Fiche de révision : Traitements et chirurgie de l’obésité

Plan du Cours

  1. Définition et épidémiologie de l’obésité
  2. Diagnostic et évaluation de la corpulence
  3. Entretien et évaluation diététique
  4. Objectifs pondéraux et contre-indications
  5. Ration nutritionnelle et conseils pratiques
  6. Analogues du GLP-1 : indications et effets
  7. Prescription et sécurité des aGLP-1
  8. Accompagnement nutritionnel sous aGLP-1
  9. Indications de la chirurgie bariatrique
  10. Techniques de chirurgie bariatrique
  11. Préparation nutritionnelle préopératoire
  12. Progression alimentaire après chirurgie

1. Définition et épidémiologie de l’obésité

Notions clés & Définitions

  • Obésité : OMS - Excès de masse grasse entraînant des conséquences préjudiciables pour la santé ; maladie chronique complexe, évolutive et multifactorielle.

★ À maîtriser

  • En 2024, 30,7 % des adultes étaient en surpoids, 18,1 % étaient obèses et 48,8 % avaient un IMC supérieur ou égal à 25 kg/m², selon Odoxa / LNCO.

Compléments

  • La prise en charge de l’obésité repose sur une approche globale :

    • nutritionnelle
    • physique
    • psychologique
    • sociale
  • En France, les enquêtes ObÉpi-Roche rapportaient une prévalence de l’obésité de 8,5 % en 1997, 13,1 % en 2006 et 15,0 % en 2012.

2. Diagnostic et évaluation de la corpulence

★ À maîtriser

  • Chez l’adulte de 18 à 65 ans, un IMC de 25,0 à 29,9 kg/m² correspond au surpoids ou à la pré-obésité, et les IMC de 30,0 à 34,9, de 35,0 à 39,9 et supérieur ou égal à 40,0 kg/m² correspondent respectivement aux obésités de classes I, II et III. - OMS

  • Chez les personnes de plus de 70 ans, un IMC inférieur à 22 kg/m² signale une alerte de dénutrition, un IMC de 22 à 30 kg/m² correspond à une zone de sécurité et un IMC supérieur à 30 kg/m² indique une obésité. - HAS

  • L’évaluation clinique de l’obésité ne doit pas reposer sur le seul IMC : elle associe le tour de taille et l’évaluation des complications médicales, psychologiques et fonctionnelles pour définir un stade de complexité de 1 à 3. - HAS

  • Les seuils d’alerte du tour de taille sont, chez la femme, supérieurs à 80 cm pour un risque accru et à 88 cm pour un risque élevé, et chez l’homme, supérieurs à 94 cm pour un risque accru et à 102 cm pour un risque élevé. - HAS

  • L’obésité androïde correspond à un excès de graisse abdominale associé à un risque accru de complications métaboliques et cardiovasculaires, tandis que l’obésité gynoïde concerne surtout les hanches, les cuisses et les fesses et comporte davantage de complications mécaniques et circulatoires ; l’obésité mixte associe les deux répartitions.

Compléments

  • La classification clinique étendue qualifie un IMC de 50,0 kg/m² de super-obésité ou obésité de classe IV, et un IMC supérieur à 60,0 kg/m² de super-super-obésité ou obésité de classe V.

  • Entre 65 et 70 ans, les seuils adultes d’IMC s’appliquent, mais leur interprétation doit être prudente. - HAS

  • Le tour de taille se mesure avec un ruban horizontal placé à mi-distance entre la dernière côte flottante et la crête iliaque, à la fin d’une expiration normale. - HAS

Astuce mémo

L’IMC classe la corpulence, tandis que le tour de taille renseigne sur l’adiposité abdominale.

3. Entretien et évaluation diététique

★ À maîtriser

  • L’enquête alimentaire évalue le rythme, la structure, les lieux et la durée des repas, les apports qualitatifs et quantitatifs, ainsi que les troubles du comportement alimentaire tels que l’hyperphagie boulimique, les accès hyperphagiques, les grignotages de compensation et la tachyphagie.

📌 Une baisse conjointe du poids et du tour de taille indique une perte de masse grasse viscérale recherchée, tandis qu’un poids stable avec un tour de taille en baisse correspond à une recomposition corporelle positive.

Compléments

📌 La motivation somatique vise la préservation de la santé, la motivation esthétique ou socioculturelle vise à se conformer aux représentations de la minceur, et la motivation globale vise l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être physique et psychologique.

  • Des fluctuations de poids de 1 à 2 kg peuvent survenir au cours du cycle menstruel en raison de la rétention hydrosodée.

  • Les facteurs déclenchants ou favorisants à rechercher comprennent : les grossesses, la ménopause, l’arrêt de l’activité physique, les changements professionnels comme la retraite ou le chômage, les traumatismes psychologiques comme un deuil ou une séparation

  • Les médicaments orexigènes susceptibles d’augmenter l’appétit comprennent :

    • les corticoïdes au long cours
    • les neuroleptiques
    • certains antidépresseurs
    • les traitements hormonaux
  • Un repas pris en moins de 20 minutes est un repère de tachyphagie.

  • Une baisse du poids sans baisse du tour de taille alerte sur une possible perte de masse maigre liée à une restriction trop sévère ou à un manque de protéines ou d’activité physique.

4. Objectifs pondéraux et contre-indications

★ À maîtriser

  • L’objectif thérapeutique initial recommandé par la HAS est une perte de 5 à 10 % du poids initial en 6 mois, susceptible d’améliorer la pression artérielle, le profil lipidique et la sensibilité à l’insuline.

  • Un rythme de perte de poids raisonnable est d’environ 1 à 2 kg par mois, soit 250 à 500 g par semaine, afin de préserver la masse musculaire et le métabolisme de base.

  • Une perte de poids active est contre-indiquée notamment en cas de : cancer ou pathologie infectieuse chronique évolutive non stabilisée, trouble sévère du comportement alimentaire non pris en charge, dépression sévère ou décompensation psychiatrique aiguë, fragilité ou sarcopénie chez une personne âgée

Compléments

📌 En cas de surpoids stable sans comorbidité ni retentissement fonctionnel ou psychologique, l’objectif est la stabilisation pondérale plutôt qu’une perte de poids active.

5. Ration nutritionnelle et conseils pratiques

★ À maîtriser

📌 Le plan nutritionnel vise généralement une réduction de 300 à 500 kcal/j par rapport aux apports spontanés évalués, sans descendre sous le métabolisme de base calculé.

  • Les objectifs nutritionnels indiqués sont de 15 à 20 % de l’AET en protéines, 35 à 40 % en lipides, 40 à 50 % en glucides et moins de 10 % en produits sucrés. - ANSES / HAS

  • L’activité physique recommandée est d’au moins 150 à 300 minutes par semaine à intensité modérée, avec une réduction parallèle du temps de sédentarité. - ANSES / HAS

Compléments

📌 Les apports ne devraient idéalement pas être inférieurs à 1 200 kcal/j chez la femme et 1 500 kcal/j chez l’homme afin de couvrir les besoins en micronutriments sans supplémentation systématique.

  • L’apport protéique minimal recommandé est de 1,0 à 1,2 g/kg de poids réel par jour pour contribuer à prévenir la fonte musculaire en situation de déficit énergétique. - ANSES / HAS

  • L’objectif de fibres alimentaires est de 30 g par jour, notamment pour favoriser la satiété et ralentir la vidange gastrique et l’absorption des glucides. - ANSES / HAS

  • L’apport hydrique recommandé est de 1,5 à 2 L de boissons par jour selon les recommandations de l’ANSES.

📌 Les repas doivent être pris assis, dans le calme et en mastiquant lentement pendant au moins 20 minutes, afin de laisser les signaux de satiété s’exprimer.

📌 La variété alimentaire doit être privilégiée sans exclusion stricte, et les repas doivent être structurés pour éviter les compensations hyperphagiques après un repas sauté.

6. Analogues du GLP-1 : indications et effets

★ À maîtriser

📌 Les diurétiques et les extraits thyroïdiens sont formellement interdits comme traitements de l’obésité en raison de leur balance bénéfice-risque dramatique.

  • Les analogues du récepteur du GLP-1 sont envisagés en deuxième intention après l’échec de mesures nutritionnelles bien conduites, sous réserve d’indications et de conditions de prise en charge strictes.

  • Les analogues du GLP-1 ralentissent la vidange gastrique et agissent sur les récepteurs hypothalamiques en stimulant la satiété et en réduisant l’appétit.

📌 La HAS réserve les analogues du GLP-1 à une deuxième intention, après l’échec des mesures nutritionnelles, chez les adultes de moins de 65 ans ayant un IMC >35 kg/m² ou un IMC compris entre 30 et 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité liée au poids.

  • La perte de poids moyenne annoncée est de 5 à 10 % avec le liraglutide, de 10 à 15 % avec le sémaglutide et de 20 % ou plus avec le tirzépatide.

Compléments

  • Les analogues du récepteur du GLP-1 cités sont le liraglutide (Saxenda®), le sémaglutide (Wegovy®) et le tirzépatide (Mounjaro®).

  • Les comorbidités liées au poids citées sont :

    • l’hypertension artérielle
    • la dyslipidémie
    • le syndrome d’apnées du sommeil
    • la maladie cardiovasculaire
    • le prédiabète
    • le diabète de type 2
    • la stéatohépatite non alcoolique (NASH)
  • L’arrêt d’un analogue du GLP-1 s’accompagne fréquemment d’une reprise pondérale partielle ou importante si les modifications du mode de vie ne sont pas maintenues.

7. Prescription et sécurité des aGLP-1

★ À maîtriser

  • La première ordonnance d’un analogue du GLP-1 doit être rédigée par un spécialiste en endocrinologie-diététique-nutrition ou par un Centre Spécialisé de l’Obésité (CSO), tandis que le médecin généraliste ne peut effectuer que les renouvellements, valables un an.

  • Le traitement par analogue du GLP-1 doit être associé à une prise en charge nutritionnelle par un diététicien et à une augmentation de l’activité physique.

  • Le traitement est réévalué après 12 ou 16 semaines et doit être interrompu si la perte de poids est inférieure à 5 % du poids initial.

  • Les analogues du GLP-1 sont contre-indiqués en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancer médullaire de la thyroïde.

Compléments

  • À partir du 15 juin 2026, Wegovy® et Mounjaro® deviennent remboursables à 65 % sous certaines conditions.

📌 Les critères de remboursement de Wegovy® et Mounjaro® sont un IMC ≥40 kg/m² sans comorbidité ou un IMC ≥35 kg/m² avec au moins une comorbidité liée à l’obésité.

  • Les effets secondaires fréquents sont :

    • les nausées
    • les vomissements
    • la constipation
    • les diarrhées
    • le reflux gastro-œsophagien (RGO)
  • Les risques graves mais rares des analogues du GLP-1 sont la pancréatite aiguë et les troubles biliaires.

8. Accompagnement nutritionnel sous aGLP-1

★ À maîtriser

  • Sous analogue du GLP-1, l’apport protéique à maintenir est de 1,0 à 1,2 g/kg/j afin de limiter la fonte musculaire associée à une perte de poids rapide.

Compléments

  • Pour limiter les nausées sous analogue du GLP-1, il est conseillé de fractionner l’alimentation, de manger lentement et d’éviter les aliments très gras, frits ou très épicés.

📌 Lorsque l’effet coupe-faim compromet les apports alimentaires ou hydriques, il faut planifier des prises alimentaires minimales et veiller à l’hydratation afin de prévenir la dénutrition et la déshydratation, notamment la constipation sévère.

Astuce mémo

Perte rapide → risque de fonte musculaire et de déshydratation

9. Indications de la chirurgie bariatrique

Notions clés & Définitions

  • Chirurgie bariatrique : Traitement de deuxième intention de l’obésité sévère ou massive qui aide à la prise en charge sans remplacer les modifications durables du mode de vie.

★ À maîtriser

📌 Chez les adultes de 18 à 65 ans, l’indication de chirurgie bariatrique repose sur un IMC ≥40 kg/m², ou un IMC ≥35 kg/m² avec au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée par la chirurgie.

📌 L’indication chirurgicale nécessite l’échec d’une prise en charge médicale, nutritionnelle, cognitive et physique bien conduite pendant au moins 6 à 12 mois.

Compléments

  • Les comorbidités citées sont : le diabète de type 2, le syndrome d’apnées du sommeil sévère, l’hypertension artérielle sévère, la stéatohépatite non alcoolique (NASH), l’arthrose invalidante de la hanche ou du genou

📌 La chirurgie bariatrique requiert une décision collégiale et pluridisciplinaire, l’absence de contre-indication psychologique ou psychiatrique non stabilisée et l’engagement écrit du patient à un suivi médical et nutritionnel à vie.

10. Techniques de chirurgie bariatrique

★ À maîtriser

  • La gastrectomie longitudinale retire verticalement environ les deux tiers de l’estomac pour former un tube étroit et réduit fortement la sécrétion de ghréline par résection du fundus.

  • Le bypass gastrique en Y crée une petite poche gastrique supérieure, raccorde le jéjunum à cette poche et fait court-circuiter aux aliments le reste de l’estomac, le duodénum et le début du jéjunum, tandis que les sécrétions digestives rejoignent les aliments plus bas par l’anse bilio-pancréatique.

Compléments

  • La gastrectomie longitudinale est la technique de chirurgie bariatrique la plus pratiquée actuellement.

  • L’anneau gastrique ajustable est un anneau en silicone relié à un boîtier sous-cutané qui permet d’ajuster le calibre du passage des aliments.

  • L’anneau gastrique ajustable est de moins en moins proposé en raison de complications mécaniques à long terme.

📌 La dérivation bilio-pancréatique et le switch duodénal sont des techniques hautement malabsorptives réservées aux super-obésités avec un IMC >50 kg/m² et exposant à des risques carentiels majeurs.

Astuce mémo

Sleeve : restriction ; bypass : restriction et malabsorption

11. Préparation nutritionnelle préopératoire

★ À maîtriser

📌 La préparation préopératoire spécialisée et pluridisciplinaire dure au minimum 6 à 12 mois et comprend un suivi médical, diététique, psychologique ou psychiatrique et physique.

📌 Une hyperphagie boulimique ou des compulsions alimentaires non contrôlées constituent une contre-indication temporaire à la chirurgie et doivent être stabilisées avec l’aide d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Compléments

  • Avant de valider l’indication opératoire en réunion de concertation pluridisciplinaire, l’équipe évalue la compliance du patient, son histoire pondérale et son parcours de soin, son alimentation quantitative et qualitative, ainsi que la présence de troubles du comportement alimentaire.

  • Une perte de poids préopératoire modérée de 3 à 5 % du poids initial est souvent demandée afin de mobiliser la graisse viscérale et de diminuer le volume du foie.

12. Progression alimentaire après chirurgie

★ À maîtriser

  • 🔄 La réalimentation postopératoire suit cette progression :

    1. À J1, liquides fluides ou légèrement épais
    2. De J2 à J5, liquides moyennement à très épais
    3. Des semaines 2 à 4, textures mixées ou purées
    4. À partir d’un mois, aliments hachés et humides puis petits morceaux tendres
  • Après une chirurgie bariatrique, chaque bouchée doit être mastiquée jusqu’à être réduite en purée dans la bouche et les prises doivent être fractionnées en 3 petits repas et 2 à 3 collations protéinées, avec arrêt dès la première plénitude gastrique.

Compléments

  • À J1, les boissons autorisées sont l’eau plate non gazeuse, les bouillons parfaitement filtrés ou clarifiés et les infusions ou thés légers sans sucre ni saccharose; les prises sont fractionnées à la cuillère ou en mini-gorgées, avec un maximum de 30 à 50 ml par prise.

  • De J2 à J5, les aliments autorisés comprennent les potages lisses sans morceaux ni résidus, les produits laitiers fluides et les compotes lisses sans sucres ajoutés; il faut au minimum 6 prises par jour, avec un maximum de 50 à 80 ml par prise et un arrêt dès la première plénitude.

  • En semaines 2 à 4, les aliments doivent être complètement mixés, lisses et homogènes, sans morceaux ni mastication nécessaire; le fractionnement comprend 3 repas et 2 à 3 collations, avec un maximum de 150 à 200 ml par prise.

📌 À partir d’un mois, la texture passe aux aliments hachés et humides puis aux petits morceaux tendres, tandis que les aliments collants, secs ou fibreux sont exclus.

📌 Après une chirurgie bariatrique, il ne faut pas boire pendant les repas et il faut boire à distance, 30 minutes avant ou après; les boissons gazeuses et les médicaments effervescents sont proscrits.

Astuce mémo

Liquide → mixé → haché et humide → morceaux tendres

Tableaux de synthèse

Répartition de l’adiposité et risques associés

TypeLocalisationRisques associés
AndroïdeFace antérieure du tronc et abdomenMétaboliques et cardiovasculaires accrus
GynoïdeHanches, cuisses et fessesMécaniques et circulatoires accrus
MixteAssociation des deux répartitionsAssociation des deux profils

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1. Quelle définition correspond à l’obésité selon l’OMS ?

2. Une enquête estime qu’en 2024, parmi les adultes, 30,7 % sont en surpoids et 18,1 % obèses. Quelle proportion présente un IMC supérieur ou égal à 25 kg/m² ?

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Selon l’OMS, comment se définit l’obésité ?

Un excès de masse grasse entraînant des conséquences préjudiciables pour la santé.

Quelle est la nature de l’obésité selon l’OMS ?

Une maladie chronique complexe, évolutive et multifactorielle.

Selon Odoxa / LNCO, quelle part des adultes était obèse en 2024 ?

18,1 %.

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