QCM : Anesthésiques locaux — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Lorsqu’un anesthésique local est appliqué sur un tissu nerveux, quelle modification produit-il principalement ?

Il élimine la cause biologique de la douleur dans tout l’organisme
Il supprime la sensibilité d’une région sans altérer la conscience
Il induit une perte de conscience avec une analgésie généralisée
Il stimule la réparation du nerf atteint dans la région traitée

Il supprime la sensibilité d’une région sans altérer la conscience

Explication

Un anesthésique local bloque la conduction neuronale et réduit la sensibilité dans une zone limitée, sans provoquer de perte de conscience. L’élimination de la cause de la douleur correspond plutôt à un traitement agissant sur sa genèse.

2. Comment une augmentation de la posologie d’un anesthésique local peut-elle modifier l’effet obtenu dans une région donnée ?

Elle empêche la substance d’atteindre les fibres nerveuses de la région
Elle transforme progressivement l’anesthésie locale en anesthésie générale
Elle peut faire évoluer l’effet d’une analgésie vers une anesthésie complète
Elle réduit l’action à une simple diminution de la sensibilité thermique

Elle peut faire évoluer l’effet d’une analgésie vers une anesthésie complète

Explication

L’effet clinique varie avec la posologie et peut aller d’une simple analgésie à une anesthésie complète. Une dose plus élevée ne transforme pas pour autant le traitement en anesthésie générale.

3. À quel moment les anesthésiques locaux se fixent-ils préférentiellement sur la face interne des canaux sodiques ?

Lorsque la cellule ne présente plus aucun gradient ionique transmembranaire
Lorsque les canaux sont ouverts pendant l’excitation de la cellule
Lorsque les canaux sont fermés pendant le repos complet de la cellule
Lorsque la membrane a achevé sa repolarisation après l’influx nerveux

Lorsque les canaux sont ouverts pendant l’excitation de la cellule

Explication

La fixation sur la face interne est favorisée lorsque les canaux sodiques sont ouverts, c’est-à-dire pendant l’excitation cellulaire. La fixation n’est donc pas principalement associée à l’état de repos.

4. Quelle différence de sensibilité entre les fibres nerveuses est attendue lors d’un bloc par anesthésique local ?

Les fibres motrices et sensitives présentent une sensibilité équivalente au bloc
Les fibres C et Aδ deviennent résistantes tandis que les grosses fibres restent sensibles
Les petites fibres, notamment C et Aδ, sont atteintes avant les grosses fibres motrices
Les grosses fibres motrices sont atteintes avant les petites fibres C et Aδ

Les petites fibres, notamment C et Aδ, sont atteintes avant les grosses fibres motrices

Explication

Les fibres de petit diamètre, notamment les fibres C et Aδ, sont plus facilement bloquées que les grosses fibres motrices. La confusion fréquente consiste à inverser cet ordre de sensibilité.

5. Un patch EMLA est posé avant une ponction cutanée : quelle combinaison décrit correctement son emploi habituel et son effet ?

Une pose la veille, avec une anesthésie de plusieurs centimètres
Une pose après le geste, avec une anesthésie limitée au tissu musculaire
Une pose immédiatement avant, avec une anesthésie des tissus profonds
Une pose environ une heure avant, avec une anesthésie cutanée d’environ 5 mm

Une pose environ une heure avant, avec une anesthésie cutanée d’environ 5 mm

Explication

Le patch EMLA est généralement appliqué environ une heure avant le geste et anesthésie la peau sur une faible profondeur, proche de 5 mm. Une infiltration atteint directement les tissus injectés et ne produit donc pas le même effet superficiel.

6. Pourquoi faut-il attendre avant de faire boire ou manger une personne après une anesthésie de la gorge ?

Parce que la reprise alimentaire peut déclencher une réaction allergique systémique
Parce que l’altération temporaire de la déglutition augmente le risque de fausse route
Parce que l’anesthésique local provoque généralement une paralysie durable de l’œsophage
Parce que la muqueuse digestive absorbe rapidement une dose excessive d’anesthésique

Parce que l’altération temporaire de la déglutition augmente le risque de fausse route

Explication

L’anesthésie de la gorge diminue temporairement les réflexes de protection impliqués dans la déglutition, ce qui favorise la fausse route. L’anesthésie cutanée ne présente pas ce risque lié aux réflexes pharyngés.

7. Quel risque particulier doit faire limiter l’utilisation répétée d’un anesthésique local ophtalmique sur la cornée ?

Un retard de cicatrisation de la cornée malgré la disparition rapide de la douleur
Une augmentation systématique de la pression intraoculaire après chaque application
Une anesthésie profonde des muscles oculomoteurs avec paralysie prolongée
Une perte définitive de la sensibilité cutanée autour de l’orbite

Un retard de cicatrisation de la cornée malgré la disparition rapide de la douleur

Explication

Les anesthésiques locaux ophtalmiques peuvent supprimer rapidement la douleur cornéenne, mais ils risquent aussi de bloquer la cicatrisation de la cornée. Leur effet analgésique rapide ne garantit donc pas une utilisation répétée sans danger.

8. Lors d’un bloc périphérique destiné à anesthésier un membre, quelle structure reçoit directement l’anesthésique local ?

La moelle épinière dans le canal rachidien
L’espace épidural situé autour de la dure-mère
Un nerf, un tronc nerveux ou un plexus accessible
Le liquide céphalo-rachidien entourant le cerveau

Un nerf, un tronc nerveux ou un plexus accessible

Explication

Un bloc périphérique consiste à déposer l’anesthésique local au contact d’un nerf, d’un tronc nerveux ou d’un plexus accessible. La moelle et les espaces rachidiens correspondent aux techniques centrales, comme la rachianesthésie ou la péridurale.

9. Lors d’une anesthésie loco-régionale centrale, que permet principalement de prévoir le niveau d’injection ?

La possibilité de transformer le bloc central en infiltration sous-cutanée
La profondeur cutanée exacte de l’anesthésie, généralement limitée à quelques millimètres
La vitesse de métabolisation hépatique de l’anesthésique local injecté
Le territoire anesthésié, généralement réparti de façon bilatérale et symétrique

Le territoire anesthésié, généralement réparti de façon bilatérale et symétrique

Explication

Le niveau auquel l’anesthésique est injecté détermine le territoire atteint par une anesthésie centrale, souvent de manière bilatérale et symétrique. Il ne renseigne pas directement sur le métabolisme hépatique ni sur la profondeur d’une anesthésie cutanée.

10. Une infiltration est réalisée dans deux tissus, dont l’un est fortement vascularisé : quelle différence pharmacocinétique est attendue ?

Le tissu faiblement vascularisé élimine plus vite l’anesthésique, raccourcissant davantage la durée locale
Le tissu fortement vascularisé retient davantage l’anesthésique, prolongeant le bloc et réduisant le passage systémique
Les deux tissus présentent une reprise circulatoire comparable, car la vascularisation modifie peu l’effet local
Le tissu fortement vascularisé reprend plus vite l’anesthésique, réduisant la durée locale et augmentant le passage systémique

Le tissu fortement vascularisé reprend plus vite l’anesthésique, réduisant la durée locale et augmentant le passage systémique

Explication

Une vascularisation importante accélère la reprise de l’anesthésique local par la circulation, ce qui raccourcit son action dans le tissu et augmente son passage systémique. Le tissu moins vascularisé tend donc à conserver davantage le produit au site d’injection.

11. Pourquoi l’association d’adrénaline à un anesthésique local est-elle déconseillée dans un doigt ?

Parce que l’adrénaline transforme l’anesthésique local en produit irritant pour le nerf digital
Parce que le doigt métabolise rapidement l’anesthésique et annule l’effet recherché
Parce que l’association provoque une anesthésie cutanée trop superficielle pour être utile
Parce que la vasoconstriction peut compromettre la perfusion et entraîner une nécrose

Parce que la vasoconstriction peut compromettre la perfusion et entraîner une nécrose

Explication

Dans une extrémité comme le doigt, la vasoconstriction induite par l’adrénaline peut réduire dangereusement la perfusion et provoquer une nécrose. Le problème principal concerne donc l’ischémie locale, et non la profondeur de l’anesthésie.

12. Lors d’une injection d’anesthésique local, quelle conduite adopter si l’aspiration fait apparaître du sang ?

Retirer légèrement l’aiguille et modifier sa position avant d’injecter
Augmenter la dose afin de compenser la perte éventuelle de produit
Maintenir l’aiguille en place et poursuivre l’injection progressivement
Injecter rapidement le produit pour limiter la durée du geste

Retirer légèrement l’aiguille et modifier sa position avant d’injecter

Explication

L’apparition de sang suggère que l’aiguille se trouve dans un vaisseau ; il faut donc modifier sa position après une aspiration prudente. Poursuivre l’injection malgré ce retour sanguin augmenterait le risque de passage vasculaire de l’anesthésique.

13. Quelle atteinte peut apparaître lorsque la concentration systémique de bupivacaïne devient suffisamment élevée ?

Une irritation cutanée accompagnée d’une augmentation de la contraction cardiaque
Des troubles électriques cardiaques associés à une contraction cardiaque altérée
Une baisse de la sensibilité douloureuse sans conséquence sur les fonctions vitales
Une paralysie respiratoire isolée sans modification de l’activité cardiaque

Des troubles électriques cardiaques associés à une contraction cardiaque altérée

Explication

À concentration systémique élevée, la bupivacaïne peut perturber l’activité électrique du cœur et diminuer la qualité de sa contraction. Une simple baisse de la douleur ne rend pas compte de cette toxicité cardiovasculaire potentiellement grave.

14. Quel bénéfice les blocs loco-régionaux peuvent-ils apporter après certaines interventions chirurgicales ?

Ils imposent une immobilisation prolongée afin de stabiliser durablement la zone opérée
Ils nécessitent une anesthésie générale complémentaire pour permettre une récupération fonctionnelle rapide
Ils remplacent la rééducation postopératoire par une analgésie maintenue après l’intervention
Ils favorisent une récupération rapide, une reprise précoce de la marche et un retour facilité à domicile

Ils favorisent une récupération rapide, une reprise précoce de la marche et un retour facilité à domicile

Explication

Les blocs loco-régionaux peuvent permettre certaines chirurgies sans anesthésie générale et facilitent une récupération fonctionnelle rapide, notamment la reprise de la marche et le retour à domicile. Ils ne suppriment pas le besoin éventuel de rééducation et n’imposent pas une immobilisation prolongée.

15. Dans une douleur neuropathique ou post-chimiothérapie, quel est principalement l’effet d’un anesthésique local pendant la durée d’un bloc ?

Il restaure durablement le nerf atteint en corrigeant directement son mécanisme lésionnel
Il prévient toute récidive douloureuse après la disparition complète de l’anesthésie
Il accélère la guérison de la maladie responsable en modifiant son évolution biologique
Il diminue ou bloque le ressenti douloureux sans supprimer nécessairement la cause

Il diminue ou bloque le ressenti douloureux sans supprimer nécessairement la cause

Explication

Pendant la durée du bloc, l’anesthésique local réduit ou interrompt la perception douloureuse, mais cette action ne traite pas forcément l’origine de la douleur neuropathique. Il s’agit donc principalement d’un soulagement symptomatique, et non d’une réparation de la cause.

16. Deux anesthésiques locaux ont une liposolubilité comparable, mais le premier possède un pKa plus favorable : quelle différence est principalement attendue ?

Le premier aura nécessairement une durée d’action plus longue
Le premier pénétrera davantage grâce à une meilleure liaison protéique
Le premier provoquera davantage de vasodilatation périphérique
Le premier aura généralement un début d’action plus rapide

Le premier aura généralement un début d’action plus rapide

Explication

Le pKa influence la proportion ionisée de l’anesthésique et donc son début d’action dans la cellule. La durée d’action dépend plutôt notamment de la liaison aux protéines, tandis que la liposolubilité favorise la puissance.

17. Un bloc atteint préférentiellement les fibres sympathiques de petit diamètre : quelle conséquence physiologique peut en résulter ?

Une accélération motrice accompagnée d’une hyperréflexie
Une vasoconstriction accompagnée d’une hypertension
Une vasodilatation accompagnée d’une hypotension
Une contraction vasculaire accompagnée d’une bradycardie

Une vasodilatation accompagnée d’une hypotension

Explication

Les fibres sympathiques de petit diamètre sont particulièrement sensibles aux anesthésiques locaux, et leur blocage peut réduire le tonus vasculaire. Cette vasodilatation peut entraîner une hypotension, contrairement à une vasoconstriction hypertensive.

18. Lors d’une anesthésie loco-régionale centrale, quel élément permet principalement d’anticiper la région anesthésiée ?

Le diamètre du cathéter utilisé pour l’injection
Le niveau auquel l’anesthésique local est injecté
La durée prévue de l’intervention chirurgicale
La quantité de liquide céphalo-rachidien présente

Le niveau auquel l’anesthésique local est injecté

Explication

Le niveau d’injection détermine le territoire anesthésié lors d’une technique loco-régionale centrale, généralement de manière bilatérale et symétrique. La durée opératoire et le matériel d’injection ne déterminent pas directement cette répartition.

19. Quel effet pharmacologique résulte de l’ajout d’adrénaline à un anesthésique local ?

Une vasoconstriction prolonge le contact local et réduit le passage systémique
Une vasodilatation accélère la diffusion tissulaire et augmente le passage systémique
Une inhibition hépatique accélère le métabolisme et raccourcit la durée du bloc
Une stimulation nerveuse facilite la propagation et diminue l’intensité du bloc

Une vasoconstriction prolonge le contact local et réduit le passage systémique

Explication

L’adrénaline provoque une vasoconstriction, ce qui maintient plus longtemps l’anesthésique au contact des nerfs, prolonge le bloc et réduit son passage dans la circulation. La vasodilatation aurait au contraire tendance à favoriser la reprise circulatoire et à raccourcir l’anesthésie.

20. Dans une douleur neuropathique ou post-chimiothérapie, quel rôle les anesthésiques locaux jouent-ils pendant la durée d’un bloc ?

Ils diminuent la perception douloureuse sans supprimer nécessairement la cause
Ils restaurent durablement les nerfs atteints en corrigeant leur lésion initiale
Ils stimulent la réparation tissulaire afin d’empêcher la réapparition des symptômes
Ils éliminent la cause toxique en accélérant l’élimination des agents chimiothérapeutiques

Ils diminuent la perception douloureuse sans supprimer nécessairement la cause

Explication

Les anesthésiques locaux réduisent ou bloquent le ressenti douloureux pendant la durée du bloc, mais leur action ne traite pas nécessairement le mécanisme causal de la douleur neuropathique. Ils procurent donc principalement un soulagement symptomatique temporaire, plutôt qu’une guérison de la lésion.

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Que sont les anesthésiques locaux ?

Ce sont des substances bloquant la conduction neuronale sans perte de conscience.

Quelles formes d'anesthésie locale sont mentionnées ?

L'anesthésie superficielle, l'infiltration sous-cutanée et l'anesthésie loco-régionale.

Quelle anesthésie n'est pas traitée dans ce cours ?

L'anesthésie générale.

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