📋 Plan du Cours
- Évolution des compartiments corporels avec l’âge
- Chiffrage des masses grasse et non grasse
- Différences homme femme chez les sédentaires
- Méthodes de référence et méthodes cliniques
- Densitométrie et formule de Siri
- Impédancemétrie et conditions de mesure
- Mesure des plis cutanés et limites
- Postes de dépenses et segmentation énergétique
- Métabolisme de base : conditions et estimations
- Calorimétrie alimentaire et calorimétrie directe
- Calorimétrie indirecte respiratoire et quotient respiratoire
- Facteurs de variation et lien amaigrissement obésité
📖 1. Évolution des compartiments corporels avec l’âge
🔑 Notions clés & Définitions
- Compartiments corporels : Compartiments corporels : découpage du corps en masses et tissus (ex. graisse, masse maigre) pour décrire comment la composition change avec l’âge.
- Masse grasse : Masse grasse : part du poids corporel constituée par le tissu adipeux, qui varie avec l’âge et influence l’interprétation du poids.
- Masse maigre : Masse maigre : ensemble de la masse non grasse, incluant notamment muscles, viscères et eau, dont la proportion peut évoluer au cours du vieillissement.
- Eau corporelle : Eau corporelle : composant hydrique du corps qui peut augmenter (ex. œdèmes) et modifier la masse mesurée sans refléter une hausse de masse grasse.
- Œdèmes : Œdèmes : accumulation d’eau dans les tissus qui augmente le poids sur la balance et perturbe l’estimation de la composition corporelle.
📝 Points essentiels
- L’âge s’accompagne de modifications de la répartition entre graisse et masse non grasse, ce qui rend le suivi de la composition plus informatif que le seul poids.
- L’IMC peut être trompeur car il ne distingue pas la part de masse grasse de la part de masse musculaire.
- Chez une personne très musclée, un IMC élevé peut refléter une masse musculaire importante plutôt qu’un excès de graisse.
- En cas d’œdèmes, la masse mesurée augmente surtout par l’eau accumulée, pas par une augmentation de masse essentielle (tissus).
- La densité de l’eau explique l’effet sur la balance : 1 L d’eau correspond à environ 1 kg de masse.
- Pour interpréter l’évolution avec l’âge, il faut raisonner en compartiments (graisse vs masse maigre) plutôt qu’en indicateurs globaux.
💡 Astuce mémo
Âge = “graisse ↑ / masse maigre ↓” (souvent), mais la balance peut mentir si “eau” (œdèmes) s’ajoute.
📖 2. Chiffrage des masses grasse et non grasse
🔑 Notions clés & Définitions
- Masse grasse : La masse grasse correspond à la part du poids liée au stockage lipidique, notamment sous forme de tissu adipeux.
- Masse non grasse : La masse non grasse regroupe les tissus hors graisse, incluant la masse musculaire et les organes.
- Masse maigre : La masse maigre correspond à la fraction corporelle sans graisse, souvent utilisée avec la masse grasse pour estimer la composition.
- Masse musculaire : La masse musculaire représente la composante contractile du corps, incluse dans la masse non grasse et la masse maigre.
📝 Points essentiels
- Chez le nouveau-né, la répartition est différente de l’adulte car la proportion d’eau est plus élevée (environ 80%).
- Vers 10 ans, la masse musculaire augmente et la masse grasse augmente un peu, tandis que le reste diminue.
- Chez l’adulte, la masse musculaire représente environ 40–45% et la masse grasse environ 20%, le reste correspondant aux autres composantes non grasse.
- Exemple à 80 kg : masse grasse ≈ 16 kg (20%) et masse non grasse ≈ 64 kg (80%).
- Dans la masse non grasse, on retrouve notamment la masse musculaire (exemple : 33 kg soit 16% de protéines) et les organes.
- En situation d’obésité, le pourcentage de masse grasse est plus élevé que chez l’adulte de référence.
💡 Astuce mémo
Gras = 20% (adulte) ; Non-gras = 80% : à 80 kg ça fait 16 kg de gras et 64 kg de non-gras.
📖 3. Différences homme femme chez les sédentaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Densité de masse maigre : La densité de la masse maigre correspond à celle du tissu musculaire, utilisée pour convertir une densité corporelle en pourcentages de composition.
- Densité de masse grasse : La densité de la masse grasse correspond à celle du tissu adipeux, utilisée dans le calcul de la densité corporelle totale.
- Formule de Siri : La formule de Siri relie la densité corporelle d au pourcentage de masse grasse (%MG) pour estimer la composition corporelle.
- Pesée hydrostatique : La pesée hydrostatique est une méthode qui immerge le corps pour déduire la densité corporelle à partir du poids et du volume d’eau déplacée.
- Pléthysmographie par déplacement d’air : La pléthysmographie par déplacement d’air est une méthode de composition corporelle basée sur un volume d’air déplacé dans un espace fermé.
📝 Points essentiels
- La densité de masse musculaire est plus élevée que celle de la masse grasse, donc le muscle pèse plus lourd à volume égal.
- dMM (densité de masse maigre) vaut 1,1 g/cc et dMG (densité de masse grasse) vaut 0,9 g/cc.
- La densité corporelle totale se calcule en combinant les densités de masse maigre et grasse avec leurs pourcentages x et y tels que x+y=100.
- Formule de Siri : %MG = (4,95/d − 4,5) × 100, et elle sert à obtenir le pourcentage de masse grasse à partir de d.
- Pesée hydrostatique : on immerge entièrement le corps, puis on mesure le poids en air et le poids en eau pour obtenir la masse volumique via le volume d’eau déplacée.
- En pesée hydrostatique, la masse d’eau déplacée correspond au poids de l’eau : P=Poidsair−Poidseau, ce qui permet de remonter au volume déplacé et donc à la densité corporelle.
💡 Astuce mémo
Muscle = plus dense (1,1) ; Gras = moins dense (0,9) : même volume, le muscle pèse plus.
📖 4. Méthodes de référence et méthodes cliniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Impédancemétrie bioélectrique : Méthode clinique qui estime la composition corporelle à partir de l’impédance mesurée quand un courant traverse le corps.
- Impédance à 50 Hz : Mesure d’impédance réalisée à 50 Hz utilisée pour obtenir la composition corporelle.
- Impédancemétrie multi-fréquence : Mesure d’impédance réalisée sur plusieurs fréquences (de 5 à 500 Hz) pour affiner l’estimation selon les caractéristiques et certaines maladies.
- Plis cutanés : Méthode clinique utilisant une pince calibrée pour mesurer l’épaisseur du pli cutané et estimer la masse grasse via une formule.
- Pince de Harpenden : Pince calibrée utilisée pour mesurer l’épaisseur des plis cutanés lors des évaluations par plis cutanés.
📝 Points essentiels
- Les électrodes sont placées sur le côté droit (poignet et métacarpo-phalangien, puis pied) pour obtenir une mesure reproductible.
- La vessie doit être vide pour éviter de fausser les résultats de l’impédancemétrie.
- Il ne faut pas être en contact avec du métal car le passage d’un courant électrique peut perturber la mesure.
- Les membres doivent être en légère abduction (surtout le bras) pour limiter les courts-circuits et forcer le courant à traverser le corps.
- Des équations utilisent l’âge, le sexe, l’ethnie et certaines maladies pour relier l’impédance à des valeurs de composition corporelle.
- L’impédancemétrie peut être en monofréquence à 50 Hz ou en multi-fréquence de 5 à 500 Hz, avec une utilisation spécifique de l’impédance à 50 Hz pour la composition corporelle.
💡 Astuce mémo
Courant = Corps : vessie vide + pas de métal + abduction → pas de court-circuit, mesure fiable.
🔑 Notions clés & Définitions
- DEXA biphotonique : La DEXA biphotonique est une méthode de référence qui utilise deux niveaux d’énergie de rayons X pour estimer la composition corporelle.
- Absorptiométrie biphotonique : L’absorptiométrie biphotonique désigne le principe où l’atténuation des rayons dépend des tissus traversés et de leur densité.
- Calibrage par fantôme : Le calibrage par fantôme est l’étape qui utilise un bloc de référence pour garantir la justesse des mesures DEXA.
- T-score : Le T-score exprime l’écart d’une mesure par rapport à une moyenne de référence, avec des valeurs typiquement attendues entre -2 et +2 dans la norme.
- Z-score : Le Z-score compare la mesure à une population de même âge et de même sexe.
📝 Points essentiels
- La DEXA balaie le corps avec un faisceau de rayons X à deux énergies (deux longueurs d’onde) pour distinguer les tissus selon leur atténuation.
- La graisse atténue moins que le muscle, et l’os arrête davantage les rayons, ce qui permet d’inférer la composition corporelle.
- L’irradiation de la DEXA est décrite comme presque négligeable, mais elle reste contre-indiquée pendant la grossesse.
- La DEXA nécessite un calibrage par fantôme pour s’assurer que les mesures sont correctes.
- La DEXA fournit une répartition en trois compartiments : masse non grasse, masse grasse et os.
- L’analyse peut être globale (corps entier) ou segmentaire (tronc, jambes, bras, tête) avec des tableaux de composition en masse et en pourcentage, puis une comparaison à une population via des T-scores.
💡 Astuce mémo
DEXA = 2 énergies → 3 compartiments (non-grasse, grasse, os) ; fantôme = “zéro erreur” ; T-score = référence adulte, Z-score = même âge/sex.
📖 6. Impédancemétrie et conditions de mesure
🔑 Notions clés & Définitions
- Impédancemétrie : Technique d’estimation de la composition corporelle à partir de la résistance et de la réactance mesurées dans le corps.
- DEXA : Examen de référence pour mesurer la composition corporelle, utilisé comme point de comparaison pour d’autres méthodes.
- Suivi longitudinal : Répétition d’un même examen dans le temps pour observer une évolution plutôt que de se fier à une mesure isolée.
- Conditions de mesure : Ensemble des paramètres de réalisation qui influencent la mesure d’impédancemétrie et donc l’interprétation des résultats.
📝 Points essentiels
- L’évaluation nutritionnelle repose sur des mesures et indices, mais il n’existe pas forcément de « gold standard » en ambulatoire.
- La DEXA est présentée comme examen de référence, mais les autres méthodes peuvent être utilisées avec prudence selon le contexte.
- Le suivi longitudinal est central : répéter l’examen permet de juger une tendance d’évolution.
- La rigueur de mesure et la connaissance des limites conditionnent la fiabilité des résultats d’impédancemétrie.
- L’interprétation doit tenir compte des conditions de mesure, car elles peuvent modifier les valeurs obtenues et donc la composition estimée.
💡 Astuce mémo
Longitudinal = tendance : même test, mêmes conditions, on lit l’évolution plutôt que la valeur brute.
📖 7. Mesure des plis cutanés et limites
🔑 Notions clés & Définitions
- Métabolisme de base : Le métabolisme de base correspond à la dépense énergétique minimale du corps au repos, mesurée dans des conditions standardisées.
- Thermogenèse alimentaire : La thermogenèse alimentaire est la dépense énergétique liée à la digestion et à la transformation des nutriments après un repas.
- Neutralité thermique : La neutralité thermique est une plage de température ambiante où le corps limite les dépenses liées au maintien de 37°C.
- Thermorégulation : La thermorégulation regroupe les dépenses pour maintenir la température corporelle autour de 37°C (ex. frissons, sudation).
- Formule de Schofield : La formule de Schofield est une méthode d’estimation du métabolisme de base utilisée chez l’enfant.
📝 Points essentiels
- Chez un individu sédentaire « moyen », le métabolisme de base représente environ 60% de la dépense énergétique totale.
- La thermogenèse alimentaire (post-prandiale) représente environ 10% de la dépense énergétique totale quotidienne.
- L’activité physique contribue environ à 30% de la dépense énergétique, mais elle peut varier fortement et atteindre jusqu’à 100% du métabolisme de base.
- La thermorégulation correspond à une dépense non négligeable de l’ordre de 5 à 10% pour maintenir la température à 37°C.
- Le métabolisme de base se mesure au repos 15–20 minutes, à jeun depuis au moins 12h, et à la neutralité thermique entre 20 et 23°C.
- Le métabolisme de base est mesuré chez une personne réveillée, car le sommeil diminuerait la dépense (environ 4 à 5% de plus que le métabolisme du sommeil).
💡 Astuce mémo
60-10-30 : base-thermo alimentaire-activité ; +5 à 10% pour garder 37°C.
📖 8. Postes de dépenses et segmentation énergétique
🔑 Notions clés & Définitions
- Thermogenèse : Réaction métabolique qui produit de la chaleur à partir de la transformation des nutriments, augmentant la dépense énergétique.
- Système sympathique : Réseau neurovégétatif activé notamment lors d’une consommation élevée de glucides, pouvant accroître la thermogenèse et donc la dépense.
- MET : Unité d’équivalence métabolique qui rapporte une activité à la dépense du métabolisme de base pour mieux estimer la dépense totale.
- Calorimétrie alimentaire : Méthode qui estime la dépense énergétique à partir de la quantité et de la valeur énergétique des aliments consommés (et des restes).
- Calorimétrie indirecte respiratoire : Méthode qui déduit la dépense énergétique à partir des échanges gazeux, notamment l’oxygène consommé et le dioxyde de carbone produit.
📝 Points essentiels
- La dépense énergétique se segmente en composante obligatoire liée à la métabolisation des nutriments.
- Une composante facultative liée aux glucides n’est pas systématique et apparaît surtout en cas de prise de glucides trop importante.
- Quand les glucides sont consommés en excès, la thermogenèse augmente car cela active le système sympathique.
- La dépense d’activité physique est souvent autour de 30% mais varie beaucoup et est difficile à mesurer directement.
- Les MET permettent une vision plus globale en convertissant l’activité en équivalents du métabolisme de base.
- Pour estimer l’énergie consommée, la calorimétrie alimentaire utilise soit la pesée avant/après (restes), soit des enquêtes alimentaires (moins rigoureuses).
💡 Astuce mémo
Glucides excès → sympathique → thermogenèse ↑ ; Activité ~30% → MET pour total.
📖 9. Métabolisme de base : conditions et estimations
🔑 Notions clés & Définitions
- Calorimétrie indirecte : Méthode de mesure de la dépense énergétique à partir des échanges respiratoires, surtout l’O2 consommé et le CO2 produit.
- VO2 : Mesure du volume d’oxygène consommé sur une durée donnée, utilisée pour estimer la dépense énergétique.
- Quotient respiratoire : Rapport entre le CO2 produit et l’O2 consommé, qui renseigne sur le type de substrats utilisés.
- QR intervalle [0,7–1] : Plage attendue du quotient respiratoire, bornée par l’utilisation exclusive des lipides (0,7) et des glucides (1).
- Chambre calorimétrique : Dispositif hospitalier hermétique permettant de mesurer la dépense énergétique sur 24–48 h en conditions proches du quotidien.
📝 Points essentiels
- La calorimétrie indirecte estime l’énergie en mesurant l’O2 consommé et le CO2 expiré, puis en déduisant la dépense énergétique.
- La consommation d’O2 est corrélée à l’utilisation des substrats car l’O2 ne se stocke pas et se retrouve forcément en CO2.
- Le principe de mesure repose sur la différence entrée–sortie : on connaît l’O2 apporté et on mesure ce qui reste, puis on fait de même pour le CO2.
- Le QR aide à déterminer le substrat dominant : glucides donnent un QR ≈ 1, lipides un QR ≈ 0,7, protides un QR ≈ 0,8.
- Le QR est compris entre 0,7 et 1, mais en pratique il tourne souvent autour de 0,8 (≈ 0,80–0,85) car on n’utilise jamais un seul substrat.
- Quand le QR moyen vaut 0,8, l’équivalent énergétique est d’environ 4,82 Kcal par litre d’O2 consommé.
💡 Astuce mémo
QR = CO2/O2 : glucides → 1, lipides → 0,7, protides → 0,8 ; autour de 0,8 en routine.
📖 10. Calorimétrie alimentaire et calorimétrie directe
🔑 Notions clés & Définitions
- Chambre hermétique : Dispositif de calorimétrie en pièce complète, conçu pour limiter les échanges de gaz afin de mesurer la dépense d’énergie en conditions proches du quotidien.
- Sas hermétique : Espace d’accès avec porte étanche et passe-plat, utilisé pour éviter l’entrée de gaz extérieurs pendant les mesures en chambre hermétique.
- Eau doublement marquée : Technique de calorimétrie indirecte utilisant de l’eau marquée par des isotopes pour estimer la dépense d’énergie à partir de leur élimination.
- Isotopes non radioactifs : Marqueurs utilisés en eau doublement marquée, comme 18O et 2H, dont on suit l’élimination sans radioactivité.
- MET : Unité de référence reliant l’intensité d’une activité au métabolisme de base, via un facteur multiplicateur.
📝 Points essentiels
- Les mesures en chambre hermétique nécessitent au moins 24 h pour obtenir une dépense d’énergie fiable.
- Le passe-plat est mis en place rapidement pour limiter l’introduction de gaz extérieurs et éviter de fausser les résultats.
- Les personnes restent typiquement 24–48 h en chambre hermétique pour mesurer la dépense d’énergie liée à la consommation de gaz.
- L’eau doublement marquée utilise 18O et 2H et estime la dépense via la différence d’élimination dans les urines et l’air expiré.
- Le suivi du CO2 sert à préciser la VCO2 (production de CO2), qui est une autre voie d’estimation de la dépense énergétique.
- Les méthodes d’estimation en vie réelle incluent questionnaires, cardiofréquencemètres, podomètre et accéléromètre, avec des limites propres à chaque capteur ou recueil.
💡 Astuce mémo
Chambre hermétique = “sas anti-gaz” (porte + passe-plat) ; eau doublement marquée = “18O + 2H” traqués dans urines et air expiré ; MET = “activité × métabolisme de base”.
📖 11. Calorimétrie indirecte respiratoire et quotient respiratoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Calorimétrie indirecte respiratoire : Méthode d’estimation de la dépense énergétique à partir des échanges gazeux respiratoires plutôt que de la chaleur produite directement.
- Quotient respiratoire : Rapport entre le CO2 produit et le O2 consommé, utilisé pour renseigner sur le type de substrat énergétique utilisé.
- Métabolisme de repos : Dépense énergétique minimale de l’organisme au repos, servant de base au calcul de la dépense énergétique totale.
- Thermogénèse alimentaire : Part de la dépense énergétique liée à la digestion et au traitement des nutriments, souvent exprimée comme une fraction de l’apport.
- Formule de Black : Formule utilisée pour estimer le métabolisme de repos, qui peut ensuite être ajusté par un niveau d’activité.
📝 Points essentiels
- La dépense énergétique totale se décompose classiquement en métabolisme de base, thermogénèse alimentaire et activité physique.
- La thermogénèse alimentaire varie typiquement d’environ ±10% autour de sa valeur attendue.
- Le métabolisme de base varie surtout en cas de dénutrition (baisse) ou d’obésité (hausse).
- L’activité physique est le facteur le plus difficile à quantifier car elle varie au cours du temps.
- Le muscle est le principal facteur de variation de la dépense énergétique de repos, et il explique environ 20% de l’énergie de repos sur le schéma du cours.
💡 Astuce mémo
QR = CO2/O2 : plus le “carburant” change, plus le quotient bouge.
📖 12. Facteurs de variation et lien amaigrissement obésité
🔑 Notions clés & Définitions
- Excès calorique : Notion d’équilibre énergétique où une prise de poids correspond à un apport supérieur aux dépenses sur une période donnée.
- Adaptation métabolique : Mécanisme d’ajustement du corps qui réduit la prise de poids après une phase initiale d’excès, en atteignant un nouvel équilibre.
- Thermogenèse alimentaire : Composante de la dépense énergétique liée au coût de la digestion et du traitement des nutriments après les repas.
- Dépense énergétique de repos : Part de la dépense quotidienne liée au fonctionnement de base de l’organisme, influencée notamment par la masse musculaire.
- Substrats énergétiques : Nutriments utilisés pour produire l’énergie pendant l’effort, principalement glucides et lipides, avec une répartition qui dépend de l’intensité.
📝 Points essentiels
- Un excès de 7000 à 8000 Kcal correspond à environ 1 kg de prise de poids, ce qui revient à ~1000 Kcal/jour en plus pendant une semaine.
- La théorie d’un excès constant (courbe rouge) ne décrit pas tout le réel : après un temps, une adaptation conduit à une stabilisation avec une variation pondérale plus faible (plateau).
- Quand les apports augmentent, la dépense énergétique augmente aussi, notamment via la thermogenèse alimentaire et via l’augmentation de la masse grasse puis de la masse musculaire.
- La masse musculaire module la dépense énergétique de repos : plus elle est élevée, plus la dépense de repos est importante.
- À activité identique, une personne plus lourde (ex. 120 kg vs 58 kg) dépense davantage, pouvant atteindre environ le double dans la comparaison présentée.
- Pour l’objectif de perte de poids, les efforts trop intenses ne sont pas optimaux : on privilégie des activités peu intenses pour favoriser l’utilisation des graisses.
💡 Astuce mémo
Excès → adaptation → plateau : plus on mange, plus on dépense, mais le poids finit par se stabiliser.
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison des grands modèles de compartiments corporels
| Modèle | Exemples | But en composition corporelle |
|---|
| Compartiments graisse / masse non grasse | Graisse ; masse non grasse (muscles + viscères) ; masse maigre (FFM : muscles + viscères + eau) | Décrire la répartition utile pour estimer composition (graisse vs non-grasse) |
| Compartiments par atomes / molécules / cellules | Atomes (O, C, H…) ; moléculaire (eau, graisse, minéraux, protéines) ; cellulaire (masse cellulaire, fluides extracellulaires) | Décrire le corps à d’autres échelles que l’anatomie |
| Compartiments fonctionnels (utilisé) | Muscle squelettique ; tissu adipeux ; os ; sang | Servir à l’exploitation clinique des méthodes d’évaluation de la composition |
Comparaison des méthodes de mesure de la composition corporelle
| Type | Méthodes | Caractéristique clé / limite |
|---|
| Référence (peu transposables) | Densitométrie ; pesée hydrostatique ; pléthysmographie déplacement d’air | Basées sur la densité corporelle (muscle plus dense que la graisse) ; peu adaptées à la clinique |
| Cliniques (pratiques) | Impédancemétrie ; plis cutanés ; DEXA ; coupes scanner/IRM (L3) | Impédancemétrie sensible aux œdèmes ; plis cutanés ne voient que le sous-cutané ; DEXA référence actuelle ; imagerie utile via retraitement |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Croire que l’IMC suffit : un IMC élevé peut refléter une masse musculaire importante (ex. Teddy Riner) et pas forcément une masse grasse excessive.
- Confondre masse maigre et masse non grasse : la masse maigre inclut notamment l’eau, alors que la masse non grasse regroupe les tissus hors graisse (muscles + viscères).
- Penser que la balance reflète la masse grasse : en cas d’œdèmes, l’eau accumulée augmente le poids sans augmenter la masse grasse.
- Oublier que l’impédancemétrie mesure surtout l’eau : des œdèmes faussent l’estimation de la composition corporelle.
- Penser que les plis cutanés mesurent toute la graisse : ils évaluent le tissu adipeux sous-cutané, pas le tissu adipeux viscéral.
- Apprendre la formule de Siri “par cœur” : le cours insiste que ce n’est pas nécessaire, l’idée est de relier la densité au %MG.
- Confondre QR et substrat : QR=1 correspond aux glucides, QR≈0,7 aux lipides, QR≈0,8 en pratique car on n’utilise jamais un seul substrat.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi l’IMC peut être trompeur et donner l’idée de composition corporelle (répartition muscle vs graisse) plutôt que le seul poids/taille.
- Décrire les principaux modèles de compartiments corporels et préciser celui utilisé pour l’évaluation clinique (modèle fonctionnel : muscle squelettique, tissu adipeux, os, sang).
- Donner les tendances d’évolution avec l’âge : nouveau-né (eau ~80%), vers 10 ans (muscle ↑, graisse ↑ un peu), adulte (muscle 40–45%, graisse ~20%).
- Calculer l’exemple à 80 kg : masse grasse ~16 kg (20%) et masse non grasse ~64 kg (80%), et préciser ce que contient la masse non grasse.
- Comparer hommes vs femmes sédentaires et sporifs en termes de masse maigre (hommes un peu plus) et de masse grasse (plus élevée en obésité).
- Présenter la logique de la densitométrie : dMM=1,1 g/cc (muscle) vs dMG=0,9 g/cc (graisse) et l’idée de calcul via densité corporelle et %MG.
- Expliquer la pesée hydrostatique : immersion, poids air vs poids eau, volume d’eau déplacée, densité puis %MG via Siri (sans exiger la mémorisation).
- Décrire la pléthysmographie par déplacement d’air : espace hermétique, déplacement d’air au lieu de l’eau, utilisée surtout en recherche.
- Décrire l’impédancemétrie : principe eau/conduction, conditions de mesure (allongé 15–20 min, côté droit, vessie vide, pas de métal, abduction), et limites (œdèmes, IMC extrêmes) + intérêt du suivi longitudinal.
- Expliquer la méthode des plis cutanés : pince Harpenden, mesures (1 pli ou 4 plis puis somme), formule de densité/ %MG, et limites (sous-cutané seulement, variabilité intra/inter-observateurs).
- Décrire la DEXA : 2 énergies (2 longueurs d’onde), 3 compartiments (non-grasse, grasse, os), calibrage par fantôme, analyse globale vs segmentaire, et T-score vs Z-score.
- Expliquer la dépense énergétique : 3 postes (métabolisme de repos ~60%, thermogenèse alimentaire ~10%, activité ~30% variable), la thermorégulation (5–10%), puis les méthodes (calorimétrie alimentaire, directe, indirecte
- respiratoire/QR, chambre hermétique 24–48h, eau doublement marquée, fréquence cardiaque, podomètre, accéléromètre, méthode factorielle/MET).
- Maîtriser le QR : intervalle [0,7–1], valeurs typiques (glucides ~1, lipides ~0,7, protides ~0,8) et l’équivalent énergétique quand QR moyen ~0,8 (≈4,82 Kcal/L O2).
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