Fiche de révision : Histoire et stratégies de santé publique

Plan du Cours

  1. Définitions et dimensions de la santé
  2. Maladie et santé publique
  3. Notions clés de santé publique
  4. Assainissement et hygiène historiques
  5. Microbiologie et antibiothérapie
  6. Pandémies et vaccination
  7. Crises et préparation sanitaire
  8. Politiques de prévention
  9. Démarche de santé publique
  10. Fonctions et interventions publiques
  11. Organismes de santé publique
  12. HAS et Institut national du cancer
  13. Décideurs politiques de santé
  14. Autres acteurs de santé publique
  15. Déterminants et modèles de santé
  16. Dimensions des déterminants de santé
  17. Pyramide d’impact en santé publique

Repères chronologiques

  1. 500 ans av. J.-C.Le Lévitique, dans la Bible hébraïque, constitue le plus ancien code de santé publique connu.
  2. 1346Pendant le siège de Kafa, les forces tartares catapultent dans la ville des corps de personnes mortes de la peste, contribuant à la propagation de la peste noire dans la région.
  3. 1979La variole devient la seule maladie infectieuse totalement éradiquée grâce à la vaccination.
  4. 1988L’OMS lance une initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite alors que plus de 125 pays connaissent encore des épidémies.
  5. 11 septembre 2001Après les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, des professionnels de santé ont évalué les effets physiques et psychologiques sur les intervenants et les habitants des zones touchées et étudié la pollution de l’air.
  6. août 2005Après l’ouragan Katrina, des professionnels de santé ont surveillé les blessures et les maladies dans les services d’urgence et les foyers d’hébergement.
  7. 2016Santé Publique France est créée par fusion de l’INPES, de l’InVS et de l’EPRUS.

1. Définitions et dimensions de la santé

Notions clés & Définitions

  • Santé selon l’OMS : Organisation Mondiale de la Santé (OMS) - En 1946, l’OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et non comme la seule absence de maladie ou d’infirmité.
  • Santé selon Canguilhem : Pour Georges Canguilhem, la santé est la capacité de créer de nouvelles normes et de tolérer les changements du milieu, notamment en pouvant tomber malade puis se rétablir.

★ À maîtriser

📌 La conception restrictive de la santé la définit comme l’absence de maladie, tandis que les conceptions élargies intègrent aussi le bien-être et les dimensions sociale et psychologique.

Compléments

  • La transition épidémiologique correspond à une diminution du poids des maladies aiguës et à une augmentation des maladies chroniques, souvent liée au vieillissement de la population.

📌 L’hédonisme recherche une satisfaction immédiate des besoins primaires, tandis que l’eudémonisme vise un plaisir plus durable lié à un objectif constructif.

Astuce mémo

Absence de maladie ≠ bien-être global

2. Maladie et santé publique

Notions clés & Définitions

  • Maladie : La maladie est une altération de la santé ou des fonctions d’un organisme et peut désigner une entité caractérisée par des causes identifiées, des symptômes spécifiques, une évolution propre et des possibilités thérapeutiques.
  • Santé publique : BDSP (Banque de données de Santé Publique) - La santé publique est la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et de promouvoir la santé d’une population grâce aux efforts organisés de la société.

★ À maîtriser

📌 Une maladie possède une cause identifiable et peut faire l’objet d’un diagnostic et d’un traitement, tandis qu’un syndrome regroupe des symptômes sans cause clairement établie.

📌 La santé publique désigne les efforts organisés par la société, tandis que la santé de la population désigne l’état de santé réel de cette population.

Compléments

  • La santé publique agit à plusieurs échelles :

    • individuelle
    • organisationnelle
    • communautaire
    • locale
    • régionale
    • nationale
    • internationale
  • Les objectifs de santé publique comprennent l’assainissement du milieu, la lutte contre les maladies, l’éducation à l’hygiène, l’organisation des soins pour le diagnostic précoce et le traitement préventif, ainsi que des mesures sociales compatibles avec le maintien de la santé.

3. Notions clés de santé publique

Notions clés & Définitions

  • Déterminant de santé : Un déterminant de santé est un facteur qui influence partiellement ou totalement l’état de santé d’un individu ou d’une population.
  • Épidémie : Une épidémie est l’apparition, dans une communauté ou un lieu donné, d’un nombre de cas anormalement élevé par rapport à ce qui est attendu.
  • Endémie : Une endémie est la présence stable et persistante d’une maladie ou d’un événement lié à la santé dans une population ou un lieu, avec une prévalence relativement constante dans le temps.
  • Incidence : L’incidence est le nombre de nouveaux cas d’une maladie sur une période donnée.
  • Prévalence : La prévalence est le nombre total de cas, anciens et nouveaux, à un instant donné.
  • Immunité de groupe : L’immunité de groupe protège une population contre une maladie infectieuse lorsqu’une proportion suffisante de personnes est immunisée par vaccination ou après infection, réduisant ainsi la circulation de l’agent pathogène.

★ À maîtriser

📌 Le système de soins organise la prise en charge des maladies, tandis que le système de santé englobe les dimensions sociales, économiques et organisationnelles qui influencent la santé de la population.

  • Les principaux déterminants de santé sont :
    • le patrimoine génétique et biologique
    • les comportements de santé
    • l’environnement physique
    • l’environnement social

📌 Une épidémie touche une population limitée, tandis qu’une pandémie s’étend à l’échelle mondiale et concerne plusieurs continents.

Compléments

  • Plus le taux de reproduction de base R0 est élevé, plus le seuil d’immunité nécessaire pour réduire la transmission est important.

4. Assainissement et hygiène historiques

Notions clés & Définitions

  • Maladie nosocomiale : Une maladie nosocomiale est une infection contractée à l’hôpital ou dans un établissement de soins.
  • Maladie iatrogénique : Une maladie iatrogénique est un problème de santé causé par un acte médical, un traitement ou une prescription, à l’hôpital ou ailleurs.

★ À maîtriser

📌 L’asepsie vise à empêcher l’introduction de microbes, tandis que l’antisepsie vise à détruire les microbes déjà présents dans l’organisme.

  • Ignace Philippe Semmelweis a démontré l’efficacité du lavage des mains pour réduire la fièvre puerpérale en comparant deux maternités, dont l’une était fréquentée par des étudiants en médecine pratiquant des dissections sans se laver les mains.

  • Au XIXe siècle, la prévention des épidémies devient une priorité de santé publique et la doctrine « Mieux vaut prévenir que guérir » s’impose.

Compléments

  • Les pratiques communautaires d’hygiène comprenaient :

    • la diététique
    • la propreté
    • les exercices corporels
    • les bains publics
  • Au XIXe siècle, les maires jouent un rôle central dans l’assainissement communal, notamment par la surveillance de l’eau, la gestion des ordures, l’amélioration de la salubrité des logements et lieux publics, les règles sanitaires mortuaires et l’éducation des populations.

Astuce mémo

Assainissement → recul des maladies infectieuses

5. Microbiologie et antibiothérapie

★ À maîtriser

  • Louis Pasteur démontre que la vie provient de micro-organismes déjà présents et non de la génération spontanée.

📌 Pasteur distingue les microbes pathogènes des microbes non pathogènes.

  • Alexander Fleming découvre la pénicilline, premier antibiotique, et reçoit le prix Nobel de médecine en 1945.

📌 Les antibiotiques à large spectre agissent sur de nombreuses bactéries, tandis que ceux à faible spectre ciblent davantage leur action.

📌 L’usage excessif des antibiotiques favorise l’antibiorésistance et impose un recours raisonné et limité à ces traitements.

Compléments

  • Louis Pasteur (1822-1895), biologiste et chimiste, est considéré comme le père de la microbiologie.

  • Pasteur met au point des vaccins, notamment contre la rage, et établit les bases scientifiques de la stérilisation du matériel médical.

  • La pasteurisation conserve les aliments par un chauffage à température et durée contrôlées suivi d’un refroidissement rapide.

Astuce mémo

Large spectre : nombreuses bactéries ; faible spectre : bactéries ciblées.

6. Pandémies et vaccination

★ À maîtriser

📌 La grippe saisonnière circule cycliquement entre les hémisphères, mute en permanence et présente une létalité généralement de l’ordre de 0,1 %, tandis qu’une nouvelle souche virulente peut provoquer une pandémie.

  • La grippe saisonnière cause chaque année 250 000 à 500 000 décès dans le monde malgré sa faible létalité, car elle touche un très grand nombre de personnes.

  • La grippe espagnole de 1918-1919 a infecté environ 500 millions de personnes et causé entre 20 et 50 millions de morts, voire jusqu’à 100 millions selon certaines estimations, avec une létalité estimée à 2-3 %.

📌 La vaccination annuelle est un outil central de contrôle de la grippe, mais les prévisions des souches dominantes ne sont pas toujours fiables et limitent parfois son efficacité.

📌 Le taux de mortalité rapporte les décès à la population d’un lieu et d’une période déterminés, tandis que le taux de létalité mesure la probabilité de mourir une fois malade.

  • Le vaccin contre la poliomyélite est apparu en 1955 ; d’abord fondé sur un virus inactivé, il a ensuite été complété par un vaccin atténué, tandis que le vaccin inactivé, plus sûr, est aujourd’hui privilégié dans de nombreux pays.

  • L’éradication de la poliomyélite est théoriquement possible parce que son réservoir est exclusivement humain et que des vaccins efficaces existent, malgré les mutations du virus.

📌 La variolisation inoculait une forme bénigne du virus mais pouvait déclencher une forme sévère, tandis que Jenner a montré que l’inoculation de la vaccine conférait une immunité efficace contre la variole. - Edward Jenner

📌 Les vaccins atténués contiennent un microbe vivant affaibli et déclenchent une forte immunité avec un léger risque pour les personnes fragiles, tandis que les vaccins inactivés contiennent un microbe tué, sont plus sûrs et nécessitent souvent plusieurs doses.

  • Le VIH, découvert par une équipe française au début des années 1980, entraîne une immunodépression progressive et, en l’absence de traitement, un délai moyen d’environ dix ans entre la contamination et l’apparition du SIDA.

  • Il n’existe pas de traitement curatif du VIH ; les traitements antirétroviraux permettent de contrôler la charge virale et de limiter la transmission.

  • La stratégie « 90-90-90 » vise à diagnostiquer 90 % des personnes infectées, à traiter 90 % d’entre elles et à obtenir une charge virale indétectable chez 90 % des patients traités.

  • La lutte contre les maladies infectieuses comprend : les quarantaines, la formation de vaccinateurs, la protection des jeunes enfants qui ne peuvent pas encore être vaccinés, l’éducation aux campagnes de vaccination

Compléments

  • La pandémie de grippe H1N1 de 2009-2010 a provoqué environ 18 500 décès confirmés, probablement davantage en réalité.

Astuce mémo

Mortalité : décès dans la population ; létalité : décès parmi les malades.

7. Crises et préparation sanitaire

★ À maîtriser

  • Parmi les crises sanitaires françaises marquantes figurent :
    • l’amiante dans les années 1970
    • l’hormone de croissance dans les années 1980
    • le sang contaminé en 1983
    • l’ESB entre 1985 et 1991
    • la canicule de l’été 2003
    • le COVID-19

📌 La gestion des crises sanitaires repose sur une surveillance constante, une capacité d’alerte rapide et des interventions coordonnées pour détecter, décider et agir efficacement.

Compléments

  • La préparation au bioterrorisme prévoit la distribution de :
    • médicaments
    • antidotes
    • dispositifs médicaux
    • matériel sanitaire

8. Politiques de prévention

Notions clés & Définitions

  • Obésité : L’obésité est généralement définie par un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m², calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres au carré.

★ À maîtriser

  • La loi du 15 février 1902 fonde la santé publique moderne en France en prévoyant la déclaration obligatoire des maladies infectieuses, les vaccinations, des mesures d’hygiène et des enquêtes épidémiologiques.

  • La législation antitabac :

    • interdit de fumer dans les lieux publics
    • augmente les taxes sur les cigarettes
    • interdit la publicité
    • développe les paquets neutres
  • La prévention de l’obésité mobilise : l’étiquetage nutritionnel, les taxes sur les produits à faible valeur nutritionnelle, la promotion de l’activité physique à l’école, des infrastructures sportives accessibles, un meilleur accès à une alimentation équilibrée

  • La loi de modernisation de notre système de santé de 2016 donne la priorité à l’éducation sanitaire de la maternelle à l’université et concentre l’essentiel des moyens de santé publique sur la prévention primaire et secondaire.

Compléments

  • Le Lévitique traite de : l’hygiène corporelle, des comportements sexuels sains, la protection contre les maladies infectieuses, dont l’isolement des personnes atteintes de lèpre

📌 Une hausse trop lente des taxes sur le tabac est peu efficace, tandis qu’un prix du paquet trop élevé par rapport au coût de fabrication peut rendre la contrebande rentable.

  • La prévention antitabac vise les jeunes, et les dispositifs médicaux peuvent aider les fumeurs à arrêter une fois l’addiction installée.

  • Aux États-Unis, environ 60 millions d’adultes sont obèses, soit près d’un adulte sur trois, et environ un enfant sur cinq est touché.

  • En France, l’obésité concerne environ 15 % de la population et sa fréquence tend à augmenter.

📌 Le surpoids et l’obésité constituent un danger chronique pour la santé, tandis que la maigreur représente un danger immédiat.

  • La loi de 2016 renforce le rôle du médecin traitant dans la coordination des soins, encourage les partenariats avec la médecine du travail et vise à faciliter l’accès aux soins de proximité malgré la pénurie médicale et le vieillissement de la population.

📌 La loi de 2016 fait évoluer la relation paternaliste vers une démocratie sanitaire dans laquelle le patient participe aux choix thérapeutiques et protège notamment le droit à l’oubli des anciens malades du cancer dans leurs démarches d’emprunt.

  • La loi de 2016 prévoit notamment : le tiers payant généralisé, l’élargissement des compétences des infirmiers en pratique avancée, pharmaciens et sages-femmes, la déclaration des liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, un meilleur accès à l’IVG, la participation des usagers à la gouvernance, une meilleure exploitation des données de santé

9. Démarche de santé publique

★ À maîtriser

  • La gestion d’un problème de santé publique suit quatre étapes : surveillance des données, études analytiques des causes et facteurs, développement d’une intervention, puis mise en œuvre accompagnée d’une évaluation.

📌 Une cause est systématiquement liée directement et fortement à un problème de santé, un facteur de risque en augmente la probabilité sans être une cause directe, et un indicateur de risque lui est statistiquement associé sans relation causale réelle.

  • La mise en œuvre d’une intervention définit des objectifs, un budget, un calendrier, les acteurs et les moyens matériels, puis s’accompagne d’un rétrocontrôle pour évaluer et ajuster l’action.
  • À Londres, John Snow cartographie les cas de choléra autour de Broad Street, relie la maladie à l’eau contaminée des pompes et recommande de retirer le bras des pompes incriminées.

📌 L’épidémiologie descriptive décrit la répartition des phénomènes, l’épidémiologie analytique recherche leurs causes et facteurs associés, et l’épidémiologie interventionnelle évalue l’impact des mesures de prévention ou de traitement.

Compléments

📌 La surveillance active recherche proactivement des informations, tandis que la surveillance passive attend les signalements transmis.

  • Le développement d’une intervention tient compte des interventions ayant déjà fonctionné, des caractéristiques de la population cible et des ressources disponibles, et peut commencer par des essais sur une zone restreinte.

  • Henry Whitehead aide John Snow dans son enquête sur le choléra, illustrant l’importance des acteurs communautaires dans l’identification des cas.

  • La santé publique mobilise :
    • la surveillance sanitaire
    • l’informatique et la bio-informatique
    • les laboratoires de biologie humaine
    • l’épidémiologie
    • l’analyse médico-économique

📌 La surveillance syndromique repose sur l’observation des symptômes et est moins fiable mais plus rapide que l’attente des résultats biologiques.

Astuce mémo

Surveiller → analyser → concevoir → mettre en œuvre et évaluer.

10. Fonctions et interventions publiques

★ À maîtriser

  • Les trois fonctions de la santé publique sont :

    • l’évaluation
    • le développement de la stratégie sanitaire
    • l’assurance de la mise en application
  • L’évaluation comprend la surveillance de la santé par des registres et réseaux ainsi que le diagnostic et l’investigation des épidémies, notamment l’analyse des transmissions et l’identification des agents pathogènes.

  • Le développement de la stratégie sanitaire comprend : l’information et l’éducation, la mobilisation des partenaires et des populations, l’élaboration de politiques de santé

  • Les niveaux de gouvernance en santé publique sont :

    • mondial
    • européen
    • national
    • régional
    • local

📌 Les interventions de santé publique peuvent produire des effets délétères et leur efficacité dépend du contexte ; leur bénéfice et leur risque doivent donc être évalués.

  • La santé publique vise à réduire les inégalités de santé et à organiser le système pour répondre aux besoins de prévention, de soins des maladies et de prise en charge des handicaps.

📌 Les interventions collectives destinées à des personnes en bonne santé doivent présenter un rapport bénéfice-risque favorable à l’échelle collective tout en tenant compte des effets indésirables et des contre-indications individuelles.

  • La décision en santé publique s’appuie sur des données scientifiques, une évaluation bénéfice-risque individuelle et populationnelle et la démocratie sanitaire, qui intègre l’avis de la population.

Compléments

  • L’assurance de la mise en application comprend : l’application des lois, l’accès aux soins, la disponibilité d’une main-d’œuvre compétente, l’évaluation continue des programmes, la recherche sur les meilleures pratiques

📌 Le dépistage cible des populations où la prévalence d’une maladie est élevée puis oriente vers un diagnostic individuel, tandis que le diagnostic relève du système de soins.

📌 La justice sociale en santé peut viser à réduire les écarts d’espérance de vie en diminuant la variance ou à maximiser le potentiel de santé de chacun en augmentant la moyenne, ce qui peut aussi accroître la variabilité.

Astuce mémo

Éduquer convainc ; faire appliquer les lois contraint.

11. Organismes de santé publique

★ À maîtriser

  • Santé Publique France assure :
    • la surveillance épidémiologique
    • la veille sanitaire
    • la promotion et l’éducation à la santé
    • la préparation et la réponse aux crises
    • le déclenchement de l’alerte sanitaire

📌 La surveillance sanitaire suit un phénomène attendu, tandis que la veille sanitaire concerne un risque inattendu.

  • L’ANSES intervient dans la sécurité sanitaire des aliments et la santé des animaux et des végétaux, tandis que l’alimentation peut constituer un facteur de risque ou de protection pour la santé.

📌 La toxicité aiguë correspond à un risque immédiat après une consommation ponctuelle à forte concentration, tandis que la toxicité chronique se manifeste sur plusieurs années ou décennies et nécessite des études d’observation longues.

  • La dose létale 50, ou DL50, est la dose en mg/kg entraînant la mort de 50 % des sujets exposés.

  • L’ANSM évalue la sécurité et l’intérêt thérapeutique des médicaments et des dispositifs médicaux.

  • 🔄 L’évaluation d’un médicament comprend : la phase préclinique chez l’animal, les phases I et II sur un faible nombre de sujets, la phase III à grande échelle, la phase IV de pharmacovigilance après mise sur le marché

  • La phase III compare le nouveau médicament à un placebo ou au traitement de référence, idéalement par essai randomisé en double aveugle, et une phase concluante permet l’obtention d’une AMM.

  • L’IRSN est l’expert public des risques liés aux rayonnements ionisants d’origine médicale, civile ou militaire et assure recherche, expertise et surveillance pour protéger les populations, les travailleurs et l’environnement.

  • L’Agence de la biomédecine gère le don et la greffe d’organes, de tissus et de cellules.

📌 La loi de 1976 pose le principe du donneur post-mortem par défaut, tandis que la loi de 2017 prévoit le refus explicite au moyen du registre national des refus.

  • L’Établissement Français du Sang est le seul organisme habilité à gérer les dons de sang depuis l’affaire du sang contaminé des années 1980-1990, liée au VIH et au VHC.

  • L’EFS organise les dons de sang au niveau national et veille à la sécurité des donneurs et des receveurs.

  • Les produits sanguins collectés sont :

    • le sang total
    • le plasma
    • les plaquettes

Compléments

  • La phase I étudie la toxicité aiguë chez des volontaires sains, détermine la dose maximale tolérée et observe notamment le métabolisme et l’élimination.

Astuce mémo

Surveillance : phénomène attendu ; veille : risque imprévu.

12. HAS et Institut national du cancer

Notions clés & Définitions

  • Haute Autorité de Santé : Agence scientifique indépendante de l’État en théorie, créée pour limiter les influences idéologiques et politiques, produire une expertise scientifique et garantir la qualité des soins.

★ À maîtriser

  • La HAS évalue les pratiques et technologies de santé, notamment le service médical rendu selon l’efficacité et le coût, afin d’orienter les remboursements et de prioriser les interventions utiles.

  • La HAS élabore des recommandations de bonnes pratiques cliniques fondées sur la littérature scientifique, qui servent de repères aux soignants plutôt que de protocoles rigides.

  • L’Institut national du cancer est l’agence française de référence pour la lutte contre le cancer et travaille avec Santé publique France pour les questions liées à cette maladie, sans s’y substituer.

  • L’InCa coordonne la prévention, le dépistage et les soins contre le cancer, soutient la recherche fondamentale, clinique et en soins de support, et élabore des plans cancer fixant des priorités nationales.

Compléments

  • La certification des établissements de santé par la HAS repose sur des évaluations régulières, mais les inspections annoncées à l’avance sont critiquées comme peu représentatives du quotidien.

  • Pour les patients à mauvais pronostic, l’InCa peut favoriser l’accès précoce à de nouveaux traitements et soutient des réseaux et projets visant à améliorer leur qualité de vie.

13. Décideurs politiques de santé

★ À maîtriser

  • En France, la décision finale en santé publique relève du politique, même si elle s’appuie sur des dimensions scientifiques et organisationnelles.

  • Au niveau national, les principaux acteurs politiques de santé sont : le Président de la République, le ministère de la Santé, notamment la Direction générale de la santé, le ministère de l’Environnement, le ministère de l’Agriculture

  • Les agences régionales de santé organisent l’offre de soins sur leur territoire par l’intermédiaire de directeurs nommés par l’État et strictement dépendants de l’État central.

Compléments

  • Le ministère de la Santé propose les lois et fixe l’ONDAM, objectif national de dépenses de l’assurance maladie, et peut agir par le Parlement ou par ordonnance.

  • Les préfets de région et de département participent à la mise en œuvre des politiques de santé publique, tandis que les maires peuvent organiser des actions de prévention et mettre des locaux à disposition.

14. Autres acteurs de santé publique

★ À maîtriser

📌 Le financement de la santé en France associe la sécurité sociale obligatoire et les assurances privées facultatives, dont la coexistence entraîne une double gestion coûteuse.

  • Les secteurs conventionnels distinguent le secteur 1 aux tarifs conventionnés, le secteur 2 avec dépassements d’honoraires partiellement remboursés et le secteur 3 hors convention aux tarifs libres et au remboursement quasi nul.

📌 Les soins primaires sont des soins de première ligne, les soins secondaires sont le plus souvent accessibles sur orientation médicale, et les soins tertiaires sont très spécialisés et concentrés notamment dans les CHU ou grandes cliniques.

  • La démocratie sanitaire fait participer les patients à l’organisation des soins par la représentation de leur expérience, sans confondre cette expérience avec l’expertise scientifique.

Compléments

  • La CSS prend en charge les personnes précaires ou étrangères en situation irrégulière, tandis que les personnes atteintes d’une affection de longue durée peuvent bénéficier d’une exonération à 100 %.

  • Les systèmes éducatifs contribuent à la santé publique par : des repas équilibrés à prix abordable, des activités sportives, des cours d’éducation sexuelle à visée préventive, des programmes de prévention du harcèlement scolaire

  • Les employeurs doivent assurer des locaux adaptés et sains, des horaires respectant les besoins physiologiques, une organisation diversifiée limitant les risques psychosociaux, ainsi que des actions de prévention, de formation et d’éducation à la santé.

  • Les professions de santé se répartissent entre :

    • les professions médicales
    • les auxiliaires ou paramédicaux
    • les professions de la pharmacie
  • Les médias et les réseaux sociaux diffusent des messages de santé publique, mais peuvent aussi véhiculer du lobbying ou de la désinformation, les réseaux sociaux accélérant une diffusion souvent peu filtrée.

15. Déterminants et modèles de santé

Notions clés & Définitions

  • Déterminant de santé : Facteur qui contribue à l’apparition ou à la modification d’une caractéristique influençant la santé et qui peut agir directement ou indirectement sur celle d’un individu.
  • Cause nécessaire : Doit être présente pour que la maladie apparaisse, comme Vibrio cholerae pour le choléra.
  • Facteur de risque : Augmente la probabilité d’apparition d’une maladie sans être nécessaire ni suffisant.
  • Cause suffisante : Peut à elle seule provoquer une maladie sans qu’un autre facteur soit requis.
  • Facteur protecteur : Diminue la probabilité d’apparition d’une maladie.
  • Indicateur de risque : Lié statistiquement à une maladie sans qu’un lien causal soit démontré.

Points essentiels

  • Le modèle déterministe cherche les causes directes des problèmes de santé, tandis que le modèle probabiliste étudie les associations entre facteurs et états de santé.

Astuce mémo

Le déterminisme cherche des causes ; le probabilisme mesure des associations.

16. Dimensions des déterminants de santé

★ À maîtriser

  • En 1974, Marc Lalonde propose un modèle de la santé qui dépasse la seule question de l’accès aux soins.
  • Le modèle de Lalonde distingue quatre catégories de déterminants :
    • les caractéristiques biologiques individuelles
    • l’environnement
    • les comportements individuels
    • l’accès aux soins de santé
  • Les déterminants intrinsèques comprennent le patrimoine génétique et l’âge, les déterminants extrinsèques proches comprennent le contexte familial, l’éducation et le réseau social, et les déterminants extrinsèques éloignés comprennent le tissu social local, l’environnement socio-économique et l’environnement culturel.

  • La consommation d’alcool pendant la grossesse peut entraîner des malformations graves ou un syndrome d’alcoolisation fœtale, tandis que le tabagisme maternel favorise des addictions ultérieures.

  • Les travaux de Thomas McKeown sur l’Angleterre et le Pays de Galles aux XIXe–XXe siècles attribuent principalement la baisse de la mortalité tuberculeuse à la réduction de la taille des familles, à l’amélioration de l’alimentation et à un milieu physique plus sain, avant les mesures préventives et thérapeutiques.

  • Le système de soins intervient souvent après l’apparition des symptômes et se montre donc réactif, alors que la prévention primaire vise à réduire la fréquence et la gravité des pathologies évitables.

📌 La génétique et l’environnement sont complémentaires : leur contribution dépend du contexte, et aucune caractéristique n’est avantageuse ou désavantageuse indépendamment de celui-ci.

Compléments

  • Le modèle raffiné de Lalonde souligne que les déterminants biologiques, sociaux, comportementaux et environnementaux interagissent constamment.

  • L’asthme illustre l’interaction des déterminants : l’atopie est biologique, le logement vétuste ou la pollution accroît l’exposition aux allergènes, l’accès à un centre de soins permet un suivi, et le tabagisme à l’adolescence peut aggraver la maladie.

  • Les gènes modulent la prédisposition aux maladies génétiques, et les régulations épigénétiques peuvent intervenir au cours de la vie et se transmettre sur plusieurs générations.

  • Une puberté précoce ou une ménopause tardive augmente le risque de cancer du sein.

  • La pyramide de Maslow classe les besoins dans l’ordre suivant :

    • physiologiques
    • sécurité
    • appartenance
    • estime
    • accomplissement de soi
  • L’accès aux soins dépend du financement, de la situation géographique et du niveau de saturation des services, la situation géographique constituant le point le plus problématique.

  • La pondération des déterminants varie selon la population, l’individu et le contexte, et ces déterminants s’influencent mutuellement.

17. Pyramide d’impact en santé publique

★ À maîtriser

  • Dans la pyramide d’impact, les interventions situées plus bas sont plus efficaces à l’échelle populationnelle, tandis que celles situées plus haut demandent davantage d’effort individuel et ont un impact collectif moindre.

  • La base de la pyramide d’impact correspond aux facteurs socio-économiques, notamment :

    • l’emploi
    • le logement
    • l’accès à la nourriture
    • la qualité de l’environnement
    • la gestion des déchets
    • la sécurité
    • la stabilité économique
  • Les conseils et campagnes d’éducation à la santé occupent le sommet de la pyramide, où l’efficacité dépend de la volonté individuelle et l’impact collectif reste faible.

📌 En santé publique, les maladies sont souvent attribuées à des causes multifactorielles, souvent nécessaires mais non suffisantes, plutôt qu’à une cause nécessaire et suffisante unique.

📌 En santé publique, les conclusions sur les causes et facteurs de risque doivent reposer sur des preuves scientifiques plutôt que sur des anecdotes.

Compléments

  • Les actions sur l’environnement et les choix influencés, comme la fiscalité incitative, les pistes cyclables sécurisées et l’effet d’entraînement social, encouragent des comportements sans les imposer.

  • La vaccination illustre un effet protecteur de longue durée : une seule action peut protéger plusieurs années contre une maladie.

  • Les interventions cliniques ponctuelles comprennent le suivi médical régulier d’une maladie chronique et le dépistage, mais elles touchent moins de personnes et demandent une motivation individuelle.

  • Pour agir sur l’alimentation, les politiques peuvent taxer les aliments de mauvaise qualité, récompenser ceux de bonne qualité ou utiliser le Nutri-Score, qui facilite la décision mais demande une interprétation et peut simplifier excessivement l’information.

  • Pour lutter contre le tabagisme, l’interdiction de fumer dans les lieux publics agit sur l’environnement, les patchs nicotiniques et l’accompagnement thérapeutique relèvent des interventions cliniques, et les campagnes d’information se situent au sommet de la pyramide.

Tableaux de synthèse

Niveaux de la pyramide d’impact

NiveauInterventionEffort individuel
BaseFacteurs socio-économiquesFaible
Deuxième étageEnvironnement et choix influencésFaible à modéré
Troisième étageEffets protecteurs durablesFaible
Quatrième étageInterventions cliniques ponctuellesPlus important
SommetConseils et éducation à la santéDépend de la volonté

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et stratégies de santé publique avec 67 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle conception de la santé inclut le bien-être ainsi que les dimensions sociale et psychologique, au-delà de l’absence de maladie ?

2. Quelle définition de la santé l’OMS a-t-elle formulée en 1946 ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et stratégies de santé publique avec 98 flashcards interactives.

Que désignent les conceptions restrictives de la santé ?

L’absence de maladie.

Qu’ajoutent les conceptions élargies de la santé à l’absence de maladie ?

Le bien-être et les dimensions sociale et psychologique.

Quelle définition de la santé l’OMS donne-t-elle en 1946 ?

Un état de complet bien-être physique, mental et social.

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