QCM : Histoire de la psychopathie — 23 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi un construit clinique peut-il avoir une définition qui évolue au fil du temps ?

Parce qu’il repose principalement sur la classification des symptômes observés chez chaque patient
Parce qu’il décrit une réalité biologique dont les critères restent identiques selon les périodes
Parce qu’il correspond à une catégorie médicale définie indépendamment des croyances sociales
Parce qu’il dépend de l’époque, des conceptions de l’Homme et du rapport à la science

Parce qu’il dépend de l’époque, des conceptions de l’Homme et du rapport à la science

Explication

Un construit clinique est façonné par le contexte historique et par les conceptions de l’être humain, de la science, de la religion et de la folie. L’idée d’une réalité conceptuelle inchangée confond ce construit évolutif avec une définition fixe.

2. Quelle distinction le DSM-5-Tr établit-il concernant la psychopathie et le trouble de la personnalité antisociale ?

Il remplace le trouble de la personnalité antisociale par une catégorie centrée sur la psychopathie
Il définit la psychopathie comme la forme la plus sévère du trouble de la personnalité antisociale
Il considère la psychopathie comme un concept distinct du trouble de la personnalité antisociale
Il regroupe la psychopathie et le trouble de la personnalité antisociale sous une même appellation

Il considère la psychopathie comme un concept distinct du trouble de la personnalité antisociale

Explication

Dans le DSM-5-Tr, le terme de psychopathie n’apparaît plus parce qu’elle est considérée comme distincte du trouble de la personnalité antisociale. La psychopathie n’est donc pas présentée comme un simple synonyme ou un sous-type officiel du TPA.

3. Quelle différence caractérise la psychopathie conceptualisée par Hare par rapport au TPA du DSM-V ?

La psychopathie repose sur les symptômes psychotiques, tandis que le TPA concerne les conduites délinquantes
La psychopathie décrit principalement des comportements antisociaux, tandis que le TPA évalue surtout les émotions
La psychopathie mesure surtout l’impulsivité, tandis que le TPA combine l’empathie et les relations sociales
La psychopathie associe des dimensions affectivo-interpersonnelles à un style de vie et à des comportements antisociaux

La psychopathie associe des dimensions affectivo-interpersonnelles à un style de vie et à des comportements antisociaux

Explication

Hare décrit la psychopathie à partir d’un facteur affectivo-interpersonnel et d’un facteur lié au style de vie et aux comportements antisociaux. Le TPA met davantage l’accent sur les comportements antisociaux, ce qui distingue les deux conceptualisations.

4. Comment les troubles de la personnalité étaient-ils considérés dans l’Antiquité ?

Ils étaient séparés des troubles mentaux selon des catégories proches des classifications modernes
Ils n’étaient pas distingués des troubles mentaux et la psychopathie n’était pas conceptualisée
Ils étaient classés parmi les maladies morales et décrits avec des critères cliniques détaillés
Ils étaient expliqués par un diagnostic spécifique associant tempérament, conduite et responsabilité

Ils n’étaient pas distingués des troubles mentaux et la psychopathie n’était pas conceptualisée

Explication

Dans l’Antiquité, le concept de psychopathie n’existait pas et les troubles de la personnalité n’étaient pas séparés des troubles mentaux. Attribuer à cette période une classification clinique moderne constitue donc un anachronisme.

5. Quelle explication Hippocrate proposait-il vers 400 avant J.-C. pour relier les tempéraments aux traits de personnalité ?

Il les rattachait à des catégories juridiques distinguant la folie et la criminalité
Il les expliquait par la rationalité de l’individu et son rapport aux lois civiles
Il les associait à des humeurs dominantes et au fonctionnement de fluides corporels
Il les attribuait à des forces démoniaques agissant sur le comportement individuel

Il les associait à des humeurs dominantes et au fonctionnement de fluides corporels

Explication

Hippocrate reliait différents tempéraments à des humeurs dominantes et au fonctionnement de fluides corporels associés à des traits de personnalité. Les explications démoniaques et juridiques appartiennent à d’autres cadres historiques.

6. Comment les conduites hors norme étaient-elles fréquemment interprétées au Moyen Âge ?

Elles étaient analysées comme des infractions évaluées par une administration juridique indépendante
Elles étaient principalement rapportées à une conception rationnelle de l’individu et de sa responsabilité
Elles étaient distinguées entre troubles de la personnalité et maladies mentales selon des critères cliniques
Elles étaient souvent associées au mal, à la sorcellerie, aux démons ou aux esprits maléfiques

Elles étaient souvent associées au mal, à la sorcellerie, aux démons ou aux esprits maléfiques

Explication

Au Moyen Âge, la folie et les conduites hors norme étaient souvent interprétées à travers le mal, la sorcellerie et les forces démoniaques. La distinction clinique et l’approche rationnelle correspondent davantage à des conceptions ultérieures.

7. Quel changement caractérise le Siècle des Lumières dans la conception de l’Homme et du droit ?

Le recul de l’emprise de l’Église favorise une vision de l’Homme comme être rationnel et renforce l’administration du droit
La disparition des conceptions rationnelles recentre l’explication des conduites sur les démons et la sorcellerie
La confusion entre folie et criminalité s’accentue afin de privilégier une interprétation morale des comportements
Le retour de l’autorité religieuse présente l’Homme comme soumis aux forces surnaturelles et limite l’administration du droit

Le recul de l’emprise de l’Église favorise une vision de l’Homme comme être rationnel et renforce l’administration du droit

Explication

Au XVIIIe siècle, le recul de l’emprise de l’Église favorise une représentation rationnelle de l’Homme et déplace l’attention vers l’administration du droit. Les interprétations surnaturelles et la confusion entre folie et criminalité décrivent plutôt des conceptions antérieures.

8. Selon Beccaria, quelle mesure est censée dissuader un individu rationnel de commettre un crime ?

La sévérité maximale d’une peine décidée après le crime selon les circonstances particulières
La certitude d’une sanction définie par une loi et appliquée selon une peine proportionnelle au délit
La publicité d’une peine très lourde destinée à provoquer la peur chez l’ensemble de la population
L’incertitude d’une sanction qui permet au juge d’adapter librement la réponse à chaque affaire

La certitude d’une sanction définie par une loi et appliquée selon une peine proportionnelle au délit

Explication

Pour Beccaria, la certitude de la sanction dissuade l’individu rationnel, tandis que les peines doivent être publiques, promptes, nécessaires, proportionnelles et déterminées par la loi. Une sévérité maximale contredit son principe des peines les moins sévères possible.

9. Quelle conséquence la distinction entre le fou et le criminel entraîne-t-elle après la Révolution française ?

Le fou est puni pour ses actes, tandis que le criminel est soigné, ce qui supprime la responsabilité criminelle
Le fou est retenu et soigné, tandis que le criminel est puni, ce qui fonde l’idée de responsabilité criminelle
Le fou est libéré de toute prise en charge, tandis que le criminel est retenu dans une institution thérapeutique
Le fou et le criminel reçoivent une peine identique, car leurs comportements sont considérés comme également responsables

Le fou est retenu et soigné, tandis que le criminel est puni, ce qui fonde l’idée de responsabilité criminelle

Explication

Après 1789, distinguer le fou du criminel permet d’associer au premier la rétention et les soins, et au second la punition, ce qui fonde la responsabilité criminelle. Inverser ces traitements ou les rendre identiques efface précisément cette distinction.

10. Quelle combinaison décrit le mieux la manie sans délire selon Pinel ?

Une conduite criminelle acquise par un apprentissage social insuffisant
Une violence extrême avec des affects pervertis et un raisonnement préservé
Une impulsivité liée à un surmoi faible et à un ça dominant
Une perte globale du jugement avec une désorganisation complète de la pensée

Une violence extrême avec des affects pervertis et un raisonnement préservé

Explication

La manie sans délire associe une atteinte des fonctions affectives à une violence extrême, tandis que les capacités cognitives et le jugement restent préservés. L’altération cognitive globale correspond donc à une confusion avec une autre conception de la folie.

11. Dans la conception de Rush, que signifie le dérangement de la volonté ?

Une hyperactivité accompagnée d’une difficulté à maintenir une activité
Une atteinte affective liée à une altération biologique des viscères
Une tendance à satisfaire ses désirs sans respecter les règles ni les lois
Une incapacité à distinguer intellectuellement le bien du mal

Une tendance à satisfaire ses désirs sans respecter les règles ni les lois

Explication

Le dérangement de la volonté concerne des personnes malicieuses qui poursuivent leurs désirs sans effort pour respecter les règles et les lois, au détriment d’autrui. Il ne désigne donc pas une incapacité cognitive à comprendre la distinction morale.

12. Quelle caractéristique distingue l’aliénation morale de Prichard ?

La conduite ne peut être contrôlée malgré une distinction conservée entre le bien et le mal
Les comportements antisociaux résultent d’un apprentissage social insuffisant
L’impulsivité apparaît lorsque les besoins immédiats dominent la personnalité
La pensée ne peut plus distinguer le bien du mal en raison d’une déficience cognitive

La conduite ne peut être contrôlée malgré une distinction conservée entre le bien et le mal

Explication

L’aliénation morale implique une incapacité à maîtriser sa conduite et à respecter les normes, alors que la personne peut encore distinguer le bien du mal. La confusion cognitive proposée dans une autre réponse ne correspond donc pas à cette définition.

13. Quel ensemble de manifestations caractérise la monomanie raisonnante d’Esquirol ?

Une satisfaction des désirs personnels sans effort pour respecter les lois
Une impulsivité immédiate associée à un surmoi faible et à un ça fort
Une violence affective avec un raisonnement préservé et une empathie réduite
Des conduites criminelles, une hyperactivité et une difficulté à persévérer

Des conduites criminelles, une hyperactivité et une difficulté à persévérer

Explication

Esquirol décrit la monomanie raisonnante par des comportements criminels, une hyperactivité et une difficulté à persévérer dans une activité, sans préciser leurs causes. La violence affective avec raisonnement préservé renvoie plutôt à la manie sans délire de Pinel.

14. Comment Kraepelin explique-t-il la psychopathie dans sa classification des troubles mentaux ?

Par un apprentissage insuffisant des conduites prosociales dans l’environnement
Par une cause biologique non localisée touchant la volition
Par un dérèglement des passions associé à un déficit éducatif
Par l’association d’un surmoi faible, d’un moi faible et d’un ça fort

Par une cause biologique non localisée touchant la volition

Explication

Chez Kraepelin, les classes proches de la psychopathie actuelle reposent sur une cause biologique non localisée et une atteinte de la volition. L’apprentissage social insuffisant caractérise plutôt l’explication du sociopathe proposée par Birnbaum.

15. Quel mécanisme explique principalement le sociopathe selon Birnbaum ?

Une cause biologique non localisée entraînant une atteinte de la volition
Une incapacité morale malgré une compréhension intacte du bien et du mal
Un apprentissage insuffisant des comportements prosociaux sous l’effet de facteurs sociaux
Une structure psychique dominée par les besoins immédiats et l’impulsivité

Un apprentissage insuffisant des comportements prosociaux sous l’effet de facteurs sociaux

Explication

Birnbaum attribue les conduites criminelles et antisociales du sociopathe à un apprentissage insuffisant des comportements prosociaux, influencé par des facteurs sociaux microsociaux ou macrosociaux. La cause biologique non localisée appartient plutôt à la conception kraepelinienne de la psychopathie.

16. Quelle configuration psychique produit la délinquance caractérielle selon Aichhorn ?

Une conduite antisociale acquise par un apprentissage social déficient
Une volition atteinte par une cause biologique dont la localisation reste indéterminée
Une distinction morale conservée malgré une incapacité à contrôler la conduite
Un surmoi faible, un moi faible et un ça fort favorisent l’impulsivité

Un surmoi faible, un moi faible et un ça fort favorisent l’impulsivité

Explication

Aichhorn relie la délinquance caractérielle à la combinaison d’un surmoi et d’un moi faibles avec un ça fort, ce qui favorise une impulsivité centrée sur les besoins immédiats. L’apprentissage social déficient relève plutôt de l’explication sociopathique de Birnbaum.

17. Comment Alexander décrit-il le déplacement de la colère dans la névrose de caractère ?

La colère infantile est transformée en anxiété somatique.
La colère familiale est supprimée par une attitude soumise.
La colère envers le père est déplacée vers la société.
La colère envers la société est retournée contre le père.

La colère envers le père est déplacée vers la société.

Explication

Pour Alexander, un traumatisme intrapsychique infantile conduit à déplacer vers la société la colère ressentie envers le père. L’expression directe de cette colère contre le père correspond à la confusion signalée, et non au mécanisme décrit.

18. Quelle opposition distingue les psychopathies primaire et secondaire selon Karpman ?

La forme primaire est socialement adaptée, tandis que la secondaire est dépourvue de capacités émotionnelles.
La forme primaire est anxieuse et inhibée, tandis que la secondaire est froide et calculatrice.
La forme primaire est psychologique et expressive, tandis que la secondaire est biologique et instrumentale.
La forme primaire est biologique et instrumentale, tandis que la secondaire est psychologique et expressive.

La forme primaire est biologique et instrumentale, tandis que la secondaire est psychologique et expressive.

Explication

Karpman distingue une psychopathie primaire idiopathique et biologique, associée à une violence instrumentale, d’une psychopathie secondaire symptomatique et psychologique, associée à une violence expressive. Confondre les deux types revient à inverser leurs mécanismes et leurs formes de violence.

19. Que signifie le « masque » du psychopathe dans la conception de Cleckley ?

Il adopte une apparence agressive pour cacher une forte capacité d’empathie.
Il imite des symptômes psychiatriques afin d’obtenir une reconnaissance médicale.
Il dissimule une anxiété intense derrière des comportements socialement conformes.
Il mime les conduites humaines normales tout en dissimulant une pauvreté émotionnelle.

Il mime les conduites humaines normales tout en dissimulant une pauvreté émotionnelle.

Explication

Chez Cleckley, le masque désigne l’apparence de normalité produite par l’imitation des conduites humaines attendues, malgré l’absence d’émotion et de honte. Une anxiété intense ne constitue pas le trait central de cette description.

20. Quelle caractéristique décrit le mieux l’étendue des critères de Cleckley ?

Ils mesurent principalement la fréquence des infractions et la gravité des agressions.
Ils incluent des traits affectifs, cognitifs et relationnels au-delà des conduites antisociales.
Ils évaluent surtout l’anxiété, la culpabilité et l’instabilité émotionnelle du sujet.
Ils se concentrent sur les réactions physiologiques observables pendant les entretiens.

Ils incluent des traits affectifs, cognitifs et relationnels au-delà des conduites antisociales.

Explication

Les critères de Cleckley couvrent notamment le charme superficiel, les réactions affectives pauvres, l’incapacité d’introspection et l’absence de remords, et ne se limitent donc pas aux actes antisociaux. Réduire son modèle aux infractions correspond à une conception uniquement comportementale.

21. Comment la personnalité antisociale est-elle conceptualisée par Beck et Freeman ?

La personne se perçoit comme coupable et inférieure, tandis qu’elle considère les autres comme hostiles.
La personne se perçoit comme autonome et victime, tandis qu’elle considère les autres comme exploitables.
La personne se perçoit comme fragile et dépendante, tandis qu’elle considère les autres comme protecteurs.
La personne se perçoit comme conformiste et loyale, tandis qu’elle considère les autres comme imprévisibles.

La personne se perçoit comme autonome et victime, tandis qu’elle considère les autres comme exploitables.

Explication

Beck et Freeman décrivent une perception de soi comme autonome, forte et victime de la société, accompagnée d’une perception des autres comme victimes à exploiter. La recherche de protection et la dépendance ne correspondent pas à ce modèle de prédation.

22. Qu’est-ce qui caractérisait l’évaluation de la psychopathie avant la PCL-R ?

Elle appliquait un inventaire standardisé fondé sur les cinq grands traits de personnalité.
Elle utilisait un examen biologique destiné à mesurer directement la froideur émotionnelle.
Elle s’appuyait sur l’expérience clinique, les connaissances théoriques et les critères de Cleckley.
Elle reposait sur une échelle commune comportant vingt items cotés de zéro à deux.

Elle s’appuyait sur l’expérience clinique, les connaissances théoriques et les critères de Cleckley.

Explication

Avant la PCL-R, les cliniciens combinaient leur expérience, leurs connaissances théoriques et les seize critères descriptifs de Cleckley. L’échelle commune de vingt items a été élaborée ensuite par Hare et ses collègues.

23. Comment le score de la PCL-R est-il obtenu ?

Seize critères sont classés par ordre clinique, puis un diagnostic est attribué.
Cinq dimensions sont notées de 1 à 5, puis leur moyenne est calculée.
Vingt items sont cotés de 0 à 2, puis leurs valeurs sont additionnées.
Dix symptômes sont pondérés selon leur fréquence, puis comparés à une norme.

Vingt items sont cotés de 0 à 2, puis leurs valeurs sont additionnées.

Explication

La PCL-R comprend vingt items évalués à zéro, un ou deux, et la somme des cotations produit un score d’évaluation de la psychopathie. Les seize critères de Cleckley sont des critères descriptifs antérieurs et ne constituent pas le barème de la PCL-R.

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Qu'est-ce qu'un construit clinique ?

Un concept façonné avec le temps reflétant l'époque et les rapports à la science et à la folie.

Pourquoi le terme psychopathie n'apparaît-il plus dans le DSM-5-Tr ?

Parce que la psychopathie est distincte du trouble de la personnalité antisociale.

Quels sont les deux facteurs de la psychopathie selon Hare ?

Un facteur affectivo-interpersonnel et un facteur lié au style de vie et aux comportements antisociaux.

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