Fiche de révision : Pathologies chroniques vétérinaires

Plan du Cours

  1. Définition et impact des maladies chroniques
  2. Physiopathologie et évaluation de la douleur
  3. Arthrose animale
  4. Tendinites et cicatrisation tendineuse
  5. Fourbure chronique équine
  6. Maladie rénale chronique féline
  7. Obésité des carnivores domestiques
  8. Diabète sucré du chien et du chat
  9. Hyperthyroïdie féline
  10. Gingivostomatite chronique féline
  11. MICI du chien et du chat

1. Définition et impact des maladies chroniques

Notions clés & Définitions

  • Maladie chronique : Maladie de longue durée, évolutive, avec un retentissement sur la vie quotidienne, pouvant générer des incapacités ou des complications graves, selon l’OMS.

★ À maîtriser

  • Une maladie chronique repose sur une cause organique ou psychologique, dure le plus souvent au-delà de 3 à 6 mois et peut limiter les activités, la participation sociale ou créer une dépendance thérapeutique.

Compléments

  • En France en 2012, 37 % des personnes de plus de 15 ans, soit 19 millions de personnes, étaient atteintes d’une maladie chronique, dont 68 %, soit 13 millions, avec une limitation dans la vie courante.

  • L’arthrose touchait 70 % des chiens de plus de 8 ans et 90 % des chats de plus de 12 ans, mais seulement 23 % des chiens et 13 % des chats étaient diagnostiqués. — Wood-Mackenzie, La Semaine Vétérinaire n°1291, 3/11/2007

Astuce mémo

Cause organique ou psychologique → durée prolongée → retentissement quotidien

2. Physiopathologie et évaluation de la douleur

★ À maîtriser

  • 🔄 Le contrôle descendant de la douleur suit plusieurs étapes:
    1. Stimulation des fibres tactiles
    2. Libération de neurotransmetteurs dans le tronc cérébral
    3. Intervention de la conscience et de l’émotion

📌 L’excès de nociception produit une douleur inflammatoire, tandis que la douleur neuropathique résulte de lésions des fibres de la douleur ou d’un dysfonctionnement des systèmes inhibiteurs.

  • La douleur chronique débute par une amplification biochimique facilement réversible, puis peut évoluer vers une composante cellulaire neuropathique plus difficile à gérer en cas de mauvaise prise en charge.

  • Chez les mammifères, les mécanismes de nociception sont identiques, mais l’expression de la douleur varie selon l’individu, ce qui impose un diagnostic adapté à chaque animal.

Compléments

  • Les outils d’évaluation de la douleur comprennent:
    • Les signes cliniques qualitatifs
    • Les tests de sensibilité quantitatifs
    • Les grilles d’évaluation

Astuce mémo

Freins inhibiteurs contre emballements nociceptifs

3. Arthrose animale

Notions clés & Définitions

  • Arthrose : Maladie dégénérative affectant les articulations, particulièrement celles qui sont les plus sollicitées, et entraînant une dégradation du cartilage puis une perturbation des tissus environnants.

★ À maîtriser

📌 Les arthroses structurales résultent d’une fragilité anormale du cartilage, tandis que les arthroses mécaniques résultent de la sursollicitation d’une articulation.

  • L’arthrose évolue lentement mais de façon inéluctable, avec un déséquilibre entre synthèse et dégradation de la matrice cartilagineuse, un amenuisement de l’interligne et une évolution possible vers des contacts interosseux.

Compléments

  • Les signes avancés comprennent:
    • Raideur articulaire
    • Boiterie
    • Difficulté à se lever après le repos
    • Douleur à la mobilisation

📌 La radiographie est l’examen le plus accessible pour diagnostiquer l’arthrose, tandis que le scanner et l’IRM fournissent des images plus précises mais sont moins accessibles.

Astuce mémo

Usure du cartilage → remodelage articulaire → douleur et limitation

4. Tendinites et cicatrisation tendineuse

Notions clés & Définitions

  • Tendon : Structure pauvre en cellules et peu vascularisée, ce qui explique sa récupération lente après un traumatisme.

★ À maîtriser

  • La cicatrisation tendineuse produit un tissu fibreux moins élastique et moins résistant que le tendon sain, ce qui prédispose aux récidives.

  • Le traitement initial d’une tendinite associe une analgésie locale ou systémique et un repos destiné à soulager la douleur aiguë, favoriser la cicatrisation et éviter les complications de surcharge.

Compléments

  • Le tendon contient environ 2 % de fibres élastiques, environ 30 % de fibres de collagène et environ 68 % d’eau ; le collagène est majoritairement de type I et les fibres sont orientées parallèlement et en spirale.

  • Les lésions tendineuses comprennent:

    • Lacération nette
    • Hématome intratendineux avec écartement des fibres
    • Rupture partielle
    • Rupture totale

Astuce mémo

Un tendon peu vascularisé cicatrise lentement par une cicatrice fibreuse fragile

5. Fourbure chronique équine

★ À maîtriser

  • La fourbure comporte une phase aiguë caractérisée par la douleur et l’inflammation active, puis une phase chronique caractérisée par des modifications structurales et vasculaires de la boîte cornée.

  • 🔄 La lésion lamellaire entraîne successivement:

    1. Dissociation du podophylle et du kéraphylle
    2. Perte de cohésion avec la phalange distale
    3. Traction par le tendon fléchisseur profond
    4. Basculement progressif de P3
  • Les hypothèses actuelles de la fourbure convergent vers l’association d’une activation des cytokines inflammatoires, issue de la théorie enzymatique, et de la présence d’un œdème, issue de la théorie vasculaire.

  • Le système d’Obel classe la fourbure en quatre grades : au grade I le cheval reporte son poids sans boiter au pas, au grade II il marche avec des foulées raccourcies, au grade III il marche très difficilement et le pied ne peut pas être pris, et au grade IV il refuse de bouger et peut rester couché.

Compléments

  • Les facteurs prédisposants comprennent:

    • Affections gastro-intestinales sévères ou endotoxémies
    • Rations trop riches perturbant le pH gastrique
    • Excès de charge
    • Défaut d’intégrité structurelle du pied
  • Le diagnostic de la fourbure associe l’examen clinique avec palpation du pouls, la radiographie pour visualiser la bascule de la phalange et le remodelage osseux, et la veinographie pour évaluer la vascularisation du pied.

Astuce mémo

Inflammation et œdème → destruction de la membrane basale → bascule de P3

6. Maladie rénale chronique féline

Notions clés & Définitions

  • Maladie rénale chronique : Affection fréquente du chat âgé, caractérisée par une perte progressive et irréversible de néphrons fonctionnels.

★ À maîtriser

  • Les néphrons restants développent une hyperfiltration compensatoire qui entretient à terme la dégradation et la fibrose rénale ; les signes cliniques apparaissent après la destruction de 66 à 75 % des néphrons.

  • Les signes cliniques comprennent:

    • Polyuro-polydipsie
    • Amaigrissement et fonte musculaire
    • Anorexie et vomissements
    • Léthargie et pelage terne
    • Halitose urémique
    • Déshydratation et anémie non régénérative
    • Hypertension avec risque de cécité aiguë

📌 La prise en charge de la maladie rénale chronique est symptomatique et vise à ralentir la progression par une alimentation pauvre en phosphore, une hydratation stimulée, le contrôle de l’hypertension et de la protéinurie, ainsi qu’un suivi régulier de la créatinine, du SDMA, de la pression artérielle et du RPCU.

Compléments

  • La prévalence de la maladie rénale chronique peut atteindre 30 à 40 % chez les chats de plus de 10 ans.

Astuce mémo

Néphron perdu → hyperfiltration compensatoire → fibrose rénale

7. Obésité des carnivores domestiques

Notions clés & Définitions

  • Obésité : Maladie chronique résultant d’un déséquilibre durable entre les apports et les dépenses énergétiques.

★ À maîtriser

  • L’obésité concerne 30 à 60 % des chiens et des chats selon les études et ses facteurs de risque comprennent la stérilisation, la sédentarité, la suralimentation et les friandises excessives.

  • Le tissu adipeux sécrète des cytokines pro-inflammatoires, créant une inflammation chronique de bas grade, tandis que le cercle vicieux associe baisse d’activité, prise de poids, inconfort articulaire et nouvelle baisse d’activité.

📌 La perte de poids doit être progressive et encadrée, avec un objectif de 0,5 à 2 % du poids par semaine, une alimentation hypocalorique riche en fibres et protéines et une activité physique augmentée progressivement.

Compléments

  • Les signes d’obésité comprennent des côtes non palpables, l’absence de taille visible, un dépôt de graisse abdominale, une intolérance à l’effort, un essoufflement et des difficultés de toilettage chez le chat.

Astuce mémo

Baisse d’activité → prise de poids → inconfort articulaire → baisse d’activité

8. Diabète sucré du chien et du chat

★ À maîtriser

📌 Chez le chien, le diabète est généralement insulino-dépendant et lié à la destruction des cellules bêta pancréatiques, tandis que chez le chat il est majoritairement de type 2 et associé à l’insulinorésistance et à l’obésité.

  • Chez le chien, la destruction progressive des cellules bêta entraîne une dépendance à vie à l’insulinothérapie, alors que chez le chat une rémission est possible si la prise en charge est précoce, malgré un risque fréquent de rechute.

  • La triade classique du diabète sucré associe polyuro-polydipsie, polyphagie et amaigrissement malgré un appétit conservé.

📌 Le diagnostic repose sur une hyperglycémie persistante à jeun associée à une glycosurie, et la fructosamine reflète la glycémie des 1 à 2 dernières semaines et aide à distinguer une hyperglycémie de stress chez le chat.

📌 Le traitement associe le plus souvent des injections sous-cutanées d’insuline biquotidiennes, une alimentation adaptée à l’espèce, la gestion du poids et un suivi par courbes glycémiques, fructosamine et poids.

Compléments

  • Le chien diabétique peut développer une cataracte d’apparition rapide et une cécité, tandis que le chat peut développer une neuropathie diabétique avec démarche plantigrade.

Astuce mémo

Chien : cellules bêta détruites ; chat : insulinorésistance et rémission possible

9. Hyperthyroïdie féline

Notions clés & Définitions

  • Hyperthyroïdie féline : Endocrinopathie la plus fréquente du chat âgé, généralement due à une hyperplasie adénomateuse bénigne d’un ou des deux lobes thyroïdiens.

Points essentiels

  • Les nodules thyroïdiens autonomes sécrètent chroniquement trop de T4 et de T3, ce qui entraîne un hypermétabolisme généralisé et peut provoquer une cardiomyopathie hypertrophique secondaire.

  • Les signes comprennent une perte de poids malgré une polyphagie, l’hyperactivité, la polyuro-polydipsie, les vomissements, la diarrhée, la tachycardie, le souffle cardiaque et la palpation de nodules thyroïdiens cervicaux.

📌 Le dosage de la T4 totale est l’examen de première intention ; en cas de résultat non concluant, la T4 libre, la TSH ou la scintigraphie peuvent être utilisées, avec un bilan cardiaque et rénal systématique.

📌 Le traitement de référence de l’hyperthyroïdie féline est l’iode 131 radiométabolique, qui est curatif mais limité à des centres spécialisés ; le méthimazole au long cours, la thyroïdectomie et l’alimentation pauvre en iode sont des alternatives.

Astuce mémo

Nodules autonomes → excès chronique de T4/T3 → hypermétabolisme

10. Gingivostomatite chronique féline

Notions clés & Définitions

  • Gingivostomatite chronique : Affection inflammatoire chronique caractérisée par une réponse immunitaire exacerbée envers la plaque dentaire bactérienne.

★ À maîtriser

  • L’inflammation buccale s’auto-entretient malgré le contrôle partiel de la plaque, évolue par poussées avec des rémissions incomplètes et provoque une douleur majeure affectant l’alimentation et la qualité de vie.

📌 L’extraction dentaire est le traitement de référence de la gingivostomatite chronique, avec une extraction caudale partielle ou totale selon la sévérité et un taux de rémission élevé.

Compléments

  • La gingivostomatite chronique est fortement associée au calicivirus félin, principalement, ainsi qu’à l’herpèsvirus félin FHV-1 et possiblement au FIV et au FeLV.

  • Les signes cliniques comprennent:

    • Douleur buccale majeure
    • Halitose et hypersalivation
    • Réticence alimentaire et perte de poids
    • Gingivite sévère et stomatite caudale
    • Ulcérations et prolifération inflammatoire
    • Arrêt du toilettage

Astuce mémo

Plaque bactérienne et réponse immunitaire excessive → inflammation buccale auto-entretenue

11. MICI du chien et du chat

Notions clés & Définitions

  • MICI : Les MICI sont un groupe hétérogène d’affections inflammatoires chroniques idiopathiques du tractus digestif, dont les formes histologiques fréquentes sont l’entérite lymphoplasmocytaire, la forme éosinophilique et la forme granulomateuse.

Points essentiels

  • Dans les MICI, l’altération de la barrière intestinale permet le passage d’antigènes bactériens, ce qui active l’immunité et aggrave la perméabilité intestinale.

  • Les MICI évoluent par poussées avec des rémissions partielles et peuvent évoluer chez le chat vers un lymphome digestif à bas grade, dans le cadre du continuum MICI-lymphome.

  • Les signes digestifs chroniques des MICI évoluent depuis plus de 3 semaines et comprennent les vomissements, la diarrhée, la perte de poids, l’anorexie ou la dysorexie, la léthargie et parfois la douleur abdominale.

📌 Le diagnostic des MICI est un diagnostic d’exclusion nécessitant d’écarter les causes parasitaires, alimentaires, infectieuses, endocriniennes et néoplasiques ; l’endoscopie ou la chirurgie avec biopsies étagées est le seul examen de certitude.

📌 Le traitement des MICI commence par un essai alimentaire hypoallergénique ou hydrolysé, puis peut associer des corticoïdes, des immunosuppresseurs dans les formes réfractaires, des probiotiques et une gestion du microbiote.

Astuce mémo

Barrière altérée → antigènes bactériens → activation immunitaire → perméabilité aggravée

Tableaux de synthèse

Comparaison des principales maladies endocriniennes

MaladieAnimal ou profil dominantÉlément caractéristiqueTraitement clé
Diabète sucréChien : insulino-dépendant ; chat : type 2Polyuro-polydipsie, polyphagie, amaigrissementInsulinothérapie et alimentation adaptée
HyperthyroïdieChat âgéPerte de poids malgré polyphagieIode 131, méthimazole ou chirurgie
ObésitéChien et chatExcès énergétique chroniquePerte de poids progressive

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pathologies chroniques vétérinaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la définition d’une maladie chronique :

2. Parmi les propositions suivantes concernant les maladies chroniques, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Pathologies chroniques vétérinaires avec 11 flashcards interactives.

Qu'est-ce qu'une maladie chronique selon l'OMS ?

Une maladie de longue durée, évolutive, avec impact sur la vie quotidienne.

Quel pourcentage de personnes en France en 2012 avait une maladie chronique ?

37 % des personnes de plus de 15 ans.

Que comprend le contrôle descendant de la douleur ?

La stimulation des fibres tactiles, la libération de neurotransmetteurs dans le tronc cérébral, puis l’intervention de la conscience et de l’émotion.

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