Fiche de révision : Faim et troubles alimentaires

Plan du Cours

  1. Homéostasie et conduites alimentaires
  2. Besoins nutritionnels et digestion
  3. Énergie alimentaire et réserves
  4. Centres cérébraux et faim
  5. Hormones et peptides de l’appétit
  6. Signaux intégrés par le cerveau
  7. Récompense et préférences alimentaires
  8. Poids corporel et obésité
  9. Anorexie mentale et diagnostic
  10. Complications et causes de l’anorexie
  11. Mécanismes biologiques de l’anorexie
  12. Boulimie et hyperphagie boulimique
  13. Dérèglement de la satiété boulimique

1. Homéostasie et conduites alimentaires

Notions clés & Définitions

  • Homéostasie : Capacité de conserver l’équilibre de fonctionnement de l’organisme malgré les contraintes extérieures.

★ À maîtriser

📌 L’homéostasie physiologique régule notamment le glucose, les lipides et les acides aminés, tandis que l’homéostasie comportementale intègre notamment le plaisir, les facteurs cognitifs et les tabous alimentaires.

Compléments

  • La faim, la soif et le comportement sexuel sont présentés comme trois comportements motivés qui procurent du plaisir et favorisent la répétition, au service de la survie de l’individu et de l’espèce.

  • Le système nerveux coordonne les systèmes de régulation ; un manque peut déclencher un comportement motivé, tandis qu’un surplus peut être éliminé ou géré par l’organisme.

Astuce mémo

Homéostasie physiologique : besoins internes ; homéostasie comportementale : plaisir et normes.

2. Besoins nutritionnels et digestion

★ À maîtriser

  • Les apports alimentaires servent à équilibrer les besoins énergétiques et à maintenir un certain niveau de réserves.

  • Les nutriments comprennent notamment 9 acides aminés essentiels parmi 21, certains acides gras, 13 vitamines, plusieurs sels minéraux et des oligoéléments.

Compléments

  • La digestion commence par le broyage mécanique et l’action salivaire, se poursuit par le péristaltisme œsophagien et le brassage gastrique, puis les enzymes digestives et la bile contribuent à la digestion intestinale avant l’absorption des nutriments dans l’intestin grêle.

  • Les substances non digestibles passent dans le côlon après le transit intestinal.

3. Énergie alimentaire et réserves

★ À maîtriser

📐 Formule - Une calorie correspond à l’énergie nécessaire pour élever d’un degré Celsius la température d’un gramme d’eau, et 1 calorie=4,186 J1\ \mathrm{calorie}=4{,}186\ \mathrm{J}.

  • Une ration calorique équilibrée comporte :

    • 15 % de protéines
    • 30 à 35 % de lipides
    • 50 à 55 % de glucides
  • L’énergie excédentaire est stockée sous forme de glycogène ou de graisse dans les cellules adipeuses.

📌 La glycogénogenèse forme du glycogène et la lipogenèse forme des lipides à partir des sucres, tandis que la glycogénolyse dégrade le glycogène et la lipolyse dégrade les triglycérides.

  • L’insuline et le glucagon, sécrétés par le pancréas, régulent la concentration de glucose dans le sang ; l’insuline favorise son stockage sous forme de glycogène et le glucagon agit en sens opposé.

Compléments

  • 75 % de l’énergie absorbée est utilisée dans les fonctions corporelles, dont 8 % pour transformer la nourriture, 55 % pour le métabolisme de base et 12 à 13 % pour les activités comportementales.

  • Le cerveau représente environ 2 % de la masse corporelle et utilise environ 20 % de la consommation énergétique totale, notamment pour l’activité des synapses.

Astuce mémo

Excès de glucose → glycogène ou lipides ; manque → mobilisation des réserves.

4. Centres cérébraux et faim

★ À maîtriser

  • Une lésion de l’hypothalamus latéral rend les rats aphagiques et adipsiques, ce qui a conduit à l’associer au centre de la faim.

  • Une lésion de l’hypothalamus ventromédian rend les rats gourmands, ce qui a conduit à l’associer au centre de la satiété.

Compléments

📌 Les observations de lésions suggèrent des rôles distincts pour les régions hypothalamiques latérale et ventromédiane, mais ne démontrent pas l’existence d’un centre unique de la faim ni d’un signal unique de satiété.

  • La principale source d’énergie du corps est le glucose, qui constitue aussi la principale énergie consommée par le cerveau, estimée dans le cours à 480 calories par jour.
  • Dans le diabète de type I non traité, l’absence d’insuline empêche les tissus de l’organisme d’utiliser correctement le glucose, et la polyphagie peut coexister avec un amaigrissement.

Astuce mémo

Hypothalamus latéral : faim ; ventromédian : satiété.

5. Hormones et peptides de l’appétit

Notions clés & Définitions

  • Leptine : Zhang et coll., 1994 - Hormone biosynthétisée par les adipocytes et libérée dans le plasma, dont la concentration est corrélée à la masse adipeuse et diminue pendant le jeûne.

★ À maîtriser

  • Une absence de leptine ou des récepteurs inactifs est associée à un appétit important, tandis qu’une leptine efficace favorise la satiété.

📌 Les neurones NPY/AgRP stimulent la faim, tandis que les neurones POMC/ART participent à la satiété et sont favorisés par la leptine.

📌 La ghréline, produite par des cellules endocrines de l’estomac, stimule l’appétit et diminue après un repas, tandis que le PYY 3-36, produit par des cellules intestinales après un repas, inhibe l’appétit.

  • Le GLP-1 diminue l’appétit, stimule la sécrétion d’insuline et réduit la sécrétion de glucagon en réponse à un repas.

Compléments

  • La pro-opiomélanocortine est transformée en αMSH, qui agit sur les récepteurs MC3R et MC4R et conduit à l’inhibition de la faim et à la perte de poids.

  • Le neuropeptide Y est présenté comme le peptide le plus puissant stimulant la prise alimentaire.

  • La cholécystokinine est libérée lorsque la nourriture arrive dans l’intestin et pourrait transmettre au cerveau un signal de satiété.

📌 Le remboursement de Wegovy est, sous conditions, chez l’adulte âgé de 65 ans ou moins ayant un IMC initial d’au moins 35 kg/m² et une perte de poids inférieure à 5 % après six mois de prise en charge nutritionnelle bien conduite.

Astuce mémo

Ghréline stimule l’appétit ; PYY le freine après le repas.

6. Signaux intégrés par le cerveau

★ À maîtriser

  • Les neurones senseurs métaboliques reçoivent des signaux nerveux du tube digestif, détectent des signaux humoraux et des nutriments circulants, puis intègrent ces informations pour coordonner le rétrocontrôle métabolique et comportemental de l’homéostasie énergétique.

📌 Le rassasiement à court terme met fin au repas sur des signaux liés à l’ingestion, tandis que les mécanismes à long terme favorisent la constitution de réserves et peuvent s’appuyer sur les circuits de récompense.

Compléments

  • Les neurones senseurs métaboliques détectent à la fois la disponibilité aiguë et chronique de l’énergie dans l’organisme.
  • Les régions et noyaux cités dans les circuits de régulation sont : le noyau arqué de l’hypothalamus, le noyau dorsomédial de l’hypothalamus, le noyau latéral de l’hypothalamus, le noyau médiobasal de l’hypothalamus, le noyau paraventriculaire, le noyau ventromédian de l’hypothalamus, le complexe dorsovagal, l’aire postrema, le noyau X du nerf vague et le noyau du tractus solitaire

7. Récompense et préférences alimentaires

Notions clés & Définitions

  • Palatabilité : Composante affective de la prise alimentaire, qui repose sur l’aspect, l’odeur et le goût de l’aliment.

★ À maîtriser

  • Les zones cérébrales impliquées dans le système de récompense comprennent :
    • le noyau accumbens
    • l’aire tegmentale ventrale
    • le cortex préfrontal
    • l’amygdale

Compléments

  • Les cinq goûts prototypes sont :

    • l’amer
    • l’acide
    • le sucré
    • le salé
    • l’umami, associé au glutamate
  • La cocaïne provoque une augmentation de la libération de dopamine dans le noyau accumbens.

  • Olds et Milner ont montré en 1954 que des rats pouvaient apprendre à s’auto-stimuler dans des zones cérébrales de récompense, parfois jusqu’à négliger leurs besoins vitaux.

📌 Les circuits dopaminergiques sont associés au « wanting » motivationnel, tandis que les circuits opioïdergiques sont associés au « liking » hédonique.

Astuce mémo

Le noyau accumbens, carrefour dopaminergique du plaisir, pousse à répéter la prise alimentaire.

8. Poids corporel et obésité

★ À maîtriser

📐 Formule - L’indice de masse corporelle est calculé par IMC=poids (kg)taille (m)2\mathrm{IMC}=\frac{\mathrm{poids\ (kg)}}{\mathrm{taille\ (m)}^2}.

  • Le cours donne comme repères un IMC inférieur à 25 chez l’homme et inférieur à 23,8 chez la femme, le surpoids moyen entre 25 et 30 et l’obésité au-delà de 30.

📌 Les influences génétiques sur l’adiposité interagissent avec un environnement qui peut favoriser l’obésité, notamment par l’abondance d’aliments très transformés et des facteurs qui réduisent la dépense énergétique.

  • Dans la phase dynamique de l’obésité, le bilan énergétique favorise le stockage de graisse ; dans la phase statique, le poids se stabilise à un niveau supérieur et l’obésité devient plus difficilement réversible.

Compléments

  • La contribution génétique aux différences de poids entre individus est estimée à 70 % à conditions environnementales égales.

  • Les risques médicaux cités comprennent : l’hypertension artérielle, le diabète de type II, les maladies cardiaques, certains cancers, notamment ceux de l’intestin et du sein

  • Selon l’OMS, en 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en surpoids et 890 millions étaient obèses.

  • Le cours présente la leptine et MC4R parmi les gènes les plus fréquemment touchés dans l’obésité, et signale que certains variants de FTO sont associés à l’obésité.

  • Les difficultés psychologiques et relationnelles peuvent modifier les habitudes alimentaires, et certaines personnes utilisent la nourriture pour se réconforter face à l’anxiété, à la dépression ou à l’insatisfaction.

9. Anorexie mentale et diagnostic

Notions clés & Définitions

  • Orthorexie : Attitude obsessionnelle envers l’alimentation, centrée sur la recherche de l’aliment parfait et du « manger juste ».

★ À maîtriser

  • L’anorexie mentale est une maladie grave pour laquelle le cours rapporte une mortalité de 4 à 8 % dans les semaines ou les mois suivant la première prise en charge médicale.

  • Le cours présente un IMC de 14 comme seuil d’alerte et indique qu’en dessous de 13, de nombreuses fonctions sont altérées.

  • Les critères du DSM-V pour l’anorexie mentale comprennent la restriction alimentaire conduisant à un poids inférieur à la normale, la peur intense de grossir, une altération de la perception du corps, l’influence excessive du poids sur l’estime de soi ou le déni de la gravité de la maigreur.

📌 Dans le type restrictif d’anorexie mentale, il n’y a ni épisodes d’hyperphagie incontrôlée ni comportements compensatoires, tandis que le type boulimies-vomissements associe des hyperphagies à des comportements compensatoires.

Compléments

  • 90 % des personnes touchées par l’anorexie mentale sont des femmes et que le début des troubles survient généralement entre 12 et 23 ans, avec un âge moyen de 15 à 17 ans.

📌 Le DSM-V ne retient plus l’aménorrhée comme critère diagnostique de l’anorexie mentale, contrairement au DSM-IV.

10. Complications et causes de l’anorexie

★ À maîtriser

  • Des problèmes cardiaques sont rapportés chez 87 % des patients observés souffrant d’anorexie mentale, notamment en cas de dénutrition importante.

📌 Les vomissements et l’abus de laxatifs peuvent perturber la balance électrolytique, provoquer notamment une hypokaliémie et une hyponatrémie et conduire à des arythmies ou à une mort subite.

Compléments

  • Les troubles cardiaques cités comprennent :

    • la bradycardie
    • la tachycardie
    • l’hypotension
    • les arythmies
  • Le cours rapporte une dysfonction rénale chez 70 % des patients atteints d’anorexie mentale, liée notamment aux perturbations électrolytiques.

  • Les autres complications physiques citées comprennent :

    • les œdèmes et la déshydratation
    • les troubles digestifs
    • l’atrophie cérébrale réversible
    • l’infertilité
    • l’hypothyroïdie
    • l’ostéoporose
    • le ralentissement de la croissance
  • Les conséquences psychologiques citées comprennent : la préoccupation pour la nourriture, le déclin de l’intérêt sexuel, le déclin de l’activité physique et l’augmentation de la fatigue, les accès boulimiques, la dépression et l’irritabilité, le retrait et l’isolement social, les difficultés de concentration et de compréhension

Astuce mémo

Vomissements ou laxatifs → perturbation électrolytique → risque cardiaque.

11. Mécanismes biologiques de l’anorexie

★ À maîtriser

  • Les catégories de facteurs envisagées sont :
    • psychologiques
    • biologiques
    • génétiques
    • socioculturels

📌 Le stress chronique augmente le CRH, qui favorise le catabolisme et réduit l’anabolisme, tandis que le neuropeptide Y augmente la prise alimentaire et le stockage des graisses.

  • Le pronostic de l’anorexie mentale est meilleur lorsque la prise en charge est rapide après le début de la maladie, et le déni du trouble compromet la suite de la maladie.

Compléments

  • Les études de jumeaux rapportées dans le cours suggèrent une contribution génétique de 58 à 88 % au risque de développer une anorexie mentale.

  • Le cours rapporte que des difficultés obstétricales sévères concernent 25 % des parents d’enfants atteints d’anorexie mentale, contre 7 % dans la population parentale de comparaison.

  • À la puberté, les réserves de graisse augmentent de 17 %, ce qui nécessite une adaptation des systèmes de régulation de l’appétit.

  • Dans l’anorexie, le cours rapporte une augmentation du cortisol plasmatique et du CRH dans le liquide cérébrospinal, ainsi que des perturbations du système sérotoninergique.

  • Le cours rapporte une réduction du renouvellement de la sérotonine dans les phases sévères de l’anorexie mentale et une modification de l’activité des récepteurs 5-HT1A et 5-HT2.

Astuce mémo

Stress chronique → CRH élevée → catabolisme et perte de poids.

12. Boulimie et hyperphagie boulimique

Notions clés & Définitions

  • Boulimie : Épisodes récurrents d’hyperphagie incontrôlée associés à des comportements compensatoires destinés à éviter une prise de poids.

★ À maîtriser

  • Les critères de la boulimie comprennent des épisodes d’hyperphagie durant moins de deux heures, une perte de contrôle, des compensations, une fréquence moyenne d’au moins deux fois par semaine pendant trois mois, une influence excessive du poids sur l’estime de soi et l’absence d’anorexie mentale concomitante.

📌 L’hyperphagie boulimique comporte des épisodes de perte de contrôle sans comportements compensatoires inappropriés, contrairement à la boulimie.

Compléments

  • Le cours estime la boulimie à 2 % de la population féminine occidentale et à 8 % chez les adolescentes, avec un âge moyen d’apparition d’environ 19 ans.

  • Les critères décrits pour l’hyperphagie boulimique comprennent des crises durant moins de deux heures, une perte de contrôle et au moins trois manifestations associées, avec une fréquence moyenne d’au moins deux fois par semaine pendant six mois.

  • Les manifestations associées aux crises d’hyperphagie boulimique comprennent une prise alimentaire rapide, le fait de manger jusqu’à une distension inconfortable, de grandes quantités sans faim, des prises alimentaires solitaires et des sentiments de dégoût de soi, de dépression ou de culpabilité.

  • Les complications citées comprennent :

    • les troubles des cycles
    • l’hypertrophie des parotides
    • les vomissements
    • l’hypokaliémie
    • les problèmes stomatologiques
    • la dépression

Astuce mémo

Boulimie : comportements compensatoires ; hyperphagie boulimique : absence de compensation.

13. Dérèglement de la satiété boulimique

★ À maîtriser

  • Les facteurs essentiels cités sont :
    • la dérégulation des rythmes chronobiologiques
    • l’oscillation chaotique de la glycémie
    • la dilatation du volume gastrique

📌 La dilatation de l’estomac peut empêcher qu’un repas de volume normal déclenche la satiété et favoriser l’apparition rapide d’un nouveau signal de faim.

  • La perturbation de la satiété peut se renforcer en cascade : les dérèglements somatiques génèrent du stress, des corrections hormonales, des troubles perceptifs et du sommeil, ce qui peut accélérer les crises.

Compléments

  • L’absence d’alternance entre faim et satiété peut perturber le rythme des repas, puis le rythme veille-sommeil et le rythme menstruel.

  • Les systèmes chaotiques sont caractérisés par une évolution imprévisible, des causalités multiples et des synergies pouvant s’inverser brusquement entre effets positifs et négatifs.

Astuce mémo

Glycémie chaotique, estomac dilaté, rythmes perturbés : la satiété se dérègle.

Tableaux de synthèse

Signaux de l’appétit

SignalOrigine ou contexteEffet présenté
LeptineAdipocytes ; liée à la masse adipeuseFavorise la satiété
GhrélineCellules endocrines de l’estomacStimule l’appétit
PYY 3-36Cellules intestinales après un repasInhibe l’appétit
GLP-1Hormone intestinale après un repasDiminue l’appétit

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Faim et troubles alimentaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne l’homéostasie dans le fonctionnement de l’organisme ?

2. Quelle distinction caractérise l’homéostasie physiologique par rapport à l’homéostasie comportementale ?

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Qu’est-ce que l’homéostasie ?

La capacité de maintenir l’équilibre de fonctionnement de l’organisme malgré les contraintes extérieures.

Quelles fonctions l’homéostasie physiologique régule-t-elle notamment ?

Le glucose, les lipides et les acides aminés.

À quoi servent les apports alimentaires ?

À équilibrer les besoins énergétiques et à maintenir un niveau de réserves.

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