Fiche de révision : Diabète de l’enfant

Plan du Cours

  1. Définitions et seuils glycémiques
  2. Régulation glycémique et cétose
  3. Types de diabète pédiatrique
  4. Signes du diabète inaugural
  5. Acidocétose diabétique
  6. Insulinothérapie et injections
  7. Hypoglycémie et conduite à tenir
  8. Hyperglycémie et jours de maladie
  9. Suivi et surveillance infirmière
  10. Éducation et vie quotidienne
  11. Hypoglycémie néonatale

1. Définitions et seuils glycémiques

Notions clés & Définitions

  • Glycémie : La glycémie est le taux de glucose dans le sang, normalement compris à jeun entre 0,70 et 1,10 g/L, soit 3,9 à 6,1 mmol/L.
  • Diabète : Le diabète est une hyperglycémie chronique définie par une glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L à deux reprises, une glycémie ≥ 2 g/L avec symptômes à n’importe quel moment, ou une HbA1c ≥ 6,5 %.
  • Insuline : L’insuline est l’unique hormone hypoglycémiante, sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans, qui favorise l’entrée du glucose dans les cellules et son stockage sous forme de glycogène.
  • HbA1c : L’HbA1c, ou hémoglobine glyquée, reflète l’équilibre glycémique moyen des trois derniers mois, correspondant à la durée de vie d’un globule rouge.
  • Hypoglycémie : L’hypoglycémie correspond à une glycémie < 0,70 g/L (3,9 mmol/L) et est cliniquement significative si elle est < 0,54 g/L (3,0 mmol/L) ; elle est sévère si elle nécessite l’aide d’un tiers en raison d’une altération de l’état mental ou physique, quelle que soit la glycémie.

2. Régulation glycémique et cétose

Notions clés & Définitions

  • Corps cétoniques : Les corps cétoniques sont des produits acides de la dégradation des graisses, utilisés par l’organisme quand le manque d’insuline l’empêche d’utiliser le glucose.
  • Cétose : La cétose est la présence de corps cétoniques dans le sang, appelée cétonémie, ou dans les urines, appelée cétonurie.

★ À maîtriser

  • En l’absence d’insuline, le glucose n’entre plus correctement dans les cellules, l’organisme dégrade les graisses et produit des corps cétoniques, dont l’accumulation provoque une acidose.

  • Au-delà d’environ 1,80 g/L, le glucose passe dans les urines, entraîne de l’eau par diurèse osmotique et provoque polyurie, déshydratation puis soif intense.

Compléments

  • Les hormones hyperglycémiantes de contre-régulation sont :
    • le glucagon
    • le cortisol
    • l’adrénaline
    • l’hormone de croissance

Astuce mémo

Carence en insuline → glucose inutilisable → graisses dégradées → corps cétoniques

3. Types de diabète pédiatrique

Notions clés & Définitions

  • Diabète de type 1 : Le diabète de type 1 résulte d’une destruction auto-immune des cellules β entraînant une carence absolue en insuline et nécessite un traitement par insuline à vie.
  • Diabète de type 2 : Le diabète de type 2 associe une insulinorésistance à une insulinosécrétion insuffisante et augmente chez les adolescents en surpoids ou obèses.

Points essentiels

  • Le DT1 représente environ 90 % des cas de diabète pédiatrique et survient à tout âge, avec deux pics entre 4 et 6 ans et à la puberté.

  • Le MODY est lié à la mutation d’un seul gène, se transmet héréditairement sur plusieurs générations et provoque généralement un diabète peu sévère.

  • Le diabète néonatal, d’origine génétique, est révélé avant l’âge de 6 mois.

  • La thyroïdite et la maladie cœliaque sont des maladies auto-immunes associées au DT1 qui doivent être dépistées régulièrement.

Astuce mémo

DT1 : destruction auto-immune ; DT2 : insulinorésistance

4. Signes du diabète inaugural

★ À maîtriser

  • Le syndrome cardinal associe : la polyurie, la polydipsie, la polyphagie, inconstante chez l’enfant, l’amaigrissement malgré une alimentation conservée

  • L’énurésie secondaire chez un enfant propre peut révéler la polyurie du diabète inaugural.

  • Chez le nourrisson et le jeune enfant, les couches masquent la polyurie et le diabète est souvent diagnostiqué tardivement, parfois lors d’une acidocétose.

Compléments

  • Une fatigue, une asthénie et parfois des mycoses génitales peuvent accompagner le diabète inaugural.

5. Acidocétose diabétique

Notions clés & Définitions

  • Acidocétose diabétique : L’acidocétose diabétique est une urgence vitale associant une glycémie > 2 g/L, une cétonémie ≥ 3 mmol/L et un pH < 7,30 ou des bicarbonates < 18 mmol/L.

★ À maîtriser

  • La dyspnée de Kussmaul est une respiration ample et profonde, et l’haleine fruitée est liée à l’acétone.

  • Le traitement hospitalier de l’acidocétose repose sur une réhydratation IV progressive, puis une insuline IV continue, un apport de potassium et l’absence de bicarbonates systématiques.

  • Une réhydratation trop rapide expose à l’œdème cérébral, complication la plus grave de l’acidocétose chez l’enfant.

Compléments

  • L’acidocétose peut provoquer nausées, vomissements et douleurs abdominales, qui peuvent faire évoquer à tort une gastro-entérite ou une appendicite.

  • Les signes d’alerte comprennent :

    • des céphalées nouvelles ou aggravées
    • une bradycardie inexpliquée
    • une hypertension artérielle
    • des troubles de conscience ou une agitation
    • la reprise des vomissements
    • des anomalies pupillaires

6. Insulinothérapie et injections

★ À maîtriser

  • Les analogues rapides asparte, lispro et glulisine débutent leur action en 5 à 15 minutes et durent 3 à 5 heures ; ils servent aux bolus des repas, aux corrections et aux pompes.

  • Le schéma basal-bolus associe une injection quotidienne d’insuline lente à une injection d’insuline rapide à chaque repas, dont la dose est calculée selon les glucides et la glycémie.

  • L’injection au stylo comprend la vérification de la prescription et du produit, la purge de 2 UI, le choix d’un site en rotation, l’injection sous-cutanée à 90°, le maintien de l’aiguille 10 secondes, l’élimination de l’aiguille en DASRI et la traçabilité.

Compléments

  • Les analogues lents glargine, détémir et dégludec débutent leur action en 1 à 2 heures et durent de 20 à 42 heures selon la molécule, sans pic d’action.

  • Les besoins en insuline sont d’environ 0,7 à 1 UI/kg/jour, peuvent atteindre 1,2 à 1,5 UI/kg/jour à la puberté et descendent sous 0,5 UI/kg/jour pendant la lune de miel.

  • La pompe diffuse en continu de l’insuline rapide par un cathéter sous-cutané, avec un débit de base et des bolus aux repas ; elle est très utilisée chez le jeune enfant.

Astuce mémo

Rapide aux repas, lente pour le fond

7. Hypoglycémie et conduite à tenir

★ À maîtriser

  • Chez un enfant conscient, il faut confirmer la glycémie si cela ne retarde pas le traitement, donner environ 0,3 g/kg de sucre rapide (maximum 15 g), contrôler après 15 minutes et répéter si la glycémie reste < 0,70 g/L.

  • Chez un enfant inconscient ou qui convulse, ne rien donner par la bouche, le mettre en position latérale de sécurité, appeler à l’aide et administrer le glucagon selon le poids et le protocole.

  • La dose de glucagon est de 0,5 mg par voie IM ou SC si l’enfant pèse moins de 25 kg et de 1 mg à partir de 25 kg.

Compléments

  • Les signes adrénergiques comprennent :

    • la pâleur
    • les sueurs
    • les tremblements
    • la tachycardie
    • la faim
    • l’anxiété
  • Les signes neuroglucopéniques comprennent :

    • un changement de comportement
    • l’irritabilité, la colère ou les pleurs
    • des troubles de concentration ou visuels
    • la somnolence
    • les convulsions
    • le coma

📌 Le chocolat et les biscuits ne conviennent pas au resucrage, car leurs graisses ralentissent l’absorption du sucre.

8. Hyperglycémie et jours de maladie

★ À maîtriser

  • Si la glycémie dépasse 2,50 g/L, les corps cétoniques doivent être recherchés systématiquement, de préférence par cétonémie capillaire.

  • Pendant les jours de maladie, l’insuline ne doit jamais être arrêtée, même si l’enfant ne mange pas, car les hormones de stress augmentent la glycémie.

  • Pendant une maladie, la glycémie et la cétonémie sont surveillées toutes les 2 à 3 heures et l’hydratation est maintenue.

  • Une cétonémie < 0,6 mmol/L est normale ; entre 0,6 et 1,5 mmol/L, il faut appliquer le protocole de suppléments d’insuline rapide, faire boire et recontrôler ; entre 1,5 et 3 mmol/L, il faut appeler l’équipe médicale ; à partir de 3 mmol/L, une hospitalisation urgente est nécessaire.

Compléments

📌 Des vomissements pendant une maladie chez un enfant diabétique imposent de contacter l’équipe médicale en raison du risque d’acidocétose rapide.

9. Suivi et surveillance infirmière

★ À maîtriser

  • Chez l’enfant, l’objectif d’HbA1c est ≤ 7 % et le contrôle est effectué tous les trois mois en consultation.

  • Sous capteur, les objectifs sont un temps dans la cible de 0,70 à 1,80 g/L supérieur à 70 %, un temps sous 0,70 g/L inférieur à 4 % et un temps sous 0,54 g/L inférieur à 1 %.

  • Les axes de surveillance infirmière sont :

    • la glycémie
    • la cétonémie
    • l’état clinique
    • le traitement
    • l’alimentation
    • la croissance
    • le vécu psychologique et social
    • la traçabilité et les transmissions

📌 Sous pompe, une hyperglycémie inexpliquée fait suspecter un problème de cathéter, car l’absence d’insuline lente en réserve expose à une cétose rapide.

Compléments

  • Les objectifs glycémiques indicatifs sont de 0,70 à 1,45 g/L avant les repas et de moins de 1,80 g/L après les repas, selon les objectifs individuels du diabétologue.

  • Les complications chroniques comprennent : la rétinopathie, la néphropathie, dépistée par microalbuminurie, la neuropathie, les complications cardiovasculaires à l’âge adulte

  • Le dépistage annuel des complications commence généralement à la puberté ou après quelques années d’évolution et comprend aussi bilan thyroïdien, anticorps de la maladie cœliaque, bilan lipidique et tension artérielle.

📌 Pour une glycémie capillaire, il faut laver et sécher les mains, éviter l’alcool et la solution hydroalcoolique, piquer sur le côté de la pulpe en alternant les doigts, vérifier les bandelettes et tracer le résultat.

📌 La glycémie capillaire est contrôlée au minimum avant chaque repas et au coucher, ainsi qu’en cas de symptômes, de sport ou de maladie, et la nuit selon prescription.

  • Le poids et la taille sont reportés sur les courbes à chaque consultation, car un mauvais équilibre glycémique peut ralentir la croissance et retarder la puberté.

10. Éducation et vie quotidienne

★ À maîtriser

  • L’éducation thérapeutique vise l’autonomie progressive de l’enfant et de ses parents, en apprenant glycémies, injections, comptage des glucides, reconnaissance et traitement de l’hypoglycémie, conduite les jours de maladie et utilisation du glucagon.

  • Le PAI, rédigé avec le médecin et l’établissement, précise les signes d’hypoglycémie, le resucrage, le glucagon et les contacts ; l’enfant garde une trousse d’urgence avec sucres, lecteur et glucagon.

📌 Le sport est encouragé et nécessite des contrôles glycémiques avant, pendant et après l’effort, une collation prévue, une éventuelle adaptation de l’insuline selon protocole et une surveillance la nuit suivante.

Compléments

  • À l’adolescence, les besoins en insuline augmentent avec la puberté, l’observance peut devenir plus difficile et l’alcool peut provoquer des hypoglycémies retardées.

  • La posture éducative évite les termes culpabilisants, valorise les acquis, informe, soutient et accompagne l’enfant et sa famille selon la démarche VISA.

11. Hypoglycémie néonatale

★ À maîtriser

  • Le nouveau-né de mère diabétique est exposé à la macrosomie et à l’hypoglycémie néonatale, car l’hyperglycémie maternelle stimule son pancréas pendant la grossesse et sa production d’insuline reste élevée après la naissance.

  • La prévention repose sur : le peau à peau, une tétée précoce et fréquente, la surveillance des glycémies capillaires selon le protocole

Compléments

  • Les signes à repérer sont :
    • les trémulations
    • l’hypotonie
    • les difficultés à téter
    • la cyanose
    • l’hypothermie

Astuce mémo

Sucre maternel interrompu + insuline néonatale élevée → hypoglycémie

Tableaux de synthèse

Types de diabète chez l’enfant

TypeMécanismeTerrain ou repère
DT1Destruction auto-immune des cellules βTout âge ; insulinothérapie à vie
DT2Insulinorésistance et sécrétion insuffisanteAdolescent en surpoids ou obèse
MODYMutation d’un seul gènePlusieurs générations atteintes
NéonatalOrigine génétiqueRévélation avant 6 mois

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Diabète de l’enfant avec 17 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Après une modification récente du traitement, un enfant présente une glycémie inhabituelle aujourd’hui. Concernant l’HbA1c, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

2. Un enfant manque d’insuline et présente une glycémie supérieure à environ 1,80 g/L. Quelles sont les réponses exactes au sujet des mécanismes de régulation et de cétose ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Diabète de l’enfant avec 81 flashcards interactives.

Que désigne la glycémie ?

Le taux de glucose dans le sang.

Quelle est la plage normale de glycémie à jeun ?

De 0,70 à 1,10 g/L, soit 3,9 à 6,1 mmol/L.

Quels critères permettent de définir le diabète ?

Une glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L à deux reprises, ≥ 2 g/L avec symptômes à tout moment, ou une HbA1c ≥ 6,5 %.

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