Fiche de révision : Tissus et épithéliums

Plan du Cours

  1. Les quatre tissus fondamentaux
  2. Origine et observation des tissus
  3. Rôles et organisation des épithéliums
  4. Polarité et spécialisations apicales
  5. Épithéliums de revêtement
  6. Molécules d’adhésion et jonctions
  7. Jonctions serrées épithéliales
  8. Jonctions d’ancrage
  9. Pemphigus et pemphigoïde
  10. Jonctions communicantes
  11. Types de glandes
  12. Origine et organisation glandulaires
  13. Morphologie des glandes exocrines
  14. Produits des glandes exocrines
  15. Communication cellulaire

1. Les quatre tissus fondamentaux

Notions clés & Définitions

  • Tissu conjonctif : Regroupe des cellules généralement capables de produire une matrice extracellulaire abondante, composée de fibres et d’une matrice surtout aqueuse, et assure le lien, le soutien ou des fonctions spécialisées.
  • Tissu épithélial : Constitué de cellules étroitement juxtaposées qui recouvrent les surfaces externes du corps et les cavités internes.
  • Tissu musculaire : Caractérisé par la contractilité de ses cellules, qui permet de générer une force et de participer aux mouvements, au fonctionnement de certains organes et à la thermogenèse.
  • Tissu nerveux : Constitué de cellules excitables capables de conduire des signaux électriques et de transmettre des signaux chimiques aux synapses.

2. Origine et observation des tissus

★ À maîtriser

  • L’ectoderme donne des tissus nerveux et épithéliaux, le mésoderme donne principalement des tissus musculaires et conjonctifs ainsi que peu de tissus épithéliaux, et l’endoderme donne des tissus épithéliaux.

Compléments

  • Les épithéliums peuvent dériver de chacun des trois feuillets embryonnaires, mais un épithélium donné ne provient pas simultanément des trois.

  • Antonie van Leeuwenhoek observa des animalcules, décrivit des spermatozoïdes et des globules rouges, à une époque où virus et bactéries n’étaient pas encore distingués.

  • L’observation microscopique des tissus nécessite une couche fine et une coloration, notamment à l’hématoxyline et à l’éosine, afin de distinguer des éléments comme les noyaux, les fibres et les protéines.

3. Rôles et organisation des épithéliums

Notions clés & Définitions

  • Membrane basale : Structure située entre l’épithélium et le tissu conjonctif sous-jacent, à laquelle les cellules épithéliales s’attachent et qui régule les échanges entre les deux compartiments.

★ À maîtriser

  • Les épithéliums recouvrent les surfaces externes, notamment l’épiderme, ainsi que les cavités internes du corps.

  • Les épithéliums assurent notamment les fonctions suivantes :

    • la protection physique
    • la protection chimique
    • la sécrétion
    • l’absorption des nutriments
    • les échanges gazeux
    • la perception sensorielle

📌 La lame basale est une matrice extracellulaire synthétisée par les cellules épithéliales, tandis que la lame réticulaire est une matrice extracellulaire synthétisée par le tissu conjonctif.

Compléments

  • L’épithélium gastrique protège les tissus contre les sucs gastriques acides et leurs enzymes de dégradation.

  • Les épithéliums sont fortement cohésifs grâce à des systèmes d’adhérence et de jonction entre les cellules.

  • Les épithéliums sont généralement dépourvus de vascularisation et reposent sur du tissu conjonctif, séparé de l’épithélium par une membrane basale.

4. Polarité et spécialisations apicales

Notions clés & Définitions

  • Polarité épithéliale : Répartition asymétrique des structures et des fonctions entre les différents côtés des cellules épithéliales.
  • Microvillosités : Nombreuses structures apicales serrées, soutenues par des filaments d’actine, qui augmentent la surface cellulaire et favorisent l’absorption.
  • Stéréocils : Structures apicales semblables aux microvillosités, mais plus longues, qui peuvent notamment assurer une fonction mécanosensorielle dans l’oreille interne.
  • Cils : Structures apicales mobiles soutenues par des microtubules, qui participent notamment au fonctionnement du système respiratoire ou au déplacement de l’ovule fécondé.

★ À maîtriser

📌 Le pôle basal fait face à la membrane basale et participe à l’attachement, tandis que le pôle apical fait face à l’extérieur du tissu et intervient notamment dans la protection ou l’absorption.

Compléments

  • Les microvillosités mesurent généralement environ 1 µm de long et 0,1 µm de diamètre.

  • La limite de détection indiquée pour la microscopie optique est de 0,2 µm, ce qui rend les microvillosités invisibles avec cette méthode, alors que certains cils et stéréocils peuvent être visibles.

Astuce mémo

Pôle basal : attache ; pôle apical : contact avec l’extérieur.

5. Épithéliums de revêtement

Notions clés & Définitions

  • Épithélium de revêtement : Tapisse les surfaces du corps et sépare deux compartiments.
  • Muqueuse : Comprend principalement un épithélium souvent d’origine endodermique et un tissu conjonctif appelé chorion ou lamina propria, parfois accompagné d’une couche de muscle lisse appelée lamina muscularis mucosae.
  • Séreuse : Comprend un mésothélium, épithélium simple pavimenteux parmi les rares épithéliums dérivant du mésoderme, et une couche de tissu conjonctif.

★ À maîtriser

  • Les épithéliums de revêtement comprennent : l’épiderme externe, les épithéliums des cavités ouvertes sur l’extérieur, les épithéliums des cavités fermées

📌 Les épithéliums simples comportent une seule couche cellulaire, les stratifiés plusieurs couches, et les pseudostratifiés semblent multicouches alors que toutes leurs cellules touchent la membrane basale.

Compléments

  • Les muqueuses peuvent comporter des épithéliums glandulaires sécrétant notamment du mucus, qui contribue à protéger contre l’abrasion, et se trouvent dans :

    • les appareils digestif

    • respiratoire

    • uro-génital

  • Les trois séreuses citées sont :

    • le péricarde autour du cœur
    • la plèvre autour du système respiratoire
    • le péritoine autour des organes abdomino-pelviens

📌 Dans une séreuse, le feuillet pariétal est le plus externe et le feuillet viscéral est le plus interne.

  • Les épithéliums de revêtement sont classés selon : le nombre de couches cellulaires, la forme des cellules, la présence ou l’absence de spécialisations apicales

  • Selon leur forme, les cellules épithéliales sont :

    • pavimenteuses
    • cubiques
    • cylindriques ou prismatiques

6. Molécules d’adhésion et jonctions

Notions clés & Définitions

  • Molécule d’adhésion cellulaire : Protéine transmembranaire impliquée dans l’adhésion entre cellules ou avec la matrice extracellulaire.
  • Jonction serrée : Structure située au pôle apical des faces latérales des cellules épithéliales, où elle régule le passage paracellulaire de substances.

★ À maîtriser

📌 Les cadhérines et les sélectines dépendent du calcium, les immunoglobulines en sont indépendantes, et les intégrines dépendent de cations.

  • Les cadhérines sont des glycoprotéines calcium-dépendantes qui assurent l’adhésion cellulaire et comprennent notamment la N-cadhérine du système nerveux central et l’E-cadhérine des faces latérales des cellules épithéliales.

  • Les trois classes de sélectines sont :

    • la P-sélectine des plaquettes
    • la E-sélectine des cellules endothéliales
    • la L-sélectine des leucocytes
  • Les intégrines sont des hétérodimères formés d’une sous-unité alpha et d’une sous-unité bêta, et l’être humain possède 18 sous-unités alpha et 8 sous-unités bêta qui permettent 24 intégrines.

  • Les trois grands types de jonctions cellulaires sont :

    • les jonctions serrées
    • les jonctions d’ancrage
    • les jonctions communicantes

Compléments

  • Les molécules d’adhésion contribuent à la survie et à la prolifération cellulaires, et leur dérèglement est impliqué dans des pathologies, notamment certains cancers.

  • La fixation du calcium extracellulaire aux domaines N-terminaux des cadhérines modifie leur conformation, permet la formation d’homodimères, puis leur reconnaissance homophilique par des dimères de même famille sur une autre cellule, reliés au cytosquelette.

  • Les sélectines possèdent un domaine de reconnaissance des glucides CRD, situé à l’extrémité N-terminale et dépendant du calcium extracellulaire, et leurs interactions sont plutôt transitoires.

  • Les immunoglobulines interviennent dans l’adhésion entre différentes cellules sans dépendre du calcium.

  • Les intégrines nécessitent des cations divalents comme le magnésium ou le calcium et reconnaissent notamment le motif RGD, constitué d’arginine, de glycine et d’acide aspartique, présent dans des protéines de la matrice extracellulaire comme la laminine ou la fibronectine.

  • Les intégrines relient la matrice extracellulaire au cytosquelette, notamment par l’actine ou les filaments intermédiaires, dans des jonctions comme les hémidesmosomes et les contacts focaux.

  • Les jonctions serrées régulent le passage paracellulaire des ions, de l’eau et d’autres molécules, tout en limitant l’entrée d’agents pathogènes, d’allergènes et d’autres particules.

7. Jonctions serrées épithéliales

★ À maîtriser

  • Les jonctions serrées peuvent comprendre trois types de protéines transmembranaires :
    • les occludines
    • les claudines
    • les JAM, de la famille des immunoglobulines

Compléments

  • Les protéines transmembranaires des jonctions serrées se lient à des protéines adaptatrices ZO dans la même cellule, lesquelles les relient au cytosquelette d’actine.

  • Les jonctions serrées contribuent à différencier les pôles apical et basolatéral des cellules épithéliales et jouent un rôle mineur dans l’adhésion cellulaire.

8. Jonctions d’ancrage

★ À maîtriser

📌 Les jonctions d’ancrage relient soit des cellules entre elles, par les jonctions adhérentes et les desmosomes, soit des cellules à la MEC, par les hémidesmosomes et les contacts focaux.

  • Les jonctions d’ancrage cellule-cellule reposent généralement sur des cadhérines, tandis que les jonctions cellule-MEC reposent sur des intégrines.

  • Les hémidesmosomes sont des jonctions cellule-MEC composées d’intégrines, tandis que les desmosomes sont des jonctions cellule-cellule composées de cadhérines.

Compléments

  • Les jonctions adhérentes utilisent des cadhérines comme l’E-cadhérine ou la N-cadhérine, qui reconnaissent en présence de calcium un homodimère identique sur une cellule voisine.

  • Dans les épithéliums, les jonctions adhérentes se trouvent sur la face latérale des cellules, sous les jonctions serrées.

  • Les desmosomes contiennent les cadhérines desmosomales desmogléine et desmocolline, qui interagissent de manière homophile en présence de calcium.

  • Les cadhérines desmosomales sont reliées indirectement au cytosquelette par les filaments intermédiaires.

  • Dans les épithéliums, les desmosomes se trouvent sous les jonctions adhérentes et renforcent la résistance mécanique des tissus.

  • L’intégrine α6β4 des hémidesmosomes reconnaît la laminine 332 de la lame basale.

  • Les hémidesmosomes fixent les cellules épithéliales à la lame basale et contribuent à la cohésion entre l’épithélium, la membrane basale et le tissu conjonctif.

  • Les contacts focaux sont des jonctions cellule-MEC présentes dans plusieurs types de tissus, composées d’intégrines reliées à l’actine cellulaire.

Astuce mémo

Cadhérines pour relier les cellules entre elles ; intégrines pour les relier à la MEC.

9. Pemphigus et pemphigoïde

Points essentiels

  • Dans le pemphigus foliacé, des anticorps anti-desmogléine 1 provoquent une perte d’adhérence entre les cellules les plus superficielles de l’épiderme et fragilisent la peau.

  • Dans le pemphigus vulgaris, des anticorps anti-desmogléine 3 provoquent des bulles dans les couches plus basales de l’épiderme et peuvent léser des muqueuses, notamment la bouche.

  • Dans la pemphigoïde bulleuse, des anticorps anti-BP180 ou anti-BP230 perturbent les hémidesmosomes et provoquent le décollement des cellules basales de l’épiderme par rapport à la membrane basale.

Astuce mémo

Pemphigus : perte d’adhérence C-C ; pemphigoïde : décollement cellule-MEC.

10. Jonctions communicantes

★ À maîtriser

  • Six connexines s’assemblent pour former un connexon, puis deux connexons appartenant à des cellules adjacentes s’associent pour constituer un canal complet.

  • Les jonctions communicantes permettent le passage de petites molécules :

    • des ions
    • des acides aminés
    • des messagers secondaires comme l’AMPc

Compléments

  • L’ouverture des canaux des jonctions communicantes dépend de variations intracellulaires, notamment du pH ou de la concentration en calcium.

  • La communication par jonctions communicantes contribue à coordonner l’activité cellulaire dans de nombreux tissus.

11. Types de glandes

Notions clés & Définitions

  • Glande amphicrine : Déverse son produit de sécrétion à la fois dans le milieu extérieur et dans le sang.

★ À maîtriser

📌 Les glandes exocrines libèrent leur produit de sécrétion vers le milieu extérieur, parfois par un canal excréteur, tandis que les glandes endocrines le libèrent dans le sang sans canal excréteur et se situent généralement près de capillaires sanguins.

  • Les cellules alpha des îlots de Langerhans sécrètent le glucagon, qui favorise la glycogénolyse et freine la glycogénogenèse et la lipogenèse, augmentant ainsi la glycémie.

  • Les cellules bêta des îlots de Langerhans sécrètent l’insuline, qui favorise la glycogénogenèse et la lipogenèse et freine la glycogénolyse.

Compléments

📌 Une glande amphicrine homotypique réalise ses deux fonctions avec les mêmes cellules, comme les hépatocytes, tandis qu’une glande amphicrine hétérotypique les répartit entre des cellules différentes, comme le pancréas.

  • Dans le pancréas, les cellules acineuses exocrines sécrètent des sucs pancréatiques dans le duodénum, tandis que les cellules endocrines se trouvent dans les îlots de Langerhans.

Astuce mémo

Exocrine vers l’extérieur, endocrine vers le sang, amphicrine vers les deux.

12. Origine et organisation glandulaires

★ À maîtriser

  • Les glandes exocrines se forment généralement par bourgeonnement basal d’un épithélium : la partie basale devient l’unité sécrétrice ou adénomère et la partie haute peut former le canal excréteur.

📌 La sécrétion mérocrine libère le produit par exocytose, la sécrétion apocrine l’accompagne d’une partie du contenu cellulaire et la sécrétion holocrine libère le produit lors de la désintégration de la cellule, qui doit ensuite être renouvelée.

Compléments

  • Les glandes endocrines se forment lorsque le bourgeon s’isole de l’épithélium de revêtement et s’installe dans le tissu conjonctif, où des capillaires peuvent se développer autour de lui.

  • Les glandes endocrines libèrent généralement leurs produits par exocytose vers les capillaires sanguins, sans être classées selon les modes mérocrine, apocrine ou holocrine.

Astuce mémo

Le bourgeon reste relié à l’épithélium pour une glande exocrine, mais s’en isole pour une glande endocrine.

13. Morphologie des glandes exocrines

★ À maîtriser

  • Selon la forme de leur unité glandulaire, les glandes exocrines peuvent être :
    • tubuleuses droites
    • tubuleuses contournées
    • acineuses
    • alvéolaires
    • tubulo-acineuses
    • tubulo-alvéolaires

Compléments

📌 Une glande exocrine simple possède un canal excréteur unique non ramifié, tandis qu’une glande composée possède plusieurs unités glandulaires débouchant dans un canal ramifié.

14. Produits des glandes exocrines

★ À maîtriser

  • Les sécrétions muqueuses contiennent notamment de la mucine et sont composées d’environ 95 % d’eau, ce qui leur donne un aspect visqueux.

  • Les sécrétions séreuses sont riches en enzymes, comme la trypsine pancréatique ou la pepsine gastrique, et peuvent contenir des peptides antimicrobiens ; elles sont plutôt aqueuses.

Compléments

  • Le mucus protège les épithéliums de surface, notamment contre le pH extrême et les fortes activités enzymatiques des sucs digestifs, et lubrifie certaines zones pour prévenir les dommages.

📌 Les sécrétions des glandes séreuses sont des produits glandulaires riches en enzymes, tandis que le liquide séreux est produit par les séreuses pour les humidifier.

  • Les glandes mixtes produisent simultanément plusieurs types de sécrétions ; les glandes salivaires séro-muqueuses produisent une salive participant à la digestion, à la lubrification, à la protection de la muqueuse buccale et à la défense immunitaire.

Astuce mémo

La sécrétion muqueuse est visqueuse et hydratée ; la sécrétion séreuse est aqueuse et riche en enzymes.

15. Communication cellulaire

★ À maîtriser

  • La communication endocrine fait intervenir des hormones libérées par des glandes endocrines et transportées par le sang.

  • La communication paracrine repose sur des molécules sécrétées par une cellule qui agissent sur des cellules environnantes.

  • La communication autocrine repose sur des molécules synthétisées et libérées par une cellule qui agissent sur cette même cellule.

Compléments

  • La communication juxtacrine permet à une cellule de transmettre des molécules à une cellule très proche, notamment par des jonctions communicantes.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Tissus et épithéliums avec 41 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans une préparation histologique, les cellules semblent former plusieurs rangées, mais chacune touche la membrane basale. Comment classer cet épithélium ?

2. Une expérience montre qu’une molécule d’adhésion fonctionne sans calcium, tandis qu’une autre dépend de cations. Quelles familles correspondent à ces deux résultats, dans cet ordre ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Tissus et épithéliums avec 88 flashcards interactives.

Quelle matrice les cellules du tissu conjonctif produisent-elles généralement ?

Une matrice extracellulaire abondante, composée de fibres et d’une matrice surtout aqueuse.

Quelles fonctions le tissu conjonctif assure-t-il ?

Le lien, le soutien ou des fonctions spécialisées.

Comment les cellules du tissu épithélial sont-elles disposées ?

Elles sont étroitement juxtaposées.

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