Fiche de révision : Troubles de l’humeur

Plan du Cours

  1. Définition et classification DSM-5-TR
  2. Prévalence et vulnérabilités dépressives
  3. Facteurs de risque dépressif
  4. Risques et comorbidités
  5. Modèles comportementaux et cognitifs
  6. Signes et critères diagnostiques
  7. Persistance et gravité dépressive
  8. Prise en charge en TCC

1. Définition et classification DSM-5-TR

Notions clés & Définitions

  • Troubles de l’humeur : Troubles émotionnels caractérisés par des périodes prolongées de tristesse importante ou de joie excessive, associés à d’autres symptômes et pouvant altérer le fonctionnement de la personne.
  • Dépression : Le terme utilisé par le DSM pour désigner la dépression dans le langage courant.

Points essentiels

  • Le DSM-5-TR distingue deux sous-catégories de troubles de l’humeur : les troubles dépressifs et les troubles bipolaires et apparentés.

Astuce mémo

Émotion intense ≠ trouble : le trouble apparaît avec des symptômes associés et une altération du fonctionnement.

2. Prévalence et vulnérabilités dépressives

★ À maîtriser

  • Selon l’OMS en 2019, la dépression était la première cause d’incapacité dans le monde.

  • Selon le baromètre Santé publique France, la prévalence des épisodes dépressifs est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, avec 18,2 % chez les femmes et 12,8 % chez les hommes.

Compléments

  • La prévalence atteint 21,5 % chez les 18-29 ans ayant déjà vécu un épisode dépressif et a augmenté depuis la pandémie de COVID-19. - Santé publique France, baromètre Santé publique France, 2025

3. Facteurs de risque dépressif

★ À maîtriser

  • Les vulnérabilités associées comprennent : le fait d’être une femme, le fait d’être un jeune adulte, la précarité, l’isolement, le télétravail, le fait d’être employé ou professionnel intermédiaire

📌 L’hérédité désigne une transmission de génération en génération qui ne s’effectue pas nécessairement par les gènes, tandis que la génétique concerne une transmission par les gènes.

  • Les facteurs héréditaires et génétiques expliqueraient 35 à 40 % de la probabilité de développer un trouble dépressif, tandis que l’environnement joue également un rôle essentiel.

  • Les principaux facteurs de risque comprennent un épisode dépressif antérieur, l’anxiété, une maladie chronique, le stress chronique, les événements de vie stressants, l’isolement, la faible estime de soi, l’abus de substances psychoactives, l’impulsivité, une tentative de suicide personnelle ou familiale et les comorbidités borderline.

Compléments

  • Les troubles dépressifs sont plus fréquents chez les apparentés au premier degré de personnes dépressives, et la concordance est plus élevée chez les jumeaux monozygotes que chez les jumeaux dizygotes.

Astuce mémo

Vulnérabilités biologiques et psychosociales → risque accru d’épisode dépressif.

4. Risques et comorbidités

★ À maîtriser

  • La récidive d’un épisode dépressif caractérisé dans les cinq ans concerne 50 à 80 % des cas, et une rémission partielle augmente la probabilité d’un nouvel épisode.

  • Le risque de suicide au cours de la vie chez les personnes présentant un trouble dépressif est estimé entre 3 et 6 %.

  • L’évaluation porte sur : le désespoir, l’impuissance et l’absence de projection dans l’avenir, les idées suicidaires et leur degré de structuration, l’impulsivité, les facteurs précipitants, les tentatives antérieures, les antécédents familiaux

  • Les troubles dépressifs peuvent altérer le fonctionnement social, familial et professionnel, perturber l’alimentation et le sommeil et augmenter le risque cardiovasculaire.

  • Les troubles anxieux accompagnent les troubles dépressifs dans environ 60 % des cas et précèdent souvent le trouble dépressif.

Compléments

  • Les comorbidités fréquentes comprennent : les troubles anxieux, les troubles liés à l’usage de substances, les troubles des conduites alimentaires, les troubles de la personnalité, notamment borderline

5. Modèles comportementaux et cognitifs

Notions clés & Définitions

  • Impuissance apprise : Seligman, années 1970 - Résulte de l’apprentissage selon lequel une personne ne peut pas contrôler les événements qui lui arrivent ni obtenir de renforcements positifs par ses actions.
  • Théorie de l’attribution : Seligman et d’autres, Fin 1970 - La théorie de l’attribution explique les événements selon trois dimensions : l’internalité, la stabilité et la globalité.
  • Triade cognitive : Selon Beck, la triade cognitive de la dépression associe une vision négative de soi, une vision négative des autres et du monde extérieur, et une vision négative du futur.

Points essentiels

  • Chez une personne présentant une symptomatologie dépressive, un événement négatif est typiquement attribué de manière interne, globale et stable, tandis qu’un événement positif est attribué de manière externe, spécifique et instable.

  • Les six biais cognitifs sont (Beck) :

    • la généralisation
    • l’abstraction sélective
    • l’inférence arbitraire
    • la maximisation
    • la minimisation
    • la personnalisation

Astuce mémo

Perte de contrôle → attributions négatives → biais cognitifs → symptômes dépressifs.

6. Signes et critères diagnostiques

Points essentiels

  • Les signes dépressifs peuvent être :
    • émotionnels
    • comportementaux
    • physiques
    • cognitifs

📌 Pour diagnostiquer un épisode dépressif caractérisé, au moins cinq symptômes doivent être présents pendant la même période d’au moins deux semaines, avec au moins une humeur dépressive ou une diminution de l’intérêt ou du plaisir.

  • Les neuf symptômes comprennent :
    • l’humeur dépressive
    • la diminution de l’intérêt ou du plaisir
    • la variation significative du poids ou de l’appétit
    • l’insomnie ou l’hypersomnie
    • l’agitation ou le ralentissement psychomoteur
    • la fatigue
    • la dévalorisation ou la culpabilité
    • les difficultés cognitives
    • les pensées de mort ou idées suicidaires

📌 Les critères B à E exigent une détresse ou une altération fonctionnelle significative, l’absence d’imputabilité à une substance ou une affection médicale, l’absence de meilleure explication psychotique et l’absence d’antécédent maniaque ou hypomaniaque.

Astuce mémo

É-C-P-C : signes émotionnels, comportementaux, physiques et cognitifs.

7. Persistance et gravité dépressive

Points essentiels

📌 Un épisode dépressif caractérisé dure au moins deux semaines, tandis qu’un trouble dépressif persistant se caractérise par une humeur dépressive présente plus d’un jour sur deux pendant au moins deux ans.

  • Les symptômes associés peuvent être : la perte d’appétit ou l’hyperphagie, l’insomnie ou l’hypersomnie, la fatigue, la faible estime de soi, les difficultés de concentration ou de décision, la perte d’espoir

📌 La rémission partielle correspond à la persistance de certains symptômes sans que tous les critères soient encore remplis, tandis que la rémission complète correspond à l’absence de symptômes significatifs depuis au moins deux mois.

📌 Un épisode léger comporte peu de symptômes supplémentaires et une altération mineure du fonctionnement, un épisode moyen se situe entre léger et grave, et un épisode grave associe davantage de symptômes, une souffrance importante et une perturbation fonctionnelle majeure.

Astuce mémo

Épisode caractérisé : 2 semaines ; trouble persistant : humeur dépressive pendant au moins 2 ans.

8. Prise en charge en TCC

Points essentiels

  • La réduction des activités et des contacts sociaux diminue les renforcements positifs, ce qui augmente les symptômes dépressifs et entretient un cercle vicieux.

  • La prise en charge TCC peut utiliser : les colonnes de Beck, le questionnement socratique, l’activation comportementale, un cahier d’activités associant activités et ressentis

📌 Pour les dépressions moyennes à sévères, la combinaison d’une psychothérapie et d’un traitement médicamenteux est présentée comme l’approche la plus efficace.

📌 La surveillance du risque suicidaire est nécessaire quel que soit le degré de la dépression, et les résistances peuvent être travaillées par l’alliance thérapeutique, l’empathie et la psychoéducation.

Astuce mémo

Réduction des activités → moins de renforcements positifs → symptômes ; activation → reprise des renforcements.

Tableaux de synthèse

Épisode caractérisé et trouble persistant

DimensionÉpisode dépressif caractériséTrouble dépressif persistant
Durée minimaleAu moins deux semainesAu moins deux ans
Symptômes requisAu moins cinq symptômes, dont humeur dépressive ou perte d’intérêt/plaisirHumeur dépressive plus d’un jour sur deux et au moins deux symptômes associés
ÉvolutionÉpisode délimitéSymptômes sans période de plus de deux mois consécutifs sans critères

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1. Quelle caractéristique permet de distinguer un trouble de l’humeur d’une émotion intense mais non pathologique ?

2. Quelles sont les deux sous-catégories de troubles de l’humeur distinguées par le DSM-5-TR ?

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Que sont les troubles de l’humeur selon le DSM-5-TR ?

Des troubles émotionnels avec tristesse ou joie prolongée altérant le fonctionnement.

Quelles sous-catégories de troubles de l’humeur distingue le DSM-5-TR ?

Les troubles dépressifs et les troubles bipolaires et apparentés.

Quelle était la première cause d'incapacité mondiale selon l'OMS en 2019 ?

La dépression.

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