Fiche de révision : Introduction à l'asthme bronchique

Plan du Cours

  1. Définition et épidémiologie de l’asthme
  2. Physiopathologie et phénotypes
  3. Facteurs déclenchants
  4. Diagnostic et examens
  5. Diagnostics différentiels et évaluation
  6. Exacerbation et risque de gravité
  7. Traitement et prévention

1. Définition et épidémiologie de l’asthme

Notions clés & Définitions

  • Asthme bronchique : L’asthme bronchique est une maladie inflammatoire chronique des bronches avec symptômes récurrents et obstruction bronchique variable, réversible spontanément ou sous traitement.
  • Inflammation bronchique chronique : L’inflammation bronchique chronique contribue à une augmentation de la réactivité des bronches face à différents stimuli.
  • Réactivité bronchique : La réactivité bronchique correspond à la tendance des bronches à réagir anormalement à des stimuli.

Points essentiels

  • L’asthme associe sifflements, essoufflement, oppression thoracique et toux survenant surtout la nuit et/ou au petit matin.
  • Dans le monde, l’asthme concerne 340 millions de malades.
  • En France, l’asthme touche 4 millions de personnes, avec une prévalence globale de 5 à 7%.
  • Chez l’enfant, la prévalence rapportée est de 11,7%.
  • La mortalité est estimée à 1800 à 2000 décès par an et il existe 60.000 séjours hospitaliers.

2. Physiopathologie et phénotypes

Notions clés & Définitions

  • Inflammation bronchique : L’inflammation bronchique correspond à un œdème muqueux avec infiltrat cellulaire au niveau des bronches.
  • Hypersécrétion muqueuse : L’hypersécrétion muqueuse correspond à une production de mucus liée à des médiateurs et neuromédiateurs.
  • Hyperréactivité bronchique : L’hyperréactivité bronchique est l’aptitude des bronches à réagir de façon anormale à des stimuli physiques, chimiques ou pharmacologiques.
  • Asthme T2 : L’asthme T2 est un phénotype où l’inflammation implique notamment des lymphocytes et des éosinophiles.
  • Asthme non T2 : L’asthme non T2 est un phénotype où l’inflammation ne dépend pas complètement des voies Th2 ou des éosinophiles.

Points essentiels

  • La physiopathologie de l’asthme repose sur trois mécanismes : inflammation bronchique, hypersécrétion muqueuse et hyperréactivité bronchique.
  • L’inflammation entraîne œdème muqueux par infiltrat cellulaire.
  • L’hypersécrétion implique mucus, médiateurs (PAF, histamine, leucotriènes, prostaglandines) et neuromédiateurs peptidiques (substance P, neurokinine A, calcitonine gene-related peptide).
  • Le bronchospasme correspond au spasme du muscle lisse péri bronchique.
  • La conséquence directe des trois mécanismes est une obstruction bronchique.
  • Les deux phénotypes présentés sont asthme T2 et asthme non T2.

3. Facteurs déclenchants

Notions clés & Définitions

  • Pneumallergènes : Les pneumallergènes sont des allergènes inhalés comme poussière de maison, acariens, blattes, phanères/déjections animales, pollens et moisissures.
  • Triade de Widal : La triade de Widal regroupe des médicaments pouvant déclencher l’asthme via AINS, bêtabloquants et aspirine.
  • Facteurs endocriniens : Les facteurs endocriniens comprennent puberté, ménopause, exacerbation prémenstruelle et grossesse, pouvant favoriser des symptômes.

Points essentiels

  • Parmi les pneumallergènes : acariens, blattes, phanères et déjections d’animaux, pollens et moisissures.
  • Les allergènes infectieux cités incluent Aspergillus responsable d’ABPA.
  • Les allergènes professionnels cités sont isocyanate de peinture et boulanger.
  • Les infections pouvant déclencher sont bronchites, rhinites et sinusites.
  • L’air froid et sec, l’effort, la pollution atmosphérique et le tabac (actif et passif) sont des facteurs déclenchants rapportés.
  • La liste comprend aussi reflux gastro-œsophagien et facteurs psychiques (émotions, contrariétés).

4. Diagnostic et examens

Notions clés & Définitions

  • Données cliniques évocatrices : Les données évocatrices regroupent des symptômes caractéristiques récidivants et survenant dans des situations stéréotypées.
  • Débit de pointe DEP : Le DEP, mesuré au peak-flow, mesure la vitesse maximale du souffle lors d’une expiration.
  • VEMS/CVF : Le ratio VEMS sur CVF permet d’objectiver un trouble ventilatoire obstructif en cas d’asthme.
  • Réversibilité spirométrique : La réversibilité spirométrique correspond à l’augmentation du VEMS après bronchodilatateur d’action courte.
  • Test de provocation à la méthacholine : Le test de provocation bronchique à la méthacholine évalue l’hyperréactivité quand la spirométrie initiale est normale.

Points essentiels

  • Le diagnostic repose sur des symptômes caractéristiques et la mise en évidence d’une obstruction réversible, car les symptômes seuls ne sont pas spécifiques.
  • Deux caractères évocateurs sont la récidive et la survenue dans des conditions stéréotypées (allergène, infection, irritants, effort, rire).
  • Pendant la crise, le thorax est distendu et l’auscultation retrouve des sibilants, avec percussion sonore.
  • Diagnostic positif en spirométrie : obstruction bronchique réversible avec VEMS/CVF < 0,7.
  • Réversibilité : augmentation du VEMS de plus de 200 mL et de plus de 12% après un bronchodilatateur d’action courte.
  • Hyperréactivité : test à la méthacholine ou test d’effort si spirométrie normale.

5. Diagnostics différentiels et évaluation

Notions clés & Définitions

  • Diagnostic différentiel : Le diagnostic différentiel regroupe les maladies pouvant mimer l’asthme, notamment au niveau des voies aériennes chroniques ou d’une obstruction localisée.
  • BPCO : La BPCO est citée parmi les maladies chroniques des voies aériennes pouvant être confondue avec l’asthme.
  • Évaluation de risque de décès : L’évaluation du risque de décès par asthme identifie des situations associées à un risque accru sur les périodes récentes.

Points essentiels

  • La radiographie pulmonaire sert surtout au diagnostic différentiel, notamment pour explorer obstacle bronchique et trachéal.
  • Parmi les diagnostics différentiels chroniques : BPCO, bronchectasie et mucoviscidose.
  • Parmi les autres causes à évoquer : sténose trachéale, corps étranger et cancer bronchique.
  • Un risque de décès par asthme est majoré par un mauvais contrôle sur les 12 derniers mois.
  • Le risque est aussi augmenté en cas d’hospitalisation en réanimation dans l’année ou de corticoïdes oraux dans le mois précédent.
  • Une consommation élevée de BACA avec au moins 1 boîte d’équivalent salbutamol par mois fait partie des facteurs à haut risque.

6. Exacerbation et risque de gravité

Notions clés & Définitions

  • Exacerbation d’asthme : L’exacerbation correspond à une aggravation progressive des symptômes et des paramètres fonctionnels chez un patient asthmatique.
  • Variabilité diurne du DEP : La variabilité diurne du DEP reflète des fluctuations marquées du débit de pointe au cours de la journée.
  • Asthme instable : L’asthme instable est une situation à risque d’aggravation avec risque d’asthme aigu grave.

Points essentiels

  • Une exacerbation se manifeste par une aggravation progressive des symptômes.
  • En exacerbation, la consommation de ß2 agonistes augmente et l’efficacité de ces ß2 agonistes diminue.
  • Le DEP baisse progressivement et les grandes variations diurnes du DEP sont définies par > 30%.
  • L’asthme instable expose au risque d’asthme aigu grave (AAG).
  • Un signe de lutte est attendu lors d’une exacerbation.

7. Traitement et prévention

Notions clés & Définitions

  • Plan d’action écrit : Un plan d’action écrit est une composante de prise en charge qui aide à guider le patient lors des situations d’asthme.
  • CSI faible dose : La notion de CSI faible dose correspond à une stratégie de traitement basée sur les corticostéroïdes inhalés à dose faible.
  • Éducation thérapeutique : L’éducation thérapeutique est décrite comme la pierre angulaire de la prise en charge de l’asthme.
  • Biothérapies : Les biothérapies sont indiquées dans l’asthme sévère, selon le cours.
  • Éviction des allergènes : L’éviction des allergènes consiste à modifier l’environnement pour limiter l’exposition, notamment aux réservoirs d’acariens.

Points essentiels

  • Les objectifs du traitement sont le contrôle et la disparition des symptômes, le maintien d’une activité normale, une fonction pulmonaire normale et la prévention des exacerbations.
  • La stratégie thérapeutique inclut une évaluation continue de l’asthme et le contrôle des facteurs favorisants.
  • Parmi les facteurs à corriger : arrêt des traitements contre-indiqués comme bêtabloquants (même en collyre) et AINS, ainsi que traitement d’un foyer infectieux et du RGO.
  • Le cours recommande la gestion de la rhinite allergique par corticostéroïdes locaux et antihistaminiques.
  • Pour l’éviction : modification de l’habitat et élimination des réservoirs d’acariens, notamment la literie.
  • La prévention passe aussi par lutte contre le tabagisme actif et passif, et la désensibilisation est citée chez le sujet jeune mono sensibilisé.

Repères chronologiques

DateÉvénement
24/09/2024Date de la présentation du Dr Nawal ATLAOUI (asthme bronchique).
1991Coût total de l’asthme : 7 milliards de francs par an (mention de 1991).
2001Dépense globale : 1,5 Milliards d’Euros en 2001 (mention de 2001).
1789Astuce: non présent

Tableaux de synthèse

Phénotypes T2 vs non T2

PhénotypeCellules impliquéesCaractéristique d’inflammation
Asthme T2Lymphocytes et éosinophilesInflammation des voies aériennes impliquant ces cellules
Asthme non T2Non totalement Th2 ni éosinophilesInflammation ne dépendant pas complètement des voies Th2 ou des éosinophiles

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre les symptômes seuls avec un diagnostic : ils ne sont pas spécifiques et le diagnostic repose sur une obstruction réversible.
  2. Croire que l’examen clinique hors crise suffit : en dehors de la crise, l’examen peut être normal.
  3. Oublier les critères chiffrés de réversibilité du VEMS : ils combinent volume absolu et pourcentage.
  4. Confondre hyperréactivité et simple obstruction : l’hyperréactivité se confirme par tests (méthacholine ou effort) si spirométrie normale.
  5. Sous-estimer la radiographie : elle sert surtout au diagnostic différentiel (obstacle bronchique ou trachéal).
  6. Prendre un risque de décès pour un risque faible : un mauvais contrôle récent, réanimation, ou corticoïdes oraux récents augmentent nettement le risque.
  7. Cibler uniquement les bronchodilatateurs en oubliant la prévention : l’éducation, l’éviction et la correction des facteurs favorisants sont centrales.

Checklist Examen

  1. Donner la définition de l’asthme et citer les symptômes typiques (sifflements, essoufflement, oppression thoracique, toux).
  2. Expliquer l’idée d’obstruction bronchique réversible et le rôle de la réactivité bronchique.
  3. Citer au moins deux chiffres d’épidémiologie : monde (340 millions) ou France (4 millions) ou mortalité (1800-2000/an).
  4. Lister les trois mécanismes physiopathologiques de l’asthme et leur conséquence commune sur l’obstruction bronchique.
  5. Décrire l’inflammation bronchique comme œdème muqueux avec infiltrat cellulaire.
  6. Citer les médiateurs et neuromédiateurs impliqués dans l’hypersécrétion (au moins deux exemples).
  7. Distinguer asthme T2 et asthme non T2 par les cellules inflammatoires impliquées.
  8. Enumérer des facteurs déclenchants allergiques (pneumallergènes, allergènes digestifs ou professionnels) et un exemple infectieux.
  9. Connaître les déclencheurs médicamenteux cités (AINS, bêtabloquants, aspirine) et l’idée de triade de Widal.
  10. Dire sur quoi repose le diagnostic positif : symptômes caractéristiques + obstruction réversible objectivée.
  11. Donner les critères chiffrés : VEMS/CVF < 0,7 et réversibilité (VEMS + 200 mL et + 12%).
  12. Savoir quand utiliser les tests d’hyperréactivité : méthacholine ou test d’effort si spirométrie normale.
  13. Citer au moins trois diagnostics différentiels proposés (BPCO, bronchectasie, mucoviscidose ou sténose trachéale, corps étranger, cancer).
  14. Citer des critères de risque de décès par asthme (contrôle sur 12 mois, réanimation dans l’année, corticoïdes oraux dans le mois précédent, BACA élevée).

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1. Quelle définition décrit le mieux l’asthme bronchique ?

2. Quel chiffre correspond à la prévalence globale de l’asthme en France ?

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Asthme bronchique — définition ?

Maladie inflammatoire chronique des bronches avec symptômes récurrents.

Épidémiologie mondiale — chiffre clé ?

340 millions de malades dans le monde.

Inflammation bronchique — mécanisme ?

Œdème muqueux avec infiltration cellulaire.

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