Fiche de révision : Imagerie maxillo-faciale et dentaire

Plan du Cours

  1. Appareil et propriétés des rayons X
  2. Radiographies intra-buccales
  3. Radiographies extra-buccales
  4. Sialographie des glandes salivaires
  5. Tomodensitométrie et scanner
  6. Tomographie volumique Cone Beam
  7. Échographie des tissus mous
  8. Imagerie par résonance magnétique
  9. Caméra intra-buccale

1. Appareil et propriétés des rayons X

Notions clés & Définitions

  • Diffusion des rayons X : Déviation des rayons X lors de leur passage dans un milieu ; elle est très importante dans l’eau et donc dans les tissus organiques vivants.
  • Absorption des rayons X : Absorption des rayons X qui varie selon la densité et la nature des matériaux traversés et produit l’image radiographique par les différences d’atténuation des rayons selon les tissus.

★ À maîtriser

  • 🔄 La production des rayons X suit ces étapes :

    1. Le chauffage du filament de tungstène de la cathode émet des électrons.
    2. La différence de potentiel accélère les électrons vers la cible de tungstène de l’anode.
    3. L’impact des électrons sur l’anode produit les rayons X.
  • Lorsque la distance à la source est doublée, la densité de photons X est divisée par quatre, ce qui entraîne une perte de précision de l’image radiographique.

📌 Pour limiter l’exposition aux rayons diffusés, le praticien doit se placer à 3 mètres ; la meilleure protection consiste à sortir de la pièce, car les parois du cabinet peuvent rétrodiffuser les rayons X.

📌 L’assistant dentaire n’est pas autorisé à placer le patient pour une radiographie ni à appuyer sur le bouton déclencheur des rayons X.

Compléments

  • L’appareil de radiographie comprend un transformateur qui convertit le courant secteur de 220 volts en courant haute tension de 75 à 100 kilovolts, un générateur de rayons X et une console de contrôle.

  • La cible de tungstène de l’anode est enchâssée dans du cuivre et le tube à vide est placé dans un bain d’huile minérale afin d’évacuer la chaleur de l’impact électronique.

  • Les trois réglages sont :

    • le kilovoltage, qui influence la qualité et l’énergie des rayons X
    • l’intensité en milliampères, qui influence leur quantité et le temps d’exposition
    • le temps d’exposition
  • En radiographie intra-orale, le kilovoltage et l’intensité sont fixes, cette dernière étant de 10 à 20 mA, et seul le temps d’exposition est réglable par dixième de seconde.

  • La feuille de plomb placée derrière les films argentiques absorbe le rayonnement transmis inutile et limite le rayonnement rétrodiffusé par la langue et la tête du patient.

  • La collimation contrôle la forme et les dimensions du faisceau principal, limite la divergence du faisceau primaire et élimine les rayons X inutiles, ce qui réduit l’exposition du patient et du praticien et améliore la qualité de l’image.

2. Radiographies intra-buccales

Notions clés & Définitions

  • Cliché rétro-alvéolaire : Permet de visualiser 2 à 3 dents contiguës avec le tissu osseux environnant.
  • Cliché occlusal : Utilise un film de 8 cm × 5 cm que le patient mord.

★ À maîtriser

📌 La technique des plans parallèles place le film parallèlement au grand axe de la dent et dirige les rayons X perpendiculairement à l’axe dentaire et au plan du film, tandis que la technique de la bissectrice dirige le rayon incident perpendiculairement à la bissectrice de l’angle entre l’axe de la dent et le film.

  • Ses indications sont : le dépistage des caries proximales, coronaires ou cervicales, le dépistage des points de contact défectueux, le dépistage des obturations débordantes, le contrôle de l’ajustage cervical d’une prothèse fixée

Compléments

📌 En technique des plans parallèles, un angulateur maintient le film dans la bonne position et facilite le positionnement du cône ; la contention manuelle est proscrite.

  • Ses indications comprennent :
    • la détection des caries
    • la détection des maladies parodontales
    • le diagnostic endodontique
    • le diagnostic pathologique
    • le diagnostic pré-chirurgical
    • le diagnostic traumatique

📌 Les radiographies rétro-alvéolaires ne peuvent être facturées que si le traitement pendant lequel elles sont réalisées est pris en charge ; une exception concerne le traitement d’agénésies multiples liées à une maladie rare.

  • Le cliché rétrocoronaire, ou bitewing, est maintenu en bouche par une languette mordue par les dents et privilégie les espaces interproximaux plutôt que les apex.

  • Un status long cône comprend 4 clichés rétro-alvéolaires pour chacune des régions molaires, prémolaires, canines et incisives, ainsi que 4 clichés rétro-coronaires ou bite-wings, soit 20 clichés au total ; selon le cabinet de radiologie, le nombre peut varier de 18 à 21.

  • Ses indications comprennent :

    • une dent incluse
    • les fractures
    • les corticales mandibulaires
    • le plancher de la bouche
    • la projection de la glande sublinguale

Astuce mémo

Plans parallèles : film parallèle ; bissectrice : rayon perpendiculaire à la bissectrice

3. Radiographies extra-buccales

Notions clés & Définitions

  • Panoramique : Transposition des structures faciales courbes en une image plane où le maxillaire supérieur et la mandibule s’étalent d’un condyle à l’autre sur un seul cliché.

★ À maîtriser

  • La panoramique est un examen de débrouillage dont les images manquent de précision ; le praticien recourt souvent à une radiographie intra-orale pour préciser son diagnostic.

  • L’incidence de Hirtz permet de visualiser : la base du crâne, les sinus sphénoïdaux et ethmoïdaux, l’atlas, la mandibule, la position vestibulo-linguale du nerf mandibulaire et de la dent de sagesse

  • L’incidence de Blondeau est utilisée lors d’un traumatisme facial et permet d’analyser les étages moyen et inférieur de la face.

Compléments

  • Les types de radiographies extra-buccales sont :

    • la panoramique
    • la téléradiographie de profil ou de face
    • l’incidence de Chaumet
    • l’incidence de Blondeau
    • la sialographie
    • la tomodensitométrie (scanner)
  • Pour réaliser une panoramique, le tube radiogène et le film tournent en même temps autour de la tête du patient.

  • Ses inconvénients sont :

    • la rotation de l’appareil autour de la tête
    • la déformation et l’agrandissement de l’image
    • les nombreuses superpositions

📌 Avant une panoramique, l’assistant doit veiller au retrait des objets métalliques du patient, notamment les boucles d’oreille, les piercings, les barrettes à cheveux et les prothèses, afin d’éviter les interférences.

  • La téléradiographie de profil ou de face est réalisée à une distance de 1,5 à 4 m ; pour le profil droit, la joue gauche est contre la plaque et la tête est maintenue par un céphalostat.

  • La téléradiographie produit une image en taille réelle sans déformation et permet de visualiser les tissus mous grâce à des filtres.

  • La téléradiographie est indiquée en orthodontie pour les mesures céphalométriques et en chirurgie maxillo-faciale.

  • Pour l’incidence de Hirtz, le patient place la tête en hyperextension afin que le faisceau de rayons X pénètre sous le menton et ressorte par le sommet du crâne.

  • Pour l’incidence face haute, ou incidence nez-front-plaque des cadres orbitaires, le patient est assis avec un appui nez-front-plaque et le plan sagittal médian strictement perpendiculaire au plan du film.

  • L’incidence face haute donne une vue de face du crâne et du massif facial, avec les cadres orbitaires dégagés de toute superposition.

  • L’incidence face haute visualise la partie inférieure des sinus maxillaires, les sinus frontaux et les cellules ethmoïdales.

  • Pour l’incidence de Blondeau, le patient est assis, la tête défléchie, le menton appuyé contre la plaque et le plan sagittal médian perpendiculaire à la cassette ; le rayon directeur horizontal postéro-antérieur est centré à la base du nez.

4. Sialographie des glandes salivaires

Notions clés & Définitions

  • Sialographie : Technique d’imagerie consistant à injecter dans une glande salivaire un produit de contraste opaque aux rayons X, puis à réaliser une radiographie.

★ À maîtriser

  • La sialographie analyse les pathologies des canaux excréteurs des glandes parotides et submandibulaires.

Compléments

  • Le produit de contraste utilisé en sialographie est de l’iode.

  • La sialographie explore les glandes :

    • parotide
    • sous-maxillaire
    • sublinguale

5. Tomodensitométrie et scanner

Notions clés & Définitions

  • Tomodensitométrie : Procédé radiographique qui produit des images en coupe en reconstituant par ordinateur les densités tissulaires de chaque point d’une coupe d’épaisseur déterminée.

★ À maîtriser

  • En tomodensitométrie, un faisceau de rayons X balaie le patient tandis que le générateur et le récepteur tournent autour de lui ; les informations sont ensuite traitées par ordinateur pour recomposer des vues en coupe ou en 3D.

Compléments

📌 Pendant une tomodensitométrie, le patient reste immobile en décubitus dorsal et ne déglutit pas pendant la prise du cliché.

  • La tomodensitométrie est utilisée :
    • en cas de traumatisme facial
    • en cas de traumatisme crânien
    • pour l’étude des sinus

6. Tomographie volumique Cone Beam

Notions clés & Définitions

  • Cone Beam : Tomographie volumique utilisant un faisceau conique de rayons X capté par une surface de détection étendue.

★ À maîtriser

  • Lors d’un examen Cone Beam, la source de rayons X et la surface de détection tournent de façon synchrone en une seule rotation de 360° autour de la tête, produisant une image volumétrique.

📌 Par rapport au scanner conventionnel, le Cone Beam fournit des coupes plus fines et des informations osseuses plus détaillées, permettant notamment de visualiser en 3D l’espace du ligament parodontal, impossible à voir sur les images du scanner.

  • La dose délivrée par le Cone Beam est comprise entre 36,9 et 50,3 microsieverts, soit une réduction d’environ 98 % par rapport aux scanners conventionnels.

Compléments

  • Le volume du Cone Beam est composé de voxels explorables par logiciel dans les plans transversal, frontal ou sagittal, ce qui révèle des structures invisibles sur une radiographie bidimensionnelle.

  • Le Cone Beam produit des images nettes des structures à densité élevée, notamment des os et des dents, ce qui l’adapte à l’imagerie dento-maxillaire.

  • La collimation permet de limiter le faisceau conique du Cone Beam à la zone à visualiser et de réduire l’irradiation des tissus.

  • Le Cone Beam acquiert toutes les images de base en une rotation dont la durée est de 10 à 70 secondes.

  • En implantologie, le Cone Beam permet de visualiser les structures voisines suivantes :

    • le sinus maxillaire
    • le foramen mentonnier
    • le canal incisif
    • le canal mandibulaire
  • En pathologie dento-maxillaire, le Cone Beam évalue en trois dimensions l’extension des lésions intra-osseuses, telles que les kystes et les tumeurs, et localise les dents incluses ainsi que leurs rapports avec les structures voisines.

  • En orthodontie, le Cone Beam sert au contrôle de la croissance, à la localisation des dents incluses, à l’estimation de l’âge dentaire et à l’évaluation des voies aériennes supérieures.

  • En endodontie, le Cone Beam permet : d’évaluer la taille et la localisation des lésions périapicales sans superposition, d’examiner les rapports de la lésion avec le sinus maxillaire, d’examiner les rapports de la lésion avec le foramen mentonnier, d’examiner les rapports de la lésion avec le canal alvéolaire, d’analyser l’anatomie canalaire, de visualiser les perforations radiculaires, de visualiser les résorptions radiculaires, de diagnostiquer les fractures

7. Échographie des tissus mous

Notions clés & Définitions

  • Échographie : Technique d’imagerie fondée sur les propriétés physiques des ultrasons et destinée à explorer les tissus mous.

★ À maîtriser

  • En échographie, le gel supprime l’air entre la sonde et la peau, la sonde émet des ultrasons qui pénètrent les tissus et sont partiellement absorbés ou réfléchis par les structures, puis les échos renvoyés sont enregistrés pour renseigner sur la position et la densité des tissus.

Compléments

  • L’air empêche la transmission des ultrasons entre la sonde et la peau.

  • La mesure du temps écoulé entre l’émission d’un ultrason et la réception de son écho permet de localiser une structure lorsque la vitesse de propagation de l’onde sonore est connue.

  • L’échographie est une technique adaptée à l’exploration des petites tumeurs superficielles des glandes salivaires principales.

Astuce mémo

La sonde envoie un écho qui revient comme la lumière réfléchie par un miroir.

8. Imagerie par résonance magnétique

Notions clés & Définitions

  • Imagerie par résonance magnétique : Examen non invasif et non irradiant fondé sur la résonance magnétique des protons du corps humain dans un champ magnétique.

★ À maîtriser

  • En IRM, un aimant géant en forme de tunnel crée le champ magnétique ; des ondes électromagnétiques provoquent une aimantation spécifique des noyaux d’hydrogène, puis le signal émis par les protons à leur retour à l’état de base sert à créer les images.

Compléments

  • La proportion de noyaux d’hydrogène varie selon la teneur en eau des tissus, et le signal de l’IRM renseigne sur la nature des tissus et les flux circulants.

  • Les logiciels d’IRM reconstruisent des coupes transversales, sagittales et longitudinales, visualisables sur écran puis transformées en clichés radiologiques.

  • L’IRM permet d’obtenir des images en coupe dans différents plans et de reconstruire en trois dimensions la structure étudiée.

📌 L’IRM est utile lorsqu’une analyse très fine est nécessaire ou lorsque certaines lésions ne sont pas visibles sur les radiographies standards, l’échographie ou le scanner.

Astuce mémo

Aimantation des protons, émission du signal au retour à l’état de base, puis création des images.

9. Caméra intra-buccale

★ À maîtriser

  • La caméra intra-buccale facilite la communication avec le patient et favorise son consentement au traitement recommandé lorsqu’il peut voir le problème diagnostiqué.

  • La caméra intra-buccale aide au diagnostic, à l’éducation du patient, à l’illustration des instructions du dentiste, au suivi par archivage et à la comparaison de l’évolution bucco-dentaire, et favorise la participation du patient au plan de traitement.

Compléments

  • Les images de la caméra intra-buccale peuvent être affichées sur un téléviseur ou un moniteur, sauvegardées et récupérées par logiciel, puis imprimées ou envoyées par courriel, par exemple au prothésiste.

  • La caméra intra-buccale permet de prendre des photos très précises et de les agrandir environ 40 fois leur taille normale.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Imagerie maxillo-faciale et dentaire avec 25 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans un tube de Coolidge sous vide, le filament de la cathode est chauffé et une différence de potentiel est appliquée entre la cathode et l’anode. Quel processus produit alors les rayons X ?

2. Lors d’une prise radiographique, la distance entre la source et la zone examinée passe de 1 mètre à 2 mètres. Quel effet cela a-t-il sur la densité de photons X et la précision de l’image ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Imagerie maxillo-faciale et dentaire avec 62 flashcards interactives.

Comment le tube de Coolidge produit-il des rayons X ?

L’impact des électrons accélérés sur la cible de tungstène produit les rayons X.

Que devient la densité des photons X si la distance à la source double ?

Elle est divisée par quatre, ce qui réduit la précision de l’image.

Qu’est-ce que la diffusion des rayons X ?

La déviation des rayons X lors de leur passage dans un milieu.

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