Fiche de révision : Sémiologie de l’appareil respiratoire

Plan du Cours

  1. Anamnèse et facteurs de risque respiratoires
  2. Inspection morphologique et dynamique thoracique
  3. Palpation et percussion thoraciques
  4. Auscultation et bruits respiratoires
  5. Toux et démarche diagnostique
  6. Hémoptysie et diagnostic différentiel
  7. Douleur thoracique et douleur pleurétique
  8. Dyspnée et ses présentations
  9. Cyanose centrale et périphérique
  10. Défauts de transport sans cyanose

1. Anamnèse et facteurs de risque respiratoires

★ À maîtriser

  • L’anamnèse respiratoire explore notamment les antécédents familiaux et professionnels, la consommation de substances toxiques, les contacts avec des animaux, les voyages et le contexte épidémiologique.

Compléments

  • Les expositions professionnelles à des poussières minérales, au charbon, à l’amiante ou au coton peuvent être associées respectivement à une pneumoconiose, une anthracose, une asbestose ou une byssinose.

  • La recherche des groupes à risque de sida est pertinente notamment en raison du risque de pneumonie à Pneumocystis.

  • L’exposition médicamenteuse à l’amiodarone est à rechercher en raison de son association avec une fibrose pulmonaire.

2. Inspection morphologique et dynamique thoracique

★ À maîtriser

  • L’examen morphologique recherche notamment :

    • un pectus excavatum
    • un pectus carinatum
    • un thorax en tonneau
    • une scoliose
  • L’observation dynamique évalue la symétrie de l’expansion et de la mobilité des deux hémithorax ainsi que la profondeur des mouvements respiratoires.

  • La tachypnée correspond à une fréquence respiratoire supérieure à 20 respirations par minute et la bradypnée à une fréquence inférieure à 12 respirations par minute.

Compléments

📌 Les rétractions thoraciques peuvent évoquer une atélectasie ou une paralysie, tandis qu’un bombement peut évoquer un pneumothorax ou un épanchement pleural.

  • L’inspection recherche aussi les cicatrices, les lésions dermatologiques comme l’herpès zoster et des signes extrapulmonaires comme le reflux hépato-jugulaire.

Astuce mémo

Thorax en tonneau : forme ; rétractions : asymétrie

3. Palpation et percussion thoraciques

★ À maîtriser

  • La palpation compare entre les deux hémithorax la transmission à la paroi des vibrations vocales provenant du larynx.

  • La percussion thoracique produit normalement un son pulmonaire clair.

📌 Le tympanisme traduit un excès d’air, tandis que la matité traduit le remplacement de l’air par une substance non gazeuse.

Compléments

  • À la palpation, la transmission des vibrations vocales peut être atténuée, absente ou accentuée.

Astuce mémo

Tympanisme : excès d’air ; matité : air remplacé

4. Auscultation et bruits respiratoires

Notions clés & Définitions

  • Murmure vésiculaire : Audible sur presque l’ensemble des poumons pendant l’inspiration et au début de l’expiration ; il est lié au flux turbulent de l’air dans les bronches lobaires et segmentaires.

★ À maîtriser

  • Pour une auscultation pulmonaire optimale, il faut choisir un environnement silencieux, placer le stéthoscope sur la peau, demander une respiration buccale profonde, calme et régulière, puis ausculter symétriquement de haut en bas.

📌 Le bruit respiratoire trachéobronchique provient des turbulences de l’air dans les rétrécissements laryngés et les grandes bronches et s’entend normalement au niveau de la trachée ou des grandes bronches.

  • Les ronchi sont des bruits continus de faible intensité, audibles à l’inspiration et à l’expiration, liés à une obstruction partielle des voies respiratoires par du mucus ou un œdème.

  • Les sifflements sont des sons aigus surtout audibles à l’expiration, associés à un spasme, une bronchoconstriction ou une sous-occlusion, notamment dans l’asthme ou la BPCO en exacerbation.

Compléments

📌 Les ronchi dus à des mucosités peuvent être modifiés par la toux, tandis que ceux liés à un œdème, une néoplasie ou un corps étranger ne sont pas modifiés par la toux.

  • La friction pleurale est un bruit superficiel entendu à l’inspiration et à l’expiration, qui ne change pas avec la toux et peut accompagner une irritation pleurale par exsudat inflammatoire.

Astuce mémo

Silence, peau, bouche, symétrie de haut en bas

5. Toux et démarche diagnostique

Notions clés & Définitions

  • Toux : Mouvement expiratoire brusque et explosif visant à éliminer les substances présentes dans les voies respiratoires.

★ À maîtriser

📌 La toux peut être sèche ou non productive, humide ou productive, et elle est dite persistante lorsqu’elle dure plus de 3 semaines.

📌 Tout changement des caractéristiques de la toux chez un fumeur chronique doit faire suspecter un cancer du poumon.

Compléments

  • Les causes de toux comprennent : l’irritation inflammatoire par œdème muqueux, écoulement nasal postérieur ou reflux gastro-œsophagien, les stimuli chimiques, thermiques ou mécaniques, l’inhalation de particules, la compression des voies respiratoires, l’obstruction des voies respiratoires, l’irritation de la plèvre ou du péricarde

📌 La toux peut être déclenchée par un réflexe à la stimulation des récepteurs ou être volontaire.

  • Les complications de la toux comprennent :
    • la syncope
    • les fractures des côtes
    • la costochondrite

Astuce mémo

Irritation ou obstruction → réflexe expiratoire de dégagement

6. Hémoptysie et diagnostic différentiel

Notions clés & Définitions

  • Hémoptysie : Expectoration de sang provenant des voies respiratoires, généralement lors d’une quinte de toux.

★ À maîtriser

📌 Dans l’hémoptysie, le sang est généralement rouge vif et mêlé aux expectorations, tandis que dans l’hématémèse il est rouge foncé, mêlé aux vomissures et aux restes alimentaires, avec des symptômes précurseurs semblables à des nausées.

📌 La prise en charge de l’hémoptysie comprend le traitement étiologique et évite l’oxygène à débit élevé ou les bronchodilatateurs sauf nécessité absolue.

Compléments

  • Les causes d’hémoptysie comprennent : les bronchites, la tuberculose et les bronchectasies, les abcès et les pneumonies, les cancers du poumon, les cancers épidermoïdes et les adénocarcinomes, la thromboembolie pulmonaire, les corps étrangers, l’hypertension pulmonaire

  • La fibrobronchoscopie peut localiser le saignement, contribuer au diagnostic étiologique avec biopsie et permettre un traitement local par hémostase.

Astuce mémo

Hémoptysie : toux et sang rouge vif ; hématémèse : nausées et vomissements

7. Douleur thoracique et douleur pleurétique

★ À maîtriser

  • La douleur thoracique peut provenir de structures intrathoraciques ou extrathoraciques, traumatiques ou non traumatiques, et être organique ou psychogène.
  • Le parenchyme pulmonaire ne possède pas de nocicepteurs ; la douleur respiratoire peut résulter d’une atteinte des bronches ou de la plèvre, en particulier de la plèvre pariétale.

  • La douleur pleurétique augmente avec les mouvements thoraciques, notamment l’inspiration profonde et la toux, et diminue au repos en décubitus latéral sur l’hémithorax atteint.

Compléments

  • La douleur pleurétique est unilatérale et bien localisée, et peut irradier selon les dermatomes correspondant à la plèvre atteinte.

  • Une pleurésie basale peut irriter le diaphragme et provoquer une douleur irradiant vers les épaules par le nerf phrénique.

Astuce mémo

Atteinte pleurale → douleur majorée par l’inspiration et la toux

8. Dyspnée et ses présentations

Notions clés & Définitions

  • Dyspnée : Sensation anormale et désagréable de difficulté à respirer, de fatigue, d’essoufflement ou d’oppression thoracique.
  • Dyspnée paroxystique nocturne : Épisode soudain de dyspnée survenant pendant le repos nocturne et obligeant le patient à se redresser pour soulager ses difficultés respiratoires ; elle est associée à l’insuffisance cardiaque chronique.

★ À maîtriser

  • L’effort respiratoire normal consomme 2 à 3 % de l’oxygène total, contre 25 à 50 % en cas d’insuffisance respiratoire liée à une altération de la mécanique ventilatoire.

📌 L’orthopnée est une dyspnée en position couchée, associée notamment à l’insuffisance cardiaque ou à une BPCO sévère, tandis que la platypnée survient en position assise ou debout et est généralement liée à des troubles vasculaires pulmonaires.

Compléments

  • La dyspnée peut être d’origine cardiaque, pulmonaire, extrapulmonaire ou psychogène, entre autres origines.

  • La physiopathologie de la dyspnée n’est pas entièrement comprise et implique probablement une interaction entre chimiorécepteurs, altérations mécaniques respiratoires et perception par le système nerveux central.

  • L’évaluation de la dyspnée peut s’appuyer sur les échelles MRC (Medical Research Council) et NYHA (New York Heart Association).

Astuce mémo

Orthopnée : couchée ; platypnée : assise ou debout

9. Cyanose centrale et périphérique

Notions clés & Définitions

  • Cyanose : Coloration bleuâtre de la peau et des muqueuses qui survient lorsque l’hémoglobine réduite dépasse 5 g/dl.
  • Cyanose périphérique : Touche les parties acrales, notamment les doigts et le nez, et se caractérise par l’aspect « bleu et froid ».

★ À maîtriser

📌 La cyanose centrale est associée à une faible saturation de l’hémoglobine et à une oxygénation insuffisante du sang dans les poumons ; elle touche notamment les muqueuses, la conjonctive tarsale, la face interne des lèvres et les joues, tandis que les membres restent chauds.

Compléments

  • Les causes de cyanose centrale comprennent : une baisse de la pression atmosphérique en oxygène en altitude, des troubles du rapport ventilation-perfusion comme un shunt, des cardiopathies congénitales, des pneumonies, une hémoglobine anormale

  • Les causes de cyanose périphérique comprennent : la vasoconstriction due au froid, la vasoconstriction due à des médicaments vasoconstricteurs, la mauvaise perfusion en cas de choc hémodynamique, l’ischémie artérielle périphérique, la coagulation intravasculaire diffuse

Astuce mémo

Centrale : bleu et chaud ; périphérique : bleu et froid

10. Défauts de transport sans cyanose

★ À maîtriser

📌 Lors d’une intoxication au monoxyde de carbone, la carboxyhémoglobine ne transporte pas l’oxygène mais ne provoque pas de coloration bleuâtre, car elle n’est pas de la désoxyhémoglobine.

Compléments

  • Des troubles du pH ou de la température peuvent modifier la courbe de dissociation de l’hémoglobine sans entraîner nécessairement de cyanose.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Sémiologie de l’appareil respiratoire avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels éléments l’anamnèse respiratoire explore-t-elle pour repérer des facteurs de risque ?

2. Une fréquence respiratoire mesurée à 10 respirations par minute correspond à quelle anomalie ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Sémiologie de l’appareil respiratoire avec 10 flashcards interactives.

Quels éléments l’anamnèse respiratoire explore-t-elle ?

Les antécédents familiaux et professionnels, les substances toxiques, les contacts avec des animaux, les voyages et le contexte épidémiologique.

Quelles anomalies recherche l’examen morphologique du thorax ?

Un pectus excavatum, un pectus carinatum, un thorax en tonneau et une scoliose.

Quelles maladies peuvent être associées aux expositions professionnelles respiratoires ?

La pneumoconiose, l’anthracose, l’asbestose ou la byssinose.

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