Fiche de révision : Infections sexuellement transmissibles

Plan du Cours

  1. Lésions génitales et IST
  2. Urétrites et cervicites
  3. Lymphogranulomatose vénérienne
  4. Évolution de la syphilis
  5. Diagnostic et traitement de la syphilis
  6. Herpès génital
  7. Infection à HPV
  8. Salpingites et prise en charge

1. Lésions génitales et IST

★ À maîtriser

📌 Les lésions génitales peuvent être dues à des infections sexuellement transmissibles, à des infections non sexuellement transmissibles ou à des causes non infectieuses.

Compléments

  • Les IST citées comprennent:

    • la syphilis
    • l’herpès
    • l’infection à Haemophilus ducreyi
    • la lymphogranulomatose vénérienne
    • la donovanose
    • l’infection à HPV
  • Les causes non infectieuses comprennent: le traumatisme, les néoplasies, la maladie de Behçet, l’eczéma, le psoriasis, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, la dermite de contact, le lichen plan, la maladie de Verneuil

Astuce mémo

IST, infections non sexuellement transmissibles et causes non infectieuses ont des origines distinctes

2. Urétrites et cervicites

★ À maîtriser

  • Chlamydia trachomatis est la première cause d’urétrite.

  • Chez l’homme, Chlamydia trachomatis provoque une urétrite subaiguë dans 50 % des cas et une urétrite aiguë dans 3 à 10 % des cas, pouvant évoluer vers une prostatite ou une épididymite.

  • Chez la femme, la cervicite à Chlamydia trachomatis est souvent asymptomatique et peut évoluer vers une endométrite ou une salpingite.

  • Chez l’homme, l’urétrite gonococcique est aiguë dans 90 % des cas et peut évoluer vers une orchite, une épididymite ou une prostatite.

📌 Le traitement systématique d’une gonococcie associe la ceftriaxone, à raison de 500 mg en injection intramusculaire unique, et l’azithromycine, à raison de 1 g par voie orale en prise unique.

📌 La transmission de la gonococcie et de la chlamydiose persiste pendant 7 jours après le début du traitement, et les partenaires des 60 derniers jours doivent être traités.

Compléments

  • Neisseria gonorrhoeae est la deuxième cause d’urétrite après Chlamydia trachomatis.

  • La triade extragénitale associe:

    • une éruption dans 60 % des cas
    • une ténosynovite dans 60 % des cas
    • des arthralgies dans 85 % des cas

Astuce mémo

Chlamydia domine l’urétrite, gonocoque provoque surtout une urétrite aiguë

3. Lymphogranulomatose vénérienne

Notions clés & Définitions

  • Lymphogranulomatose vénérienne : Infection à Chlamydia trachomatis, également appelée maladie de Nicolas Favre.

Points essentiels

  • 🔄 La lymphogranulomatose vénérienne évolue selon la séquence suivante: micro-ulcération indolore souvent inaperçue, adénopathie inflammatoire pouvant se fistuliser, anorectite aiguë, forme chronique avec fistules et sténoses

📌 Le traitement de la lymphogranulomatose vénérienne repose sur la doxycycline à 100 mg deux fois par jour pendant 21 jours, associée à la ceftriaxone selon le cours.

Astuce mémo

Micro-ulcération → adénopathie inflammatoire → fistulisation

4. Évolution de la syphilis

Notions clés & Définitions

  • Syphilis : Infection sexuellement transmissible strictement humaine due à Treponema pallidum.

★ À maîtriser

  • 🔄 La syphilis évolue selon plusieurs phases: incubation de 10 à 90 jours, phase primaire, phase secondaire entre 30 et 90 jours, pouvant durer jusqu’à 4 ans, phase latente, phase tertiaire après 5 à 20 ans
  • La syphilis primaire se manifeste par un chancre constant associé à une adénopathie, puis le chancre peut guérir spontanément en environ un mois.
  • La syphilis secondaire comporte une première floraison entre le deuxième et le sixième mois avec une roséole, puis une deuxième floraison avec syphilides et plaques muqueuses, parfois associées à une alopécie, une uvéite, des arthrites, une hépatite, une glomérulonéphrite ou une méningite.

Compléments

  • La syphilis tertiaire concerne 10 % des patients et peut apparaître après 2 à 30 ans avec des gommes cardiovasculaires ou des atteintes du système nerveux central comme le tabès et le signe d’Argyll Robertson.

Astuce mémo

Chancre → floraisons secondaires → atteintes tertiaires

5. Diagnostic et traitement de la syphilis

★ À maîtriser

  • Le diagnostic de la syphilis repose sur la sérologie FTA, le TPHA positif dès J7 à J10, le VDRL positif dès J10 à J15 et éventuellement la PCR.

  • Le suivi sérologique de la syphilis est réalisé à M3, M6, M12 et M24, avec une diminution du VDRL par quatre à M3-M6 et une négativation à M12 pour la syphilis primaire ou à M24 pour la syphilis secondaire.

📌 Le traitement de la syphilis repose sur une à trois doses de benzathine-pénicilline, tandis que la neurosyphilis est traitée par pénicilline G intraveineuse pendant 10 à 14 jours.

📌 Les partenaires d’une personne atteinte de syphilis sont traités systématiquement si le contact date de moins de trois mois et selon leur sérologie si le contact date de plus de trois mois.

Compléments

📌 En cas d’allergie à la pénicilline, la doxycycline peut être utilisée à 100 mg deux fois par jour pendant 14 jours, tandis qu’une femme enceinte allergique doit être désensibilisée.

Astuce mémo

Sérologie → bilan des partenaires → suivi sérologique → pénicilline

6. Herpès génital

Notions clés & Définitions

  • Herpès génital : Infection à HSV transmise par contact cutanéo-muqueux, notamment lors des rapports sexuels ou de la transmission périnatale.

★ À maîtriser

  • HSV-1 est asymptomatique dans la majorité des cas et 90 % des adultes sont séropositifs, tandis que HSV-2 concerne 15 à 20 % des adultes et 90 % des personnes ayant une sexualité à risque selon le cours.

  • Après une primo-infection, le virus herpétique persiste en latence dans un ganglion sensitif crânien pour HSV-1 ou sacré pour HSV-2, puis peut se réactiver par les voies nerveuses sensitives.

  • Les récidives herpétiques peuvent être déclenchées par le stress, le soleil, l’asthénie, les règles, une infection ou un déficit de l’immunité cellulaire, et elles sont moins sévères, plus courtes et plus localisées que la primo-infection.

  • L’excrétion virale asymptomatique diminue avec le temps mais contribue fortement à la transmission.

📌 Le diagnostic de l’herpès est avant tout clinique, et une confirmation est indiquée en cas de tableau sévère, de terrain immunodéprimé ou néonatal, ou de doute diagnostique.

  • La transmission néonatale de l’herpès survient surtout en per-partum, concerne HSV-2 dans 75 % des cas et est plus fréquente lors d’une primo-infection maternelle, avec un risque de 30 à 70 % contre 3 % lors d’une récidive.

📌 En présence de lésions herpétiques actives au moment de l’accouchement, une césarienne est indiquée.

Compléments

📌 Le valaciclovir per os est indiqué en prévention des récidives si elles dépassent six épisodes par an ou chez l’immunodéprimé sévère, mais ce traitement est uniquement suspensif.

Astuce mémo

Latence ganglionnaire → réactivation déclenchée ou spontanée → récidive

7. Infection à HPV

Notions clés & Définitions

  • Infection à HPV : Infection par un virus à ADN dont certains types ont un pouvoir oncogène faible ou élevé.

★ À maîtriser

  • Les types d’HPV sont classés ainsi:

    • HPV 6 et 11 à faible risque oncogène
    • HPV 16 à haut risque oncogène
    • HPV 18 à haut risque oncogène
    • HPV 31 à haut risque oncogène
    • HPV 33 à haut risque oncogène
    • HPV 45 à haut risque oncogène
  • L’infection à HPV est l’IST la plus fréquente, avec 6,2 millions de cas par an dans le monde.

  • Le cancer du col utérin est lié à l’HPV dans 99,7 % des cas, et 70 % des cancers associés à l’HPV sont liés aux sérotypes 16 ou 18.

📌 Le dépistage du cancer du col repose sur un frottis cervico-vaginal systématique tous les trois ans entre 25 et 65 ans après deux frottis normaux réalisés à un an d’intervalle.

📌 La vaccination HPV est indiquée dès 9 ans, avec deux doses à M0-M6 ou trois doses selon le vaccin, à M0-M1-M6 pour le vaccin bivalent et à M0-M2-M6 pour le vaccin quadrivalent.

Compléments

  • Les traitements des condylomes acuminés comprennent:
    • la cryothérapie
    • l’imiquimod
    • la podophyllotoxine

Astuce mémo

HPV 6-11 donnent surtout des condylomes, HPV 16-18 favorisent les carcinomes

8. Salpingites et prise en charge

Points essentiels

  • La salpingite concerne 100 000 à 200 000 cas par an en France, et 50 à 75 % des cas surviennent chez des femmes jeunes et nullipares.

  • Les causes microbiennes habituelles sont: Neisseria gonorrhoeae dans 20 à 50 % des cas, Chlamydia trachomatis dans 25 à 50 % des cas, Bacteroides fragilis dans 15 à 30 % des cas, les bacilles Gram négatif dans 15 à 30 % des cas

📌 La prise en charge d’une salpingite associe ceftriaxone, doxycycline et métronidazole pendant 21 jours.

  • La prise en charge globale comprend: le bilan des co-infections, notamment le VIH, la recherche et le traitement des partenaires, une reconsultation à J7, la prévention par vaccination contre l’hépatite B

Astuce mémo

Bilan des co-infections → traitement combiné → partenaires → prévention

Tableaux de synthèse

Principales IST bactériennes

InfectionManifestation principaleTraitement ou suivi
ChlamydioseUrétrite subaiguë ou cervicite asymptomatiqueAntibiothérapie et traitement des partenaires
GonococcieUrétrite aiguë ou cervicite asymptomatiqueCeftriaxone et azithromycine
SyphilisChancre puis manifestations secondaires et tertiairesPénicilline et suivi sérologique
Lymphogranulomatose vénérienneAdénopathie inflammatoire et anorectiteDoxycycline pendant 21 jours

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1. Parmi les catégories suivantes, laquelle peut expliquer une lésion génitale ?

2. Quelle proposition distingue correctement le psoriasis de l’herpès lorsqu’ils provoquent des lésions génitales ?

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Quelles sont les trois causes possibles des lésions génitales ?

Les infections sexuellement transmissibles, les infections non sexuellement transmissibles et les causes non infectieuses.

Quelles infections sont citées parmi les IST responsables de lésions génitales ?

La syphilis, l’herpès, Haemophilus ducreyi, la lymphogranulomatose vénérienne, la donovanose et l’HPV.

Quelles sont les causes non infectieuses des lésions génitales ?

Le traumatisme, les néoplasies, la maladie de Behçet, l’eczéma, le psoriasis, les MICI, la dermite de contact, le lichen plan et la maladie de Verneuil.

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