Fiche de révision : Évaluation de la conscience et des sens

Plan du Cours

  1. Conscience et niveaux d’altération
  2. Causes et confusion chez la personne âgée
  3. Observation et outils d’évaluation
  4. Conduite à tenir et transmissions
  5. Fonctionnement des organes des sens
  6. Vue : anatomie, troubles et soins
  7. Ouïe, équilibre et soins adaptés
  8. Odorat, goût et toucher
  9. Déficits sensoriels et accompagnement
  10. Handicap sensoriel et communication

1. Conscience et niveaux d’altération

Notions clés & Définitions

  • Conscience : État dans lequel une personne est éveillée, perçoit son environnement et elle-même, et réagit de façon adaptée aux stimulations.

★ À maîtriser

📌 La vigilance correspond à la capacité d’être éveillé et de le rester, dépendant de la formation réticulée du tronc cérébral, tandis que le contenu de conscience comprend notamment la pensée, la compréhension, la mémoire et l’orientation, dépendant du cortex cérébral.

📌 Les niveaux d’altération vont de la somnolence, avec réveil facile, à l’obnubilation, avec ralentissement et attention diminuée, puis à la confusion, à la stupeur, réveillable seulement par stimulation forte, et au coma, avec abolition de la conscience et de la vigilance.

Compléments

  • L’orientation s’évalue dans le temps, dans l’espace et par rapport à soi, notamment par l’identité et la reconnaissance des proches.

📌 L’état végétatif associe une ouverture des yeux sans preuve de conscience, tandis que le locked-in syndrome correspond à une personne consciente mais paralysée qui communique par les yeux.

Astuce mémo

Vigilance = éveil ; contenu = orientation, mémoire et cohérence.

2. Causes et confusion chez la personne âgée

★ À maîtriser

📌 Le delirium débute brutalement en heures ou jours, fluctue souvent avec aggravation nocturne, perturbe fortement l’attention et est souvent réversible, tandis que la démence évolue progressivement sur des mois ou des années et n’est pas réversible.

📌 Tout changement brutal du comportement, de la vigilance ou de l’orientation chez une personne âgée est un signe d’alerte à transmettre sans délai en le comparant à son état habituel.

Compléments

  • Les causes neurologiques citées sont :

    • l’AVC
    • le traumatisme crânien
    • l’épilepsie
    • la méningite
    • la tumeur
    • l’hématome sous-dural
  • Les causes métaboliques comprennent :

    • l’hypoglycémie
    • l’hyperglycémie
    • la déshydratation
    • les troubles ioniques
    • l’insuffisance rénale ou hépatique
  • Les causes cardio-respiratoires citées sont :

    • l’hypoxie
    • l’insuffisance respiratoire
    • l’hypotension
    • le malaise vagal
    • l’arrêt cardiaque
    • l’embolie pulmonaire
  • Les causes infectieuses, toxiques et favorisantes comprennent notamment les infections urinaires, pneumopathies, septicémies, fièvre élevée, alcool, drogues, surdosages de sédatifs, morphiniques ou psychotropes, intoxication au CO, douleur, rétention d’urine, fécalome, changement d’environnement, privation de sommeil et déficit sensoriel.

  • Les facteurs de risque de confusion comprennent l’âge supérieur à 75 ans, une démence préexistante, la polymédication, la déshydratation, la dénutrition, l’infection, la douleur, la constipation, un déficit sensoriel non compensé, l’hospitalisation et la contention physique.

Astuce mémo

Changement brutal → rechercher une cause médicale et alerter.

3. Observation et outils d’évaluation

★ À maîtriser

  • La CAM recherche quatre critères :

    • début aigu et fluctuant
    • inattention
    • désorganisation de la pensée
    • altération de la vigilance
  • L’observation aide-soignante porte sur :

    • l’ouverture des yeux
    • les réponses verbales et motrices
    • le comportement global
    • les pupilles
    • les signes associés
  • Le score de Glasgow additionne les réponses des yeux (Y, de 1 à 4), verbales (V, de 1 à 5) et motrices (M, de 1 à 6), pour un total de 3 à 15. - Teasdale & Jennett, 1974

📌 Au Glasgow, un score de 13–14 indique une altération légère, 9–12 une altération modérée nécessitant un avis médical urgent, et un score inférieur ou égal à 8 un coma grave relevant d’une urgence vitale.

📌 Une baisse d’au moins 2 points au Glasgow signale une aggravation à alerter immédiatement, quel que soit le score, et le détail des réponses ainsi que l’heure doivent être notés.

Compléments

📌 L’échelle AVPU classe la réponse en Alert (alerte), Voice (réponse à la voix), Pain (réponse à la douleur) et Unresponsive (absence de réaction), cette dernière situation correspondant à une urgence vitale.

4. Conduite à tenir et transmissions

★ À maîtriser

  • 🔄 Face à une personne somnolente ou confuse :

    1. Rester auprès d’elle et la sécuriser.
    2. Alerter sans délai.
    3. Prendre les paramètres vitaux et la glycémie selon protocole.
    4. Ne rien lui faire ingérer tant que sa vigilance n’est pas normale.
    5. Rechercher le contexte.
  • 🔄 Chez une personne inconsciente :

    1. Alerter l’infirmier, le médecin ou appeler le 15.
    2. Vérifier la respiration pendant 10 secondes.
    3. Placer en PLS si elle respire.
    4. Démarrer la RCP et défibriller si elle ne respire pas.
  • La méthode SBAR structure la transmission en :

    • Situation
    • Background (contexte)
    • Assessment (évaluation)
    • Recommandation

Compléments

📌 En cas de suspicion de traumatisme du rachis, la personne ne doit pas être mobilisée sans avis, sauf nécessité vitale.

  • Les transmissions ciblées suivent les rubriques :
    • Données
    • Actions
    • Résultats

Astuce mémo

Rester auprès → alerter → évaluer → sécuriser → transmettre.

5. Fonctionnement des organes des sens

★ À maîtriser

  • Les récepteurs sensoriels captent un stimulus, le transforment en message nerveux transmis au cerveau, puis le cerveau l’interprète en perception.

Compléments

  • Les organes et voies sensorielles cités sont l’œil et le nerf optique (II) pour la vue, l’oreille et le nerf cochléaire (VIII) pour l’ouïe, le vestibule et le nerf vestibulaire (VIII) pour l’équilibre, le nez et le nerf olfactif (I) pour l’odorat, la langue et les nerfs facial (VII) et glosso-pharyngien (IX) pour le goût, ainsi que la peau et les nerfs sensitifs périphériques pour le toucher.

  • Avec l’âge, les sens s’émoussent et le risque de chutes, de dénutrition, d’isolement et de troubles cognitifs augmente.

6. Vue : anatomie, troubles et soins

★ À maîtriser

  • La lumière traverse la cornée, l’humeur aqueuse, la pupille, le cristallin et l’humeur vitrée avant de former une image inversée sur la rétine ; les photorécepteurs produisent des signaux transmis au cerveau par le nerf optique, puis le cerveau reconstitue l’image à l’endroit.

📌 Les bâtonnets participent à la vision en pénombre et périphérique en noir et blanc, tandis que les cônes permettent la perception des couleurs et des détails, notamment l’acuité visuelle.

📌 La cataracte est une opacification du cristallin entraînant une vision floue et des éblouissements, tandis que le glaucome détruit progressivement le nerf optique et réduit le champ visuel, d’abord en périphérie.

Compléments

  • La presbytie correspond à une perte d’accommodation du cristallin liée à l’âge, entraînant une baisse de la vision de près et apparaissant généralement après 45 ans.

  • Le glaucome chronique à angle ouvert représente 80 à 90 % des cas et évolue souvent silencieusement, tandis que le glaucome aigu à angle fermé provoque brutalement des douleurs oculaires, une rougeur, des nausées, des vomissements et une baisse rapide de l’acuité visuelle.

  • La DMLA atteint la macula et entraîne une perte progressive de la vision centrale, des déformations des images et une tache centrale, sans supprimer la vision périphérique.

Astuce mémo

Cornée → pupille → cristallin → rétine → nerf optique.

7. Ouïe, équilibre et soins adaptés

★ À maîtriser

  • Le pavillon dirige les sons dans le conduit auditif jusqu’au tympan, dont les vibrations sont amplifiées par les osselets, transmises aux liquides cochléaires puis converties en influx nerveux par les cellules sensorielles, avant d’être conduites au cortex temporal par le nerf cochléaire.

📌 L’oreille externe capte les sons, l’oreille moyenne les transmet et les amplifie grâce aux osselets, et l’oreille interne assure l’audition par la cochlée ainsi que l’équilibre par le vestibule et les canaux semi-circulaires.

Compléments

  • La trompe d’Eustache relie l’oreille moyenne au pharynx et rééquilibre la pression de l’air de chaque côté du tympan lors de la déglutition.

📌 La presbyacousie est une perte progressive bilatérale de l’audition liée au vieillissement, souvent marquée par une difficulté à percevoir les sons aigus et à suivre une conversation dans le bruit.

  • Les acouphènes sont la perception d’un tintement, d’un sifflement ou d’un bourdonnement sans son réel arrivant dans l’oreille.

Astuce mémo

Pavillon → tympan → osselets → cochlée → nerf cochléaire.

8. Odorat, goût et toucher

★ À maîtriser

  • Les papilles gustatives détectent cinq saveurs :
    • sucré
    • salé
    • acide
    • amer
    • umami

📌 Les mécanorécepteurs cutanés détectent pression et vibration, les thermorécepteurs le chaud et le froid, et les nocicepteurs la douleur ; les messages rejoignent le cortex sensitif en passant par les nerfs sensitifs et la moelle épinière.

Compléments

  • Les molécules odorantes se fixent sur la muqueuse olfactive des fosses nasales, puis le signal passe par le nerf olfactif (I) et le bulbe olfactif vers le cerveau, en lien avec le système limbique et les émotions et la mémoire.

📌 L’agueusie est une perte totale du goût, l’hypogueusie une diminution du goût et la dysgueusie une altération du goût, parfois métallique.

  • Les troubles du goût peuvent être liés à l’âge, à la bouche sèche, à une mycose buccale, à une mauvaise hygiène bucco-dentaire, à la chimiothérapie, aux médicaments ou à des carences en zinc, et favoriser dégoût alimentaire, excès de sel ou de sucre, dénutrition et déshydratation.

  • Les troubles du toucher comprennent l’hypoesthésie, l’anesthésie, les paresthésies, l’hyperesthésie et la douleur neuropathique, et peuvent entraîner brûlures, plaies non ressenties, escarres, chutes et perte de dextérité.

9. Déficits sensoriels et accompagnement

Notions clés & Définitions

  • Syndrome de Charles Bonnet : Hallucinations visuelles chez une personne malvoyante qui garde sa lucidité ; il faut les repérer, rassurer la personne et les signaler à l’équipe.

★ À maîtriser

  • Un déficit sensoriel non compensé peut entraîner isolement social, dépression, chutes, accidents, confusion ou troubles du comportement, dénutrition, déshydratation et perte d’autonomie.

Compléments

  • Pour prévenir les brûlures liées à une sensibilité diminuée, l’aide-soignant vérifie la température de l’eau au coude ou au thermomètre et évite de poser des objets chauds directement sur la peau.

  • Pour une personne présentant un déficit visuel, l’aide-soignant maintient les lunettes propres et accessibles, assure un éclairage adapté sans éblouissement, conserve des repères fixes et ne déplace pas les objets sans prévenir.

  • Pour une personne malentendante, l’aide-soignant vérifie l’appareil auditif et sa pile, se place face à elle dans un endroit éclairé, parle distinctement sans crier et réduit le bruit ambiant.

  • La loi du 11 février 2005 reconnaît le handicap sensoriel et garantit notamment le droit à l’information, à la participation et au respect de l’autonomie de la personne. - Loi n° 2005-102

Astuce mémo

Déficit non compensé → risques de chute, d’isolement et de confusion.

10. Handicap sensoriel et communication

Points essentiels

  • Pour guider une personne aveugle ou malvoyante, l’aide-soignant se présente et annonce ses gestes, ne déplace pas les objets sans prévenir, propose son bras en marchant légèrement devant et annonce les obstacles, décrit le repas selon le cadran de l’horloge et parle normalement.

  • Pour communiquer avec une personne sourde ou malentendante, l’aide-soignant attire son attention, se place face à elle dans la lumière, articule naturellement sans crier, utilise des phrases courtes et des gestes ou l’écrit, réduit le bruit et vérifie la compréhension.

  • Les aides citées pour le handicap sensoriel comprennent : la canne blanche, le chien guide, le braille, le lecteur d’écran, la loupe, les appareils auditifs, l’implant cochléaire, la langue des signes française, la lecture labiale et le sous-titrage

Tableaux de synthèse

Confusion et démence

CritèreConfusion (delirium)Démence
DébutBrutal, en heures ou joursProgressif, en mois ou années
ÉvolutionFluctuante, souvent aggravée la nuitLentement progressive, stable dans la journée
AttentionTrès perturbéeLongtemps préservée
RéversibilitéSouvent réversible si la cause est traitéeNon réversible

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Évaluation de la conscience et des sens avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction décrit correctement la vigilance et le contenu de conscience ?

2. Une personne ne se réveille qu’après une stimulation forte; à quel niveau d’altération de la conscience cela correspond-il ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Évaluation de la conscience et des sens avec 10 flashcards interactives.

Comment se définit la conscience chez une personne ?

L’état d’éveil où elle perçoit son environnement et elle-même et réagit de façon adaptée aux stimulations.

Quelles capacités distinguent la vigilance du contenu de conscience ?

La vigilance permet de rester éveillé ; le contenu comprend notamment pensée, compréhension, mémoire et orientation.

Quelles causes neurologiques de confusion sont citées chez la personne âgée ?

L’AVC, le traumatisme crânien, l’épilepsie, la méningite, la tumeur et l’hématome sous-dural.

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