digestive et favorise l’expression du pouvoir pathogène de Candida.

Compléments

  • Les âges extrêmes, notamment le nouveau-né et le sujet âgé porteur de prothèse buccale, favorisent les candidoses buccales.

  • Les corticoïdes inhalés, les chimiothérapies, la radiothérapie de la tête et du cou, les antidépresseurs tricycliques, les anticholinergiques et les neuroleptiques favorisent les candidoses buccales, notamment par hyposialie, xérostomie ou lésions muqueuses.

2. Candidoses profondes et risques

Notions clés & Définitions

  • Candicémie : Développement de Candida dans le compartiment sanguin, pouvant précéder une candidose viscérale profonde par dissémination hématogène.

★ À maîtriser

  • Les facteurs majeurs comprennent : la neutropénie, l’antibiothérapie prolongée à large spectre, la corticothérapie orale prolongée chez les greffés, la chimiothérapie anticancéreuse, les tumeurs solides et les hémopathies, la chirurgie abdominale majeure, les brûlures étendues de plus de 50 %, l’hémodialyse, la nutrition parentérale totale, la colonisation digestive élevée et le séjour en soins intensifs

  • Les candidémies représentent 2 à 3 % des septicémies et leur mortalité est de 25 à 40 % ; Candida est la troisième cause de choc septique en réanimation.

Compléments

  • Les candidoses profondes peuvent atteindre :

    • la peau
    • l’œil
    • l’appareil urinaire
    • le cœur
    • le système nerveux
    • les os et articulations
    • le foie et la rate
    • les poumons
  • Les formes primitives comprennent notamment :

    • la pneumopathie
    • la péritonite
    • la cholécystite
    • la pyélonéphrite
  • Les facteurs mineurs comprennent : les âges extrêmes, une chirurgie préalable, des accès intraveineux multiples, un séjour en réanimation de plus de 7 jours, une candidurie supérieure à 10⁵ UFC/ml chez un patient non sondé

3. Virulence et adaptation de Candida

★ À maîtriser

📌 L’adhérence de Candida repose sur des interactions non spécifiques hydrophobes ou sur des interactions spécifiques entre adhésines fongiques de surface et protéines de l’hôte.

  • La plasticité de Candida dépend de sa variabilité génétique et antigénique ainsi que de sa variabilité phénotypique, qui comprend plusieurs morphologies modulées par l’environnement.

📌 La forme filamenteuse de Candida albicans est mieux adaptée à la colonisation des organes que la forme levuriforme, et peut produire un mycélium vrai ou un pseudomycélium étranglé.

  • Les biofilms de Candida associent blastospores et hyphes entourés d’une matrice extracellulaire polysaccharidique et résistent aux antifongiques.

Compléments

  • Candida peut adhérer à : les cellules endothéliales, les cellules sanguines, les protéines plasmatiques, la matrice extracellulaire, les matériaux synthétiques tels que les cathéters et les prothèses

  • Candida albicans peut adopter cinq stades morphologiques selon les conditions environnementales, notamment le pH et la concentration en dioxyde de carbone.

  • Les chlamydospores sont des formes de résistance à paroi épaisse et sans bourgeonnement.

  • Le quorum sensing est un système de communication entre espèces qui contribue au maintien du biofilm.

4. Manifestations cutanées et unguéales

Points essentiels

  • Candida albicans est l’agent étiologique de plus de 95 % des candidoses superficielles selon le cours.

  • Dans les candidoses superficielles, l’adhérence à l’épithélium est suivie de la multiplication et de la filamentation, qui génèrent des lésions cutanéomuqueuses inflammatoires.

  • Les facteurs favorisants comprennent :

    • les contacts répétés avec l’eau
    • les substances sucrées
    • la macération sous des gants en caoutchouc
    • les microlésions chimiques
  • Les facteurs favorisants comprennent :

    • la chaleur
    • l’humidité et la macération
    • l’hypersudation
    • le surpoids
    • les vêtements serrés synthétiques
    • le diabète

📌 Les intertrigos candidosiques des grands plis sont souvent bilatéraux et sans bordure active nette, tandis que les dermatophyties sont décrites comme unilatérales et asymétriques.

  • Les onychomycoses à Candida touchent surtout les mains, sont plus fréquentes chez les femmes et débutent par un péri-onyxis avant de progresser vers l’extrémité distale de l’ongle.

5. Candidoses digestives et buccales

★ À maîtriser

  • Candida albicans est un composant normal minoritaire de la flore digestive et représente, selon le cours, 90 % des mycoses.

📌 Chez les patients immunodéprimés, les candidoses digestives peuvent se disséminer par voie hématogène, contrairement aux patients immunocompétents chez qui les complications sont généralement absentes.

📌 La candidose buccale érythémateuse aiguë donne une muqueuse lisse et brillante, une langue rouge vif et une sensation de brûlure sans plaque blanche.

  • La candidose buccale pseudomembraneuse aiguë se manifeste par un enduit blanchâtre d’aspect lait caillé qui se décolle facilement et laisse une muqueuse rouge, avec possibles dysphagie et dysgueusie.

Compléments

  • Les facteurs favorisants comprennent notamment : l’âge extrême et les prothèses dentaires, le VIH, les cancers bucco-pharyngés et la leucémie, le diabète et la malnutrition, les antibiotiques à large spectre, les corticoïdes, la radiothérapie et la chimiothérapie, le tabagisme, les médicaments hyposialants

  • La perlèche angulaire provoque des lésions rouges et squameuses aux commissures labiales, parfois croûteuses et douloureuses, favorisées notamment par des prothèses inadaptées, le bruxisme ou le léchage des lèvres.

6. Candidoses génitales et disséminées

★ À maîtriser

  • La candidose oro-pharyngée est une extension du muguet vers le pharynx et sa fréquence et son intensité chez les patients VIH+ sont corrélées à la baisse des lymphocytes T CD4+.

  • Chez un patient VIH+, la candidose oro-pharyngée correspond au stade B décrit dans le cours, tandis que la candidose œsophagienne correspond au stade C.

  • Candida glabrata et Candida krusei sont moins sensibles, voire non sensibles, au fluconazole, ce qui justifie l’identification de l’espèce et parfois un antifongigramme.

  • La candidose œsophagienne est presque toujours associée à une candidose oro-pharyngée et concerne notamment les patients au stade SIDA dont le taux de CD4 est inférieur à 100/mm³.

  • La candidose vulvo-vaginale n’est pas une maladie sexuellement transmissible, mais une infection hormono-dépendante principalement associée à la progestérone.

  • En moyenne, 75 % des femmes adultes ont déjà présenté au moins un épisode de candidose vulvo-vaginale, et plus de 4 épisodes par an définissent une forme récidivante, observée dans 10 % des cas.

  • Les candidoses profondes peuvent être suspectées devant une fièvre résistante aux antibiotiques et une altération de l’état général chez un patient à risque ou immunodéprimé.

📌 Une candidémie peut être diagnostiquée sur une seule hémoculture positive, tandis qu’une candidose disséminée aiguë est étayée par l’isolement de Candida dans au moins deux sites non contigus.

Compléments

  • La candidose œsophagienne peut entraîner une dysphagie douloureuse, des douleurs rétrosternales et des nausées, et son diagnostic repose sur l’endoscopie.

  • Selon l’OMS, un taux de CD4 inférieur à 200/mm³ définit le SIDA, qui correspond aux stades les plus avancés de l’infection à VIH.

  • La candidose anale ou périanale peut provoquer une muqueuse vermillon, des squames blanchâtres, des éléments papulo-pustuleux voisins et un prurit intense.

  • Les facteurs favorisants des candidoses anales et périanales comprennent les antibiotiques, le diabète et le VIH, tandis que les candidoses gastro-intestinales sont favorisées par les ulcères gastroduodénaux et les antibiotiques à large spectre.

  • La grossesse favorise les candidoses vulvo-vaginales, qui surviennent souvent au troisième trimestre, et des rechutes peuvent apparaître en seconde partie du cycle menstruel.

  • La candidose hépatosplénique disséminée chronique est associée à des nodules hépatiques et spléniques chez des patients présentant une neutropénie sévère ou prolongée.

7. Prélèvement et examen direct

★ À maîtriser

  • 🔄 Le diagnostic mycologique suit ces étapes : prélever le site suspect, examiner une partie du prélèvement au microscope, mettre l’autre partie en culture pour isoler et identifier l’espèce

  • Les lésions suintantes et les muqueuses sont prélevées avec deux écouvillons, tandis que les lésions sèches comme les ongles sont prélevées par grattage à la curette de Brocq.

  • Dans une candidose, l’examen direct peut montrer des éléments levuriformes bourgeonnants et parfois des filaments.

Compléments

  • Les prélèvements possibles comprennent :

    • le LCR
    • les liquides divers comme le LBA
    • le pus
    • les sécrétions bronchiques
    • les selles
    • les urines
    • le sang
    • les biopsies d’organes
  • Le prélèvement sanguin est réalisé au moment du pic fébrile, tandis que les biopsies d’organes sont utilisées dans les infections viscérales disséminées.

  • Les préparations ou colorations possibles comprennent :

    • le sérum physiologique
    • le Lugol à 2 %
    • le bleu lactophénol
    • le KOH à 30 %
    • le chloral lactophénol
    • le May-Grünwald-Giemsa
    • le PAS
    • le Gomori-Grocott

Astuce mémo

Prélever, examiner au microscope, puis cultiver.

8. Culture et identification des levures

★ À maîtriser

  • Le milieu de Sabouraud additionné de chloramphénicol et/ou de gentamicine sert à l’isolement des levures, tandis que les milieux chromogènes permettent une différenciation colorée selon l’espèce.

  • Les cultures sont incubées à 22–25 °C et à 35–37 °C pendant 24 à 72 heures, avec une incubation d’une semaine pour les prélèvements profonds.

  • Sur milieu RAT ou PCB pauvre, Candida albicans produit un pseudomycélium et des chlamydospores, les autres espèces un pseudomycélium seul, et Candida glabrata uniquement des blastospores.

Compléments

  • Le test de blastèse recherche le tube germinatif après 4 heures dans le sérum à 35–37 °C, caractéristique de Candida albicans dans le cours.

  • Le test immunologique Bichrolatex albicans donne des agrégats rouges sur fond vert en présence de Candida albicans.

  • L’identification rapide de Candida glabrata repose sur l’hydrolyse du tréhalose sans dégradation du maltose.

  • Les galeries colorimétriques identifient les levures non-albicans en observant les changements de couleur liés à l’assimilation des sucres et au développement de la levure.

  • La spectrométrie de masse MALDI-TOF permet l’identification d’espèces moins fréquentes à partir de spectres de référence.

Astuce mémo

Sabouraud isole, les tests identifient.

9. Antifongigramme et interprétation

★ À maîtriser

  • L’antifongigramme est indiqué dans les situations suivantes : souche isolée chez un patient immunodéprimé, souche isolée chez un patient recevant une prophylaxie antifongique, souche isolée à partir d’un site profond, souche isolée à partir d’un site superficiel en cas de récidive ou d’échec thérapeutique

  • En méthode en plaques, plusieurs concentrations d’antifongiques sont testées en milieu liquide et la CMI correspond à la première concentration qui inhibe la croissance de la levure.

  • L’interprétation prend en compte :

    • le caractère stérile ou colonisé du site
    • la pureté et l’abondance de la culture
    • la répétition des cultures positives
    • l’examen direct
    • l’anatomopathologie
    • le risque du patient
    • les signes cliniques

Compléments

  • En milieu solide, l’antifongique diffuse depuis un disque ou une bandelette dans la gélose et la limite de croissance permet d’estimer la concentration minimale inhibitrice.

Astuce mémo

L’isolement d’une levure ne prouve pas toujours l’infection : site stérile et site colonisé s’interprètent différemment.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Candidoses : facteurs et diagnostic avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant les facteurs favorisant les candidoses superficielles :

2. Une personne reçoit une antibiothérapie prolongée à large spectre ; quelles conséquences sont attendues pour Candida ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Candidoses : facteurs et diagnostic avec 10 flashcards interactives.

Quelles zones peuvent être atteintes par les candidoses superficielles ?

La peau et ses plis, les ongles et les muqueuses digestives et uro-génitales.

Qu’est-ce qu’une candicémie ?

Le développement de Candida dans le compartiment sanguin.

Quels âges favorisent les candidoses buccales ?

Les âges extrêmes, notamment le nouveau-né et le sujet âgé porteur d’une prothèse buccale.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches