Fiche de révision : Prescription et surveillance des anti-inflammatoires

Plan du Cours

  1. Cascade de l’acide arachidonique
  2. Classification et effets des AINS
  3. Prescription et risques des AINS
  4. Pharmacologie et posologie des corticoïdes
  5. Corticothérapies courtes et prolongées
  6. Prévention et surveillance des corticoïdes
  7. Effets indésirables des corticoïdes
  8. Sevrage et échec thérapeutique

1. Cascade de l’acide arachidonique

Points essentiels

  • Une agression cellulaire libère l’acide arachidonique à partir des phospholipides membranaires, puis celui-ci est métabolisé par la cyclo-oxygénase en prostaglandines, prostacycline et thromboxane A2, ou par la lipo-oxygénase en leucotriènes.

📌 Les AINS inhibent la cyclo-oxygénase COX1 et/ou COX2, tandis que les corticoïdes bloquent en amont la phospholipase A2 et inhibent donc les voies des prostaglandines et des leucotriènes.

📌 L’inhibition de la COX par les AINS réduit l’inflammation mais supprime aussi des prostaglandines impliquées dans la protection gastrique et la perfusion rénale, ce qui explique leurs effets indésirables digestifs et rénaux.

Astuce mémo

AINS : COX ; corticoïdes : phospholipase A2

2. Classification et effets des AINS

★ À maîtriser

  • L’aspirine à faible dose, jusqu’à 300 mg par jour, est sélective de COX1 et exerce surtout un effet anti-agrégant plaquettaire.

  • Les AINS classiques inhibent COX1 et COX2 et possèdent des effets antalgiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires, avec inhibition plaquettaire et effets indésirables digestifs, rénaux et cutanéo-muqueux.

  • Les coxibs, comme le célécoxib et le diclofénac, diminuent le risque d’ulcère mais n’ont pas d’effet anti-agrégant et augmentent le risque de thrombose artérielle.

Compléments

  • Les AINS préférentiels de COX2 comprennent:
    • le méloxicam
    • le nimésulide
    • la nabumétone

3. Prescription et risques des AINS

Points essentiels

  • L’insuffisance rénale aiguë fonctionnelle due aux AINS résulte d’une diminution de la perfusion rénale, survient précocement, dépend de la dose et est favorisée par la déshydratation, les produits de contraste iodés, les diurétiques et les IEC ou ARA2.

  • Les facteurs de risque digestif comprennent: un âge supérieur à 65 ans, un antécédent d’ulcère gastro-duodénal ou d’hémorragie digestive haute, une infection à Helicobacter pylori, des comorbidités sévères, une dose élevée ou une association d’AINS, une association à l’aspirine, au clopidogrel, aux anticoagulants ou aux corticoïdes

📌 Avec 0 facteur de risque digestif, un AINS est possible ; avec 1 à 2 facteurs, il faut associer un IPP ou privilégier un coxib ; avec plus de 3 facteurs, il faut éviter les AINS ou demander un avis spécialisé.

📌 Il ne faut associer ni deux AINS entre eux, ni un AINS à un corticoïde, car ces associations majorent respectivement les risques toxiques et ulcéreux ou hémorragiques.

Astuce mémo

Facteurs de risque → complications digestives ou rénales

4. Pharmacologie et posologie des corticoïdes

Notions clés & Définitions

  • Corticoïdes non fluorés : Comprenant l’hydrocortisone, la prednisone, la prednisolone et la méthylprednisolone, ils ont une demi-vie courte à intermédiaire de 8 à 36 heures.

Points essentiels

📌 Les corticoïdes fluorés, comme la bétaméthasone et la dexaméthasone, ont une action longue de 36 à 72 heures, freinent davantage l’axe hypothalamo-hypophysaire et n’ont pas d’activité minéralocorticoïde.

  • L’équivalence de dose est la suivante : 20 mg d’hydrocortisone correspondent à 5 mg de prednisone, 5 mg de prednisolone, 4 mg de méthylprednisolone ou 0,75 mg de bétaméthasone et de dexaméthasone.

📌 Les doses de corticoïdes équivalentes à la prednisone sont faibles jusqu’à 7,5 mg par jour, moyennes au-delà de 7,5 et jusqu’à 30 mg par jour, fortes au-delà de 30 et jusqu’à 100 mg par jour, et très fortes au-delà de 100 mg par jour ; un bolus correspond à au moins 250 mg par jour pendant un à quelques jours.

Astuce mémo

Attaque à pleine dose → décroissance → dose minimale efficace

5. Corticothérapies courtes et prolongées

Points essentiels

📌 Une corticothérapie courte dure moins de 21 jours et permet un arrêt brutal sans risque, tandis qu’une corticothérapie prolongée dure habituellement plus de 3 mois et nécessite un sevrage progressif.

📌 Pour une corticothérapie prolongée, la posologie initiale est généralement de 0,5 à 1 mg/kg/jour d’équivalent prednisone, éventuellement précédée de 1 à 3 bolus intraveineux consécutifs de méthylprednisolone à 500 mg à 1 g par bolus.

  • Le traitement prolongé débute par une dose d’attaque pleine, puis celle-ci est diminuée lentement et progressivement par paliers jusqu’à la dose minimale efficace, souvent comprise entre 5 et 10 mg par jour de prednisone.

Astuce mémo

Court : arrêt brutal possible ; prolongé : sevrage progressif

6. Prévention et surveillance des corticoïdes

Points essentiels

📌 Avant une corticothérapie orale prévue pour plus de 3 mois, une densitométrie osseuse est recommandée et l’apport calcique doit atteindre 1 g par jour, avec de la vitamine D en cas de carence, environ 800 UI par jour.

📌 Une corticothérapie prolongée doit s’accompagner d’une mise à jour vaccinale, notamment contre la grippe et le pneumocoque, tandis que les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués au-delà de 10 mg par jour et pendant les 3 mois suivant l’arrêt.

  • La surveillance d’une corticothérapie prolongée comprend le dépistage de l’hypertension et du diabète, le contrôle de la kaliémie 1 à 2 semaines après le début, et l’éducation à consulter rapidement en cas de fièvre, de signes infectieux sans fièvre ou de douleurs abdominales.

7. Effets indésirables des corticoïdes

★ À maîtriser

  • Les principaux effets indésirables comprennent:

    • l’hypertension
    • la rétention hydrosodée
    • l’hypokaliémie
    • le diabète
    • l’ostéoporose
    • les infections
    • la myopathie
    • la cataracte
    • le glaucome
    • les troubles psychiatriques
  • Le diabète cortico-induit survient chez 10 à 12 % des patients sous corticothérapie et résulte principalement d’une insulinorésistance ; il est mieux dépisté par une hyperglycémie post-prandiale que par la glycémie à jeun.

  • La corticothérapie prolongée augmente le risque d’infections bactériennes, virales et parasitaires, notamment de pneumocystose et d’herpès-zona, et peut masquer la douleur et la fièvre.

Compléments

  • L’ostéonécrose est liée aux fortes doses de corticoïdes, et 35 % des ostéonécroses de la tête fémorale sont liées aux corticoïdes.

8. Sevrage et échec thérapeutique

★ À maîtriser

  • L’arrêt d’une corticothérapie prolongée doit être lent et progressif afin d’éviter le rebond de la maladie, de permettre la récupération de l’axe hypophyso-surrénalien et de limiter le syndrome de sevrage.

📌 Le syndrome de sevrage associe notamment asthénie et troubles de l’humeur avec un test au Synacthène normal, tandis que l’insuffisance corticotrope donne un test généralement perturbé et nécessite de l’hydrocortisone.

  • Les principales causes d’échec sont:
    • la mauvaise observance
    • l’erreur diagnostique
    • la cortico-résistance de la maladie

Compléments

📌 Un patient présentant une insuffisance corticotrope après sevrage doit être éduqué comme un insuffisant surrénalien, porter une carte et doubler ses doses d’hydrocortisone en cas de stress.

Astuce mémo

Rechute → insuffisance corticotrope → syndrome de sevrage

Tableaux de synthèse

Comparaison des mécanismes

TraitementCibleVoies bloquéesConséquence
AINSCOX1 et/ou COX2Prostaglandines et thromboxaneAction anti-inflammatoire avec perte de protection gastrique et rénale
CorticoïdesPhospholipase A2Prostaglandines, thromboxane et leucotriènesAction anti-inflammatoire et immunosuppressive plus large

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1. Après une agression cellulaire, quelle voie métabolique transforme l’acide arachidonique en leucotriènes ?

2. Quelle différence pharmacologique distingue principalement les AINS des corticoïdes dans la cascade de l’acide arachidonique ?

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Que libère une agression cellulaire à partir des phospholipides membranaires ?

L'acide arachidonique.

Par quelle enzyme l'acide arachidonique est-il métabolisé en prostaglandines ?

Par la cyclo-oxygénase.

Quels produits sont formés par la cyclo-oxygénase à partir de l'acide arachidonique ?

Les prostaglandines, la prostacycline et le thromboxane A2.

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