Fiche de révision : Principales cibles pharmacologiques

Plan du Cours

  1. Fondements de la pharmacodynamie
  2. Organisation des cibles pharmacologiques
  3. Récepteurs-enzymes
  4. Récepteurs-canaux ioniques
  5. Récepteurs couplés aux protéines G
  6. Modulation des récepteurs couplés
  7. Récepteurs nucléaires
  8. Enzymes, transporteurs et canaux
  9. Cinétique des effets pharmacologiques

1. Fondements de la pharmacodynamie

Notions clés & Définitions

  • Pharmacodynamie : Étude des effets sur les êtres vivants de toute molécule chimique d’origine naturelle ou synthétique, ces effets résultant d’une interaction du médicament avec son site d’action.

Points essentiels

  • Les antiagrégants plaquettaires inhibent l’agrégation plaquettaire et diminuent ainsi le risque de thrombose.

Astuce mémo

Interaction médicament-cible → effet cellulaire, organique puis organismique

2. Organisation des cibles pharmacologiques

Points essentiels

  • 🔄 L’action pharmacologique suit plusieurs étapes : action d’un agent pharmacologique, accès à une cible cellulaire ou moléculaire, transmission de messages intracellulaires, production d’une réponse cellulaire, physiologique ou comportementale

  • Les principales cibles cellulaires des médicaments sont :

    • les récepteurs
    • les canaux ioniques
    • les enzymes
    • les transporteurs

Astuce mémo

Molécule → cible → signal → réponse

3. Récepteurs-enzymes

Notions clés & Définitions

  • Récepteur-enzyme : Possède généralement une hélice transmembranaire et un domaine effecteur intracellulaire à activité kinase, et sa liaison à un ligand modifie sa conformation et active l’enzyme.

★ À maîtriser

  • Après la liaison du ligand, la dimérisation ou l’activation du récepteur rapproche les domaines kinases, permettant une phosphorylation croisée ou une autophosphorylation des tyrosines.

Compléments

  • Le domaine catalytique peut avoir une activité :

    • tyrosine-kinase
    • tyrosine-phosphatase
    • sérine/thréonine-kinase
    • guanylyl cyclase
  • Un même récepteur, comme le récepteur de l’insuline, peut activer plusieurs voies de signalisation dont la réponse dépend du type cellulaire, du ligand et de la durée de stimulation.

Astuce mémo

Deux récepteurs rapprochent leurs domaines kinases pour se phosphoryler

4. Récepteurs-canaux ioniques

Notions clés & Définitions

  • Récepteur-canal : Structure formée de quatre ou cinq sous-unités qui constitue un canal ionique et possède un site de fixation extracellulaire pour un ou plusieurs ligands.

★ À maîtriser

  • Les principaux récepteurs-canaux comprennent les récepteurs nicotiniques perméables au Na+, les récepteurs GABA-A et glycine perméables au Cl−, les récepteurs 5HT3 perméables au Na+ et les récepteurs du glutamate perméables au Na+ et au Ca2+.

Compléments

  • Les benzodiazépines exercent leur action pharmacologique par l’intermédiaire des récepteurs GABA-A.

5. Récepteurs couplés aux protéines G

Notions clés & Définitions

  • Récepteur couplé aux protéines G : Possède sept domaines transmembranaires et transmet le signal par une protéine G hétérotrimérique composée des sous-unités α, β et γ.

★ À maîtriser

  • L’activation d’un récepteur couplé aux protéines G entraîne l’activation d’une protéine G puis d’un effecteur, qui peut être une enzyme, un canal ou un transporteur.

  • Les quatre grandes classes de sous-unités α sont :

    • Gsα
    • Gi/oα
    • Gq/11α
    • G12α

Compléments

  • Les principaux effecteurs comprennent :
    • l’adénylate cyclase
    • la phospholipase C
    • la phospholipase A2
    • les canaux ioniques
  • Au niveau des fibres nociceptives, le récepteur CB1 inhibe les canaux calciques présynaptiques et ouvre des canaux potassiques Kir, ce qui réduit la libération de neurotransmetteurs excitateurs et l’excitabilité des fibres.

Astuce mémo

Ligand → protéine G → effecteur → second messager → réponse

6. Modulation des récepteurs couplés

Notions clés & Définitions

  • Agoniste biaisé : Favorise sélectivement une voie de signalisation parmi celles activées par un même récepteur.

★ À maîtriser

📌 Les modulateurs allostériques positifs et négatifs modifient l’affinité du ligand orthostérique et/ou l’efficacité de la réponse du récepteur.

  • Pour le récepteur μ-opioïde, la voie dépendante de la protéine G est associée à l’analgésie, tandis que la voie β-arrestine est associée à la dépression respiratoire, à la constipation et à la tolérance.

Compléments

  • L’olicéridine (TRV130) est utilisée comme analgésique intraveineux aux États-Unis et a été approuvée par la FDA en 2020.

Astuce mémo

Voie G-protéine : analgésie ; voie β-arrestine : effets indésirables

7. Récepteurs nucléaires

Notions clés & Définitions

  • Récepteur nucléaire : Facteur de transcription qui se lie à la région promotrice des gènes pour augmenter ou réprimer leur transcription en ARN messagers.

Points essentiels

  • Les ligands des récepteurs nucléaires comprennent :

    • les hormones
    • les glucocorticoïdes
    • les vitamines comme la vitamine D
    • les fibrates
    • les thiazolidinediones
  • Les récepteurs nucléaires possèdent cinq régions communes impliquées notamment dans l’activation transcriptionnelle, la spécificité cellulaire et tissulaire, la liaison des cofacteurs, la liaison à l’ADN, la liaison du ligand et la dimérisation.

  • À de faibles concentrations de glucocorticoïdes, la transrépression de NF-κB et AP-1 est favorisée par rapport à la transactivation et aux effets délétères associés.

Astuce mémo

Ligand nucléaire → facteur de transcription → modification de l’expression génique

8. Enzymes, transporteurs et canaux

Points essentiels

  • Le méthotrexate cible la dihydrofolate réductase et perturbe la conversion de l’acide folique en tétrahydrofolate nécessaire à la synthèse des bases nucléiques.

  • Le furosémide, commercialisé sous le nom Lasilix®, agit sur un transporteur ou une pompe et exerce une action antihypertensive par déplétion sodée.

📌 Les médicaments peuvent inhiber ou augmenter le flux ionique d’un canal, de façon complète ou partielle, réversible ou irréversible, qu’il s’agisse d’un canal anionique ou cationique.

9. Cinétique des effets pharmacologiques

Points essentiels

  • Une action sur un canal ionique produit un effet de l’ordre de la milliseconde, une liaison à un récepteur agit dans les secondes, une activité enzymatique est mise en œuvre ou inhibée en quelques minutes et une interaction avec le noyau entraîne un effet en quelques heures.

Astuce mémo

Canal : millisecondes → récepteur : secondes → enzyme : minutes → noyau : heures

Tableaux de synthèse

Types de récepteurs et vitesse d’action

CibleMécanisme principalDélai d’effet
Canal ioniqueModification du flux ioniqueMilliseconde
RécepteurLiaison du ligand et signalisationSecondes
EnzymeActivation ou inhibition enzymatiqueQuelques minutes
Récepteur nucléaireModification transcriptionnelleQuelques heures

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1. Quelle discipline analyse les effets d’une molécule active sur un organisme après son interaction avec un site d’action ?

2. Pourquoi les antiagrégants plaquettaires réduisent-ils le risque de thrombose ?

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Qu'étudie la pharmacodynamie ?

Les effets des molécules chimiques sur les êtres vivants.

Quelle origine peuvent avoir les molécules étudiées en pharmacodynamie ?

Naturelle ou synthétique.

Comment les effets des médicaments se produisent-ils selon la pharmacodynamie ?

Par interaction avec leur site d'action.

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