Fiche de révision : Santé dentaire et épilepsies

Plan du Cours

  1. Bases physiopathologiques des crises
  2. Évaluation individuelle du risque
  3. Complications bucco-dentaires
  4. Interactions médicamenteuses
  5. Prise en charge au cabinet
  6. Applications cliniques

1. Bases physiopathologiques des crises

Notions clés & Définitions

  • Épilepsie : Prédisposition durable à générer des crises épileptiques, avec des conséquences neurobiologiques, cognitives, psychologiques et sociales.
  • Crise épileptique : Signes ou symptômes transitoires liés à l’activité excessive et synchrone d’une population de neurones appartenant à des réseaux corticaux ou cortico-sous-corticaux.

★ À maîtriser

  • Une crise épileptique débute par l’activation excessive et synchrone d’un réseau neuronal, se propage à des réseaux voisins, interrompt leur activité normale, puis s’arrête lorsque des mécanismes d’inhibition se mettent en place.

📌 Les crises généralisées prennent naissance au sein ou impliquent rapidement des réseaux bilatéraux, tandis que les crises focales prennent naissance dans un réseau limité à un hémisphère et restent stables d’une crise à l’autre.

  • La crise généralisée tonicoclonique évolue selon une phase tonique avec perte de conscience, hypertonie, chute et apnée, une phase clonique avec secousses rythmiques soutenues, puis une phase de résolution avec respiration stertoreuse et confusion post-critique.

Compléments

  • L’épilepsie concerne environ 1 % de la population, soit près de 700 000 personnes en France, et constitue la troisième maladie neurologique la plus fréquente.

  • Les crises épileptiques peuvent produire des manifestations sensorielles, émotionnelles, expérientielles, cognitives, végétatives ou motrices, ainsi qu’une altération partielle ou complète de la conscience.

Astuce mémo

Décharge neuronale excessive → propagation → inhibition et arrêt

2. Évaluation individuelle du risque

★ À maîtriser

  • L’évaluation du risque repose sur:

    • La sémiologie habituelle des crises
    • La fréquence et la temporalité des crises
    • La date de la dernière crise
    • Les modifications ou oublis de traitement
    • Les facteurs favorisants
  • Plus la fréquence des crises est élevée, plus la probabilité de survenue d’une crise au cabinet augmente, tandis que les crises exclusivement morphéiques ont une probabilité de survenue au cabinet quasiment nulle.

  • Plus le délai depuis la dernière crise est long, moins le risque de récidive est élevé.

  • Une modification récente du traitement antiépileptique, son arrêt, son remplacement ou un oubli peuvent augmenter le risque de récidive et de crise prolongée.

Compléments

  • La prévention repose sur:
    • Éviter la dette de sommeil
    • Faire prendre le traitement habituel
    • Limiter l’anxiété
    • Reporter les soins en cas d’affection intercurrente

Astuce mémo

Sémiologie → fréquence → dernière crise → traitement → facteurs favorisants

3. Complications bucco-dentaires

★ À maîtriser

📌 Les complications bucco-dentaires de l’épilepsie résultent soit des traumatismes liés aux crises, soit des effets indésirables des traitements antiépileptiques.

  • Les traumatismes associés aux crises comprennent:

    • Fractures, luxations ou avulsions dentaires
    • Fractures maxillaires ou mandibulaires
    • Plaies linguales, labiales, gingivales ou jugales
  • La phénytoïne, le phénobarbital, le valproate et la carbamazépine peuvent provoquer une hypertrophie gingivale médicamenteuse, exacerbée par la plaque dentaire et réversible à l’arrêt du traitement responsable.

  • Les traitements pouvant provoquer une xérostomie sont:

    • Gabapentine
    • Phénobarbital
    • Valproate
    • Carbamazépine
    • Lacosamide
    • Lamotrigine
    • Cannabidiol

Compléments

  • La phénytoïne, le phénobarbital et la carbamazépine peuvent augmenter le risque de fracture en modifiant le métabolisme de la vitamine D.

📌 La xérostomie et l’hypertrophie gingivale augmentent le risque carieux, qui peut aussi être favorisé chez l’enfant par les sirops contenant du sucre, et la xérostomie augmente le risque de candidose.

Astuce mémo

Crise = traumatisme ; traitement = hypertrophie ou sécheresse

4. Interactions médicamenteuses

★ À maîtriser

📌 Les inducteurs enzymatiques diminuent les taux des autres traitements, tandis que les inhibiteurs enzymatiques les augmentent.

  • Les antiépileptiques inducteurs enzymatiques sont:

    • Carbamazépine, phénytoïne et phénobarbital
    • Topiramate à partir de 200 mg
    • Oxcarbazépine
    • Eslicarbazépine
    • Pérampanel à partir de 6 mg
    • Cénobamate
  • Les antiépileptiques inhibiteurs enzymatiques sont:

    • Valproate
    • Cénobamate
    • Oxcarbazépine
    • Eslicarbazépine
  • Les médicaments abaissant le seuil épileptogène comprennent:

    • Bêta-lactamines
    • Fluoroquinolones
    • Tramadol
    • Acide méfénamique

Compléments

📌 L’effet des inducteurs enzymatiques est retardé de plusieurs jours ou semaines, tandis que celui des inhibiteurs enzymatiques est direct en quelques heures ou jours.

Astuce mémo

Inducteurs diminuent les taux ; inhibiteurs les augmentent

5. Prise en charge au cabinet

★ À maîtriser

  • 🔄 Pendant la crise, il faut:

    1. Arrêter les soins et libérer les voies aériennes sans rien introduire dans la bouche
    2. Protéger le patient et sécuriser l’environnement
    3. Ne pas entraver ni transporter le patient sauf danger immédiat
    4. Administrer si possible une oxygénothérapie et monitorer les paramètres vitaux
    5. Noter l’heure de début et appliquer le plan de gestion de crise
  • 🔄 Après la crise, il faut:

    1. Mettre le patient en position latérale de sécurité
    2. Rester présent et le rassurer
    3. Rechercher les fractures, luxations et autres complications
    4. Surveiller la récupération

📌 Le SAMU doit être appelé en cas de crise prolongée de plus de 5 minutes, de deux crises successives sans retour à la normale, d’absence de retour à la normale dans la demi-heure, de traumatisme physique ou de complication telle qu’une difficulté respiratoire ou une hémorragie.

Compléments

  • Avant les soins, il faut rechercher un plan de gestion de crise, qui peut prévoir un traitement de secours ou, chez un patient porteur d’un stimulateur du nerf vague, une stimulation déclenchée par aimant.

Astuce mémo

Arrêter → protéger → oxygéner → surveiller → mettre en PLS

6. Applications cliniques

Points essentiels

  • Chez un patient sans crise depuis 18 mois mais déclenché par le manque de sommeil ou l’oubli du traitement, le risque individuel s’évalue à partir de la stabilité thérapeutique, de la fréquence habituelle et des facteurs déclenchants, puis les soins sont adaptés en évitant la dette de sommeil et les oublis.

  • Chez un patient prenant plusieurs traitements après une extraction dentaire, il faut vérifier les interactions avec le traitement antiépileptique et éviter si possible les médicaments abaissant le seuil épileptogène.

  • Chez une patiente présentant une hypertrophie gingivale, des caries et des restaurations fracturées, il faut rechercher les effets du traitement antiépileptique, les traumatismes liés aux crises et renforcer la prévention et le suivi bucco-dentaire.

Tableaux de synthèse

Inducteurs et inhibiteurs enzymatiques

TypeEffetAntiépileptiques cités
Inducteurs puissantsDiminution des taux des autres traitementsCarbamazépine, phénytoïne, phénobarbital
Inducteurs modérés ou faiblesDiminution des taux des autres traitementsTopiramate, oxcarbazépine, eslicarbazépine, pérampanel, cénobamate
InhibiteursAugmentation des taux des autres traitementsValproate, cénobamate, oxcarbazépine, eslicarbazépine

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Santé dentaire et épilepsies avec 21 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment l’épilepsie se définit-elle sur le plan physiopathologique ?

2. Quelle distinction permet de différencier une crise épileptique de l’épilepsie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Santé dentaire et épilepsies avec 43 flashcards interactives.

Qu'est-ce que l'épilepsie ?

Une prédisposition durable à générer des crises épileptiques avec conséquences multiples.

Quelle proportion de la population est concernée par l'épilepsie en France ?

Environ 1 % de la population, soit près de 700 000 personnes.

Quelle place occupe l'épilepsie parmi les maladies neurologiques ?

La troisième maladie neurologique la plus fréquente.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches