Fiche de révision : Physiologie vestibulaire et vertiges

Plan du Cours

  1. Capteurs vestibulaires et mécano-transduction
  2. Cellules ciliées vestibulaires
  3. Épithélium sensoriel otolithique
  4. Macules otolithiques et connexions
  5. Crêtes ampullaires et cupules
  6. Mécanismes des pathologies canalaires
  7. Orientation des canaux et tests positionnels

1. Capteurs vestibulaires et mécano-transduction

★ À maîtriser

  • Le labyrinthe membraneux comporte cinq capteurs d’accélération : trois crêtes ampullaires détectent l’accélération angulaire et deux macules otolithiques, utriculaire et sacculaire, détectent l’accélération linéaire.

  • La mécano-transduction vestibulaire comprend le déplacement d’une structure annexe couplée aux cils, l’entrée d’ions K+ et Ca2+ produisant un potentiel de récepteur, puis la polarisation basolatérale de la cellule et la libération de neurotransmetteurs générant des potentiels d’action.

Compléments

  • Les cellules ciliées détectent des déplacements mécaniques de l’ordre de 10 nm.

  • La transduction des cellules ciliées vestibulaires et cochléaires dépend de la concentration en K+ de leur environnement électrolytique.

  • Dans la cochlée, une pression dilate le canal cochléaire, courbe la membrane basilaire et modifie la déflexion des cellules ciliées au repos.

Astuce mémo

Canaux = angulaire ; otolithes = linéaire

2. Cellules ciliées vestibulaires

★ À maîtriser

📌 Les cellules ciliées de type II, plus anciennes, se situent surtout en périphérie des macules et des crêtes, sont associées à de petites fibres afférentes peu myélinisées et répondent aux faibles mouvements de basse fréquence par une activité tonique de repos modulée par le mouvement.

📌 Les cellules ciliées de type I, apparues chez les amniotes (reptiles, oiseaux et mammifères), se situent surtout au centre des macules et des crêtes, sont associées à de grosses fibres afférentes myélinisées et détectent les mouvements de haute fréquence par une activité phasique avec une activité de repos des fibres afférentes.

Compléments

  • Les cellules de type II sont soumises à un rétrocontrôle par de longues boucles efférentes connectées à des noyaux du plancher du quatrième ventricule.
  • Les cellules de type I bénéficient d’un rétrocontrôle périphérique complexe et performant dès l’étage de détection.

Astuce mémo

Type I : phasique ; type II : tonique

3. Épithélium sensoriel otolithique

Notions clés & Définitions

  • Striola : Zone centrale de la macule où s’inverse la polarisation des touffes ciliaires.

★ À maîtriser

  • Les macules de l’utricule et du saccule sont amarrées à l’endoste et baignent dans l’endolymphe, riche en K+.

Compléments

  • L’épithélium sensoriel otolithique comprend des cellules de soutien, des cellules ciliées de type I et II, ainsi qu’une membrane otoconiale.

📌 La zone striolaire contient surtout des cellules de type I à grosses fibres afférentes, présente une activité phasique et possède des touffes ciliaires libres dans l’endolymphe.

📌 La zone extra-striolaire contient surtout des cellules de type II à petites fibres afférentes, présente une activité tonique et possède des touffes ciliaires enchâssées dans la membrane otoconiale.

4. Macules otolithiques et connexions

★ À maîtriser

  • La macule utriculaire se situe dans le plan du canal semi-circulaire latéral, avec sa partie antérieure recourbée vers le haut, tandis que la macule sacculaire se situe dans le plan du canal semi-circulaire supérieur.

📌 Dans l’utricule, les cellules sont polarisées vers la striola, tandis que dans le saccule, elles sont polarisées dans le sens opposé à la striola.

  • Les deux moitiés de chaque macule répondent en sens opposés, et l’utricule détecte l’accélération horizontale tandis que le saccule détecte l’accélération verticale.

Compléments

  • Les afférences utriculaires et celles des crêtes ampullaires des canaux semi-circulaires supérieur et latéral empruntent le rameau vestibulaire supérieur du nerf VIII.

  • Les afférences sacculaires empruntent le rameau vestibulaire inférieur du nerf VIII, avec le nerf ampullaire postérieur passant par le foramen singulare.

5. Crêtes ampullaires et cupules

Notions clés & Définitions

  • Crête ampullaire : Bourrelet perpendiculaire à l’axe de l’ampoule, baignant dans l’endolymphe, fixé à l’endoste du labyrinthe osseux et portant l’épithélium sensoriel.
  • Cupule : Structure gélatineuse et élastique, encastrée du côté de l’ampoule et fixée aux cils sensoriels du côté de la crête, au-dessus de l’espace sous-cupulaire.

★ À maîtriser

📌 Dans le canal semi-circulaire latéral, le kinocil est orienté vers l’utricule et le mouvement ampullopète est excitateur ; dans les canaux verticaux, le kinocil est orienté vers le canal et le mouvement ampullopète est inhibiteur.

Compléments

📌 Dans les crêtes ampullaires, les cellules de type I se trouvent surtout au sommet, sont phasiques et n’ont que leur kinocil couplé à la cupule, avec une fréquence de décharge de repos des fibres afférentes.

📌 Dans les crêtes ampullaires, les cellules de type II se trouvent surtout à la base, sont toniques, ont leurs kinocils et stéréocils couplés à la cupule et présentent une fréquence de décharge de repos de 50 Hz liée à l’angle de cisaillement des kinocils.

6. Mécanismes des pathologies canalaires

★ À maîtriser

  • Dans la maladie de Ménière, l’hydrops augmente la pression radiale, stimule les cellules de type II et provoque un syndrome irritatif.

📌 La canalolithiase provoque une pression axiale sous l’effet de la pesanteur sur la lithiase, tandis que la cupulolithiase déforme la cupule sous l’effet de la pesanteur.

Compléments

  • Dans la maladie de Ménière, l’augmentation de la rigidité de la cupule entraîne une hyporéflexivité relative.

  • La canalolithiase du canal semi-circulaire latéral se teste en mettant ce canal en position verticale, appelée position de Rose, avec antéflexion ; la position de Hallpike est indiquée comme incorrecte.

Astuce mémo

Hydrops → pression radiale accrue ; lithiase → action de la pesanteur

7. Orientation des canaux et tests positionnels

★ À maîtriser

  • Pour une canalolithiase du canal postérieur droit, la position de Hallpike droite produit un mouvement ampullofuge excitateur et un nystagmus torsionnel antihoraire à composante verticale supérieure.

  • Pour une canalolithiase du canal supérieur gauche, la position de Hallpike droite produit un mouvement ampullofuge excitateur et un nystagmus torsionnel antihoraire à composante verticale inférieure.

📌 En cas de cupulolithiase, la cupule doit être mise en position horizontale, et non en position de Rose.

Compléments

  • Le plan du canal semi-circulaire latéral suit la ligne allant du tragus au canthus externe.

  • Le plan du canal semi-circulaire postérieur suit le plan des faces latérales du nez, avec les ampoules dirigées vers les narines.

  • Le plan du canal semi-circulaire supérieur suit celui des mains en porte-voix, les ampoules étant dirigées vers l’extrémité des doigts.

  • Le plan des cupules est mal connu et pourrait présenter des variations interindividuelles ; chaque cupule est perpendiculaire à l’axe de son canal.

  • L’orientation des cupules est la suivante :

    • Canal latéral : cupule verticale, comme une œillère de cheval
    • Canal supérieur : cupule horizontale, comme une visière
    • Canal postérieur : cupule oblique, plutôt horizontale, orientée vers l’avant, le haut et le dedans
  • Pour une cupulolithiase du canal latéral, le décubitus latéral droit ou gauche entraîne un nystagmus horizontal battant vers le plafond.

  • Pour une cupulolithiase du canal supérieur, la tête droite entraîne un nystagmus torsionnel.

  • Pour une cupulolithiase du canal postérieur, l’inclinaison homolatérale de la tête entraîne un nystagmus torsionnel.

Tableaux de synthèse

Cellules ciliées vestibulaires

CaractéristiqueType IType II
Position dominanteCentre des macules, sommet des crêtesPériphérie des macules, base des crêtes
Fibres afférentesGros calibre, myéliniséesPetit calibre, peu myélinisées
RéponsePhasique, haute fréquenceTonique, faibles mouvements et basse fréquence
Décharge de reposAbsente selon le coursPrésente ; 50 Hz dans les crêtes

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1. Quels capteurs du labyrinthe membraneux détectent les accélérations angulaires et linéaires ?

2. Un faible mouvement de basse fréquence sollicite une cellule ciliée située en périphérie d’une macule, associée à une petite fibre afférente peu myélinisée. Quel profil fonctionnel correspond le mieux à cette cellule ?

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Combien de capteurs d’accélération comporte le labyrinthe membraneux ?

Cinq.

Quelles structures détectent l’accélération angulaire dans le labyrinthe membraneux ?

Les trois crêtes ampullaires.

Quelles structures détectent l’accélération linéaire dans le labyrinthe membraneux ?

Les macules utriculaire et sacculaire.

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