Fiche de révision : Crise Diarrhéique chez le Chien et le Chat

📋 Plan du Cours

  1. Objectifs et critères de prise en charge diarrhée
  2. Critères de localisation grêle versus colon
  3. Causes de diarrhée aiguë chez chien et chat
  4. Diarrhées virales, bactériennes et parasitaires
  5. Diarrhées alimentaires, toxiques et immunitaires
  6. Diarrhée paradoxale lors d’obstruction digestive
  7. Biopsies endoscopiques versus biopsies chirurgicales
  8. Immunophénotypage et distinction MICI versus lymphome
  9. Recherche des complications et rôle vitamine B12
  10. Piliers thérapeutiques de la MICI chez le chien

📖 1. Objectifs et critères de prise en charge diarrhée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Diarrhée aiguë : La diarrhée est dite aiguë lorsque les signes cliniques évoluent depuis moins de deux semaines.
  • Diarrhée chronique : La diarrhée est dite chronique lorsque la durée dépasse deux semaines ou que l’évolution est intermittente et récurrente.
  • Localisation grêle vs colique : La localisation anatomique de l’atteinte correspond à l’origine grêle ou colique de la diarrhée, guidant l’interprétation des fèces et des signes associés.
  • Mécanisme pathogénique : Le mécanisme pathogénique décrit la cause fonctionnelle de la diarrhée, par exemple osmotique, sécrétoire ou liée à une malabsorption.
  • Microbiote intestinal : Le microbiote intestinal regroupe les micro-organismes commensaux et non pathogènes vivant dans l’intestin et participant à l’équilibre muqueuse-immunité.

📝 Points essentiels

  • La diarrhée se définit par une augmentation de la fréquence, de la fluidité et/ou du volume des matières fécales.
  • La diarrhée est dite aiguë si l’évolution clinique dure moins de 2 semaines et chronique si elle dure plus longtemps ou récidive de façon intermittente.
  • La prise en charge vise à préciser à la fois la localisation (grêle vs colon) et le mécanisme (déséquilibre sécrétion/absorption, osmose, etc.).
  • Les entérocytes assurent digestion, absorption et transfert des nutriments et de l’eau vers le sang et la lymphe.
  • La glutamine constitue une source énergétique majeure des entérocytes.
  • L’acide folique (B9) est absorbé au niveau du jéjunum et la cobalamine (B12) au niveau de l’iléon, ce qui aide à localiser et à estimer la sévérité.

💡 Astuce mémo

Aigu = <2 semaines ; Chronique = >2 semaines ou récidive ; Grêle = B9 (jéjunum) / B12 (iléon) ; Colon = signes coliques.

📖 2. Critères de localisation grêle versus colon

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hématochézie : L’hématochézie correspond à la présence de sang en nature, non digéré, dans les selles.
  • Méléna : Le méléna désigne la présence de sang digéré dans les selles, donnant une coloration noire des matières fécales.
  • Stéatorrhée : La stéatorrhée est une quantité anormalement élevée de lipides dans les selles, qui deviennent pâteuses, décolorées et luisantes.
  • Présence de mucus : La présence de mucus correspond à l’observation de mucus dans les selles, souvent liée à une diarrhée d’origine colique.

📝 Points essentiels

  • Une diarrhée d’origine grêle est plus souvent associée à des selles aqueuses, en grands volumes et profuses, car le grêle réabsorbe normalement la majorité de l’eau.
  • Une diarrhée d’origine colique est plus souvent associée à un faible volume avec des selles molles à peu formées.
  • L’hématochézie oriente vers une origine aborale, notamment côlon et ampoule rectale.
  • Le méléna peut survenir même sans diarrhée, et un sang en faible quantité peut nécessiter un test de sang occulte.
  • La stéatorrhée oriente vers une atteinte de l’intestin grêle ou des glandes annexes impliquées dans la digestion des lipides.
  • La présence de mucus est fréquente dans les diarrhées du côlon, liée à une activation excessive des glandes à mucus par le processus inflammatoire.

💡 Astuce mémo

Sang non digéré = aboral (hématochézie) ; Sang digéré = noir (méléna) ; Graisse = stéatorrhée ; Mucus = côlon.

📖 3. Causes de diarrhée aiguë chez chien et chat

🔑 Notions clés & Définitions

  • Diarrhée colique : La diarrhée colique correspond à une atteinte du côlon, avec des selles souvent en faible volume et des signes de gêne à la défécation.
  • Diarrhée grêle : La diarrhée du grêle correspond à une atteinte de l’intestin grêle, avec des selles souvent aqueuses et abondantes liées à une réabsorption d’eau insuffisante.
  • Mucus fécal : Le mucus fécal est la présence de sécrétions muqueuses dans les selles, fréquente lors d’une diarrhée d’origine colique par inflammation de la paroi.
  • Ténesme : Le ténesme est une sensation douloureuse lors de la défécation, souvent associée à des efforts expulsifs improductifs.
  • Urgence fécale : L’urgence fécale est un besoin irrépressible de déféquer, pouvant survenir aussi en diarrhée aiguë du grêle mais plus rarement.

📝 Points essentiels

  • Une diarrhée aqueuse, en grands volumes et profuse oriente plutôt vers une origine grêle, car l’intestin grêle réabsorbe la majorité de l’eau du bol alimentaire.
  • La présence d’éléments non digérés dans les selles oriente plus souvent vers une diarrhée grêle.
  • Une diarrhée en faible volume avec des selles molles peu formées oriente plutôt vers une origine colique.
  • La couleur des selles (hors sang) est généralement peu informative pour localiser l’origine.
  • En diarrhée colique, des défécations peuvent survenir 3 à 10 fois par jour, contre 2 à 4 fois par jour en diarrhée grêle.
  • La dyschézie correspond à une difficulté à déféquer, pouvant venir d’une douleur colique ou d’une obstruction/ sténose (ex : néoplasie colique).

💡 Astuce mémo

Grêle = gros volume aqueux + non digéré ; Côlon = mucus + petit volume + gêne à déféquer (ténesme/dyschézie).

📖 4. Diarrhées virales, bactériennes et parasitaires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rotavirose : Infection virale digestive touchant surtout l’intestin grêle et pouvant provoquer une diarrhée aiguë le plus souvent peu sévère.
  • Parvovirose : Virose digestive du chien et du chat pouvant entraîner une diarrhée aiguë grave, contrairement aux formes virales le plus souvent bénignes.
  • Giardiose : Parasitoses digestive due à un protozoaire, fréquente chez les jeunes et favorisée par l’absence de vermifugation régulière.
  • Coccidiose : Parasitoses digestives dues à des protozoaires, pouvant causer une diarrhée aiguë chez des animaux jeunes.
  • Salmonella spp. : Bactérie entéro-invasives ou entéro-toxique pouvant être responsable de diarrhées bactériennes aiguës chez les carnivores domestiques.

📝 Points essentiels

  • La diarrhée aiguë d’origine virale est la cause la plus fréquente chez le chien et l’humain, avec atteinte surtout de l’intestin grêle et signes souvent peu sévères.
  • Certaines viroses peuvent être graves (parvovirose du chien ou du chat) et certaines peuvent évoluer de façon chronique (FIV ou FeLV chez le chat, péritonite infectieuse féline).
  • Les diarrhées parasitaires sont fréquentes, touchent surtout les jeunes, et sont favorisées par l’absence de vermifugation régulière, la vie en communauté et l’alimentation ménagère.
  • Les nématodes et protozoaires sont les plus souvent en cause (ascaridioses, giardiose, coccidiose) et certaines parasitoses peuvent être graves (Strongyloides stercoralis).
  • La majorité des parasitoses digestives a un tropisme grêle, mais certaines atteignent le côlon (trichurose chez le chien, trichomonose chez le chat).
  • Les diarrhées bactériennes sont rares chez les carnivores domestiques et peuvent être dues à des bactéries entéro-invasives ou entéro-toxiques (Salmonella spp., Campylobacter jejuni, Campylobacter perfringes, Shigella).

💡 Astuce mémo

Virales = fréquentes et souvent bénignes (grêle) ; Parvovirose = grave ; Parasites = jeunes + vermifugation absente ; Bactériennes = rares (entéro-invasives/toxiques).

📖 5. Diarrhées alimentaires, toxiques et immunitaires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Diarrhée aiguë grave : La diarrhée aiguë grave correspond à une forme nécessitant une prise en charge rapprochée, car elle expose à des complications systémiques et métaboliques.
  • Exploration étiologique : L’exploration étiologique regroupe les examens visant à identifier la cause de la diarrhée, en fonction des signes cliniques et de la gravité.
  • Traitement étiologique : Le traitement étiologique vise à traiter la cause identifiée ou fortement suspectée de la diarrhée plutôt que de se limiter aux symptômes.
  • Diarrhée bénigne : La diarrhée bénigne désigne une forme sans critères de gravité, où un traitement surtout symptomatique peut être envisagé avant d’approfondir si l’évolution est défavorable.
  • Syndrome de malassimilation : Le syndrome de malassimilation est une entité clinique due à une digestion insuffisante et/ou à une absorption insuffisante des nutriments, responsable d’une diarrhée chronique.

📝 Points essentiels

  • En cas de forme grave, on recherche des anomalies de l’hémogramme : anémie (pertes sanguines ou maladie sous-jacente), hémoconcentration (déshydratation) et leucopénie (inflammation aiguë marquée, ex translocation bactér
  • En cas de forme grave, on recherche au bilan biochimique des signes de déshydratation (insuffisance rénale aiguë pré-rénale, hyperprotidémie) et des complications septiques comme l’hypoglycémie.
  • En cas de forme grave, l’ionogramme et la gazométrie veineuse peuvent montrer une acidose métabolique, des troubles du sodium (hypo/hypernatrémie), du potassium (hypokaliémie) et du chlore (hypo/hyperchlorémie).
  • Pour une diarrhée aiguë sans critère de gravité, on peut d’abord traiter symptomatiquement et reprogrammer l’exploration si aggravation ou absence d’amélioration en 24–48 h.
  • En cas de forme grave, une exploration étiologique est recommandée d’emblée et s’appuie sur l’examen des selles, les bilans hématologiques/biochimiques et l’imagerie selon la suspicion clinique.
  • Le traitement étiologique dépend de la cause : giardiose (fenbendazole 50 mg/kg 3 semaines), coccidiose (toltrazuril, triméthoprime-sulfaméthoxazole) et helminthose (fenbendazole, milbémycine oxime).

💡 Astuce mémo

Grave = Hémogramme + Biochimie + Ionogramme (H-B-I) ; Bénin = Symptomatique puis réévaluation 24–48 h.

📖 6. Diarrhée paradoxale lors d’obstruction digestive

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dysbiose intestinale : La dysbiose intestinale est une perturbation du microbiote qui modifie le dialogue entre la flore digestive et l’immunité.
  • Obstruction digestive : L’obstruction digestive est un blocage du transit qui peut entraîner une hypomotilité et favoriser une dysbiose secondaire.
  • Entéropathie exsudative : L’entéropathie exsudative est une entéropathie chronique responsable d’une fuite digestive de protéines, associée à une hypoalbuminémie.
  • Lymphangiectasies : Les lymphangiectasies sont des dilatations des vaisseaux lymphatiques intestinaux responsables d’une entéropathie exsudative.

📝 Points essentiels

  • La diarrhée peut être intermittente et s’accompagner d’un amaigrissement lors d’une dysbiose intestinale.
  • La dysbiose est le plus souvent secondaire à une autre atteinte digestive (MICI, infection gastro-intestinale, hypomotilité comme obstruction/iléus) ou à un traitement antibiotique.
  • Certaines dysbioses sont primaires et à prédisposition raciale, avec un déficit congénital en IgA chez le Shar Peï et le Berger Allemand.
  • Les lymphangiectasies primaires reflètent une anomalie congénitale des vaisseaux lymphatiques, tandis que les secondaires résultent d’une obstruction lymphatique ou d’une hausse de pression hydrostatique.
  • Les lymphangiectasies secondaires surviennent notamment lors d’infiltration inflammatoire ou néoplasique du tube digestif, d’une insuffisance cardiaque congestive droite ou d’une obstruction du canal thoracique.
  • Le diagnostic des lymphangiectasies repose sur la mise en évidence de pertes protéiques (hypoalbuminémie ou hypoprotéinémie) puis sur l’exclusion des causes rénales et hépatiques, avec confirmation par biopsies le plus/à

💡 Astuce mémo

Obstruction → hypomotilité → dysbiose → diarrhée intermittente + amaigrissement.

📖 7. Biopsies endoscopiques versus biopsies chirurgicales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Biopsies endoscopiques : Les biopsies endoscopiques sont des prélèvements de muqueuse réalisés via un endoscope pour explorer et caractériser une atteinte digestive.
  • Biopsies chirurgicales : Les biopsies chirurgicales sont des prélèvements obtenus lors d’une intervention chirurgicale quand l’endoscopie ne suffit pas ou n’est pas possible.
  • Colonoscopie avec biopsies coliques : La colonoscopie avec biopsies coliques est l’examen endoscopique qui associe exploration du côlon et prélèvements pour l’analyse histologique.
  • Caractérisation histologique : La caractérisation histologique correspond à l’analyse des tissus prélevés pour distinguer les entéropathies et orienter le pronostic et la prise en charge.

📝 Points essentiels

  • La démarche diagnostique des diarrhées chroniques s’appuie sur des examens de première intention avant d’escalader vers l’imagerie et l’endoscopie avec biopsies.
  • Pour les colopathies, la colonoscopie est associée à des biopsies coliques afin d’obtenir une base histologique.
  • La caractérisation histologique est indispensable pour distinguer les entéropathies exsudatives, les MICI, les processus tumoraux diffus, les parasitismes sévères et la lymphangiectasie primaire.
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont un diagnostic d’exclusion qui nécessite une histologie pour confirmer l’entité et adapter la thérapeutique.
  • En pratique, l’endoscopie permet une approche ciblée des segments (grêle ou côlon) alors que la biopsie chirurgicale est réservée aux situations où l’endoscopie ne répond pas aux besoins de prélèvement.

💡 Astuce mémo

Endoscopie = prélèvements ciblés; Chirurgie = prélèvements quand l’endoscopie ne suffit pas; Histologie = clé pour trancher le diagnostic.

📖 8. Immunophénotypage et distinction MICI versus lymphome

🔑 Notions clés & Définitions

  • Immunophénotypage : L’immunophénotypage est une méthode d’identification des cellules par leurs marqueurs, utile pour distinguer une infiltration inflammatoire d’une prolifération tumorale.
  • MICI : La MICI est une entéropathie inflammatoire chronique liée à une infiltration inflammatoire persistante de la paroi intestinale.
  • Lymphome intestinal : Le lymphome intestinal est une tumeur du système lymphoïde pouvant mimer une MICI par des signes digestifs chroniques.
  • Lymphangiectasie : La lymphangiectasie est une atteinte du système lymphatique intestinal entraînant des pertes protéiques et des modifications biologiques et échographiques.
  • Triade féline : La triade féline correspond à une atteinte inflammatoire multi-organique associant foie, pancréas et intestins chez le chat.

📝 Points essentiels

  • Chez le chat comme chez le chien, la distinction MICI versus lymphome repose sur l’ensemble des données cliniques, biologiques, d’imagerie et surtout l’analyse histologique des biopsies.
  • Les signes d’atteinte grêle (vomissements, méléna, stéatorrhée) et ceux d’atteinte colique (ténesme/dyschésie, urgence, hématochésie, mucus) orientent la localisation mais ne suffisent pas à trancher MICI contre tumeur.
  • En échographie, la conservation de la structure en couches et une atteinte le plus souvent diffuse plaident plutôt pour une MICI, tandis que la perte de structure en couches, une adénomégalie très marquée, une atteinte l
  • Une suspicion tumorale augmente en cas d’atteinte focale ou de suspicion d’ulcères multifocaux, même si des anomalies peuvent aussi se voir dans des MICI de bas grade chez le chat.
  • Lymphangiectasie : la muqueuse peut présenter des striations échogènes perpendiculaires à la lumière, et on observe parfois lymphopénie et hypocholestérolémie.

💡 Astuce mémo

MICI = couches conservées et atteinte diffuse ; Lymphome = focale/ulcères + ganglions très marqués + couches détruites.

📖 9. Recherche des complications et rôle vitamine B12

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hypoalbuminémie sévère : L’hypoalbuminémie sévère correspond à une baisse marquée de l’albumine sanguine, qui fait suspecter une entéropathie exsudative grave et impose d’accélérer les examens ciblés.
  • Entéropathie exsudative : L’entéropathie exsudative est une maladie digestive où des protéines sont perdues dans le tube digestif, pouvant entraîner une hypoalbuminémie importante.
  • Hypocobalaminémie : L’hypocobalaminémie est un déficit en vitamine B12 qui doit être recherché et corrigé chez le chien et le chat en cas de diarrhée chronique.
  • Facteur intrinsèque : Le facteur intrinsèque est une protéine d’origine pancréatique (chat) ou pancréatique et gastrique (chien) qui permet le transport de la vitamine B12 jusqu’à l’iléon.
  • Immunohistochimie : L’immunohistochimie est un examen qui identifie l’immunophénotype des lymphocytes (B ou T) à partir des biopsies.

📝 Points essentiels

  • En cas d’hypoalbuminémie sévère, une entéropathie exsudative grave est à suspecter et un essai alimentaire prolongé ne doit pas retarder les examens spécifiques.
  • La laparotomie exploratrice permet de prélever dans toute l’épaisseur de la paroi et d’accéder au jéjunum et à d’autres viscères (dont les ganglions), mais expose à un risque de déhiscence et de péritonite septique en hy
  • L’endoscopie digestive est non invasive, plus rapide et moins coûteuse, mais peut manquer des lésions profondes si les biopsies sont trop superficielles.
  • Chez le chat, la coloscopie est systématiquement réalisée en complément de la gastro-duodénoscopie pour obtenir des biopsies iléales, plus sensibles pour détecter un lymphome de bas grade.
  • Après exclusion d’une insuffisance pancréatique exocrine, une hypocobalaminémie doit conduire à des biopsies iléales chez le chien comme chez le chat.
  • Les complications majeures à rechercher au bilan sanguin standard sont l’hypoalbuminémie et l’anémie, avec en plus une évaluation électrolytique pour rechercher une hypocalcémie ionisée et une mesure de la vitamine B12.

💡 Astuce mémo

B12 = iléon + facteur intrinsèque : sans B12, les entérocytes maturent mal → diarrhée persiste.

📖 10. Piliers thérapeutiques de la MICI chez le chien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Budésonide : Corticostéroïde à action anti-inflammatoire locale, avec faible absorption systémique grâce à une forte affinité tissulaire et un métabolisme de premier passage hépatique.
  • Hypocobalaminémie : Déficit en vitamine B12 sanguine, fréquent en MICI, qui nécessite une correction spécifique pour limiter les conséquences digestives et biologiques.
  • Entéropathie exsudative : Forme de MICI où des protéines sont perdues dans les selles, pouvant entraîner une panhypoprotéinémie et un risque thrombotique.
  • Hypoalbuminémie sévère : Baisse marquée de l’albumine circulante, associée à des complications comme œdèmes et épanchements, guidant une prise en charge symptomatique temporaire.

📝 Points essentiels

  • Le budésonide peut être utilisé si l’atteinte clinique et biologique n’est pas très préoccupante, mais son efficacité chez le chien est moins documentée et la réponse au long terme reste à préciser.
  • L’hypocobalaminémie (fréquente) doit conduire à une supplémentation parentérale sous-cutanée selon un protocole hebdomadaire validé dès une cobalaminémie initiale < 300 ng/ml.
  • La supplémentation en calcium et vitamine D peut être nécessaire, mais elle est le plus souvent transitoire.
  • En cas d’hypoalbuminémie sévère avec épanchement et œdème, des diurétiques peuvent être prescrits très temporairement, la spironolactone étant préférée pour l’épargne potassique.
  • Lors d’entéropathie exsudative grave, la perte d’anti-thrombine III augmente le risque de thrombose, ce qui justifie un antiagrégant plaquettaire en forme avancée jusqu’à résolution de la panhypoprotéinémie.
  • Le pronostic de la MICI est péjoré par l’hypoalbuminémie sévère, le score clinique initial, l’hypocobalaminémie, l’hypocalcémie ionisée et la réponse au traitement.

💡 Astuce mémo

Budésonide = anti-inflammatoire local, “peu dans le sang” ; B12 = “<300 ng/ml = piqûre hebdo” ; exsudat = “perte d’anti-thrombine III = antiagrégant”.

📊 Tableaux de synthèse

Localisation et sémiologie (grêle vs côlon)

CritèreGrêleCôlon
Aspect des sellesAqueuses, en grands volumes, profusesFaible volume, molles à peu formées
Éléments non digérésPlus fréquentsMoins fréquents
MucusPeu fréquentFréquent (activation des glandes à mucus)
SangHématochézie oriente vers origine aborale (côlon/ampoule rectale) ; méléna = sang digéréHématochézie et mucus orientent vers atteinte colique
Schéma défécatoire2 à 4 fois/jour (souvent) ; urgence fécale possible mais moins fréquente3 à 10 fois/jour ; ténesme/dyschésie plus typiques
Signes associésVomissements plus fréquents ; borborygmes/flatulences possiblesTénesme/dyschésie/urgence ; hématochézie et mucus plus typiques

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre diarrhée aiguë et chronique : dans le cours, l’aiguë est < 2 semaines et la chronique > 2 semaines ou intermittente/récurrente.
  2. Croire que la couleur des selles (hors sang) localise toujours : le cours dit qu’elle est généralement peu informative.
  3. Interpréter une hématochézie comme du sang digéré : l’hématochézie correspond à du sang en nature (non digéré) et oriente aboral.
  4. Oublier que le méléna peut exister sans diarrhée et qu’un sang en faible quantité peut nécessiter un test de sang occulte.
  5. Penser que la présence de mucus suffit à conclure à une origine grêle : le cours associe surtout mucus et diarrhée colique.
  6. Traiter systématiquement par antibiotiques en diarrhée aiguë : le cours recommande surtout la réhydratation/support et réserve les antibiotiques aux situations ciblées.
  7. Confondre MICI et lymphome chez le chat : la distinction repose sur l’ensemble des données et surtout l’histologie/compléments (immunohistochimie, clonalité).

✅ Checklist Examen

  1. Définir diarrhée aiguë (<2 semaines) et chronique (>2 semaines ou intermittente/récurrente, selon le cours).
  2. Citer au moins 5 critères d’aspect des fèces permettant de localiser grêle vs côlon : hématochézie, méléna, stéatorrhée, mucus, caractère aqueux/grands volumes vs faible volume, éléments non digérés.
  3. Citer au moins 3 critères de défécation pour localiser : fréquence (3–10/j côlon vs 2–4/j grêle), ténesme, dyschésie, urgence fécale, incontinence fécale (rare grêle).
  4. Citer au moins 5 signes cliniques associés à la diarrhée (autres que la diarrhée) et préciser ceux qui orientent grêle vs côlon : vomissements, amaigrissement, polyphagie/dysorexie, halitose, borborygmes/flatulences, etc
  5. Lister les causes de diarrhée aiguë chez chien et chat : virales (rotavirose, parvovirose…), parasitaires (giardiose, coccidiose…), bactériennes (Salmonella…), alimentaires/toxiques, immunitaires, mécaniques paradoxales,

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1. Quelle définition correspond à une diarrhée aiguë chez le chien ou le chat ?

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Diarrhée aiguë — durée ?

Moins de 2 semaines.

Diarrhée chronique — durée ?

Plus de 2 semaines ou récidive.

Localisation grêle — signe principal ?

Selles aqueuses en grands volumes.

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