Fiche de révision : Anesthésiques locaux

Plan du Cours

  1. Définition et types d’anesthésie
  2. Mécanisme sur les canaux sodiques
  3. Diffusion et propriétés pharmacologiques
  4. Anesthésies superficielles et infiltrées
  5. Blocs loco-régionaux
  6. Pharmacocinétique et vasoconstricteurs
  7. Toxicité et précautions d’emploi
  8. Intérêt dans la prise en charge de la douleur

1. Définition et types d’anesthésie

Notions clés & Définitions

  • Anesthésiques locaux : Substances qui, appliquées au contact du tissu nerveux, bloquent la conduction neuronale sans perte de conscience et suppriment la sensibilité d’une zone localisée.

★ À maîtriser

  • Les anesthésies locales comprennent: l’anesthésie superficielle de la peau ou des muqueuses, l’infiltration sous-cutanée, l’anesthésie loco-régionale

Compléments

📌 L’effet des anesthésiques locaux varie avec la posologie, d’une simple analgésie à une anesthésie complète.

  • Les anesthésiques locaux sont classés en liste I lorsqu’ils sont associés à un vasoconstricteur et en liste II lorsqu’ils n’en contiennent pas.

Astuce mémo

Anesthésie locale = zone ciblée, anesthésie générale = perte de conscience

2. Mécanisme sur les canaux sodiques

★ À maîtriser

  • Les anesthésiques locaux bloquent les canaux sodiques voltage-dépendants, empêchent l’entrée de Na⁺, inhibent la dépolarisation et interrompent la propagation du potentiel d’action.

📌 Les anesthésiques locaux se fixent sur la face interne des canaux sodiques lorsqu’ils sont ouverts, donc pendant l’excitation de la cellule et non au repos.

📌 Les fibres nerveuses de petit diamètre, notamment les fibres C et Aδ, sont bloquées plus facilement que les grosses fibres motrices.

Compléments

  • La bupivacaïne bloque en plus les canaux calciques et potassiques, ce qui explique sa toxicité cardiaque particulière.

Astuce mémo

Blocage des canaux Na⁺ → absence de dépolarisation → interruption du potentiel d’action

3. Diffusion et propriétés pharmacologiques

★ À maîtriser

📌 La liposolubilité favorise l’entrée de l’anesthésique local dans la cellule et augmente sa puissance.

📌 Le pKa détermine la capacité de l’anesthésique local à s’ioniser dans la cellule et influence le début d’action.

Compléments

📌 La durée d’action dépend notamment de la liaison de l’anesthésique local aux protéines.

  • Les fibres sympathiques de petit diamètre sont particulièrement sensibles aux anesthésiques locaux, et leur blocage peut provoquer une vasodilatation et une hypotension.

Astuce mémo

Liposolubilité → entrée cellulaire ; pKa → début d’action ; liaison protéique → durée

4. Anesthésies superficielles et infiltrées

★ À maîtriser

  • Le patch EMLA est généralement appliqué environ une heure avant un geste et produit une anesthésie cutanée peu profonde, limitée à environ 5 mm.

📌 Après une anesthésie de la gorge, le patient ne doit pas manger ni boire pendant plusieurs heures en raison du risque de fausse route lié à l’altération temporaire du réflexe de déglutition.

  • L’infiltration consiste à injecter l’anesthésique local en sous-cutané directement dans la zone à anesthésier, avec une durée d’action dépendant notamment de la molécule utilisée.

Compléments

  • Les anesthésiques locaux ophtalmiques peuvent supprimer rapidement la douleur cornéenne, mais ils peuvent aussi bloquer la cicatrisation de la cornée.

Astuce mémo

Peau → muqueuses → infiltration

5. Blocs loco-régionaux

Notions clés & Définitions

  • Bloc périphérique : Consiste à placer l’anesthésique local au contact d’un nerf, d’un tronc nerveux ou d’un plexus accessible.

★ À maîtriser

📌 La rachianesthésie injecte une très faible quantité d’anesthésique local dans le liquide céphalo-rachidien, tandis que la péridurale l’injecte en quantité plus importante dans l’espace épidural.

📌 Le niveau d’injection d’une anesthésie loco-régionale centrale détermine le territoire anesthésié, qui est généralement bilatéral et symétrique.

Compléments

  • Les blocs périphériques représentent environ 15 % des techniques d’anesthésie loco-régionale et sont notamment utilisés pour la chirurgie des membres.

Astuce mémo

Bloc périphérique = nerf ou plexus ; bloc central = moelle épinière

6. Pharmacocinétique et vasoconstricteurs

★ À maîtriser

  • Plus un tissu est vascularisé, plus l’anesthésique local est rapidement repris par la circulation, ce qui diminue la durée de l’anesthésie et augmente le passage systémique.

  • L’ajout d’adrénaline provoque une vasoconstriction, augmente le temps de contact et la durée du bloc, et diminue le passage systémique de l’anesthésique local.

  • Il ne faut pas associer d’adrénaline à un anesthésique local au niveau des extrémités, notamment le doigt et la verge, en raison du risque de nécrose par vasoconstriction.

Compléments

  • Les anesthésiques locaux de type ester, comme la procaïne, produisent notamment de l’acide para-amino-benzoïque, tandis que les anesthésiques de type amide sont principalement métabolisés par les CYP450 hépatiques.

Astuce mémo

Vasoconstriction → diffusion sanguine diminuée → durée du bloc augmentée

7. Toxicité et précautions d’emploi

★ À maîtriser

  • 🔄 La prévention de l’injection intravasculaire suit cette séquence: aspirer légèrement avant l’injection, vérifier l’absence de retour sanguin, modifier la position de l’aiguille si du sang apparaît

📌 La bupivacaïne peut provoquer des troubles électriques cardiaques et une altération de la contraction cardiaque lorsqu’elle atteint une concentration systémique suffisante.

Compléments

  • Une lésion mécanique d’un nerf lors de l’injection peut provoquer une sidération nerveuse dont la récupération peut prendre plusieurs mois.

📌 Les principales précautions concernant l’adrénaline concernent la phase aiguë d’insuffisance coronarienne et l’arythmie ventriculaire.

Astuce mémo

Injection intravasculaire → passage systémique massif → toxicité cardiovasculaire

8. Intérêt dans la prise en charge de la douleur

★ À maîtriser

  • Les blocs loco-régionaux permettent certaines chirurgies sans anesthésie générale, avec une récupération plus rapide, une remise en marche précoce et un retour à domicile facilité.

  • Les cathéters reliés à une pompe permettent d’administrer continuellement un anesthésique local pendant plusieurs jours afin de maintenir l’analgésie postopératoire.

📌 Dans les douleurs neuropathiques ou post-chimiothérapie, les anesthésiques locaux diminuent ou bloquent le ressenti douloureux pendant la durée du bloc sans traiter nécessairement la cause de la douleur.

Compléments

📌 Chez les personnes âgées, une hospitalisation prolongée peut favoriser un syndrome de glissement caractérisé par une diminution de l’alimentation, de la marche et de l’autonomie.

Tableaux de synthèse

Types de blocs loco-régionaux

TypeLieu d’injectionCaractéristiques
PériphériqueNerf, tronc nerveux ou plexusPrincipalement chirurgie des membres, cathéter possible
RachianesthésieLiquide céphalo-rachidienTrès faible dose, injection généralement unique
PériduraleEspace épiduralDose plus importante, bloc moteur, sensitif et analgésique

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Anesthésiques locaux avec 20 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lorsqu’un anesthésique local est appliqué sur un tissu nerveux, quelle modification produit-il principalement ?

2. Comment une augmentation de la posologie d’un anesthésique local peut-elle modifier l’effet obtenu dans une région donnée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Anesthésiques locaux avec 55 flashcards interactives.

Que sont les anesthésiques locaux ?

Ce sont des substances bloquant la conduction neuronale sans perte de conscience.

Quelles formes d'anesthésie locale sont mentionnées ?

L'anesthésie superficielle, l'infiltration sous-cutanée et l'anesthésie loco-régionale.

Quelle anesthésie n'est pas traitée dans ce cours ?

L'anesthésie générale.

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