Fiche de révision : M4 - Risque infectieux au cabinet dentaire

M5 - Plan du Cours

  1. Définition du risque infectieux
  2. Agents infectieux et biofilm
  3. Risques liés au patient et aux soins
  4. Transmission et portes d’entrée
  5. Prévention du patient et vaccination
  6. Tenue professionnelle et EPI
  7. Hygiène des mains
  8. Lavage et friction des mains
  9. Prévention et conduite après AES
  10. Tri et traçabilité des déchets
  11. Bionettoyage des locaux et surfaces
  12. Traitement des dispositifs médicaux
  13. Fonctionnement et entretien de l’autoclave
  14. Tests de contrôle de l’autoclave
  15. Étapes du cycle de stérilisation
  16. Cas particuliers des instruments
  17. Maintenance et traçabilité

1. Définition du risque infectieux

Notions clés & Définitions

  • Risque infectieux : Probabilité d’être infecté par un agent pathogène pouvant être à l’origine d’une infection associée aux soins (IAS).

★ À maîtriser

  • En cabinet dentaire, les principales cibles d’une IAS forment le trinôme patient-praticien-assistant(e) dentaire.

Compléments

  • La survenue d’une IAS au cabinet dentaire est favorisée par la succession de patients dont l’état de santé et l’hygiène diffèrent, les tâches multiples et manipulations du personnel, les soins invasifs en cavité colonisée, l’exposition au sang, à la salive et aux liquides biologiques, ainsi que l’utilisation de matériel réutilisable.

2. Agents infectieux et biofilm

Notions clés & Définitions

  • Bactérie : Être vivant unicellulaire de petite taille, capable de se reproduire et de fabriquer des toxines responsables d’effets pathogènes.
  • Virus : Agent infectieux non cellulaire de structure simple, constitué d’un acide nucléique ADN ou ARN et d’une capside, parfois entourés d’une enveloppe lipoprotéique.
  • Biofilm microbien : Communauté de micro-organismes en contact avec une surface, majoritairement constituée de bactéries et pouvant servir de réservoir pathogène à l’origine d’IAS.
  • Champignon microscopique : Agent infectieux cellulaire représenté principalement par les levures unicellulaires et les moisissures pluricellulaires.

★ À maîtriser

  • Les bactéries se multiplient par scissiparité : elles doublent leur volume puis se divisent en deux bactéries identiques, en moyenne toutes les 20 minutes.

  • Les prions sont des protéines anormales principalement localisées dans le tissu nerveux et responsables d’encéphalopathies spongiformes transmissibles, dont la maladie de Creutzfeld-Jakob.

  • Les bactéries présentes dans un biofilm peuvent être 1000 fois plus résistantes aux produits désinfectants.

Compléments

📌 Les bactéries pathogènes spécifiques provoquent une infection, tandis que les bactéries commensales sont contrôlées par l’hôte et peuvent contribuer à la digestion ou empêcher l’implantation d’espèces pathogènes.

  • Les virus, parasites intracellulaires absolus, utilisent la cellule infectée pour produire de nouveaux virus par réplication.

  • La multiplication des champignons microscopiques nécessite :

    • de l’humidité
    • de la chaleur
    • la présence d’oxygène
  • Les champignons, majoritairement commensaux des flores cutanées et muqueuses, peuvent devenir opportunistes en cas d’affaiblissement de l’hôte, d’infection intercurrente ou de déséquilibre des flores d’origine hormonale ou médicamenteuse.

  • La maladie de Creutzfeld-Jakob est rare et non contagieuse mais transmissible ; 28 cas ont été diagnostiqués en France entre 1992 et 2019.

  • Un prion anormal peut modifier un prion normal par simple contact et entraîner une destruction neuronale progressive sans réaction inflammatoire ni immunitaire de l’hôte.

  • La pulpe dentaire humaine est concernée par le risque prion en raison de ses nerfs périphériques, considérés comme des tissus à faible infectiosité par l’OMS en 2003, de l’infectiosité observée chez certains animaux atteints d’EST et de la proximité de ces nerfs avec le système nerveux central.

📌 La lutte contre les biofilms impose d’agir rapidement et d’associer une action de détergence à une action désinfectante, car leur élimination devient plus difficile à mesure qu’ils se développent.

  • Les parasites comprennent notamment les vers, les agents responsables du paludisme et de la toxoplasmose, ainsi que les parasites de la peau et des phanères ; leurs voies d’entrée sont digestive, cutanée et muqueuse et leur transmission est le plus souvent oro-fécale ou par contact.

Astuce mémo

Adhésion microbienne → biofilm → réservoir pathogène

3. Risques liés au patient et aux soins

★ À maîtriser

📌 Le questionnaire médical permet d’évaluer le risque infectieux du patient et du personnel en repérant les maladies transmissibles et les états de santé ou traitements susceptibles de diminuer l’efficacité immunitaire du patient.

  • La cavité buccale héberge 500 à 700 espèces microbiennes, renouvelées en 2 heures, qui constituent une flore commensale propre à chacun et le biofilm buccal sous forme de dépôt mou adhérent.

  • Le caractère souvent invasif et traumatisant des soins dentaires, associé à la présence de sang et de salive, peut provoquer des infections locales ou à distance.

Compléments

  • La salive et le système immunitaire contrôlent la flore buccale, qui protège contre le développement de bactéries pathogènes.

  • Les facteurs pouvant rompre l’équilibre de la flore buccale sont :

    • l’alimentation
    • les médicaments
    • le tabac
    • une mauvaise hygiène bucco-dentaire
    • le port d’une prothèse
  • Les papilles de la langue, le sulcus et la dent sont des sites de colonisation protégés, et la salive peut contenir des agents infectieux transmissibles.

  • Les actes à faible risque sont :

    • les soins conservateurs
    • les extractions
    • l’anesthésie locale

4. Transmission et portes d’entrée

★ À maîtriser

  • La transmission par contact peut être directe, par des mains transitoirement contaminées, ou indirecte, par l’intermédiaire d’un matériel ou d’une surface souillée.
  • L’aérocontamination au cabinet dentaire se produit par : les gouttelettes émises lors de la parole, les gouttelettes émises lors de la toux, les gouttelettes émises lors des éternuements, les gouttelettes émises lors de la respiration, les aérosols de turbine, les aérosols de seringue air-eau

  • L’effraction infectieuse peut résulter d’actes invasifs ou d’une piqûre ou coupure lors d’un accident exposant au sang ou aux virus (AES/AEV).

Compléments

  • La connaissance des modes de transmission des agents infectieux permet de proposer des mesures préventives adaptées.

  • Les micro-organismes des gouttelettes et aérosols des soins dentaires peuvent rester en suspension de quelques secondes à plusieurs heures selon leur taille, puis se déposer sur les surfaces proches ou à plus de 1,5 mètre des patients et soignants.

  • Les portes d’entrée associées au contact sont la peau ou les muqueuses lésées, celles de l’aérocontamination sont les muqueuses nasale, buccale, bronchique et oculaire, et celles de l’effraction sont la peau et la muqueuse buccale.

5. Prévention du patient et vaccination

★ À maîtriser

  • La vaccination des personnels de santé vise à les protéger individuellement contre les risques professionnels et à éviter qu’ils contaminent leur entourage, en particulier les patients dont ils ont la charge.

  • Pour les assistant(e)s dentaires, la vaccination obligatoire contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite découle de l’arrêté paru au Journal officiel le 1er mars 2019 et applicable le 1er avril 2019 (décret n°2019-149).

  • Après la vaccination contre l’hépatite B, un taux d’anticorps anti-HBs supérieur à 10 UI/L indique une immunisation, tandis qu’un taux inférieur à 10 UI/L conduit à administrer une nouvelle dose ; si le taux reste insuffisant, le sujet est non-répondeur et nécessite une surveillance annuelle.

Compléments

  • Les bains de bouche peuvent réduire de 90 % la flore commensale du patient.

  • Les lunettes de protection protègent le patient des aérosols et des projections.

  • La friction hydro-alcoolique contribue à prévenir la transmission manuportée, à l’origine de 80 % des IAS selon le rappel du cours.

📌 Le décret n°2023-368 du 13 mai 2023 suspend l’obligation vaccinale contre la Covid19 applicable aux professionnels de santé, y compris les étudiants.

  • La vaccination contre la tuberculose n’est plus obligatoire depuis un décret de 2019, mais reste recommandée si le médecin du travail identifie un risque élevé d’exposition ; la vaccination contre la grippe et la mise à jour des vaccinations contre la rougeole, la rubéole et la coqueluche sont recommandées.

  • Le schéma classique de vaccination contre l’hépatite B comprend trois injections à M0, M1 et M6.

  • Le schéma accéléré de vaccination contre l’hépatite B comprend trois injections à J0, J7 et J21, puis une injection à M12.

📌 Le calendrier vaccinal DTP prévoit un rappel tous les 20 ans à partir de 25 ans et tous les 10 ans à partir de 65 ans.

6. Tenue professionnelle et EPI

★ À maîtriser

  • La tenue professionnelle vise à limiter la contamination du personnel par le patient et celle du patient par le personnel ; elle comprend les vêtements et chaussures ainsi que les EPI.

  • Les EPI doivent porter le marquage CE et être accompagnés d’informations sur leurs conditions d’utilisation et de conservation ; certains, comme les masques et les gants, comportent une date limite d’utilisation.

  • Le masque chirurgical de type IIR protège le patient, le site opératoire et le matériel, tandis que le masque FFP2 protège aussi son porteur contre l’inhalation d’agents infectieux transmis par voie aérienne.

  • Les gants à usage unique sont utilisés pour les soins standards et la mise en sachet des instruments, les gants stériles pour les soins invasifs chirurgicaux et la préparation des tables d’instrumentation, et les gants épais pour l’entretien, le tri des déchets et la manipulation ou le nettoyage des instruments souillés.

  • Les gants à usage unique sont changés à chaque patient, changement de tâche ou détérioration ; l’hygiène des mains est nécessaire avant et après leur port, et l’étanchéité des gants diminue après 20 à 30 minutes d’utilisation.

Compléments

  • Les prérequis au port de la tenue professionnelle sont :
    • cheveux attachés
    • ongles courts sans vernis ni faux-ongles
    • mains et poignets sans bijoux
    • hygiène des mains
    • vaccination à jour

📌 La blouse professionnelle doit avoir des manches courtes ; son lavage à au moins 60 °C est préconisé, son changement est recommandé quotidiennement et l’entretien domestique est déconseillé.

  • À la prise de poste, le professionnel retire ses vêtements de ville et ses bijoux, attache ses cheveux et vérifie ses ongles, retire ses chaussures de ville, effectue une hygiène des mains, revêt sa tenue en terminant par les chaussures, effectue une nouvelle hygiène des mains puis met ses EPI.

  • Le port continu est limité à 4 heures pour le masque chirurgical et à 8 heures pour le masque FFP2 ; un test d’ajustement du FFP2 doit garantir un taux de fuite inférieur à 8 %.

  • Les lunettes de protection, visières ou masques chirurgicaux à visière intégrée sont recommandés en salle de soins, en salle de stérilisation et lors des actes ou tâches générant des projections ou une exposition aux aérosols ; les lunettes médicales ne sont pas des dispositifs de protection.

  • Les gants stériles sont changés pour chaque patient, en cas de détérioration ou après contact avec une surface non stérile ; leur port nécessite une hygiène chirurgicale préalable des mains.

  • Les gants épais utilisés pour l’entretien et le nettoyage des instruments doivent être nettoyés régulièrement à l’extérieur à l’eau et au savon, puis rincés à l’intérieur à l’eau.

  • Les éléments non stériles sont :

    • les surchaussures
    • le calot ou la charlotte
    • le masque chirurgical
    • la protection oculaire

7. Hygiène des mains

★ À maîtriser

  • Les mains portent entre 1 et 100 millions d’agents microbiens répartis entre une flore résidente et une flore transitoire, responsables de 80 % des IAS.

📌 La flore résidente est propre à chaque individu, peu virulente et renouvelable, tandis que la flore transitoire est acquise dans l’environnement ou auprès des patients et est plus virulente.

  • L’hygiène des mains limite la transmission d’agents infectieux :
    • du patient au soignant
    • du soignant au patient
    • de l’environnement au patient
    • de l’environnement au soignant

Compléments

  • Les prérequis à l’hygiène des mains sont :

    • ongles courts sans vernis ni résine
    • absence de bijoux aux mains et aux poignets
    • manches courtes
  • Le lavage simple vise à éliminer les salissures par action mécanique et à réduire la flore transitoire ; il utilise un savon doux domestique.

  • Le lavage hygiénique vise à éliminer la flore transitoire et à réduire la flore commensale, avec un savon antiseptique.

  • Le lavage chirurgical vise à éliminer la flore transitoire et à réduire la flore commensale pendant la durée de l’intervention, avec un savon antiseptique.

  • Le lavage simple ou hygiénique comprend le mouillage des mains, l’application d’une dose de savon, le frottage des mains jusqu’aux poignets en insistant sur les ongles, les espaces interdigitaux, le pouce et le dos des mains, le rinçage abondant puis le séchage par tamponnement des doigts vers les poignets avec une serviette à usage unique.

  • Le lavage chirurgical comprend un lavage hygiénique des mains, des poignets et des avant-bras sans séchage en gardant les mains et avant-bras au-dessus des coudes, le brossage des ongles et le frottage des mains avec le côté mousse imprégnée de savon antiseptique, puis un nouveau lavage et un séchage individualisé du bout des doigts vers l’avant-bras avec une serviette stérile à usage unique.

  • Un poste de lavage des mains efficace comporte : un lavabo suffisamment grand, une robinetterie à commande non manuelle, un distributeur mural de savon liquide, un distributeur mural de serviettes à usage unique, une poubelle à commande non manuelle

  • Les produits hydro-alcooliques doivent respecter les normes de bactéricidie NF EN 13727, de fongicidie NF EN 13624 avec activité levuricide sur Candida albicans et de virucidie NF EN 14476, en conditions de propreté.

8. Lavage et friction des mains

Notions clés & Définitions

  • Friction hydro-alcoolique : Désinfection des mains sans eau, réalisée avec un produit hydro-alcoolique en gel ou en solution, sans essuyage.

★ À maîtriser

📌 La friction hygiénique élimine la flore transitoire et réduit la flore commensale, tandis que la friction chirurgicale élimine la flore transitoire et réduit temporairement la flore commensale.

  • Pour une friction hygiénique, prendre une dose suffisante et frotter les mains jusqu’aux poignets, en insistant sur le pourtour des ongles, les espaces interdigitaux, la colonne du pouce et le dos de la main, jusqu’à disparition du produit.

📌 La friction alcoolique est indiquée lorsque les mains sont visuellement propres, sèches, sans souillure organique et sans talc ni poudre ; après un nombre limité d’applications successives, le film formé nécessite un lavage détergent.

  • La friction chirurgicale comprend un lavage simple jusqu’aux avant-bras avec brossage des ongles et séchage soigneux, une première friction des mains, poignets, avant-bras et coudes, puis, après séchage complet, une deuxième friction des mêmes zones.

Compléments

  • L’avis du CTIN du 5 décembre 2001 recommande de réaliser une friction des mains avec une solution hydro-alcoolique en remplacement du lavage des mains. - Comité Technique des Infections Nosocomiales

  • Les produits hydro-alcooliques doivent être bactéricides, virucides et fongicides, notamment levuricides, et conformes à la norme EN 12791.

📌 Un flacon de produit hydro-alcoolique est conservé au maximum un mois après son ouverture, et son volume non rechargeable est adapté à l’activité pour respecter la date de péremption.

📌 La friction chirurgicale nécessite un délai de latence de 10 minutes entre le lavage et la première friction, des distributeurs de produit hydro-alcoolique à commande non manuelle associés à une minuterie, et le port du calot ou de la charlotte, des lunettes et du masque avant la friction.

Astuce mémo

Mains propres et sèches : friction ; mains souillées ou poudrées : lavage.

9. Prévention et conduite après AES

Notions clés & Définitions

  • AES ou AEV : Tout contact avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang, avec effraction cutanée par piqûre ou coupure, projection sur une muqueuse ou contact avec une peau lésée.

★ À maîtriser

📌 La prévention des AES repose notamment sur le port d’EPI adaptés au risque, l’absence de recapuchonnage des aiguilles, l’utilisation d’une encoche OPCT ou d’une précelle pour les désadapter, le placement du collecteur au plus près du soin et le traitement rapide du matériel et des déchets souillés.

  • Après une piqûre, une coupure ou un contact avec une peau lésée, arrêter l’activité, ne pas faire saigner, nettoyer à l’eau et au savon, puis désinfecter par trempage au moins 5 minutes dans une solution chlorée type Dakin, de l’alcool à 70° ou de la Bétadine ; après une projection oculaire ou muqueuse, rincer au moins 5 minutes avec au moins 250 ml d’eau ou de sérum physiologique.

  • Après les soins immédiats, rechercher le statut sérologique VIH, VHC et VHB du patient-source selon qu’il est identifié et selon son statut, contacter un médecin référent pour évaluer le risque, puis assurer la déclaration, le suivi médical et l’analyse des causes.

📌 Un traitement post-exposition peut être proposé et doit idéalement débuter dans les 4 heures, au plus tard dans les 48 heures ; il est prescrit pour 48 à 96 heures avant une nouvelle consultation avec le médecin référent.

📌 L’accident du travail doit être déclaré par l’employé à l’employeur dans les 24 heures et par l’employeur à la CPAM dans les 48 heures.

Compléments

  • L’évaluation du risque prend en compte :

    • Le type d’exposition.
    • La profondeur de la blessure.
    • Le type d’aiguille ou de matériel mis en cause.
    • La nature du liquide biologique.
    • Le statut sérologique et clinique du patient-source.
  • Le suivi clinique et biologique de la personne exposée est réalisé à J0, M1 et M3.

Astuce mémo

Soigner, évaluer, contacter, déclarer, suivre, prévenir.

10. Tri et traçabilité des déchets

★ À maîtriser

  • Les DASRI comprennent les déchets mous potentiellement souillés par du sang ou un liquide biologique contaminé, les OPCT sont les matériels et matériaux piquants ou coupants destinés à l’abandon, les DRCT comprennent notamment les déchets mercuriels et d’amalgame, et les DAOM sont les déchets mous non contaminés.

  • Le praticien est responsable de ses déchets depuis leur production jusqu’à leur traitement final, et les DASRI doivent être triés, conditionnés et éliminés dans une filière spécifique. - Code de la Santé Publique

  • Les DASRI produits à moins de 5 kg par mois peuvent être stockés au maximum 3 mois à l’abri de la chaleur, tandis qu’une production de 5 à 15 kg par mois doit être stockée au maximum 1 mois dans un local spécifique, signalé, fermé, ventilé, éclairé et lavable.

Compléments

  • Les conteneurs DASRI répondent à la norme NF X 30-501 ou 50, les collecteurs OPCT à la norme NF X30-500 et les conteneurs DRCT à la norme NF X 30-502.

📌 Les bordereaux, bons de prise en charge et états récapitulatifs relatifs à la gestion des déchets sont conservés pendant 3 ans et tenus à disposition des autorités compétentes. - La lettre – Conseil de l’Ordre, Décembre 2017

  • Les DAOM suivent la filière des ordures ménagères, tandis que les DASRI et OPCT sont éliminés par une entreprise compétente agréée et que les DRCT sont traités thermiquement ou physico-chimiquement avant stockage.

11. Bionettoyage des locaux et surfaces

★ À maîtriser

  • L’efficacité du bionettoyage dépend de :

    • L’action mécanique lors du nettoyage.
    • L’action chimique d’un produit normalisé.
    • L’action de la chaleur, qui favorise le nettoyage.
    • Le respect du temps de contact préconisé.
  • Les locaux du cabinet sont classés en trois zones :

    • Zone 1 à risque faible : hall, couloirs, escaliers et secrétariat.
    • Zone 2 à risque modéré : salle d’attente, bureau et salle de stérilisation.
    • Zone 3 à risque élevé : salle de soins, salle de chirurgie et sanitaires.
  • La zone 1 bénéficie d’un nettoyage domestique quotidien avec un produit détergent, la zone 2 d’un bionettoyage quotidien avec un produit détergent-désinfectant et la zone 3 d’un bionettoyage plusieurs fois par jour avec un produit détergent-désinfectant.

  • Le matin, aérer la salle de soins 15 minutes, purger les équipements au moins 5 minutes à la mise en route, puis désinfecter les surfaces et poser les protections à usage unique ; entre les patients, purger 20 à 30 secondes et nettoyer-désinfecter les surfaces exposées ; le soir, purger les circuits d’eau, aspirer une solution désinfectante et traiter les surfaces, les plans de travail et les sols.

Compléments

📌 Le nettoyage se fait du plus propre vers le plus sale et du haut vers le bas ; les surfaces doivent être désencombrées et l’eau adoucie possède un pouvoir détergent supérieur.

  • La traçabilité de l’entretien peut indiquer :
    • La date et l’heure.
    • La fréquence.
    • La zone concernée.
    • Le type de nettoyage.
    • L’identité de l’opérateur.

Astuce mémo

Plus le risque infectieux augmente, plus le nettoyage est fréquent.

12. Traitement des dispositifs médicaux

Notions clés & Définitions

  • Stérilisation : Procédé qui rend un produit exempt de tout agent microbien, y compris les spores, sans garantir l’inactivation des prions, et permet de conserver l’état stérile pendant une durée précisée.

★ À maîtriser

📌 Il est interdit de restériliser les dispositifs médicaux à usage unique. - CSP

📌 Selon la classification de Spaulding, un dispositif critique entre en contact avec le tissu dentaire, l’os ou une muqueuse effractée, un dispositif semi-critique avec une muqueuse sans effraction, la salive ou une peau lésée, et un dispositif non critique avec une peau saine.

  • Le traitement des dispositifs médicaux comprend la pré-désinfection, qui diminue les salissures et la charge microbienne, le nettoyage, qui élimine les salissures et réduit encore la charge microbienne, la désinfection, qui réduit davantage cette charge, puis la stérilisation, qui l’élimine si les traitements précédents ont été correctement réalisés.

  • Le niveau d’assurance de stérilité requis est de 10⁻⁶, soit une probabilité d’un article non stérile par million d’unités traitées.

📌 La stérilisation est soumise à une obligation de résultat et ne concerne que des dispositifs propres et secs ; son efficacité exige des contrôles et une traçabilité depuis le conditionnement jusqu’à la réutilisation, ainsi que l’affichage du cycle de stérilisation.

Compléments

📌 Le bas niveau de désinfection est bactéricide, le niveau intermédiaire est bactéricide, virucide, fongicide et tuberculocide, et le haut niveau possède également une activité mycobactéricide et sporicide.

  • Les désinfectants doivent être utilisés en respectant leur date limite d’utilisation, leur dilution, leur temps de contact, la fréquence de renouvellement du bain et leurs conditions de conservation ; il faut rincer abondamment, ne pas mélanger les produits ni les transvaser et les conserver dans leur contenant d’origine.

  • Le nettoyage par ultrasons est efficace pour les dispositifs creux, tubulaires, articulés, striés ou de forme complexe, mais les ultrasons ne sont pas efficaces sur les polymères et les matériaux tendres et doivent alors être couplés à un nettoyage manuel.

  • Le lavage en autolaveur ou laveur-désinfecteur est à privilégier car il est reproductible et traçable, et un laveur-désinfecteur réalise un lavage par aspersion à 55 °C pendant 5 minutes puis une désinfection thermique à 93 °C pendant 5 minutes.

📌 Les sachets ou gaines de conditionnement sont remplis à 70 %, doivent permettre le passage de l’agent stérilisant et le maintien de l’état stérile, et leur ouverture se fait par pelage dans le sens indiqué ; après lavage, le conditionnement doit être réalisé dans un délai maximal de 48 heures, sinon le dispositif doit être relavé.

  • Les stérilisateurs doivent être qualifiés par un organisme agréé lors de leur installation puis annuellement, faire l’objet d’un cahier de maintenance, et être requalifiés en cas de changement du type d’emballage.

Astuce mémo

Pré-désinfecter, nettoyer, désinfecter, stériliser.

13. Fonctionnement et entretien de l’autoclave

★ À maîtriser

  • La stérilisation par vapeur d’eau saturée, ou chaleur humide, est la méthode de référence en stérilisation.

  • 🔄 Le cycle de l’autoclave suit trois étapes :

    1. Prétraitement alternant vide pour éliminer l’air de la cuve et injection de vapeur
    2. Plateau de stérilisation
    3. Séchage par purge de la vapeur et retour à la pression atmosphérique
  • Le plateau de stérilisation utilise de la vapeur saturée à 134 °C pendant 18 minutes sous une pression de 2,3 bar.

Compléments

📌 La température étant déterminée par la pression, il faut augmenter la pression au-dessus de la pression atmosphérique pour obtenir une température supérieure à 100 °C.

📌 Les courbes de température et de pression du plateau doivent être conformes à celles du diagramme obtenu lors de la qualification opérationnelle de l’autoclave.

  • L’entretien de l’autoclave comprend :
    • Le nettoyage et la désinfection quotidiens de l’extérieur
    • Le graissage régulier des pièces mobiles
    • Le nettoyage hebdomadaire de la cuve à l’eau déminéralisée ou à l’alcool
    • Le changement trimestriel des filtres

Astuce mémo

Prétraitement, plateau, séchage : l’air sort, la vapeur stérilise, puis la cuve sèche.

14. Tests de contrôle de l’autoclave

★ À maîtriser

  • Le test d’étanchéité ou test vide (Vacuum-test) se réalise à froid avant toute charge, quotidiennement ou au minimum une fois par semaine.

  • Le test Bowie-Dick contrôle la pénétration de la vapeur dans les charges poreuses, tandis que le test Helix la contrôle dans les charges creuses et est à privilégier pour les dispositifs médicaux dentaires.

  • Le test de pénétration est inutile si le test d’étanchéité a échoué, et l’autoclave ne doit être utilisé qu’après validation des tests.

Compléments

  • Une fuite détectée par le test d’étanchéité peut altérer la pénétration et la température de la vapeur et entraîner un risque de contamination pendant le séchage.

  • Le test Bowie-Dick utilise plusieurs épaisseurs de feuilles de papier avec un réactif central qui change de couleur sous l’effet de l’agent stérilisant, de la température et du temps.

  • Le test Helix utilise un tube plastique enroulé de 1,5 mm de diamètre et de 1,50 m de longueur, relié à une capsule étanche contenant un indicateur physico-chimique.

📌 Les tests Bowie-Dick et Helix sont soumis à un cycle de 134 °C pendant 3 minutes 30 secondes.

  • Le test PRION ou bandelette intégrateur est un indicateur physico-chimique de la température, du temps d’exposition et de la présence de vapeur, placé seul dans un sachet au milieu de chaque charge ou dans un container.

Astuce mémo

Bowie-Dick pour les poreux, Helix pour les corps creux.

15. Étapes du cycle de stérilisation

★ À maîtriser

  • La pré-désinfection vise à réduire la population microbienne, faciliter le nettoyage ultérieur et protéger l’assistant dentaire.

  • Le nettoyage vise à éliminer les souillures susceptibles de servir de substrat aux micro-organismes ou de gêner la stérilisation, et les instruments doivent être vérifiés pour l’absence de dépôts.

  • Le conditionnement doit avoir lieu au maximum 48 heures après le lavage ; au-delà, le dispositif doit être relavé, tandis qu’en deçà il doit être protégé en attente.

  • Les tests à vide et de pénétration de vapeur doivent être effectués chaque matin avant toute charge, au minimum une fois par semaine ou toutes les six charges.

  • La libération d’une charge nécessite les vérifications suivantes :

    • Le bon déroulement du cycle
    • Le virage des indicateurs de passage sur le conditionnement
    • L’intégrité et la siccité des sachets
    • L’adéquation entre la charge et le cycle
    • La température, le temps et la pression
    • Le virage des tests physico-chimiques

📌 Chaque sachet porte la date et le numéro du cycle ainsi que sa date limite d’utilisation, fixée à 3 mois au maximum pour un sachet simple et à 6 mois au maximum pour un double sachet.

Compléments

📌 Lors de la pré-désinfection, le bain est changé une fois par jour ou s’il est très sale, le produit est versé dans l’eau et non l’inverse, et les instruments sont entièrement immergés, articulés ouverts et démontés si nécessaire.

📌 Le rinçage après lavage manuel ou nettoyage par ultrasons classiques se fait à l’eau déminéralisée pour limiter les dépôts de sels minéraux générateurs de corrosion.

  • Le nettoyage par ultrasons s’effectue dans une solution détergente-désinfectante à 30–45 °C, avec instruments immergés, articulés ouverts et éléments démontables séparés, et doit être couplé au nettoyage manuel.

  • Après le séchage, les instruments endommagés ou corrodés sont mis de côté, les instruments insuffisamment nettoyés sont repris manuellement, et le bon fonctionnement, le bon état et le remontage du matériel sont vérifiés.

  • Les sachets doivent être adaptés à la taille du dispositif, avec deux doigts d’espace en haut et en bas et un doigt de chaque côté, une soudure de 8 mm sans cheminée et une protection des parties piquantes ou tranchantes.

  • Le chargement de l’autoclave ne doit pas être surchargé ; les sachets ne se touchent pas et ne se superposent pas, le côté papier est orienté vers le haut, les dispositifs lourds sont placés en bas et les dispositifs creux positionnés pour éviter l’humidité résiduelle.

  • Une bandelette intégrateur est placée à l’intérieur de chaque boîte de chirurgie.

📌 Après la sortie de cuve, il faut attendre plusieurs minutes avant de contrôler la siccité, car une condensation due au changement de température peut mouiller un sachet et le rendre non conforme.

  • Le cahier de stérilisation consigne :
    • La date et l’heure
    • L’identification de l’autoclave
    • Le numéro et le type de cycle ou le ticket délivré par l’autoclave
    • Les tests réalisés
    • La composition de la charge
    • L’identité du responsable de la libération

📌 Les dispositifs médicaux sont stockés au sec, à l’abri de la poussière et de la lumière, de préférence dans des tiroirs ou armoires fermés hors des salles de soins et de stérilisation, selon la méthode FIFO.

Astuce mémo

Pré-désinfecter, rincer, nettoyer, sécher, emballer, stériliser, contrôler, stocker.

16. Cas particuliers des instruments

★ À maîtriser

  • Les automates pour porte-instruments rotatifs peuvent assurer la désinfection, le nettoyage et le graissage, mais leur stérilisation n’est pas valide lorsque le dispositif n’est pas emballé.

📌 Après pré-désinfection, rinçage et nettoyage, les instruments thermosensibles subissent une désinfection par trempage d’au moins 30 minutes dans un bain désinfectant, puis sont rincés, séchés et stockés dans un endroit propre, sec et protégé.

Compléments

📌 Les porte-instruments rotatifs suivent normalement le même cycle que les instruments classiques, avec une pré-désinfection par trempage, mais ce trempage est souvent évité car il les endommage et remplacé par une purge et une désinfection externe.

  • L’intérêt des automates pour porte-instruments rotatifs réside dans le nettoyage efficace obtenu par la pression du liquide à l’intérieur des tubulures et entre les interstices.

📌 Le niveau de désinfection des instruments thermosensibles dépend de la criticité du dispositif médical et leur délai limite d’utilisation est d’une semaine.

📌 Les instruments neufs ou de retour d’entretien doivent au minimum être nettoyés puis stérilisés, mais il est recommandé de leur faire subir le cycle complet.

Astuce mémo

Les thermosensibles sont désinfectés ; les instruments neufs sont nettoyés puis stérilisés.

17. Maintenance et traçabilité

Notions clés & Définitions

  • Maintenance : Ensemble des actions techniques et administratives réalisées durant le cycle de vie d’un dispositif médical ou d’un équipement pour le maintenir ou le rétablir dans un état lui permettant d’accomplir la fonction requise.

★ À maîtriser

📌 La maintenance corrective intervient après la détection d’une panne pour remettre l’équipement en état, tandis que la maintenance préventive est effectuée à intervalles réguliers prédéfinis pour réduire la probabilité de défaillance ou de dysfonctionnement.

  • La traçabilité de la stérilisation relie un dispositif médical, un cycle de stérilisation et un patient, de la mise en sachet jusqu’à la réutilisation du dispositif.

Compléments

📌 La maintenance par l’utilisateur comprend les contrôles avant chaque utilisation ainsi que les opérations de nettoyage et d’entretien.

📌 Les opérations de maintenance et de contrôle doivent être consignées dans un registre et faire l’objet d’une traçabilité ; les interventions techniques sur le stérilisateur donnent lieu à un rapport.

  • La traçabilité de stérilisation comprend :
    • Les tests de performance du stérilisateur
    • Les paramètres de stérilisation
    • Les informations de stérilisation pour chaque dispositif médical
    • Le report des informations sur le dossier patient

📌 Les données de stérilisation sont archivées au moins 5 ans, avec une durée de 20 ans recommandée par l’ARS et l’ONCD.

📌 Les bordereaux de prise en charge et d’élimination des déchets assurent leur traçabilité et doivent être archivés pendant 3 ans.

Astuce mémo

La maintenance remet l’équipement en état ; la traçabilité relie dispositif, cycle et patient.

Tableaux de synthèse

Modes de transmission et portes d’entrée

ModeExemplesPortes d’entrée
ContactMains, matériel ou surface souilléePeau ou muqueuses lésées
AérocontaminationGouttelettes et aérosolsMuqueuses nasale, buccale, bronchique et oculaire
EffractionActe invasif, piqûre ou coupurePeau et muqueuse buccale

Classification des déchets de soins

CatégorieDéchets concernésFilière ou contenant
DASRIDéchets mous potentiellement contaminésFilière spécifique agréée
OPCTMatériels piquants ou coupants à jeterCollecteur adapté
DRCTDéchets mercuriels et d’amalgameTraitement thermique ou physico-chimique
DAOMDéchets mous non contaminésOrdures ménagères

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1. Dans un cabinet dentaire, quelle combinaison de circonstances favorise la survenue d’une IAS ?

2. Que désigne le risque infectieux dans le contexte des soins ?

Faire le QCM →

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Qu’est-ce que le risque infectieux ?

La probabilité d’être infecté par un agent pathogène pouvant provoquer une IAS.

Quelles sont les principales cibles d’une IAS en cabinet dentaire ?

Le trinôme patient-praticien-assistant(e) dentaire.

Qu’est-ce qu’une bactérie ?

Un être vivant unicellulaire capable de se reproduire et de fabriquer des toxines pathogènes.

Voir les flashcards →

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