Fiche de révision : Psychopathologie des troubles anxieux

Plan du Cours

  1. Peur et anxiété
  2. Dimensions de l’anxiété
  3. Troubles anxieux principaux
  4. Obsessions, compulsions et TOC
  5. Glossaire clinique
  6. Fonctionnement névrotique
  7. Signal d’angoisse chez Freud
  8. Mécanismes de défense
  9. Modèles comportementaux et cognitifs
  10. Diagnostics différentiels

1. Peur et anxiété

Notions clés & Définitions

  • Peur : Réaction à un danger perçu comme immédiat, qui mobilise l’organisme et peut le protéger même lorsqu’elle est intense.

★ À maîtriser

  • Face à une menace, l’amygdale repère les signaux menaçants, l’hypothalamus et le tronc cérébral mobilisent les systèmes de défense, puis le système nerveux sympathique prépare le corps à agir par les réponses de freeze, fight ou flight.

📌 L’anticipation d’une menace peut être utile, mais elle devient coûteuse lorsqu’elle est envahissante et empêche d’agir.

  • La réponse d’alarme devient problématique lorsqu’elle est excessive, persistante ou peu adaptée à la situation, et son importance clinique dépend de la place qu’elle prend dans la vie et de la liberté qu’elle laisse au sujet.

Compléments

  • La peur est une réponse issue de l’histoire évolutive et de l’apprentissage, et les mécanismes favorisant les réponses protectrices ont pu être sélectionnés au cours de l’évolution. - LeDoux, 2012

  • Les menaces quotidiennes peuvent concerner des enjeux sociaux tels que le jugement, le ridicule ou l’exclusion, qui activent les systèmes d’alarme et de protection.

Astuce mémo

Peur : danger immédiat ; anxiété : menace possible, future ou incertaine

2. Dimensions de l’anxiété

★ À maîtriser

  • Sur le plan cognitif, l’attention anxieuse se fixe sur ce qui pourrait mal se passer et le sujet anticipe, surveille et recherche des indices de danger.

  • Les conduites anxieuses peuvent prendre la forme d’évitement, de fuite, de préparation excessive ou de recherche de garanties, sans être toujours manifestes.

Compléments

  • Les réponses corporelles anxieuses peuvent comprendre des palpitations, des tremblements, des sueurs, une respiration rapide et une tension musculaire, avec des variations selon les individus.

  • La réponse corporelle à la menace est décrite par les trois F : freeze, fight et flight. - Cannon, 1914

  • Un fonctionnement apparemment préservé n’exclut pas un coût psychique important.

3. Troubles anxieux principaux

Notions clés & Définitions

  • Trouble anxieux généralisé : Caractérisé par des inquiétudes excessives, difficiles à contrôler, concernant plusieurs domaines de la vie, une inquiétude pouvant en remplacer une autre lorsqu’elle s’apaise.
  • Attaque de panique : Montée soudaine de peur ou de malaise intense, qui atteint son maximum en quelques minutes.
  • Phobie spécifique : La phobie spécifique est une peur ou une anxiété importante centrée sur un élément précis, comme un animal, un élément naturel, le sang ou les injections, une situation ou un événement tel que vomir ou s’étouffer.
  • Anxiété sociale : L’anxiété sociale est une peur ou une anxiété importante dans une ou plusieurs situations où la personne peut être observée par autrui, notamment lors d’interactions sociales ou d’une prestation.
  • Agoraphobie : L’agoraphobie est une peur liée à la crainte de ne pas pouvoir partir facilement ou obtenir de l’aide si des symptômes surviennent dans certaines situations.

★ À maîtriser

📌 La crainte centrale porte sur un objet ou une situation spécifique dans la phobie, sur une nouvelle crise et ses conséquences dans le trouble panique, sur l’impossibilité de s’échapper ou d’obtenir de l’aide dans l’agoraphobie, et sur l’évaluation négative dans l’anxiété sociale.

  • Les symptômes associés possibles sont :

    • agitation ou sensation d’être à bout
    • fatigabilité
    • difficultés de concentration
    • irritabilité
    • tension musculaire
    • troubles du sommeil
  • Une attaque de panique comporte au moins 4 des 13 symptômes suivants : palpitations ou accélération du rythme cardiaque, transpiration, tremblements ou secousses musculaires, manque d’air ou souffle coupé, sensation d’étranglement, douleur ou inconfort thoracique, nausées ou gêne abdominale, vertiges ou impression de s’évanouir, frissons ou chaleur, engourdissements ou fourmillements, déréalisation ou dépersonnalisation, peur de perdre le contrôle ou de devenir fou, et peur de mourir.

📌 Le trouble panique se caractérise par des attaques répétées et inattendues, suivies pendant au moins un mois d’inquiétudes persistantes concernant de nouvelles attaques ou leurs conséquences, ou d’un changement important et inadapté du comportement pour les éviter.

  • Dans l’anxiété sociale, la crainte centrale est d’agir ou de montrer des signes d’anxiété qui entraîneraient un jugement négatif, par exemple être humilié, rejeté ou paraître ridicule.

  • Les situations concernées sont :

    • transports
    • lieux ouverts
    • espaces clos
    • files d’attente ou foules
    • sortie seule du domicile

Compléments

  • Le diagnostic de trouble anxieux généralisé requiert une souffrance et une altération du fonctionnement, ainsi que l’examen et l’exclusion d’autres explications possibles.

  • Le diagnostic de trouble panique exige d’exclure les substances, les causes médicales et les autres explications, et suppose une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement.

  • Dans la phobie spécifique, la confrontation à l’objet déclenche presque toujours une peur ou une anxiété immédiate, entraînant évitement actif ou présence coûteuse, et la réaction est disproportionnée au danger réel compte tenu du contexte socioculturel.

  • La peur, l’anxiété ou l’évitement de la phobie spécifique durent généralement six mois ou plus et entraînent une souffrance ou un retentissement significatif, après exclusion d’autres explications.

  • Dans l’anxiété sociale, les situations redoutées déclenchent presque toujours une peur ou une anxiété, sont évitées ou supportées avec une forte anxiété, et la réaction est disproportionnée à la menace réelle compte tenu du contexte socioculturel.

4. Obsessions, compulsions et TOC

Notions clés & Définitions

  • Obsession : Une obsession est une pensée, une image ou une impulsion récurrente, intrusive et non souhaitée, qui suscite anxiété et détresse et que le sujet peut tenter de supprimer, d’ignorer ou de neutraliser.
  • Compulsion : Une compulsion est un comportement ou un acte mental répétitif que la personne se sent poussée à accomplir en réponse à une obsession ou selon des règles rigides, afin de réduire l’angoisse ou de prévenir une catastrophe.
  • Tics : Les tics sont des mouvements ou des sons soudains, rapides, répétés et non rythmiques, difficiles à contrôler, qui peuvent être moteurs ou vocaux.

★ À maîtriser

📌 Le trouble obsessionnel compulsif comporte des obsessions, des compulsions ou les deux, et ses manifestations prennent beaucoup de temps, notamment une heure par jour, ou causent une souffrance importante ou une perturbation du fonctionnement quotidien.

Compléments

  • Les thèmes obsessionnels possibles comprennent :
    • la contamination
    • la responsabilité d’un dommage
    • le doute
    • la sexualité
    • la religion

📌 La compulsion est souvent excessive et n’a pas de lien réaliste avec ce qu’elle est censée empêcher ; elle peut être un geste visible ou un rituel mental.

📌 Le diagnostic de trouble obsessionnel compulsif n’exige pas de durée minimale et suppose d’exclure les substances et les autres causes médicales.

  • L’insight précise le degré de conscience des troubles et la conviction que les croyances liées au trouble obsessionnel compulsif sont vraies.

5. Glossaire clinique

Notions clés & Définitions

  • Hypervigilance : L’hypervigilance est une attention accrue aux signes possibles de menace, comme scruter les réactions d’un groupe pour repérer un sourire supposé moqueur.
  • Anticipation anxieuse : L’anticipation anxieuse est une inquiétude précédant la situation redoutée, comme ne plus dormir plusieurs jours avant une réunion.
  • Évitement : L’évitement consiste à ne pas entrer dans une situation ou à la quitter afin de réduire la peur, comme renoncer au métro et marcher une heure.
  • Comportement de sécurité : Un comportement de sécurité est une précaution destinée à empêcher le danger redouté ou à rendre la situation supportable, comme ne sortir qu’accompagné ; sa fonction et son coût doivent être évalués, car toute aide n’entretient pas le trouble.
  • Réassurance : La réassurance est la recherche d’une confirmation que le danger n’existe pas, par exemple demander plusieurs fois si une porte est bien fermée, et le soulagement obtenu peut être très bref.
  • Insight : L’insight est le degré de conscience du caractère problématique ou éventuellement excessif de son expérience, qui varie selon les personnes et dans le temps.
  • Égodystonie : Une expérience égodystonique est vécue comme contraire à ses valeurs ou à ses souhaits ; être terrifié par une pensée violente que l’on ne veut pas mettre en acte ne signifie pas l’attribuer à une force extérieure.
  • Angoisse : L’angoisse est un vécu de malaise ou de menace souvent décrit comme envahissant, avec une oppression ou une tension corporelle.
  • Stress : Le stress est une réponse de l’organisme à des contraintes ou à des demandes qui mobilisent, voire dépassent, les ressources que la personne perçoit.

★ À maîtriser

📌 La peur répond à un danger perçu comme immédiat, tandis que l’anxiété anticipe une menace possible, future ou incertaine.

Compléments

📌 La dépersonnalisation est l’impression de ne pas être dans son corps, tandis que la déréalisation est l’impression que l’environnement paraît irréel ; ces expériences peuvent apparaître lors d’une forte anxiété et être reconnues comme des impressions.

6. Fonctionnement névrotique

Notions clés & Définitions

  • Fonctionnement névrotique : Le fonctionnement névrotique organise la vie psychique autour de conflits internes, avec un rapport à la réalité globalement préservé et des conflits ordinaires entre mouvements psychiques opposés.

★ À maîtriser

  • Lorsque les possibilités de reconnaître ou d’élaborer les conflits internes se réduisent, ceux-ci deviennent coûteux et un symptôme peut prendre une place importante comme formation de compromis, traitant le conflit de façon détournée et protégeant partiellement le sujet.

Compléments

  • Les instances psychiques sont : le Ça, pôle pulsionnel, le Surmoi, ensemble des interdits et exigences intériorisés, le Moi, qui compose avec ces exigences, les mouvements pulsionnels et la réalité

📌 Les catégories du DSM et les modèles psychanalytiques ne correspondent pas terme à terme.

7. Signal d’angoisse chez Freud

★ À maîtriser

📌 Freud distingue en 1926 l’angoisse-signal, qui alarme le Moi avant qu’il soit débordé afin qu’il mobilise des défenses psychiques, de l’angoisse automatique ou débordante, qui survient lorsque les capacités de liaison et de traitement sont dépassées.

Compléments

  • L’angoisse peut déclencher une défense psychique, notamment le refoulement. - Freud, 1926

Astuce mémo

L’angoisse-signal mobilise ; l’angoisse débordante submerge

8. Mécanismes de défense

Notions clés & Définitions

  • Mécanisme de défense : Les mécanismes de défense sont des opérations psychiques le plus souvent inconscientes qui modulent une tension ou un conflit et font partie du fonctionnement ordinaire ; leur souplesse et leur coût doivent être examinés.
  • Refoulement : Le refoulement maintient hors de la conscience des représentations liées à des mouvements pulsionnels incompatibles avec les exigences du sujet.
  • Déplacement : Le déplacement transfère une intensité affective ou un investissement d’une représentation vers une autre.
  • Isolation : L’isolation sépare une représentation de l’affect qui lui est associé ou de ses liens avec d’autres pensées.
  • Annulation rétroactive : L’annulation rétroactive est une tentative d’effacer psychiquement une pensée ou un acte par une autre opération, dont le lien avec la compulsion relève d’un rapport entre fonction défensive et phénomène clinique.

9. Modèles comportementaux et cognitifs

Notions clés & Définitions

  • Accommodation familiale : L’accommodation familiale désigne l’adaptation du fonctionnement de l’entourage aux symptômes.

★ À maîtriser

  • Dans le conditionnement classique, une expérience désagréable est associée à une situation, qui devient alors un signal de danger et peut susciter une peur apprise.

  • L’évitement peut maintenir la peur parce qu’il réduit l’angoisse à court terme, ce soulagement renforçant l’évitement et rendant sa répétition plus probable ; cette augmentation d’un comportement par la réduction d’un état désagréable est un renforcement négatif.

  • Dans le modèle cognitif de la panique de Clark, les sensations corporelles sont interprétées de façon catastrophique, ce qui augmente la peur, accentue les sensations et semble confirmer le danger ; le travail thérapeutique examine ces interprétations et les réponses qui entretiennent la boucle. - A cognitive approach to panic, 1986

  • Dans le modèle cognitif du TOC, l’interprétation de la pensée intrusive, notamment la responsabilité qui lui est attribuée, peut entretenir le trouble ; les tentatives de neutralisation par vérification, formule ou réassurance soulagent temporairement, encouragent leur répétition et laissent le doute réapparaître. - Salkovskis, Obsessional-compulsive problems: A cognitive-behavioural analysis, 1985

Compléments

📌 L’approche psychodynamique interroge le sens et la fonction du symptôme, l’ambivalence et la culpabilité, tandis que la lecture cognitive examine l’interprétation de la pensée et la recherche de garanties.

Astuce mémo

Danger anticipé → angoisse → évitement → soulagement → évitement renforcé

10. Diagnostics différentiels

★ À maîtriser

📌 Le TOC se définit par des obsessions et/ou des compulsions invalidantes, tandis qu’un fonctionnement de personnalité obsessionnelle-compulsive correspond plutôt à un mode durable de perfectionnisme, d’ordre et de contrôle au détriment de la souplesse.

Compléments

  • Les troubles anxieux et dépressifs peuvent tous deux comporter des troubles du sommeil, des difficultés de concentration et de la fatigue ; l’anhédonie et une modification durable de l’humeur orientent vers un trouble dépressif, et la nature des anticipations aide aussi à les différencier.

  • Dans une obsession, le sujet lutte contre la pensée et doute d’elle, même si son recul critique est faible ; l’évaluation d’une conviction délirante nécessite d’interroger la conviction, son évolution et les rituels qui lui sont liés.

  • Dans un trouble anxieux, la personne redoute une menace possible, tandis que dans l’état de stress post-traumatique, un événement traumatique vécu continue de s’imposer ; la distinction repose notamment sur le déclencheur et l’expérience du sujet.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Psychopathologie des troubles anxieux avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lorsqu’une menace est détectée, quelle séquence décrit la mobilisation de la réponse de défense ?

2. Dans quel cas une réponse d’alarme devient-elle cliniquement préoccupante ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Psychopathologie des troubles anxieux avec 10 flashcards interactives.

À quel type de danger immédiat la peur réagit-elle ?

À un danger perçu comme immédiat.

Quelle référence attribue à la peur une origine évolutive et liée à l’apprentissage ?

LeDoux, 2012.

Quelles réponses corporelles peuvent accompagner l’anxiété ?

Des palpitations, des tremblements, des sueurs, une respiration rapide ou une tension musculaire.

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