Fiche de révision : Prélèvements et ponctions médicales

Plan du Cours

  1. Objectifs et rôle infirmier
  2. Réalisation des hémocultures
  3. Indications et prévention des contaminations
  4. Bandelette urinaire et anomalies
  5. ECBU et modalités de prélèvement
  6. Ponction lombaire
  7. Ponction d’ascite
  8. Ponction pleurale
  9. Examens des selles et scotch test
  10. Recherche du bacille de Koch
  11. Prélèvements par écouvillonnage
  12. Prélèvements nasopharyngés et buccaux
  13. Prélèvements génitaux
  14. Examens mycologiques de la peau
  15. Examens de sensibilité aux antibiotiques

1. Objectifs et rôle infirmier

★ À maîtriser

  • Les maladies infectieuses sont dues à des micro-organismes tels que les bactéries, les virus, les champignons et les parasites.

  • L’infirmier est habilité à pratiquer, sur prescription médicale ou protocole écrit établi, daté et signé par un médecin, des prélèvements sanguins veineux, capillaires ou par cathéter veineux, des prélèvements sur téguments ou muqueuses accessibles, des prélèvements de sécrétions et d’excrétions, le recueil aseptique des urines et la transmission des indications techniques liées aux prélèvements.

  • Les examens complémentaires contribuent à l’élaboration du diagnostic médical.

  • Les examens complémentaires en infectiologie ont trois buts :

    • confirmer le diagnostic par identification du germe ou mise en évidence de perturbations biologiques
    • dépister des complications
    • contrôler l’efficacité du traitement
  • Face à une prescription, l’IDE vérifie la prescription et le mode de prélèvement, l’identité du patient, la quantité et le nombre de prélèvements, les conditions de prélèvement, de conservation et de transport, puis informe et installe le patient, prépare le matériel, réalise le prélèvement avec asepsie, identifie les échantillons, complète les renseignements, achemine les prélèvements, récupère les résultats et les transmet au médecin.

Compléments

  • Les tests biologiques visant à identifier des micro-organismes sont réalisés sur des échantillons de sang, d’urines, d’expectorations, d’autres liquides biologiques ou de tissus.

  • Le décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 encadre notamment les actes infirmiers de prélèvement mentionnés à l’article R. 4311-7.

  • Les axes thérapeutiques mentionnés sont :

    • médicamenteux
    • chirurgicaux
    • diététiques

2. Réalisation des hémocultures

Notions clés & Définitions

  • Sérologie : Recherche des anticorps ou des antigènes spécifiques d’une maladie dans un prélèvement réalisé sur tube sec.
  • Bactériémie : Présence de bactéries viables dans le sang, affirmée par l’isolement d’un ou de plusieurs germes pathogènes dans les hémocultures.
  • Agglutination : Résultat de la combinaison d’agglutinines, anticorps développés contre un type cellulaire spécifique, avec leur cible; elle est notamment utilisée dans les salmonelloses.
  • Précipitation : Se produit lorsque des antigènes solubles se lient à des anticorps spécifiques.

★ À maîtriser

  • L’hémoculture vise à mettre en évidence une bactériémie et repose sur la réalisation et l’interprétation rigoureuses des prélèvements.

  • Une hémoculture consiste à prélever aseptiquement du sang veineux, parfois sur cathéter central, à l’ensemencer directement dans des milieux adaptés, puis à incuber les flacons avant l’examen direct, la culture et l’antibiogramme.

  • Une hémoculture comporte deux flacons par prélèvement : le flacon aérobie à bouchon vert est rempli en premier et le flacon anaérobie à bouchon orange en second.

Compléments

  • Les marqueurs biologiques cités sont :

    • la NFS
    • la VS
    • la CRP
    • l’électrophorèse des protéines
    • l’immunophorèse des protéines
  • Les réactions antigène-anticorps utilisées en sérologie reposent le plus souvent sur l’agglutination ou la précipitation.

  • Le délai de résultat d’une hémoculture est incompressible et variable, d’environ 72 h; en cas de suspicion d’endocardite, un délai de 15 jours à 3 semaines peut être nécessaire.

  • Certains germes, notamment les chlamydiae et les légionelles, ne poussent pas dans les milieux de culture habituels.

Astuce mémo

Prélèvement aseptique → incubation → examen direct → culture → antibiogramme

3. Indications et prévention des contaminations

★ À maîtriser

  • Les situations indiquant une hémoculture comprennent : une fièvre prolongée, continue ou inexpliquée, un pic thermique avec frissons, une hypothermie, des signes infectieux chez un patient porteur de prothèse orthopédique, de valve cardiaque, de sonde ou de cathéter

  • Les hémocultures doivent être prélevées avant toute antibiothérapie.

  • Plus de la moitié des hémocultures positives sont des faux positifs, souvent dus à l’introduction dans le flacon d’une bactérie présente sur la peau.

  • La goutte épaisse contribue à confirmer le diagnostic de paludisme à Plasmodium et à suivre l’efficacité du traitement.

Compléments

  • À visée diagnostique, les hémocultures peuvent être prélevées à tout moment, notamment au moment des frissons ou d’un pic fébrile, afin de guider le choix de l’antibiothérapie selon l’antibiogramme.

📌 À visée thérapeutique, des hémocultures négatives à une semaine d’intervalle peuvent contribuer à vérifier l’efficacité du traitement antibiotique et à décider de son arrêt.

  • Les facteurs de contamination comprennent : une peau mal préparée, des mains mal désinfectées, une mauvaise technique de prélèvement, la multiplication des prélèvements dans de mauvaises conditions, une mauvaise asepsie des bouchons des flacons

  • La contamination peut entraîner :

    • une antibiothérapie inappropriée
    • une augmentation de la durée de séjour
    • une hausse des dépenses induites
  • Pour réaliser une goutte épaisse, le laboratoire prélève une goutte de sang sur tube violet au moment d’un pic fébrile, l’étale sur une lame, la laisse sécher pendant 24 h, puis la colore et l’examine.

  • Le laboratoire peut déterminer :

    • Le nom et l’espèce du Plasmodium incriminé
    • Son stade d’évolution
    • Le pourcentage d’hématies parasitées

Astuce mémo

Asepsie insuffisante → contamination → faux positif

4. Bandelette urinaire et anomalies

Notions clés & Définitions

  • Bandelette urinaire : Méthode de dépistage rapide utilisant un réactif.
  • Cylindres urinaires : Se forment dans les tubules rénaux par agglomération de protéines urinaires avec des cellules plus ou moins altérées ; ils peuvent être leucocytaires, érythrocytaires, à cellules épithéliales ou graisseux.

★ À maîtriser

📌 La bandelette urinaire ne doit pas être appliquée sur une protection et doit être réalisée immédiatement après le prélèvement, en respectant les conditions de lecture, notamment le temps de réaction.

Compléments

📌 La bandelette urinaire doit disposer du marquage DMDIV, qui signifie Dispositif Médical pour le Diagnostic In Vitro.

📌 L’infirmier diplômé d’État peut réaliser la bandelette urinaire au titre du recueil des données biologiques par lecture instantanée, selon l’article R 4311-5, 39° du CSP.

  • L’hématurie, macroscopique ou microscopique, peut être en rapport avec des pathologies rénales ou urinaires, des troubles de la coagulation, une hypertension artérielle maligne ou une tuberculose, parfois rénale.

  • Une leucocyturie supérieure à 10 000/ml peut être associée à une pyurie, parfois accompagnée d’une protéinurie ou d’une hématurie.

5. ECBU et modalités de prélèvement

Notions clés & Définitions

  • ECBU : L’examen cytobactériologique des urines est un prélèvement stérile destiné à compter les cellules urinaires et à mettre les urines en culture afin d’identifier le ou les germes responsables d’une infection urinaire.

★ À maîtriser

📌 Le prélèvement d’ECBU exige une asepsie rigoureuse et doit éviter toute souillure provenant des organes génitaux externes.

  • Pour un ECBU sur sondage vésical clos, la sonde est clampée au-dessous du site de ponction au moins 15 minutes, le site est désinfecté, puis les urines sont prélevées à travers celui-ci.

Compléments

  • L’ECBU est indiqué devant des signes cliniques tels que fièvre, brûlure à la miction, odeur forte ou trouble des urines, douleur de l’arbre urinaire ou pesanteur vésicale, ainsi qu’en cas d’anomalies à la bandelette urinaire.

  • L’ECBU peut aussi être indiqué après des interventions rénales ou des voies urinaires, avant et après la pose d’une sonde urinaire à demeure, notamment pour dépister les infections nosocomiales.

  • L’ECBU peut être prélevé lors de la première miction du matin, après 3 à 4 heures sans miction, à n’importe quel moment de la journée ou la nuit si l’état du patient impose une antibiothérapie urgente.

  • Le résultat de l’ECBU est disponible 48 h après le prélèvement, délai nécessaire à l’identification des germes et à l’antibiogramme.

  • L’examen microscopique comprend :

    • Le comptage des leucocytes
    • Le comptage des hématies
    • L’identification des cristaux
    • L’identification des cellules
    • L’identification des cylindres

6. Ponction lombaire

Notions clés & Définitions

  • Ponction lombaire : Acte médical consistant à introduire un trocart dans l’espace sous-arachnoïdien du canal rachidien entre L4 et L5 afin de prélever du liquide céphalo-rachidien.
  • Ascite : Présence d’un épanchement liquidien sérofibrineux non sanglant dans la cavité abdominale.

★ À maîtriser

  • Le prélèvement permet de réaliser :

    • Des examens directs au microscope
    • Des examens biochimiques portant notamment sur les protides et le glucose
    • Des examens cytologiques
    • Une culture bactériologique
  • Les contre-indications sont :

    • L’hypertension intracrânienne
    • Les infections locales
    • Les troubles de la coagulation
    • Une déviation de la colonne vertébrale
  • L’ascite devient détectable cliniquement lorsqu’elle atteint 2,5 L.

Compléments

  • Les indications diagnostiques comprennent :

    • Un syndrome méningé ou une suspicion de méningite bactérienne ou virale
    • Un état infectieux sévère sans autre point d’appel
    • Des modifications du comportement, des troubles digestifs sévères ou une fièvre inexpliquée chez un jeune enfant
    • Une suspicion d’hémorragie méningée
    • La suspicion ou la surveillance de méningites herpétiques
  • Les indications thérapeutiques comprennent :

    • L’injection intrathécale de drogues cytotoxiques pour prévenir les rechutes de certains lymphomes et leucémies
    • L’injection d’antibiotiques dans certaines infections
    • La ponction évacuatrice en cas d’hydrocéphalie à pression normale
  • Pour installer le patient avant une ponction lombaire, prévenir la douleur par un patch Emla posé une heure avant ou par du protoxyde d’azote, puis installer le patient assis jambes pendantes et dos rond, ou en décubitus latéral opposé au côté du médecin.

  • Pendant la ponction lombaire, les risques comprennent lipothymie, douleur, anxiété, douleur en éclair dans les jambes liée à une racine nerveuse, ponction blanche et piqûre d’une veine épidurale, qui peut éclaircir le liquide.

  • Après une ponction lombaire, les risques comprennent douleur, céphalées, vertige, syncope, rachialgie et risque infectieux ; une hypertension intracrânienne expose au risque d’engagement du tronc cérébral dans le trou occipital.

📌 Après une ponction lombaire, le patient reste couché à plat pendant au moins 2 à 3 h, puis le lever est progressif ; un environnement calme et une lumière tamisée sont conseillés en cas de céphalées ou de vertige.

  • L’ascite est généralement indolore, mais une quantité importante de liquide peut entraîner douleur, dyspnée et inconfort abdominal.

  • L’infection spontanée du liquide d’ascite est une complication de l’ascite.

7. Ponction d’ascite

★ À maîtriser

  • La ponction d’ascite prélève de façon aseptique ou évacue un liquide pathologique dans la fosse iliaque gauche, à mi-distance entre l’épine iliaque antéro-supérieure et l’ombilic, en introduisant un trocart dans la cavité péritonéale entre les feuillets pariétal et viscéral.

  • La ponction d’ascite peut rechercher :

    • une cirrhose
    • un cancer ovarien
    • des tumeurs digestives
    • une infection parasitaire
    • une péritonite bactérienne
  • Les complications de la ponction d’ascite comprennent les douleurs péritonéales, l’hémopéritoine, la sortie accidentelle du cathéter et la fuite de liquide après son ablation.

  • La surveillance de la ponction d’ascite comprend la mesure du périmètre abdominal et la pesée avant et après le geste, ainsi que le contrôle du point de ponction pour repérer un saignement ou un écoulement.

Compléments

  • La présence de cellules néoplasiques dans le liquide d’ascite avec une concentration protéique supérieure à 20 g/l évoque une carcinose digestive.

  • La ponction d’ascite peut aussi avoir une visée thérapeutique, en soulageant le patient ou en permettant des traitements in situ.

  • Les contre-indications de la ponction d’ascite sont les troubles de la coagulation et les problèmes cutanés.

📌 En cas de fuite de liquide d’ascite après l’ablation du cathéter, un point de compression ou une poche adhésive peut recueillir le liquide.

  • La préparation à la ponction d’ascite consiste à prévenir le patient et à lui expliquer le déroulement de l’examen.

📌 Lors d’une ponction d’ascite évacuatrice, la tension artérielle et les pulsations sont surveillées toutes les 15 minutes, ainsi que l’apparition d’un malaise vagal, d’une douleur, d’une pâleur ou de transpiration.

  • Une ascite chyleuse a un aspect laiteux et peut indiquer une tumeur ganglionnaire ou un cancer pancréatique.

8. Ponction pleurale

★ À maîtriser

  • La ponction pleurale est réalisée en cas d’épanchement pleural et constitue un geste médical.

  • Pour la ponction pleurale, le patient est assis sur son lit ou sur une chaise, les bras appuyés sur une table, et l’épanchement est repéré par percussion ou échographie.

📌 Lors d’une ponction pleurale évacuatrice, le volume évacué est limité à 2 L maximum.

  • Les signes de pneumothorax pendant une ponction pleurale sont :

    • la douleur
    • la dyspnée
    • la toux
    • une issue d’air dans la tubulure
  • Après la ponction pleurale, le patient est réinstallé, la quantité et l’aspect du liquide sont consignés dans son dossier, puis une radiographie thoracique de contrôle est systématiquement réalisée.

Compléments

📌 La ponction pleurale se réalise en pleine matité, au bord supérieur de la côte inférieure de l’espace intercostal, à un site déterminé par le repérage échographique de l’épanchement, et non habituellement au 2e espace intercostal.

  • Trois tubes de 15 à 20 ml sont prélevés pour les examens biochimiques, anatomopathologiques et bactériologiques.

  • Lors d’une ponction pleurale évacuatrice, une anesthésie locale est réalisée plan par plan, une tubulure est fixée à l’aiguille et le liquide s’écoule dans un bocal.

  • Avant une ponction pleurale, la surveillance comprend une radiographie pulmonaire et la vérification de l’hémostase.

  • Un malaise vagal peut se manifester par :

    • une pâleur
    • des sueurs
    • une hypotension
    • une bradycardie
  • Le rôle infirmier lors d’une ponction pleurale comprend le confort du patient, l’explication de l’examen, l’asepsie, l’installation, le conditionnement des prélèvements et leur acheminement au laboratoire.

  • Un liquide pleural chyleux, ou chylothorax, peut être d’étiologie post-traumatique ou associé à une tumeur telle qu’un lymphome.

  • Un liquide pleural sérohématique peut évoquer une atteinte cancéreuse.

9. Examens des selles et scotch test

Notions clés & Définitions

  • Oxyurose : Parasitose intestinale bénigne provoquée par Enterobius vermicularis, rencontrée principalement chez l’enfant et strictement humaine.
  • Coproculture : Culture de micro-organismes à partir de matières fécales.

★ À maîtriser

  • Les examens de selles comprennent : la parasitologie, la mycologie, la coproculture, la recherche de sang dans les selles par Hemocult

  • Le test de Graham consiste à appliquer un ruban adhésif sur la marge anale, de préférence le matin avant la toilette locale, puis à le coller sur une lame sans bulles ni pliures avant l’examen microscopique des œufs.

Compléments

📌 Pour l’Hemocult, trois échantillons sont recueillis à trois jours d’intervalle dans un pot stérile.

  • Les aliments à éliminer sont :

    • les légumes verts et secs
    • les féculents
    • le pain
    • les fruits à graines
  • Les médicaments non résorbables à éviter comprennent :

    • les huiles laxatives
    • les suppositoires
    • le charbon
    • les antidiarrhéiques
  • La coproculture peut rechercher :

    • des salmonelles
    • des rotavirus
    • des adénovirus
  • L’examen des selles peut mettre en évidence du sang ou des graisses, ces dernières correspondant à une stéatorrhée.

  • Le test de Graham est réalisé en moyenne sur trois prélèvements et peut être étendu à l’ensemble de la famille ou de l’entourage.

  • Les signes cliniques de l’oxyurose comprennent :

    • le prurit anal nocturne
    • les lésions de grattage
    • les troubles digestifs
    • le piqueté hémorragique
  • Les signes neuropsychiques de l’oxyurose comprennent :

    • l’agitation
    • l’insomnie
    • l’énurésie

10. Recherche du bacille de Koch

Notions clés & Définitions

  • Tubage gastrique : Prélèvement dans l’estomac de sécrétions bronchiques dégluties pendant le sommeil en vue d’une étude bactériologique.
  • ECBC : Examen cytobactériologique des crachats.

★ À maîtriser

  • La recherche du bacille de Koch se fait sur la première expectoration du matin, avec recueil direct des crachats trois jours de suite.

📌 Le recueil direct des crachats pour rechercher le bacille de Koch se réalise le matin à jeun, après avoir prévenu la personne la veille, au cours d’un effort de toux et avec sa coopération.

  • 🔄 Le tubage gastrique se déroule ainsi :
    1. Installer le patient en position demi-assise et placer la protection.
    2. Introduire la sonde lubrifiée en demandant au patient de déglutir si elle bloque.
    3. Vérifier la position gastrique en injectant 40 à 50 cc d’air et en écoutant le bruit.
    4. Injecter un peu d’eau stérile puis prélever le liquide avec la seringue.
    5. Retirer la sonde, mettre le liquide dans le pot et acheminer le prélèvement au laboratoire.

Compléments

  • En l’absence d’expectoration, les prélèvements possibles sont :

    • un tubage gastrique
    • une aspiration bronchique par fibroscopie
    • un lavage broncho-alvéolaire
  • La quantité minimale de crachats à recueillir pour la recherche du bacille de Koch est de 2 ml.

  • Pour le recueil direct des crachats, le soignant installe le patient, vérifie qu’il est à jeun, lui donne des mouchoirs, le fait tousser puis lui présente un pot ouvert pour recueillir les crachats.

  • Après le recueil des crachats, le pot est fermé immédiatement, les mouchoirs sont évacués, le patient est réinstallé et peut recevoir à boire ou des soins de bouche.

  • Le pot de crachats est identifié et la demande précise l’identité, la nature du prélèvement, la date, le jour J1, J2 ou J3 et l’examen demandé par le médecin.

  • Le prélèvement de crachats est acheminé rapidement au laboratoire ou conservé au réfrigérateur à 4 °C.

  • Le tubage gastrique, prélèvement invasif, est réservé à la recherche du bacille de Koch chez les patients qui ne crachent pas.

  • Avant un tubage gastrique, le déroulement est expliqué la veille, le patient reste à jeun pendant 12 heures et demeure allongé jusqu’au soin.

  • Après le tubage gastrique, la bouche du patient est rincée à l’eau stérile et il peut se réalimenter dès la fin de l’examen.

11. Prélèvements par écouvillonnage

★ À maîtriser

📌 Un prélèvement par écouvillonnage est indiqué en cas de suspicion d’infection, d’écoulement ou de liquide de drainage devenu trouble ou nauséabond.

📌 Le prélèvement par écouvillonnage se réalise sans toilette ni antisepsie préalable du site.

  • Les prélèvements des cavités naturelles sont effectués dans les services à haut risque infectieux, comme la réanimation, pour dépister les patients porteurs de bactéries multirésistantes.

📌 Avant un prélèvement de cavité naturelle, il faut vérifier la prescription, informer le patient de ne pas réaliser de toilette préalable, prélever avant toute antibiothérapie locale ou générale et se laver les mains.

  • 🔄 Le prélèvement suit ces étapes :
    1. Utiliser un écouvillon stérile
    2. Le replacer dans son étui d’origine après le prélèvement
    3. Étiqueter soigneusement l’échantillon
    4. L’envoyer rapidement au laboratoire avec la feuille de renseignements

Compléments

  • Le prélèvement par écouvillonnage recueille du liquide d’une plaie septique, d’une infection cutanée ou d’un écoulement drainé ou non afin d’identifier le germe responsable.

  • Les dispositifs concernés comprennent :

    • les sondes
    • les drains
    • les cathéters veineux périphériques
    • les cathéters veineux centraux
    • les cathéters artériels
  • Le prélèvement peut être réalisé par écouvillonnage, à l’aide d’une seringue ou par retrait du dispositif.

12. Prélèvements nasopharyngés et buccaux

Notions clés & Définitions

  • Prélèvement nasopharyngé : Le prélèvement nasopharyngé recueille les sécrétions nasales et pharyngées.

★ À maîtriser

  • Le prélèvement nasopharyngé vise à isoler la flore pathogène et à étudier la sensibilité du germe aux antibiotiques dans les meilleurs délais.

  • Pour un prélèvement pharyngé, la bouche est maintenue ouverte avec un abaisse-langue et l’écouvillon prélève les zones pathologiques de chaque amygdale en évitant la bouche, les dents et les gencives.

📌 Pour un prélèvement nasal, l’écouvillon est passé dans la partie antérieure de la fosse nasale en évitant les bords de la narine, notamment après un lavage nasal.

Compléments

  • Le prélèvement nasopharyngé est réalisé sur prescription médicale selon l’article R 4311-7 du CSP et le décret n°2004-802 du 29 juillet 2004 relatif à l’exercice de la profession IDE.

  • Les prélèvements nasopharyngés sont indiqués devant des signes d’infection locale, pour rechercher une porte d’entrée d’infection non identifiée ou dans une enquête épidémiologique communautaire ou après une infection nosocomiale.

  • Les indications nasales comprennent : la recherche de staphylocoques dorés résistants à la méticilline (SARM), le diagnostic microbiologique des sinusites, le frottis des muqueuses en cas de suspicion de lèpre

  • Les prélèvements de gorge peuvent rechercher des porteurs sains de méningocoques et s’effectuer en cas d’abcès de l’amygdale ou d’angine suspectée.

📌 Pour le prélèvement de gorge, le patient doit être à jeun ou le prélèvement doit être réalisé avant un repas, avant tout soin local et avant toute antibiothérapie; un réflexe nauséeux est possible.

  • Deux écouvillons sont utilisés pour l’étude de la flore pharyngée, par examen direct et culture.

  • Les résultats recherchés comprennent : les streptocoques A hémolytiques, associés à l’angine et au RAA, les méningocoques, les gonocoques

  • Les deux narines sont distinguées lors du prélèvement nasal, qui peut rechercher des porteurs de germes commensaux comme des staphylocoques susceptibles de devenir opportunistes.

📌 En cas de lavage des sinus, le liquide de lavage est recueilli pour réaliser le prélèvement.

  • Les prélèvements nasopharyngés sont placés dans un emballage stérile, étiquetés avec leur localisation, envoyés immédiatement au laboratoire en moins de 2 heures et tracés dans le dossier de soins IDE; un lavage simple des mains et/ou une friction SHA est réalisé après le soin.

  • Pour un prélèvement buccal, il faut préciser la ou les régions prélevées; les germes principalement recherchés sont les Candida responsables de candidoses buccales et les virus herpétiques.

13. Prélèvements génitaux

Notions clés & Définitions

  • Prélèvement génital : Analyse bactériologique des sécrétions génitales.

★ À maîtriser

  • Le prélèvement conjonctival recueille des cellules par raclage ou des sécrétions lacrymales.

📌 Avant un prélèvement conjonctival, il faut éviter la toilette faciale, les antibiotiques et le collyre à la fluorescéine.

  • Le prélèvement génital vise à détecter et identifier les bactéries responsables d’infections génitales et de maladies sexuellement transmissibles.

  • Chez l’homme présentant un écoulement, les sécrétions sont prélevées au niveau du méat urétral; en l’absence d’écoulement, l’écouvillon est introduit de 1 à 2 cm dans le canal urétral puis tourné délicatement.

Compléments

  • Chez l’homme, une urétrite purulente constitue une indication de prélèvement génital.

  • Les signes évocateurs chez la femme comprennent : des leucorrhées ou pertes blanches abondantes ou nauséabondes, un prurit, une brûlure à la miction, une douleur pelvienne ou abdominale

  • Un prélèvement génital peut contrôler un traitement ou aider à choisir un traitement adapté en cas d’échec d’un premier traitement.

📌 Avant un prélèvement génital, il faut éviter les rapports sexuels pendant 24 h, la toilette vaginale le jour même et les traitements locaux.

  • Chez la femme, le prélèvement génital est pratiqué par le médecin avec un spéculum à usage unique et deux écouvillons.

  • Les germes rencontrés comprennent :

    • Trichomonas
    • Candida albicans
    • Chlamydia
    • gonocoque
    • herpès virus
    • staphylocoque doré
    • Listéria

14. Examens mycologiques de la peau

Notions clés & Définitions

  • Examen mycologique : Prélèvement d’éléments de la peau ou d’une muqueuse afin de diagnostiquer une mycose par examen direct et culture.

★ À maîtriser

📌 Aucun traitement antifongique ne doit avoir été administré pendant les 10 jours précédant l’examen mycologique.

Compléments

  • Pour prélever la peau ou une muqueuse, les fragments d’épiderme ou les squames sont recueillis sur une lame de verre après raclage.

  • Pour prélever des ongles ou des cheveux, les fragments sont coupés avec des ciseaux et une pince à disséquer stérile, puis déposés dans une boîte de Pétri contenant des milieux de culture, comme la gélose de Sabouraud pour diagnostiquer Candida albicans.

  • L’examen direct peut montrer des filaments mycéliens ou des levures.

  • La mise en culture identifie précisément le germe et nécessite un délai de 3 jours à 3 semaines.

15. Examens de sensibilité aux antibiotiques

Notions clés & Définitions

  • Antibiogramme : Étude, après identification spécifique du germe, de sa sensibilité aux différentes familles d’antibiotiques afin d’éclairer le choix thérapeutique.

★ À maîtriser

  • Un antibiogramme classe la réaction du germe à chaque antibiotique testé en S (sensible), R (résistant) ou I (effet intermédiaire).

  • Le dosage antibiotique nécessite deux tubes de 10 ml de sang, l’un avant l’administration pour mesurer le taux résiduel antérieur, l’autre après pour observer le pic de concentration.

  • Le prélèvement après administration est effectué :

    • 5 minutes après une perfusion
    • 30 minutes après une administration intraveineuse directe
    • 1 heure après une injection intramusculaire
  • Les examens de dépistage et de suivi des complications organiques varient selon les foyers infectieux secondaires et la pathologie des organes touchés.

Compléments

  • L’antibiogramme est particulièrement important face à l’émergence de bactéries multirésistantes, notamment les staphylocoques résistants à la méticilline et les entérocoques.

  • Différents antibiotiques sont testés pendant la culture de la souche; les bactéries sensibles définissent le spectre de l’antibiotique et leur sensibilité est évaluée selon l’effet bactériostatique ou bactéricide.

📌 Une posologie antibiotique inadaptée peut rendre le traitement toxique ou inefficace en cas de surdosage ou de sous-dosage.

📌 Le dosage d’un antibiotique est d’autant plus recommandé que sa dose efficace est proche de sa dose toxique.

  • Il faut préciser au laboratoire :

    • l’heure du prélèvement
    • le nom et la dose de l’antibiotique
    • les autres antibiotiques éventuels
    • la voie d’administration
  • Les examens possibles comprennent :

    • le scanner
    • l’endoscopie
    • l’EEG
    • l’ECG
    • l’échographie
    • les explorations radiologiques

Astuce mémo

L’antibiogramme mesure la sensibilité en culture ; le dosage mesure la concentration de l’antibiotique dans le sang.

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Teste tes connaissances sur Prélèvements et ponctions médicales avec 54 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels types de micro-organismes peuvent être responsables d’une maladie infectieuse ?

2. Une infirmière doit effectuer un prélèvement sanguin veineux prévu par un protocole. Quelle condition rend ce protocole conforme à l’habilitation infirmière décrite ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Prélèvements et ponctions médicales avec 96 flashcards interactives.

De quels agents les maladies infectieuses sont-elles dues ?

À des micro-organismes, notamment des bactéries, des virus, des champignons et des parasites.

Sous quelle autorisation l’infirmier peut-il réaliser les prélèvements mentionnés ?

Sur prescription médicale ou selon un protocole écrit établi, daté et signé par un médecin.

À quoi contribuent les examens complémentaires ?

À l’élaboration du diagnostic médical.

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