Fiche de révision : Pathologies infectieuses néonatales

Plan du Cours

  1. Infection néonatale et vulnérabilité
  2. Infections materno-fœtales et contamination
  3. Germes et facteurs de risque
  4. Diagnostic des infections materno-fœtales
  5. Manifestations et examens diagnostiques
  6. Traitement et prévention bactérienne
  7. Infections bactériennes particulières
  8. Embryopathies et fœtopathies
  9. Rubéole et toxoplasmose congénitales
  10. Autres infections virales congénitales
  11. Syphilis congénitale
  12. Infections nosocomiales néonatales

1. Infection néonatale et vulnérabilité

★ À maîtriser

  • L’infection néonatale est une cause majeure de morbidité et de mortalité néonatales, avec 3 à 8 cas pour 1 000 naissances.

  • La prématurité et une pathologie surajoutée diminuent les moyens de défense du nouveau-né et augmentent le risque de diffusion rapide et de gravité de l’infection.

Compléments

  • Les bactéries, les champignons et les virus peuvent provoquer une infection néonatale.

  • Chez le nouveau-né, une infection peut diffuser au liquide cérébrospinal et provoquer une méningite à partir d’un foyer infectieux ordinaire.

Astuce mémo

Défenses faibles → diffusion rapide → gravité accrue

2. Infections materno-fœtales et contamination

Notions clés & Définitions

  • Infection materno-fœtale : Infection bactérienne résultant de la transmission de germes de la mère à l’enfant avant ou pendant l’accouchement

★ À maîtriser

  • La contamination fœtale se fait par trois voies :
    • voie hématogène transplacentaire
    • voie transvaginale au passage dans la filière génitale
    • voie ascendante transcervicale, qui ensemence le liquide amniotique et constitue la voie la plus fréquente

📌 Une chorioamniotite impose de garder le nouveau-né et de commencer l’antibiothérapie sans attendre les résultats biologiques, dès la salle d’accouchement si son transfert est retardé.

  • Les signes évocateurs de chorioamniotite comprennent : une fièvre maternelle supérieure à 38 °C hors travail, une tachycardie fœtale supérieure à 160/min, un syndrome inflammatoire maternel, des germes identifiés dans le liquide amniotique

Compléments

  • Un placenta lésé ou inflammatoire filtre moins efficacement les agents pathogènes et augmente le risque de transmission au fœtus.

  • La transmission du virus herpès simplex peut survenir par voie transvaginale pendant l’accouchement.

3. Germes et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • Les souches d’Escherichia coli portant l’antigène capsulaire K1 ont un tropisme méningé accru.

  • Le streptocoque B est responsable de 50 % des infections materno-fœtales certaines et son portage vaginal concerne 20 à 25 % des femmes enceintes.

Compléments

  • Escherichia coli est un bacille à Gram négatif et 15 % des femmes en sont porteuses au niveau vaginal lors de l’accouchement.

  • Klebsiella est davantage retrouvée chez les nouveau-nés prématurés que chez les nouveau-nés à terme.

  • Listeria monocytogenes est rare mais peut provoquer une infection grave, notamment lorsque la mère présente un syndrome pseudo-grippal sévère en fin de grossesse.

  • Les principales localisations des infections néonatales sont :

    • septicémie
    • méningite
    • infection urinaire
    • infection ostéoarticulaire
    • cellulite
    • pneumopathie

4. Diagnostic des infections materno-fœtales

Notions clés & Définitions

  • Infection materno-fœtale probable : Diagnostiquée sur des anomalies cliniques et/ou biologiques et un ou plusieurs prélèvements microbiologiques périphériques positifs à un seul pathogène
  • Infection materno-fœtale possible : Repose sur des anomalies cliniques et/ou biologiques sans documentation par un prélèvement microbiologique

★ À maîtriser

📌 Une infection materno-fœtale certaine est prouvée par la présence d’un germe dans un site normalement stérile, comme le sang, le liquide cérébrospinal ou les poumons, et confirmée par au moins un prélèvement.

  • Les critères majeurs d’infection materno-fœtale comprennent : la chorioamniotite, un jumeau atteint d’infection materno-fœtale, une prématurité spontanée avant 35 SA, une température maternelle d’au moins 38 °C avant ou au début du travail, une rupture prématurée des membranes avant 37 SA, un antécédent d’infection à streptocoque B, un prélèvement vaginal positif au streptocoque B, une bactériurie à streptocoque B sans antibioprophylaxie complète

Compléments

  • Les critères mineurs comprennent : une ouverture de la poche des eaux de 12 à 18 heures, une prématurité spontanée à partir de 35 SA, des anomalies inexpliquées du rythme cardiaque fœtal ou une asphyxie fœtale, un liquide amniotique teinté d’emblée ou méconial

📌 Un seul critère mineur justifie une surveillance clinique minimale de 24 heures en maternité.

Astuce mémo

Critères majeurs : spécifiques ; critères mineurs : fréquents

5. Manifestations et examens diagnostiques

★ À maîtriser

  • Les signes cliniques possibles comprennent : des troubles neurologiques, des troubles thermiques, des troubles respiratoires, des troubles hémodynamiques, des troubles digestifs, un syndrome hémorragique, une hépatosplénomégalie, une éruption, un ictère précoce ou un teint grisâtre

📌 Aucun signe clinique n’est spécifique ni constant ; tout symptôme anormal chez un nouveau-né doit faire suspecter une infection materno-fœtale et justifie une hospitalisation urgente.

  • Les anomalies hématologiques évocatrices comprennent une leucopénie inférieure à 5 000 GB/mm³, une hyperleucocytose supérieure à 25 000 GB/mm³, une neutropénie inférieure à 1 500/mm³, une myélémie supérieure à 10 % des GB ou une thrombopénie inférieure à 150 000/mm³.

  • Un syndrome inflammatoire néonatal peut comporter une CRP supérieure à 20 mg/l ou un fibrinogène supérieur à 4 g/l.

  • La CRP à H24 est présentée comme fiable chez les nouveau-nés asymptomatiques, quel que soit l’âge gestationnel, et la CRP à H48 aide à décider de poursuivre ou d’arrêter l’antibiothérapie déjà commencée.

  • Les prélèvements microbiologiques doivent être réalisés avant tout traitement antibiotique ; les prélèvements périphériques sont réalisés avant 6 heures de vie et l’ECBU à partir de J3.

Compléments

  • La procalcitonine mesurée dans le sang du cordon est un marqueur précoce utile pour l’évaluation du risque infectieux néonatal.

  • Les prélèvements périphériques peuvent être réalisés au niveau :

    • du nez
    • de l’oreille
    • de l’ombilic
    • du liquide gastrique

📌 Le placenta doit être prélevé systématiquement en cas de suspicion de chorioamniotite.

6. Traitement et prévention bactérienne

★ À maîtriser

  • Le traitement probabiliste initial d’une infection bactérienne néonatale associe ampicilline, céfotaxime et gentamicine, puis est adapté aux résultats bactériologiques après 48 heures.

  • Les doses indiquées sont l’ampicilline à 100 mg/kg/24 h, l’aminoside à 3–5 mg/kg/24 h, la ceftriaxone à 50 mg/kg/24 h et le céfotaxime à 100 mg/kg/24 h ; les doses méningées sont doublées.

  • La durée indiquée du traitement est de 8 jours pour une septicémie, de 15 à 21 jours pour une méningite, de 15 jours pour le streptocoque B et de 21 jours pour les bacilles à Gram négatif ou lorsque le germe n’est pas identifié.

  • La prévention bactérienne comprend le dépistage du streptocoque B entre 34 et 36 SA, le dépistage des infections sexuellement transmissibles, le traitement des infections maternelles et l’antibioprophylaxie en cas de portage ou d’antécédent d’infection à streptocoque B.

Compléments

  • L’ampicilline cible notamment les bactéries à Gram positif comme le streptocoque B et Listeria, le céfotaxime cible les bactéries à Gram négatif comme E. coli et Klebsiella, et la gentamicine renforce l’effet bactéricide par synergie.

📌 L’aminoside est arrêté après 48 à 72 heures.

  • Le traitement symptomatique peut comprendre : le maintien de la température en incubateur, un soutien nutritionnel, une oxygénothérapie ou une ventilation si nécessaire, la prise en charge d’un état de choc

  • Les mesures d’hygiène préventives comprennent l’asepsie pendant l’accouchement, les soins de cordon stériles et le lavage systématique des mains avant de manipuler le nouveau-né.

7. Infections bactériennes particulières

★ À maîtriser

  • La conjonctivite néonatale à Chlamydia apparaît généralement 5 à 10 jours après la naissance, puis peut être suivie d’une rhinite et d’une pneumopathie interstitielle tardive vers J20–J25.

  • L’infection néonatale à Chlamydia est traitée par érythromycine ou josamycine par voie orale à 50 mg/kg/j pendant 10 à 15 jours.

  • La tuberculose congénitale peut être transmise par voie hématogène transplacentaire ou par ingestion de liquide amniotique contaminé, tandis que la tuberculose néonatale postnatale se transmet par voie aérienne.

Compléments

  • L’infection néonatale à Chlamydia est souvent issue d’une infection maternelle asymptomatique et se transmet au nouveau-né lors du passage dans la filière génitale.

  • En cas d’exposition à la tuberculose sans signes cliniques, la prise en charge préventive décrite associe l’isolement vis-à-vis de la personne infectée, la vaccination par BCG et l’isoniazide à 5 mg/kg/j pendant 3 mois avec surveillance hépatique.

8. Embryopathies et fœtopathies

★ À maîtriser

📌 L’embryopathie infectieuse correspond à une agression de l’embryon par un germe au premier trimestre, jusqu’à 12 SA, avec risque majeur de malformations congénitales ou d’avortement.

📌 La fœtopathie infectieuse correspond à une agression du fœtus par un germe aux deuxième et troisième trimestres, après 12 SA.

Compléments

  • La rubéole peut provoquer des cardiopathies et une cataracte lorsqu’elle atteint l’embryon, tandis que la syphilis et la toxoplasmose peuvent provoquer respectivement une hépatosplénomégalie avec rash cutané et une hydrocéphalie avec choriorétinite lors d’une atteinte fœtale.

Astuce mémo

Avant 12 SA : embryon et malformations ; après 12 SA : fœtus atteint

9. Rubéole et toxoplasmose congénitales

★ À maîtriser

  • Le risque de transmission de la rubéole est maximal au premier trimestre et atteint environ 90 % avant 12 SA.

  • La triade de la rubéole congénitale associe des atteintes cardiaques, oculaires et auditives ; les atteintes décrites comprennent notamment la persistance du canal artériel, la cataracte et la surdité de perception bilatérale.

📌 La prévention de la rubéole repose sur la vaccination par ROR hors grossesse ; une contraception est requise un mois avant et deux mois après le vaccin.

  • La toxoplasmose congénitale est due à Toxoplasma gondii, dont le chat est l’hôte définitif, et survient après une primo-infection maternelle transmise par voie transplacentaire.

  • La toxoplasmose congénitale peut provoquer un avortement, une prématurité, une hypotrophie fœtale, une forme septicémique avec ictère et purpura, ou une encéphalomyélite avec hydrocéphalie, choriorétinite et calcifications cérébrales.

  • Les formes symptomatiques de toxoplasmose congénitale sont traitées par pyriméthamine, sulfadiazine et acide folinique pendant 1 à 2 ans ; la spiramycine à 50 mg/kg/j peut être utilisée en attendant la confirmation diagnostique.

Compléments

  • La rubéole congénitale est due à un virus à ARN de la famille des Togavirus transmis par voie hématogène transplacentaire lors d’une primo-infection maternelle.

  • La rubéole congénitale évolutive peut provoquer un purpura thrombopénique, une anémie, une hépatosplénomégalie, un ictère, une pneumopathie, une méningo-encéphalite, une microcéphalie et des bandes métaphysaires alternant zones claires et opaques.

  • Le diagnostic de rubéole congénitale repose notamment sur la PCR dans le pharynx, le liquide cérébrospinal ou les urines, ainsi que sur la recherche d’IgM et d’IgG spécifiques chez le nouveau-né ; l’excrétion virale peut persister jusqu’à un an.

📌 Le traitement de la rubéole congénitale est symptomatique, car aucun traitement antiviral efficace n’est.

  • La mère non immunisée peut se contaminer par : la consommation de viande insuffisamment cuite, la consommation de légumes souillés, le contact avec des excréments de chat

  • Le diagnostic de toxoplasmose congénitale repose notamment sur la sérologie de la mère et du nouveau-né, la recherche du parasite dans le placenta, l’imagerie cérébrale et l’examen ophtalmologique à la recherche d’une choriorétinite.

📌 La prévention de la toxoplasmose pendant la grossesse chez une femme non immunisée repose sur la consommation de viandes bien cuites, le lavage des fruits et légumes crus et l’éviction des déjections de chat ou leur manipulation avec des gants.

Astuce mémo

Rubéole : cœur-yeux-oreilles ; toxoplasmose : hydrocéphalie-calcifications

10. Autres infections virales congénitales

★ À maîtriser

  • L’herpès néonatal peut prendre une forme généralisée avec hépatite, coagulopathie et détresse respiratoire, ou des formes cutanée, neurologique et ophtalmique.

  • L’herpès néonatal est traité par aciclovir intraveineux à 60 mg/kg/j en trois doses pendant 14 à 21 jours.

📌 Une varicelle maternelle survenant de 5 jours avant à 2 jours après l’accouchement expose le nouveau-né à une forme sévère pouvant comporter une éruption grave et une pneumopathie virale ; le traitement indiqué est l’aciclovir intraveineux.

Compléments

  • L’herpès néonatal est dû aux virus HSV-1 ou HSV-2 et se transmet rarement in utero ou, le plus souvent, pendant l’accouchement par passage dans une filière génitale infectée.

  • Les lésions cutanées vésiculeuses ou ulcéreuses sont décrites dans 70 % des cas d’herpès néonatal.

  • Le diagnostic d’herpès néonatal peut rechercher le virus dans les lésions cutanées, le sang ou le liquide cérébrospinal ; les IgM spécifiques sont d’utilisation limitée en pratique.

📌 Une césarienne est préventive en cas de lésions génitales herpétiques actives, en l’absence de rupture prolongée de la poche des eaux, et l’hygiène des mains doit être rigoureuse.

  • L’infection congénitale à cytomégalovirus peut provoquer un ictère, un purpura, une hépatosplénomégalie, un retard de croissance intra-utérin, une microcéphalie, des calcifications périventriculaires, une choriorétinite ou une pneumopathie interstitielle.

  • Le diagnostic de cytomégalovirus congénital recherche le virus dans les urines, la salive ou le sang, ainsi que des IgM spécifiques ; les cellules urinaires peuvent présenter des inclusions en « œil de hibou ».

  • Le traitement antiviral mentionné pour l’infection congénitale à cytomégalovirus est le ganciclovir.

  • La varicelle congénitale peut entraîner une microcéphalie, une hydrocéphalie, des atteintes oculaires, des cicatrices cutanées en zona et une atrophie musculo-squelettique.

11. Syphilis congénitale

★ À maîtriser

  • La syphilis congénitale est due au tréponème pâle et se transmet par voie transplacentaire, avec un risque indiqué après 24 SA.

  • La syphilis congénitale précoce peut provoquer une mort fœtale in utero, une forme septicémique ou des manifestations cutanéo-muqueuses comprenant coryza syphilitique, syphilides érythémato-papuleuses et pemphigus palmo-plantaire.

  • La triade de Hutchinson comprend : les dents de Hutchinson, avec incisives en tournevis, la kératite interstitielle, la surdité liée à la huitième paire crânienne

  • La syphilis congénitale est traitée par pénicilline G à 100 000–150 000 UI/kg/j par voie intramusculaire pendant 14 jours.

Compléments

  • Le diagnostic de syphilis congénitale repose sur les sérologies de la mère et du nouveau-né ; le taux de TPHA/VDRL IgG du nouveau-né est significatif lorsqu’il est quatre fois supérieur à celui de la mère, et les FTA-ABS IgM sont spécifiques du nouveau-né.

📌 La prévention de la syphilis congénitale repose sur le dépistage systématique pendant la grossesse et le traitement du couple.

Astuce mémo

Forme précoce → forme tardive → triade de Hutchinson

12. Infections nosocomiales néonatales

Notions clés & Définitions

  • Infection bactérienne secondaire : Infection acquise après la naissance à partir d’un germe de l’environnement ou des soins, notamment par cathéter ou ventilation mécanique

★ À maîtriser

  • Le traitement probabiliste initial d’une infection bactérienne secondaire associe le céfotaxime et la gentamicine, puis est adapté selon l’antibiogramme et la localisation.

Compléments

  • Les infections secondaires peuvent être localisées :

    • aux poumons
    • aux méninges
    • aux voies urinaires
    • à la peau
    • à l’appareil ostéoarticulaire
  • Le bilan biologique des infections secondaires peut montrer une hyperleucocytose supérieure à 25 000 GB/mm³, une leucopénie inférieure à 5 000 GB/mm³, une anémie, une thrombopénie inférieure à 150 000/mm³, une CRP supérieure à 20 mg/l ou un fibrinogène supérieur à 4 g/l.

  • Les infections liées aux soins peuvent être dues à Pseudomonas ou à Acinetobacter baumannii.

  • Une infection secondaire localisée peut nécessiter des soins locaux, notamment le drainage d’un abcès et des pansements antiseptiques.

  • La prévention repose sur :

    • le lavage des mains
    • l’asepsie des soins
    • l’isolement des nouveau-nés à risque
    • l’utilisation de matériel à usage unique

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Pathologies infectieuses néonatales avec 38 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qu’est-ce qui définit une infection bactérienne secondaire du nouveau-né ?

2. Chez un nouveau-né asymptomatique, quel rôle est attribué à la CRP à H48 après le début d’une antibiothérapie ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Pathologies infectieuses néonatales avec 92 flashcards interactives.

Quelle est la fréquence de l’infection néonatale pour 1 000 naissances ?

De 3 à 8 cas.

Quelle place l’infection néonatale occupe-t-elle parmi les causes de morbidité et de mortalité néonatales ?

C’est une cause majeure.

Quels facteurs diminuent les moyens de défense du nouveau-né ?

La prématurité et une pathologie surajoutée.

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