Fiche de révision : Neuropsychiatrie et psychomotricité

Plan du Cours

  1. Histoire de la neuropsychiatrie
  2. Signes neurologiques mineurs
  3. Vulnérabilité et substrats des NSS
  4. Évaluation et psychomotricité des NSS
  5. Troubles neurologiques fonctionnels
  6. Agentivité et mécanismes des TNF
  7. Traitements des TNF et psychomotricité
  8. Effets neurologiques des antipsychotiques
  9. Stress post-traumatique
  10. Douleur et mécanismes
  11. Évaluation et prise en charge de la douleur

1. Histoire de la neuropsychiatrie

★ À maîtriser

  • En 1968, la réforme universitaire crée les spécialités de neurologue et de psychiatre, qui remplacent celle de neuropsychiatre.

Compléments

  • Au XIXe siècle, Esquirol et Pinel contribuent à la réglementation de la psychiatrie, tandis que Charcot participe à la naissance de la neurologie et s’intéresse à l’« hystéro-traumatisme ».

  • Au début du XXe siècle, le terme « neuropsychiatre » est notamment utilisé dans les services militaires post-guerre, dans une logique de réunion de la neurologie et de la psychiatrie.

  • Après 1968, la séparation entre neurologie et psychiatrie s’accompagne d’une distinction entre maladies « organiques » et « fonctionnelles », que Ajuriaguerra ne partage pas.

  • L’émergence des neurosciences favorise la compréhension et l’objectivation des troubles psychiatriques ainsi que la prise en compte des états psychiques dans les maladies organiques.

Astuce mémo

Avant 1968, réunification ; après 1968, séparation des spécialités

2. Signes neurologiques mineurs

Notions clés & Définitions

  • Signes neurologiques mineurs : Les signes neurologiques mineurs (NSS) sont des signes subtils à l’examen neurologique, sans localisation lésionnelle, associés à des perturbations de l’intégration sensorielle et sensorimotrice.

★ À maîtriser

  • Les NSS sont rapportés dans 50 à 65 % des cas de schizophrénie et sont également associés au trouble du spectre de l’autisme, au trouble obsessionnel compulsif et à la bipolarité.

  • Les NSS peuvent se manifester par :

    • des postures dystoniques
    • des troubles de l’équilibre et de la marche
    • des grimaces
    • des stéréotypies
    • des tremblements
    • une rigidité
    • des troubles de la coordination

Compléments

  • Les NSS sont présents plus fréquemment chez les femmes.

  • L’examen des NSS porte notamment sur :

    • la motricité globale
    • les coordinations
    • la latéralisation
    • les tâches motrices complexes
    • l’intégration sensorimotrice
    • les syncinésies
  • La Neurological Examination Scale (NES), créée en 1989, est l’échelle d’évaluation des NSS la plus utilisée.

3. Vulnérabilité et substrats des NSS

★ À maîtriser

  • Les NSS peuvent être présents avant l’apparition d’une maladie psychiatrique, chez des patients présentant des prodromes et chez des enfants considérés à haut risque en raison d’antécédents familiaux.

  • Les NSS sont corrélés à la désorganisation du discours et du comportement, à un QI plus bas et à une maturation neurodéveloppementale plus faible.

  • Les substrats neurologiques associés aux NSS comprennent une diminution de matière grise et de substance blanche cérébelleuses, une atrophie partielle des ganglions de la base notamment du striatum, des perturbations du réseau cortical frontal avec diminution de volume surtout à gauche, et une activation altérée ainsi qu’une atrophie de certaines zones temporales.

Compléments

  • Les NSS sont plus présents chez les patients schizophrènes chroniques et sont corrélés aux symptômes positifs et à l’apathie.

  • Les traitements neuroleptiques et antipsychotiques peuvent aggraver les NSS, notamment par la rigidité et les tremblements.

  • L’évolution étudiée des NSS va de la phase prémorbide, avec des difficultés sociales, langagières, développementales et cognitives, à la phase prodromique, puis à la phase symptomatique, où les NSS persistent et sont repérables en imagerie cérébrale.

Astuce mémo

Vulnérabilité neurodéveloppementale → NSS et risque d’évolution vers un trouble

4. Évaluation et psychomotricité des NSS

★ À maîtriser

  • En intervention précoce, la psychomotricité peut associer dépistage, prévention et éducation, soutien au développement et guidance parentale avant l’apparition d’un trouble avéré.

  • 🔄 Pour des troubles psychomoteurs avérés, la prise en charge comprend : l’évaluation et le diagnostic psychomoteur, la prise en charge ou l’accompagnement familial, le suivi et l’orientation

Compléments

  • L’évaluation des NSS peut aussi porter sur les réflexes développementaux, la mémoire et l’oculomotricité.

  • En psychiatrie adulte, le travail psychomoteur sur les NSS concerne :

    • l’intégration sensorielle
    • les syncinésies et autres troubles du tonus
    • les tremblements
    • la rigidité
    • les mouvements de la face
    • les postures, l’équilibre et la marche
    • la latéralité
    • les coordinations

5. Troubles neurologiques fonctionnels

Notions clés & Définitions

  • Trouble neurologique fonctionnel : Le trouble neurologique fonctionnel (TNF) est un trouble de la fonction neurologique en l’absence de lésion organique, pouvant affecter la motricité volontaire et les fonctions sensitives ou sensorielles.

★ À maîtriser

  • Les TNF sont involontaires et ne relèvent ni du syndrome de Münchhausen ni de la simulation.

  • Les éléments cliniques pouvant orienter le diagnostic positif comprennent :

    • un début brutal
    • des facteurs déclenchants
    • des fluctuations et rémissions spontanées
    • une somatisation multiple
    • une lenteur et une fatigabilité
    • une incohérence du symptôme
    • une distractibilité

Compléments

  • Les termes historiquement associés aux TNF comprennent « hystérie » chez Charcot et « troubles conversifs » chez Freud ; le terme actuel est « trouble neurologique fonctionnel ».

  • La dystonie fonctionnelle peut associer douleur, contraction de la partie inférieure de la face et absence de gestes antagonistes qui devraient diminuer la dystonie.

  • Le tremblement fonctionnel peut présenter une distractibilité et une variabilité, et réapparaître dans une autre zone lorsque le mouvement d’une zone est arrêté.

  • La mise en évidence d’un déficit moteur fonctionnel peut s’appuyer sur les signes de Hoover, des abducteurs et du pronator drift.

Astuce mémo

TNF involontaire ≠ simulation

6. Agentivité et mécanismes des TNF

Notions clés & Définitions

  • Agentivité : Aurore Monod Becquelin et Valentina Vapnarsky, L'Agentivité. Ethnologie et linguistique à la poursuite du sens, 2010 - L’agentivité est l’expérience d’initier et de contrôler ses actions, et de se sentir auteur de celles-ci et de leurs conséquences sur le monde extérieur.

★ À maîtriser

  • Dans les TNF, la perception du mouvement autogénéré est plus forte que la normale en raison d’une atténuation sensorielle réduite. - Pareés I, Brown H, Nuruki A, Adams RA, Davare M, Bhatia KP, Friston K, Loss of sensory attenuation in patients with functional (psychogenic) movement disorders, 2014
  • Les substrats neurologiques des TNF comprennent une diminution de l’activité des régions motrices et de la connectivité entre la jonction temporopariétale et les aires motrices et sensorielles, ainsi qu’une hyperactivation de l’amygdale, du gyrus cingulaire, du vmPFC et du précuneus.

Compléments

  • La jonction temporopariétale contribue à juger le contrôle de nos actions et intervient aussi dans l’empathie et la théorie de l’esprit.

  • Les TNF sont associés à une diminution de la connectivité entre la jonction temporopariétale et les régions sensorimotrices.

  • Les stresseurs psychologiques sont considérés comme des éléments précipitants des TNF, et non comme leurs causes directes.

7. Traitements des TNF et psychomotricité

★ À maîtriser

  • La prise en charge globale des TNF peut associer diagnostic, prise en charge symptomatologique ou médicamenteuse si nécessaire, kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie, hypnose, thérapies, éducation thérapeutique et stimulation magnétique transcrânienne.

  • La psychomotricité dans les TNF peut travailler la conscience corporelle, la sensorialité, le schéma corporel, l’image du corps, les douleurs, l’apaisement, l’anxiété, la relaxation, les émotions, les postures et le réinvestissement du mouvement.

Compléments

  • Le travail psychomoteur sur l’agentivité peut mobiliser la conscience de soi, l’expression émotionnelle, l’intégration sensorielle, des retours visuels, auditifs, émotionnels ou kinesthésiques, l’autonomisation, le schéma corporel et l’image de soi.

8. Effets neurologiques des antipsychotiques

★ À maîtriser

  • Les effets extrapyramidaux des antipsychotiques comprennent :
    • la dyskinésie
    • l’akathisie
    • le syndrome parkinsonien

📌 La dyskinésie correspond à des mouvements brusques et involontaires pouvant toucher toutes les parties du corps, et peut être aiguë au début du traitement ou tardive après plusieurs mois.

  • Le syndrome parkinsonien associé aux antipsychotiques comprend tremblements, raideur, mouvements lents et troubles de l’équilibre, en lien avec le blocage de l’action de la dopamine.

Compléments

📌 L’akathisie, à distinguer du syndrome des jambes sans repos, se caractérise par un besoin irrépressible de mouvement, souvent limité aux membres inférieurs.

  • Les autres effets des antipsychotiques comprennent :
    • l’hypotension orthostatique
    • les troubles du rythme cardiaque
    • la prise de poids
    • la dysfonction érectile
    • l’aménorrhée
    • la sécheresse des muqueuses
    • les troubles visuels
    • la constipation
    • les troubles urinaires

9. Stress post-traumatique

Notions clés & Définitions

  • Trouble de stress post-traumatique : Inserm - Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble psychiatrique survenant après un événement traumatisant et entraînant une souffrance morale et des complications physiques qui altèrent la vie personnelle, sociale et professionnelle.

★ À maîtriser

  • Le diagnostic de PTSD est créé dans le DSM-III en 1980.

  • Les symptômes courants du TSPT comprennent :

    • les troubles du sommeil
    • les reviviscences
    • les troubles cognitifs
    • l’anxiété
    • les phobies
    • la dépression
    • les flashbacks
    • le sentiment d’insécurité
    • l’hypervigilance
  • Entre 10 % et 20 % des personnes ayant vécu un événement traumatique développeraient un TSPT.

  • Dans le TSPT, l’amygdale est hyperactive, ce qui est associé à un sentiment de peur et de danger constant et à des réactions émotionnelles plus vives et négatives.

  • La prise en charge du TSPT peut combiner éducation thérapeutique, théâtre, ergothérapie, pair-aidance, activité physique, sommeil, loisirs et sociabilisation, ainsi que EMDR, thérapie d’exposition, TCC, psychothérapie et médicaments ciblant notamment l’anxiété, les symptômes dépressifs, le sommeil ou la dissociation.

Compléments

  • Les proportions de soldats déclarés inaptes à combattre rapportées pour les deux guerres mondiales sont de 2 % pendant la Première Guerre mondiale et de 12 % pendant la Seconde Guerre mondiale.

  • Les autres symptômes associés au TSPT comprennent :

    • les troubles spatiotemporels
    • la dissociation
    • la dépersonnalisation
    • les hallucinations
    • les comportements violents
    • les mutilations
    • l’état de stupeur
    • les addictions
    • les TOC
  • Les événements associés au TSPT comprennent : les combats et la guerre, l’intimidation ou le harcèlement, l’agression sexuelle, la violence émotionnelle, les catastrophes naturelles, les accidents de voiture ou de la voie publique, les procédures médicales ou annonces diagnostiques, le décès d’un proche, le cambriolage ou le vol

  • Dans le TSPT, le cortex cingulaire présente un déficit d’activation associé à des difficultés d’évaluation émotionnelle et de résolution de conflits, tandis que le cortex préfrontal est sous-activé avec un déficit de sélection et de contrôle des émotions.

  • Dans le TSPT, l’insula est hyperactive et associée aux flashbacks et aux reviviscences, tandis que l’hippocampe est hypoactif, présente une plasticité diminuée et une diminution de volume global.

  • Dans le TSPT, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien libère davantage de cortisol et présente une production perturbée de glutamate et de dopamine.

  • La psychomotricité dans le TSPT vise le sentiment de sécurité corporelle, l’apaisement et la régulation tonique, le repérage et l’expression des émotions, le réinvestissement corporel, l’image de soi, la sociabilisation, le repérage spatiotemporel et l’accompagnement de la dissociation ou de la dépersonnalisation.

10. Douleur et mécanismes

Notions clés & Définitions

  • Douleur : Loeser JD, Melzack R, Pain: an overview, 1999 - La douleur est une expérience personnelle, sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en de tels termes.

★ À maîtriser

  • La douleur est influencée par des facteurs biopsychosociaux et ne se réduit pas à une activité nociceptive ou sensorielle.

  • L’absence de verbalisation ne signifie pas l’absence de douleur, et la douleur est toujours subjective : deux personnes peuvent réagir différemment à la même agression, tout comme une même personne peut réagir différemment à une même douleur selon son seuil de tolérance.

📌 La douleur aiguë est intense et transitoire, tandis que la douleur chronique est fluctuante et persistante et est dite chronique lorsqu’elle dure au moins 3 mois.

  • Selon leur étiologie, les douleurs sont nociceptives, neuropathiques ou nociplastiques, cette dernière catégorie étant associée à une étiologie complexe ou indéfinie.

Compléments

  • La voie de la douleur est spinothalamique et sa régulation hormonale fait intervenir l’endomorphine et la noradrénaline.

  • L’information douloureuse est traitée par une quinzaine de régions corticales, dont l’ordre et le rôle ne sont pas encore connus, parmi lesquelles figurent notamment le cortex cingulaire, l’insula et l’amygdale.

  • Selon leur origine, les douleurs peuvent être :

    • inflammatoires
    • post-opératoires
    • iatrogènes

11. Évaluation et prise en charge de la douleur

★ À maîtriser

📌 L’évaluation de la douleur est obligatoire selon l’article L1110-5 du code de la santé publique et permet d’orienter vers un professionnel, de mettre en place un traitement, d’améliorer la qualité de vie et de renforcer l’alliance thérapeutique.

  • Les outils d’évaluation de la douleur comprennent :

    • l’échelle numérique
    • l’échelle visuelle analogique
    • la représentation du corps
    • l’échelle des visages
    • la FLACC, validée en pédiatrie
    • la GED-DI, destinée aux TSA
  • La prise en charge globale de la douleur peut être médicamenteuse, notamment par morphiniques, antalgiques ou neuroleptiques, non médicamenteuse, notamment par kinésithérapie, moyens mécaniques, TENS, rTMS ou ergothérapie, et psychologique, notamment par TCC, hypnose ou thérapies psychocorporelles.

Compléments

  • L’évaluation de la douleur peut être difficile en cas de : troubles de la communication, perte d’accès au réel, difficulté à accéder à ses ressentis, troubles du schéma corporel ou de l’image du corps, difficultés de gestion émotionnelle, troubles cognitifs

  • La psychomotricité dans la douleur peut mobiliser : le massage antalgique, la relaxation guidée et la suggestibilité, la régulation tonico-émotionnelle, le réinvestissement corporel apaisé et sécurisé, l’activité physique, le groupe et les aspects relationnels, le toucher thérapeutique, la balnéothérapie

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Neuropsychiatrie et psychomotricité avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À la suite de la réforme universitaire de 1968, quelle spécialité a été remplacée par celles de neurologue et de psychiatre ?

2. Après 1968, un collègue affirme que les maladies organiques et fonctionnelles relèvent de domaines nettement séparés. Quelle position Ajuriaguerra adopte-t-il face à cette distinction ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Neuropsychiatrie et psychomotricité avec 10 flashcards interactives.

Que sont les signes neurologiques mineurs (NSS) à l’examen neurologique ?

Des signes subtils sans localisation lésionnelle, associés à des perturbations de l’intégration sensorielle et sensorimotrice.

Chez qui les signes neurologiques mineurs sont-ils rapportés dans 50 à 65 % des cas ?

Chez les personnes atteintes de schizophrénie.

Quels psychiatres contribuent à la réglementation de la psychiatrie au XIXe siècle ?

Esquirol et Pinel.

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