Fiche de révision : Syndrome coronarien aigu

Plan du Cours

  1. Définition et mécanismes de l’infarctus
  2. Gravité et circonstances de survenue
  3. Signes cliniques et signes précurseurs
  4. Diagnostic et examens complémentaires
  5. Évolution et complications
  6. Urgence et revascularisation
  7. Traitements et surveillance infirmière
  8. Convalescence et prévention secondaire

1. Définition et mécanismes de l’infarctus

Notions clés & Définitions

  • Infarctus du myocarde : Nécrose d'une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque, dont les cellules ne peuvent plus se contracter faute d'apport en oxygène et meurent en quelques heures.

★ À maîtriser

  • Lorsque les artères coronaires se bouchent par un caillot, une thrombose ou un spasme, le myocarde ne reçoit plus de sang, manque d'oxygène et souffre d'ischémie.

Compléments

  • L'infarctus du myocarde est une complication majeure de l'athérosclérose des artères coronaires.

Astuce mémo

Artère coronaire bouchée → manque d’oxygène → nécrose du myocarde

2. Gravité et circonstances de survenue

★ À maîtriser

  • La gravité de l'infarctus dépend surtout de son étendue : plus l'artère obstruée irrigue une zone importante, plus l'infarctus est grave.

  • Une atteinte très étendue peut altérer toute la pompe cardiaque et provoquer une insuffisance cardiaque aiguë, des contractions anormales ou anarchiques et un risque vital.

Compléments

  • Dans 30 % des cas, l'infarctus survient comme élément révélateur et inaugural de la maladie coronarienne.

  • L'infarctus est très fréquent chez les patients diabétiques.

  • L'infarctus touche un homme sur cinq entre 40 et 60 ans, mais concerne de plus en plus souvent les femmes et les sujets plus jeunes.

  • Une atteinte limitée à un endroit stratégique peut entraîner une fibrillation ventriculaire mortelle.

Astuce mémo

Étendue importante : pompe altérée ; zone stratégique : fibrillation ventriculaire possible

3. Signes cliniques et signes précurseurs

★ À maîtriser

  • Le début de l'infarctus peut être inopiné et brutal, mais des signes précurseurs sont retrouvés une fois sur deux.
  • L'infarctus se manifeste le plus souvent la nuit ou au repos par une douleur brutale, intense, angoissante et située derrière le sternum.

📌 La douleur de l'infarctus ressemble à celle de l'angine de poitrine, mais elle est plus durable, beaucoup plus forte et résiste à la trinitrine en spray.

📌 Toute douleur angineuse persistant plus de 30 minutes est suspecte d'infarctus et nécessite un électrocardiogramme.

Compléments

  • Les signes précurseurs décrits sont l'aggravation brutale récente d'un angor jusque-là bien toléré et l'apparition récente d'un angor avec douleurs spontanées prolongées.

  • La douleur peut se propager :

    • à la mâchoire
    • au bras gauche
    • aux deux derniers doigts de la main gauche
    • au dos
    • au ventre

Astuce mémo

Angor stable bref et soulagé ; infarctus durable et résistant à la trinitrine

4. Diagnostic et examens complémentaires

★ À maîtriser

  • Le diagnostic d'un syndrome coronarien aigu repose sur le terrain et les facteurs de risque cardiovasculaire, une douleur d'allure angineuse prolongée ou persistante, l'examen clinique, l'ECG, les marqueurs biologiques et la coronarographie.
  • L'ECG permet le diagnostic et précise la localisation et l'importance de l'infarctus ; les troubles de repolarisation sont à rechercher.

  • La troponine Ic est un témoin biologique de l'infarctus, est détectable en 2 à 4 heures et reste élevée 5 à 9 jours après le début.

📌 Le bilan biologique doit être répété à des heures précises selon un protocole, et son interprétation dépend du délai entre le début de la douleur et le prélèvement.

Compléments

  • La valeur normale de la troponine Ic est inférieure à 0,35 ng/ml.

  • Les autres signes biologiques décrits sont : l'élévation de la CPK dans sa fraction MB spécifique du myocarde, l'augmentation du nombre de globules blancs, l'élévation de la vitesse de sédimentation

  • Les examens spécialisés cités sont :

    • l'électrocardiogramme continu
    • l'échographie cardiaque Doppler
    • l'angioscintigraphie cardiaque

5. Évolution et complications

★ À maîtriser

  • Le pronostic dépend des antécédents, d'une éventuelle récidive ou d'un infarctus étendu, des facteurs de risque comme le grand âge, l'obésité, le diabète et l'hypertension artérielle, des complications immédiates et du délai de prise en charge.

  • Un infarctus touchant 40 à 50 % de la masse myocardique peut provoquer une déchéance totale de la fonction cardiaque ; cette forme majeure d'insuffisance cardiaque survient dans 10 à 15 % des cas.

  • L'insuffisance ventriculaire gauche est fréquente dans les premiers jours de l'infarctus et devient une complication lorsqu'elle entraîne une dyspnée importante, une stase pulmonaire et un œdème aigu des poumons.

  • Des troubles du rythme surviennent dans 90 % des infarctus ; la fibrillation ventriculaire est une menace majeure qui entraîne un arrêt circulatoire et se traite par choc électrique.

Compléments

  • Un choc non cardiogénique ou vagal est une insuffisance cardiovasculaire dont le cœur n'est pas directement responsable et qui peut aboutir à la mort.

  • Les troubles de conduction, aussi appelés blocs auriculo-ventriculaires, peuvent gêner la contraction cardiaque et aboutir à un arrêt cardiaque.

6. Urgence et revascularisation

Points essentiels

  • 🔄 La conduite initiale consiste à : appeler le SAMU au 15, communiquer l'heure du début, les circonstances déclenchantes et la durée de la douleur, maintenir la victime au repos et au calme, ne rien donner à manger ni à boire

  • Le patient doit être évacué le plus vite possible vers une structure hospitalière par le SAMU/SMUR avec un médecin capable de surveiller la perfusion et l'ECG en continu et d'initier le traitement.

  • La reperfusion vise à rétablir au plus vite le passage du sang dans l'artère coronaire bouchée.

📌 La thrombolyse dissout le caillot par l'administration de thrombolytiques, tandis que l'angioplastie dilate mécaniquement la coronaire bouchée à l'aide d'une sonde à ballonnet.

  • Dans un SCA ST+, la reperfusion est urgente par thrombolyse ou coronarographie en urgence en vue d'une angioplastie ; dans un SCA ST−, le délai de coronarographie dépend de la gravité.

Astuce mémo

Appeler le SAMU, préciser l’heure et les circonstances, puis obtenir la reperfusion urgente

7. Traitements et surveillance infirmière

★ À maîtriser

  • Les premiers traitements possibles comprennent des dérivés nitrés rapides sauf si la pression artérielle est trop basse, un antalgique généralement opiacé, éventuellement un sédatif contre l'anxiété et de l'oxygène.

  • Le traitement aigu associe des héparines et de l'aspirine pour diminuer la coagulabilité, des opiacés contre la douleur, une sédation contre l'anxiété et une oxygénothérapie.

  • La prise en charge d'un SCA nécessite une hospitalisation en USIC et une double antiagrégation plaquettaire associée à une anticoagulation en phase aiguë.

Compléments

📌 En USIC, la pression artérielle peut être surveillée en continu de façon sanglante ou au brassard programmé, et le défibrillateur doit être vérifié et immédiatement disponible à proximité.

  • Le rôle infirmier comprend la prise en compte de l'anxiété, l'encouragement aux consultations pour maîtriser les facteurs de risque et la participation au soutien psychologique, sans banaliser le traitement antalgique.

8. Convalescence et prévention secondaire

★ À maîtriser

  • La convalescence commence à la sortie de l'hôpital et dure 2 à 8 semaines, avec une reprise progressive de l'activité physique et une réadaptation à l'effort à domicile, à l'hôpital ou dans un centre spécialisé.

  • Le traitement au long cours peut associer bêtabloquant, inhibiteurs calciques, IEC, dérivés nitrés et traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire comme l'aspirine.

  • La prévention secondaire repose notamment sur :

    • l'arrêt du tabac
    • le traitement des hypercholestérolémies
    • le traitement de l'hypertension
    • le traitement du diabète
    • l'exercice physique et l'hygiène de vie
    • la gestion du stress

Compléments

📌 Un séjour prolongé à plus de 1500 mètres d'altitude est à éviter, le froid peut déclencher l'angor et les efforts brusques doivent être évités ou précédés d'un échauffement.

📌 Après un infarctus, l'activité sexuelle peut reprendre lorsque le patient peut monter deux étages sans symptôme.

  • Les efforts dynamiques et les sports d'endurance sont bénéfiques s'ils sont progressifs, tandis que l'esprit de compétition et les efforts physiques pendant la digestion sont à éviter.

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1. Que désigne l’infarctus du myocarde ?

2. Comment l’obstruction d’une artère coronaire peut-elle conduire à une ischémie du myocarde ?

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Qu’est-ce que l’infarctus du myocarde ?

La nécrose d’une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque.

Pourquoi les cellules touchées par un infarctus du myocarde ne peuvent-elles plus se contracter ?

Elles manquent d’oxygène.

En combien de temps les cellules privées d’oxygène meurent-elles lors d’un infarctus du myocarde ?

En quelques heures.

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