Fiche de révision : Cicatrisation pathologique et radiodermites

Plan du Cours

  1. Bases de la cicatrisation cutanée
  2. Remodelage et qualité cicatricielle
  3. Prévention et soins des cicatrices
  4. Cicatrices hypertrophiques et chéloïdes
  5. Autres cicatrisations pathologiques
  6. Prévenir les cicatrices pathologiques
  7. Traitement des cicatrices en relief
  8. Radiodermites aiguës et chroniques
  9. Prise en charge des radiodermites

1. Bases de la cicatrisation cutanée

Notions clés & Définitions

  • Cicatrisation : La cicatrisation restaure la continuité des berges d’une plaie et rétablit les fonctions tissulaires.
  • Cicatrice : Marque laissée après la guérison d’une plaie, d’une blessure ou d’une dermatose.

Points essentiels

📌 L’épiderme assure une barrière physique par les kératinocytes, une photoprotection par les mélanocytes et une immunoprotection par les cellules de Langerhans.

  • Le derme papillaire contient des fibroblastes impliqués dans la synthèse et le remodelage matriciels ainsi que dans la croissance et la différenciation des kératinocytes.

  • Le derme réticulaire contient une matrice extracellulaire qui assure les propriétés mécaniques, le soutien structural, l’adhérence et la régulation cellulaire.

  • L’hypoderme contribue aux propriétés mécaniques et thermiques, et ses adipocytes stockent les lipides.

2. Remodelage et qualité cicatricielle

★ À maîtriser

  • 🔄 Les phases de la cicatrisation se succèdent ainsi :
    1. Phase hémostatique de quelques heures
    2. Phase inflammatoire de quelques jours
    3. Phase proliférative de quelques semaines
    4. Phase de remodelage de quelques mois

📌 La détersion élimine les débris nécrotiques et les souillures, le bourgeonnement forme un tissu conjonctif de comblement et l’épidermisation peut être spontanée ou réalisée par greffe.

  • Pendant le remodelage, le tissu de granulation disparaît, une partie de la matrice extracellulaire est digérée, la cellularité diminue par apoptose, le collagène III est remplacé par du collagène I et les faisceaux collagéniques se remodèlent.

  • Le remodelage peut durer jusqu’à deux ans et augmente la résistance à la tension de la cicatrice.

  • La résistance de la cicatrice atteint environ 40 % à un mois et 80 % à un an.

Compléments

  • La phase hémostatique mobilise les plaquettes, tandis que la phase inflammatoire, ou détersion, mobilise les neutrophiles.

Astuce mémo

Collagène III remplacé par le I, puis la résistance augmente.

3. Prévention et soins des cicatrices

★ À maîtriser

  • La protection solaire est nécessaire pendant toute la phase de remodelage, tant que la cicatrice est rouge, car une exposition peut entraîner une hyperpigmentation parfois définitive, plus marquée sur les phototypes foncés.

  • Une cicatrice idéale est plane, fine, de couleur normale, souple et indolore, mais une restitution ad integrum n’existe pas sauf chez le fœtus et pendant la première année.

  • La cicatrisation définitive prend 12 à 24 mois, mais le processus reste modifiable par des traitements.

Compléments

  • La qualité cicatricielle dépend des facteurs de croissance comme le TGF β, de la qualité de la matrice extracellulaire, de facteurs génétiques et familiaux, du phototype, de la nutrition, de l’âge et de l’équilibre de la flore bactérienne saprophyte.

4. Cicatrices hypertrophiques et chéloïdes

Notions clés & Définitions

  • Cicatrice hypertrophique : Cicatrice rouge et prurigineuse, souvent linéaire après chirurgie ou traumatisme, qui reste dans les limites de l’incision initiale.
  • Cicatrice chéloïde : Tumeur cutanée fibroblastique bénigne correspondant à une réaction anormale du tissu conjonctif, qui déborde les limites initiales de la cicatrice.

★ À maîtriser

  • La cicatrice hypertrophique est liée à une synthèse accrue et à une dégradation limitée du collagène pendant le remodelage.
  • La cicatrice hypertrophique apparaît précocement, vers un mois, et régresse spontanément en 12 à 18 mois.

  • La chéloïde apparaît avec retard, généralement trois à six mois après le traumatisme, et ne montre aucune tendance à l’amélioration après 18 mois d’évolution.

Compléments

  • Les facteurs favorisant les chéloïdes sont :
    • Ethnie et phototype
    • Âge prépubertaire et grossesse
    • Inflammation et infection, notamment après brûlure
    • Localisation au dos, à l’épaule, au cou, à l’oreille ou en région présternale
    • Tension cicatricielle liée à l’orientation de la plaie ou aux contraintes de mobilisation

Astuce mémo

Hypertrophique : reste dans l’incision ; chéloïde : la déborde.

5. Autres cicatrisations pathologiques

★ À maîtriser

📌 Les cicatrices atrophiques sont en creux, comme celles de l’acné, et résultent d’un déséquilibre entre la synthèse et la dégradation du collagène.

Compléments

  • Les cicatrices rétractiles surviennent surtout après une cicatrisation dirigée comportant une phase de bourgeonnement riche en myofibroblastes et sont fréquentes après les brûlures.
  • Les cicatrices dyschromiques peuvent être hypochromiques par disparition des mélanocytes épidermiques et pilaires lorsque la surface est trop grande pour être recolonisée, ou pigmentées par tatouage.

6. Prévenir les cicatrices pathologiques

Points essentiels

  • La prévention repose sur :
    • Incision orientée et suturée sans tension
    • Report des chirurgies après l’adolescence lorsque c’est possible
    • Soins postopératoires adaptés
    • Éviction solaire pendant deux ans
    • Massage ou pétrissage

📌 Chez un sujet à risque, des feuilles de silicone sont utilisées pendant au moins trois mois et des vêtements compressifs sont portés 22 heures sur 24, jusqu’à deux ans.

7. Traitement des cicatrices en relief

★ À maîtriser

  • Les pansements protègent des traumatismes et des germes extérieurs, drainent les exsudats, limitent la prolifération des germes pathogènes, maintiennent un milieu humide et peuvent assurer une compression.

📌 Les cicatrices hypertrophiques peuvent être traitées par compression, plaques de silicone, hydrocolloïdes ou silicone liquide, portés 24 heures sur 24 pendant plusieurs mois, ainsi que par corticoïdes retard intralésionnels ou lasers.

Compléments

  • Les pansements anti-cicatrices comprennent les hydrocolloïdes et les plaques de silicone, qui peuvent être associés au port de vêtements compressifs.

  • L’accompagnement dermo-cosmétique hydrate, assainit avec des produits lavants adaptés et des crèmes au zinc ou au cuivre, limite l’inflammation et l’hyperpigmentation, et protège la peau du soleil.

  • Le laser vasculaire agit sur la couleur et l’inflammation locale, tandis que le massage ou le pétrissage par automassage, kinésithérapie ou LPG vise des bénéfices fonctionnels, de confort et esthétiques.

8. Radiodermites aiguës et chroniques

Notions clés & Définitions

  • Radiodermite : Lésion cutanée induite par des radiations ionisantes, aiguë ou chronique.

★ À maîtriser

  • La radiodermite aiguë touche les tissus à renouvellement rapide comme l’épiderme ; les radicaux libres altèrent l’ADN et entraînent inflammation et œdème dans les jours ou semaines suivant l’irradiation.

📌 La radiodermite aiguë progresse de l’érythème au grade 1, à l’érythème avec œdème au grade 2, puis à l’érythème exsudatif au grade 3, qui entraîne un arrêt temporaire du traitement ; la radionécrose de grade 4 est rare et associée aux accidents de surdosage.

  • La radiodermite chronique résulte d’une déplétion tardive et progressive des cellules à faible renouvellement, entraînant amincissement épidermique, hyperproduction de TGF β et fibrose dermique ; elle apparaît après un délai variable de plusieurs mois à plusieurs années, s’aggrave avec le temps et n’est pas liée à l’intensité de la radiodermite aiguë.

  • Les aspects de la radiodermite chronique comprennent :

    • Atrophie
    • Dyschromie
    • Télangiectasies
    • Sclérose ou induration
    • Nécrose
    • Atteinte plus fréquente en regard des plans osseux ou cartilagineux
  • Les radiodermites chroniques comportent un risque de carcinome radio-induit.

Compléments

  • Les facteurs favorisant la radiodermite aiguë sont :
    • Chimiothérapies concomitantes
    • Nouvelles thérapies antiangiogéniques
    • Zones de plis à peau fine
    • Comorbidités, notamment immunodépression, diabète ou âge

Astuce mémo

Aiguë : érythème et œdème ; chronique : atrophie et fibrose tardives.

9. Prise en charge des radiodermites

★ À maîtriser

  • La prévention repose sur :

    • Protection du personnel exposé
    • Emploi de doses faibles
    • Indications bien posées
    • Évitement des topiques irritants ou caustiques
    • Évitement des traumatismes
    • Protection solaire
    • Surveillance à vie
  • Les traitements de la radiodermite chronique peuvent comprendre :

    • Exérèse-greffe
    • Lambeaux
    • Lasers vasculaires
    • Lipostructure par injection de cellules graisseuses autologues

📌 Le traitement des chéloïdes associe des options médicales telles que la pressothérapie, les vêtements compressifs, le silicone et les corticoïdes intralésionnels, ces derniers étant administrés toutes les quatre à six semaines à une dose de Kenacort de 10 à 40 mg/ml ; les risques comprennent télangiectasies, atrophie, dépression, hypochromie et une récidive de 10 à 50 %.

📌 L’exérèse chirurgicale simple d’une chéloïde récidive dans 45 à 100 % des cas ; la chirurgie doit rester strictement intracicatricielle et n’est jamais isolée, mais associée aux corticoïdes ou à la pressothérapie.

Compléments

  • Le traitement de la radiodermite aiguë comprend des émollients, de la Biafine, des dermocorticoïdes de classe III ou IV pendant une courte durée et des antalgiques.

Tableaux de synthèse

Cicatrice hypertrophique et chéloïde

CritèreHypertrophiqueChéloïde
LimitesReste dans l’incision initialeDéborde les limites initiales
ApparitionPrécoce, vers un moisRetardée, trois à six mois
ÉvolutionRégression spontanée en 12 à 18 moisAucune tendance à l’amélioration après 18 mois

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Cicatrisation pathologique et radiodermites avec 27 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l’objectif fondamental de la cicatrisation d’une plaie ?

2. Après la guérison d’une plaie, d’une blessure ou d’une dermatose, comment définit-on la marque qui persiste ?

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Révisez avec les flashcards

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Que restaure la cicatrisation au niveau des berges d’une plaie ?

La continuité des berges.

Quelle autre fonction la cicatrisation rétablit-elle dans les tissus ?

Les fonctions tissulaires.

Qu’est-ce qu’une cicatrice ?

La marque laissée après la guérison d’une plaie, d’une blessure ou d’une dermatose.

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