Fiche de révision : Développement psychomoteur et motricité libre

Plan du Cours

  1. Bases du développement psychomoteur
  2. Tonus et maturation neurologique
  3. Premiers mouvements et enroulement
  4. Appuis ventraux et déplacements
  5. Verticalisation et marche
  6. Principes de motricité libre
  7. Accompagnement et environnement
  8. Développement de la motricité fine

1. Bases du développement psychomoteur

Notions clés & Définitions

  • Psychomotricité : Considération de l’individu dans sa globalité et des interactions constantes entre motricité et psychisme.

★ À maîtriser

📌 La motricité comprend le corps, les variations toniques, les attitudes posturales et le mouvement, tandis que le psychisme comprend les émotions, l’affectivité, la compréhension, l’imagination et le développement cognitif.

  • Le développement psychomoteur suit les mêmes séquences chez tous les enfants, mais son rythme varie d’un enfant à l’autre.

  • Le développement psychomoteur est soutenu par :

    • le développement du système nerveux
    • l’apprentissage et l’expérience
    • les interactions avec l’entourage

Compléments

  • Le bébé naît avec des compétences innées développées durant la gestation, mais avec peu d’autonomie, tout en étant porteur de compétences, d’intentionnalité et de besoins.

2. Tonus et maturation neurologique

Notions clés & Définitions

  • Tonus : Tension ou contraction permanente et modérée des muscles, entretenue par un influx nerveux.
  • Dialogue tonique : Ajustement du tonus et de la posture entre deux partenaires, notamment le parent et le bébé, selon la manière dont l’enfant est tenu, soutenu et répond.

★ À maîtriser

  • À la naissance, les muscles de l’axe du corps, c’est-à-dire du tronc et de la tête, sont hypotoniques, tandis que les muscles fléchisseurs des membres sont hypertoniques.

  • L’inégale répartition du tonus à la naissance empêche encore la coordination des mouvements et entraîne une motricité involontaire et saccadée ainsi qu’une position d’enroulement.

  • La progression céphalo-caudale correspond à l’augmentation progressive du tonus des muscles de l’axe, de la nuque vers le bassin, permettant le maintien de la tête puis le redressement du tronc.

  • La progression proximo-distale correspond à la diminution progressive du tonus des muscles des membres, des épaules et des hanches vers les doigts et les orteils, permettant la préhension et la motricité fine.

  • La disparition progressive des réflexes archaïques et l’évolution du tonus permettent l’émergence progressive de la motricité volontaire.

Compléments

  • Le tonus dépend de la maturation neurologique et de la qualité des relations avec autrui, et il constitue dès la naissance un moyen de communication lié à la vie affective et aux émotions.

3. Premiers mouvements et enroulement

★ À maîtriser

📌 À la naissance, la perte de l’enveloppe utérine et la perception de la gravité étant insécurisantes, le portage doit être contenant et enveloppant, et le bébé doit être soulevé dos à soi ou sur le côté pour limiter l’hyper-extension de l’axe.

  • Jusqu’à 4 mois, la diminution des réflexes archaïques laisse place à une motricité plus souple et symétrique, et le bébé commence à intégrer son existence propre par le mouvement volontaire.

  • Durant les premiers mois, réunir les mains à la bouche et attraper ses pieds aide le bébé à intégrer les sensations d’unité et de globalité corporelles.

  • La position de départ allongée sur le dos permet les mouvements libres de la tête, la réunion des mains, les jeux d’appuis avec les pieds, l’enroulement sur soi et le passage en position latérale.

  • Jusqu’à 7 mois, la détente des jambes et la mobilité du bassin permettent au bébé de s’enrouler, de jouer avec ses pieds et de pédaler, ce qui contribue à la conscience corporelle et prépare aux retournements.

Compléments

  • In utero, le mouvement du fœtus est contraint par la paroi contenante mais non rigide de l’utérus et facilité par l’absence de pesanteur dans le liquide amniotique.

  • Les réflexes archaïques très présents comprennent :

    • le grasping
    • le réflexe de Moro
    • le réflexe d’escrimeur

4. Appuis ventraux et déplacements

★ À maîtriser

  • Jusqu’à 8–9 mois, la position ventrale permet au bébé de développer des appuis des membres supérieurs et de coordonner progressivement ses mouvements pour se déplacer.

  • En position ventrale, le bébé s’appuie d’abord sur les coudes puis sur les mains pour repousser le sol, se dresser vers la verticalité et se protéger.

  • La position ventrale renforce les muscles du cou, des épaules, du dos et des fesses, préparant au maintien des positions assise, à genoux et debout.

  • À partir de la position ventrale, le bébé peut progressivement s’asseoir seul et se déplacer de façon dirigée en rampant.

Compléments

  • En position ventrale, le transfert du poids vers un côté du corps libère une main pour saisir un objet et favorise l’alternance des appuis.

5. Verticalisation et marche

★ À maîtriser

  • Jusqu’à 11 mois, le passage à la position assise repose sur le jeu d’équilibre et la prise d’appui ; assis, le bébé manipule avec les mains et développe des réactions d’équilibration du tronc et de protection avec les mains.

  • Jusqu’à 12–14 mois, le déplacement à quatre pattes coordonne l’ensemble du corps et développe la stabilité des épaules, du tronc et des hanches, en préparation à la marche.

  • Le redressement vers la marche passe progressivement par la marche de l’ours en appui sur les mains et les pieds, la position du chevalier servant avec un appui extérieur, le lâcher progressif des appuis, le cabotage le long des meubles, les premiers pas, puis les jeux debout accroupi.

Compléments

  • La marche se développe jusqu’à environ 18–20 mois.

Astuce mémo

Quatre pattes, ours, chevalier servant, appuis, premiers pas.

6. Principes de motricité libre

Notions clés & Définitions

  • Motricité libre : Consiste à laisser l’enfant bouger librement au quotidien dès le plus jeune âge, dans un environnement sécurisé, sous le regard attentif et bienveillant de l’adulte, sans enseigner de mouvement ni imposer une position non acquise.

★ À maîtriser

  • La motricité libre a été développée par la pédiatre Emmi Pikler, qui a étudié l’activité spontanée du bébé à la pouponnière Loczy, à Budapest, dans les années 1950.

📌 Avant l’acquisition du passage assis autonome, le bébé est installé allongé sur le dos ; une fois cette acquisition faite, il peut être installé assis au sol puisqu’il sait sortir de cette position.

  • En motricité libre, le bébé prend conscience de ses points d’appui au sol, puis peut modifier la répartition du poids de son corps sur ces appuis pour bouger.

  • En répétant ses expériences motrices, l’enfant automatise ses mouvements, peut ensuite les complexifier et apprend à alterner activité et repos en modulant son tonus.

  • Les coordinations et compétences nécessaires à la marche se construisent par l’expérimentation au sol, qui prépare les fondations de la verticalité et d’une marche sereine.

Compléments

  • Un espace de motricité libre comprend un tapis lisse, ferme et spacieux, ainsi que quelques objets adaptés à l’âge et aux possibilités de préhension de l’enfant.

  • Entre 2 et 4 mois, l’apparition de mouvements volontaires comme tourner la tête, bouger les membres ou réunir les mains et les pieds permet de commencer à proposer la motricité libre.

7. Accompagnement et environnement

★ À maîtriser

  • Pour préserver la liberté de mouvement, il est recommandé de : limiter les temps en transat, cosy ou avec une arche sur le tapis, supprimer le youpala, choisir des vêtements et des chaussures souples, limiter le port des chaussures, notamment avant la marche, et laisser l’enfant pieds nus dès que possible

  • La motricité libre soutient la conscience corporelle, la confiance en soi, le plaisir et la sécurité dans le mouvement, l’initiative, la concentration, l’autonomie et l’individualisation de l’enfant.

Compléments

  • Le dialogue tonique dépend de la sensibilité du parent aux manifestations du bébé et de la manière dont il le tient et le soutient.

  • L’accompagnement favorise un portage dos contre ventre de l’adulte, avec un soutien sécurisant du bassin, notamment pour les bébés très toniques ou nerveux.

  • L’espace de l’enfant doit comporter des supports adaptés pour prendre appui et se redresser, et le couchage doit être proche du sol pour favoriser son autonomie future.

  • Le matériel de manipulation du tout-petit privilégie des objets simples, légers et faciles à saisir, pouvant être portés à la bouche et réunis dans les deux mains, sans multiplier les dimensions sensorielles sur un même objet.

8. Développement de la motricité fine

★ À maîtriser

  • De 0 à 3 mois, la préhension est brève et involontaire, déclenchée par le contact, et les mains sont découvertes notamment parce qu’elles sont proches de la bouche.

  • Autour de 4 mois apparaissent la réunion des mains, la coordination oculo-manuelle et une ouverture-fermeture des mains plus contrôlée.

  • Entre 5 et 7 mois, la préhension volontaire globale et imprécise est cubito-palmaire ; le bébé porte les objets à la bouche, tient un objet dans chaque main, les transfère d’une main à l’autre et les relâche volontairement.

  • À partir de 8 mois, l’enfant utilise la pince supérieure entre le pouce et l’index et délie progressivement l’index.

  • Vers 18 mois, l’enfant manipule notamment une cuillère et un livre, gribouille et construit une tour de deux cubes ; une installation assise stable, avec les pieds soutenus, facilite les jeux minutieux.

  • À 3 ans, l’enfant peut construire une tour de 10 cubes, copier une croix et utiliser des ciseaux.

Compléments

  • Entre 5 et 7 mois apparaît le début de la pince inférieure entre le pouce et la base de l’index.

  • Entre 10 et 14 mois, la pince supérieure s’affine et l’enfant joue avec des contenants, emboîte et lance des objets.

  • À 2 ans, l’enfant gagne en souplesse du poignet et en rotation de l’avant-bras, peut utiliser une poignée ou une cuillère et dessine un rond.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Développement psychomoteur et motricité libre avec 29 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle perspective caractérise la psychomotricité dans l’étude du développement de l’enfant ?

2. Pour classer les éléments du développement psychomoteur, dans quelle catégorie faut-il ranger les attitudes posturales et les émotions, respectivement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Développement psychomoteur et motricité libre avec 64 flashcards interactives.

Que considère la psychomotricité dans son approche de l’individu ?

L’individu dans sa globalité et les interactions constantes entre motricité et psychisme.

Quels éléments comprend la motricité ?

Le corps, les variations toniques, les attitudes posturales et le mouvement.

Quels éléments comprend le psychisme ?

Les émotions, l’affectivité, la compréhension, l’imagination et le développement cognitif.

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