Fiche de révision : Infections urinaires et ECBU

Plan du Cours

  1. Définition et facteurs de risque urinaires
  2. Diagnostic et antibiothérapie
  3. Cystites et bactériurie asymptomatique
  4. Pyélonéphrites et infections masculines
  5. Surveillance et actions infirmières
  6. Prévention des infections urinaires
  7. Réalisation et interprétation de l’ECBU

1. Définition et facteurs de risque urinaires

Notions clés & Définitions

  • Infection urinaire : Prolifération microbienne accompagnée d’une réaction inflammatoire qui touche l’arbre urinaire.

★ À maîtriser

📌 Une infection urinaire simple survient sans facteur de risque de complication, tandis qu’une infection à risque de complication en comporte au moins un.

  • Les facteurs favorisants cités sont : la grossesse, le début de l’activité sexuelle, la fragilité des personnes âgées, les anomalies organiques ou fonctionnelles urinaires, l’immunodépression sévère, la modification de la flore vaginale par antibiothérapie, spermicide ou diaphragme

  • Les facteurs de risque de complication sont la grossesse, toute anomalie organique ou fonctionnelle de l’arbre urinaire, une insuffisance rénale sévère avec débit de filtration glomérulaire inférieur à 30 ml/min, un âge supérieur à 75 ans ou un âge supérieur à 65 ans avec au moins 3 critères de Fried.

Compléments

  • L’infection urinaire est la deuxième infection bactérienne par ordre de fréquence et elle est plus fréquente chez les femmes.

2. Diagnostic et antibiothérapie

★ À maîtriser

  • La bandelette urinaire est un outil d’orientation à utiliser en présence de symptômes et recherche notamment les leucocytes et les nitrites.

  • Le choix de l’antibiothérapie prend en compte : l’efficacité sur le germe, la tolérance, l’impact écologique sur le microbiote intestinal

Compléments

  • Les taux de résistance bactérienne en 2024 sont d’environ (Santé publique France – Mission PRIMO) :

    • 45 % pour l’amoxicilline
    • 20 % pour l’amoxicilline-acide clavulanique
    • 4,3 % pour les céphalosporines de troisième génération
    • 10,8 % pour les fluoroquinolones
    • 2 % pour la fosfomycine
  • Le choix de l’antibiotique dépend aussi :

    • du type d’infection
    • du terrain du patient
    • des recommandations thérapeutiques
    • des antécédents
    • des allergies

Astuce mémo

Le prélèvement identifie le germe → l’antibiogramme guide un traitement plus ciblé.

3. Cystites et bactériurie asymptomatique

★ À maîtriser

📌 La cystite aiguë simple se manifeste par une pollakiurie, des brûlures mictionnelles et une pyurie, et ne nécessite pas d’ECBU préalable au traitement.

  • La cystite aiguë simple est traitée par antibiothérapie probabiliste en dose unique ou pendant 5 jours.

📌 La cystite à risque de complication associe la triade fonctionnelle à au moins un facteur de risque de complication et son antibiothérapie est adaptée à l’antibiogramme.

📌 Une bactériurie asymptomatique ne nécessite pas d’antibiothérapie, sauf en cas de grossesse ou de geste urologique avec effraction de la muqueuse ; la mise en place d’une prothèse non urologique ne constitue pas une indication.

Compléments

  • Pour une cystite à risque de complication, l’antibiothérapie dure au moins 5 jours et peut durer 7 jours.

Astuce mémo

Cystite symptomatique : traiter ; bactériurie asymptomatique : généralement ne pas traiter.

4. Pyélonéphrites et infections masculines

★ À maîtriser

  • La pyélonéphrite associe la triade fonctionnelle à de la fièvre ou des frissons et/ou à une douleur lombaire unilatérale, avec parfois des nausées ou des vomissements.

  • Pour une pyélonéphrite, l’ECBU précède une antibiothérapie probabiliste, ensuite relayée par un antibiotique au spectre le plus étroit possible après l’antibiogramme.

  • Le traitement antibiotique d’une pyélonéphrite aiguë simple dure 7 à 10 jours et celui d’une forme à risque de complication dure 10 à 14 jours.

📌 Une pyélonéphrite grave avec sepsis grave ou choc septique nécessite un ECBU, des hémocultures, une NFS, une CRP, une mesure de l’urée et de la créatinine, ainsi qu’un uroscanner dans les 24 heures.

  • La pyélonéphrite grave est traitée par antibiothérapie probabiliste intraveineuse en bithérapie, puis par un antibiotique au spectre le plus étroit possible pendant au moins 10 jours après l’antibiogramme.

📌 Chez l’homme, l’évaluation clinique distingue notamment prostatite et pyélonéphrite ; la prostatite peut associer dysurie, douleurs pelviennes et prostate volumineuse et douloureuse au toucher rectal.

Compléments

  • Une infection urinaire masculine peut se compliquer de :
    • sepsis
    • rétention aiguë d’urines
    • abcès prostatique
    • orchite
    • épididymite

5. Surveillance et actions infirmières

Points essentiels

  • Les signes évocateurs peuvent comprendre : la fièvre, les frissons, les douleurs abdominales, pelviennes ou lombaires, les urines troubles ou malodorantes, la baisse de diurèse, la fatigue, la confusion

  • Les signes de gravité à surveiller sont : les marbrures, l’hypotension, la tachycardie, la confusion, la persistance d’une fièvre élevée malgré les antipyrétiques, l’oligurie

  • En cas de suspicion d’infection urinaire sur sonde, l’IDE prélève aseptiquement pour la BU, prépare l’ECBU avant toute antibiothérapie, évalue douleur et hydratation, vérifie la perméabilité de la sonde et surveille les signes de sepsis.

📌 L’IDE prévient rapidement l’équipe médicale en cas d’aggravation, notamment si la pression artérielle chute, si la diurèse devient inférieure à 30 mL/h ou si la conscience s’altère.

6. Prévention des infections urinaires

Points essentiels

  • La prévention conseille de boire plus de 1,5 à 2 L par jour afin d’uriner 1,5 L par jour.

  • Pour prévenir les infections urinaires, il est conseillé de lutter contre la constipation, de ne pas se retenir d’uriner et d’uriner toutes les 4 à 5 heures.

  • Après la miction ou les selles, il est conseillé de s’essuyer d’avant en arrière et de se laver les mains à l’eau et au savon.

  • La prévention conseille d’éviter les vêtements trop serrés ou les sous-vêtements synthétiques, d’uriner après les rapports sexuels et de changer régulièrement les protections pendant les règles.

  • La toilette intime est à limiter à deux fois par jour, sans toilette vaginale ni produit antiseptique, avec un produit doux respectant le pH vulvaire.

7. Réalisation et interprétation de l’ECBU

Notions clés & Définitions

  • ECBU : Prélèvement aseptique des urines destiné à une analyse cytologique et bactériologique.

★ À maîtriser

  • L’ECBU permet de : diagnostiquer une infection urinaire, identifier les bactéries responsables, réaliser un antibiogramme si des germes sont présents, orienter l’antibiothérapie

  • 🔄 Le recueil direct se déroule ainsi :

    1. Vérifier la prescription et l’identité du patient, puis expliquer le soin.
    2. Effectuer une toilette intime selon les règles d’hygiène.
    3. Recueillir les urines du matin en éliminant le premier jet.
    4. Déposer le milieu de jet dans un flacon stérile sans toucher ses bords ni son intérieur.
    5. Transvaser stérilement les urines dans le tube de laboratoire.

📌 L’ECBU doit être acheminé au laboratoire en moins de 2 heures ; si le transport est retardé, les urines sont conservées à +4 °C.

  • L’examen cytologique recherche les leucocytes, significatifs au-delà de 10⁴/ml, et les hématies, tandis que la mise en culture identifie les bactéries et permet un antibiogramme sous 48 heures au minimum.

Compléments

📌 La recommandation EFLM 2023 préconise le recueil au milieu du jet et recommande la toilette, mais ne recommande pas l’utilisation d’antiseptiques, qui peuvent inhiber la croissance bactérienne et interférer avec la culture. - The EFLM European Urinalysis Guideline 2023

  • Les modes de prélèvement comprennent : le recueil direct dans un pot stérile, le sondage, un collecteur stérile d’urines chez le nourrisson, la seringue stérile par prélèvement dans la tubulure chez un patient sondé en système clos

📌 Le tube et le bon de laboratoire doivent mentionner l’identité du patient, la date et l’heure du prélèvement, ainsi que la prise éventuelle d’antibiotiques ou une hyperthermie.

Astuce mémo

Recueillir au milieu du jet, acheminer rapidement, puis analyser et cultiver.

Teste tes connaissances

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1. Concernant la définition d’une infection urinaire :

2. Une patiente présente une infection urinaire et aucun facteur de risque de complication n’est identifié. Comment classer cette infection ?

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Révisez avec les flashcards

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Qu’est-ce qu’une infection urinaire ?

Une prolifération microbienne avec réaction inflammatoire touchant l’arbre urinaire.

Quel critère distingue une infection urinaire simple d’une infection à risque de complication ?

La présence d’au moins un facteur de risque de complication.

Quel facteur favorisant de l’infection urinaire est lié à la flore vaginale ?

La modification de la flore vaginale par antibiothérapie, spermicide ou diaphragme.

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