Fiche de révision : Tumeurs colorectales et traitements

Plan du Cours

  1. Anémie et carence martiale
  2. Syndrome de l’intestin irritable
  3. Diarrhée aiguë
  4. Prise en charge des diarrhées aiguës
  5. Évaluation de la diarrhée chronique
  6. Mécanismes et causes chroniques
  7. Diverticulose et hémorragie digestive
  8. Prévention après diverticulite
  9. Hémorragies digestives
  10. Ulcères gastro-duodénaux
  11. Gastrites et gastropathies
  12. Gastrites aiguës et gastropathies
  13. Maladie de Crohn
  14. Rectocolite et colites microscopiques
  15. Parasitoses digestives
  16. Amoeboses et téniasis
  17. Maladie hémorroïdaire
  18. Fistules et cancers anaux

1. Anémie et carence martiale

Notions clés & Définitions

  • Anémie : Baisse de l’hémoglobine sous les seuils de référence : moins de 13 g/dl chez l’homme adulte, moins de 12 g/dl chez la femme adulte, 10,5 à 11 g/dl chez la femme enceinte et moins de 14 g/dl chez le nouveau-né.

★ À maîtriser

📌 Les anémies centrales sont arégénératives avec des réticulocytes bas, inférieurs à 50–80, voire 100 000/mm3, tandis que les anémies périphériques sont régénératives avec des réticulocytes supérieurs à 100 000–120 000/mm3.

  • 🔄 La carence martiale évolue en trois étapes :

    1. Déplétion des réserves en fer
    2. Altération de l’érythropoïèse avec microcytose sans anémie
    3. Anémie sidéropénique hypochrome et microcytaire, avec VGM inférieur à 80 fl et ferritinémie basse
  • Le déficit en fer résulte de trois mécanismes, éventuellement associés :

    • Perte par saignement
    • Malabsorption
    • Carence d’apport

📌 Chez l’adulte, le traitement martial oral repose sur des sels ferreux à raison de 150 à 300 mg de fer par jour, et se poursuit au moins jusqu’à la normalisation de la ferritinémie, avec une durée minimale de reconstitution des réserves de trois mois.

Compléments

📌 Chez l’homme et la femme ménopausée, la perte digestive est la principale cause de carence martiale par saignement, tandis que chez la femme non ménopausée, les ménorragies en sont la première cause.

Astuce mémo

Déplétion du fer → microcytose sans anémie → anémie sidéropénique

2. Syndrome de l’intestin irritable

Notions clés & Définitions

  • Syndrome de l’intestin irritable : Affection caractérisée par l’association de douleurs abdominales chroniques et de troubles du transit, comprenant constipation, diarrhée ou alternance des deux, qui s’aggravent lors des poussées douloureuses.

★ À maîtriser

  • Le syndrome de l’intestin irritable est multifactoriel et associe des perturbations de la motricité et de la sensibilité digestives, parfois favorisées par une inflammation intestinale minime, des facteurs endoluminaux et des facteurs psychologiques.

  • Au moins 60 % des malades atteints du syndrome de l’intestin irritable présentent une hypersensibilité viscérale, surtout dans les formes diarrhéiques, qui rend pénibles des phénomènes physiologiques comme la distension par les gaz ou les contractions intestinales.

  • Le diagnostic de syndrome de l’intestin irritable est évoqué devant des troubles digestifs chroniques, l’absence d’altération de l’état général et un examen clinique normal, mais il reste un diagnostic d’élimination sans marqueur morphologique ou biologique spécifique.

📌 La prise en charge initiale du syndrome de l’intestin irritable associe l’écoute et la réassurance du patient à des antispasmodiques et au traitement des troubles du transit; une prise en charge psychologique peut être nécessaire en cas de symptômes anciens ou de stress important.

Compléments

  • Environ 15 % des personnes interrogées dans la population générale se plaignent d’un syndrome de l’intestin irritable, et environ un tiers d’entre elles consultent pour ce motif.

Astuce mémo

Hypersensibilité viscérale → perception pénible de phénomènes digestifs normaux

3. Diarrhée aiguë

Notions clés & Définitions

  • Diarrhée : Selles trop fréquentes, trop abondantes et anormales de consistance, liquides ou très molles, pesant plus de 300 g par jour; selon l’OMS, elle correspond en pratique à au moins trois selles très molles à liquides par jour.
  • Diarrhée aiguë : Diarrhée qui évolue depuis moins de deux semaines; elle débute souvent soudainement après un transit normal, est le plus souvent infectieuse et dure généralement moins d’une semaine.

★ À maîtriser

  • L’interrogatoire d’une diarrhée aiguë recherche son mode de début, un contexte épidémique ou alimentaire à risque, un voyage récent, les médicaments pris pendant les deux mois précédents, les caractéristiques des selles, les terrains à risque et les signes associés.

  • Les signes de déshydratation extracellulaire comprennent :

    • Soif
    • Oligurie
    • Hypotension d’abord orthostatique
    • Tachycardie
    • Veines jugulaires plates en position semi-assise
    • Pli cutané
    • Cernes périorbitaires
    • Hypotonie des globes oculaires

Compléments

  • Une diarrhée aqueuse cholériforme entraîne des pertes d’environ 200 mL d’eau par selle et 50 mmol de sodium par litre; les vomissements aggravent les pertes et limitent les apports.

4. Prise en charge des diarrhées aiguës

★ À maîtriser

  • Une antibiothérapie probabiliste est justifiée après les prélèvements en cas d’infection bactérienne sévère suspectée, avec ciprofloxacine à 1 g par jour pendant 3 à 5 jours et, après séjour en zone endémique, métronidazole à 1,5 g par jour pendant 10 jours si une amibiase est à couvrir.
  • Les examens sanguins initiaux d’une diarrhée aiguë sévère comprennent une NFS et une CRP; une coproculture et un examen parasitologique des selles sont également réalisés.

📌 La réhydratation orale par boissons abondantes et alimentation salée et riche en glucose est privilégiée, sauf en cas de déshydratation sévère ou de vomissements incoercibles.

📌 Les ralentisseurs du transit sont contre-indiqués en cas d’iléocolite avérée ou suspectée, notamment devant une diarrhée hémorragique ou une fièvre élevée.

Compléments

  • Plus de 10 % des personnes recevant des antibiotiques présentent une modification du transit intestinal, le plus souvent une diarrhée bénigne apparaissant 3 à 5 jours après le début du traitement.

  • La diarrhée aiguë à Clostridium difficile est traitée en première intention par métronidazole per os à 1 g par jour pendant 10 jours; la vancomycine per os peut être envisagée en cas d’échec ou de colite sévère.

Astuce mémo

Prélèvements, puis traitement ciblé.

5. Évaluation de la diarrhée chronique

Notions clés & Définitions

  • Diarrhée chronique : La diarrhée chronique correspond à une diarrhée évoluant depuis plus d’un mois; la diarrhée est dite aiguë avant 2 semaines et prolongée entre 2 et 4 semaines.

★ À maîtriser

📌 La fausse diarrhée du constipé associe des selles liquides à de petites selles dures et explosives, et peut cesser avec le traitement de la constipation.

  • L’interrogatoire d’une diarrhée chronique recherche notamment les antécédents familiaux ou personnels, les voyages, les médicaments pris depuis l’apparition de la diarrhée et durant les trois mois précédents, ainsi que les symptômes associés et l’aspect des selles.

  • Le bilan initial comprend notamment : NFS et CRP, ionogramme sanguin, ferritine, vitamine B12 et folates, albuminémie, TSH, sérologie VIH, deux examens parasitologiques des selles à des jours différents

Compléments

  • Selon l’Organisation mondiale de la Santé, une diarrhée correspond en pratique à au moins trois selles très molles à liquides par jour.

  • Des selles nocturnes traduisent le caractère organique de la diarrhée et suggèrent une composante au moins partiellement sécrétoire.

Astuce mémo

Selles nocturnes : signal organique, contrairement aux selles seulement post-prandiales.

6. Mécanismes et causes chroniques

Notions clés & Définitions

  • Maladie cœliaque : La maladie cœliaque est une maladie auto-immune liée à une intolérance au gluten, définie par un syndrome de malabsorption et une atrophie villositaire totale ou subtotale, avec amélioration clinique et histologique sous régime strict sans gluten.

★ À maîtriser

  • Une diarrhée motrice donne typiquement des selles post-prandiales, impérieuses et groupées en salves; le transit est accéléré, la diarrhée répond au moins partiellement aux ralentisseurs et cède au jeûne.

  • La diarrhée osmotique est hydrique, sans altération de l’état général ni malabsorption, et cesse lorsque les agents osmotiques ne sont plus présents dans la lumière intestinale.

📌 Le traitement de la maladie cœliaque repose sur un régime sans gluten poursuivi toute la vie, excluant notamment le blé, le seigle et l’orge; le maïs et le riz sont autorisés.

Compléments

  • Une diarrhée par malabsorption peut provoquer des carences, une perte de poids malgré des apports conservés et des selles volumineuses, parfois graisseuses.

  • Le terrain génétique prédisposant à la maladie cœliaque comporte HLA-DQ2 ou HLA-DQ8 dans 95 % des cas; sa prévalence en Europe et aux États-Unis est estimée entre 1/100 et 1/200.

Astuce mémo

Le jeûne distingue souvent l’osmotique, qui cède, de la sécrétoire, qui persiste.

7. Diverticulose et hémorragie digestive

★ À maîtriser

  • Les diverticules coliques sont le plus souvent des hernies acquises de la muqueuse et de la sous-muqueuse; ils siègent préférentiellement dans le sigmoïde dans 90 % des cas et ne touchent jamais le rectum.

📌 Une tomodensitométrie abdomino-pelvienne en urgence est recommandée à chaque épisode suspect de diverticulite pour confirmer le diagnostic, écarter les diagnostics différentiels, rechercher les complications et guider le traitement.

Compléments

  • La diverticulose colique, rare avant 30 ans, est observée chez plus de 50 % des personnes de plus de 70 ans.
  • La classification de Hinchey distingue :

    • stade I : phlegmon ou abcès péri-colique
    • stade II : abcès pelvien, abdominal ou rétropéritonéal
    • stade III : péritonite généralisée purulente
    • stade IV : péritonite fécale
  • L’incidence des hémorragies digestives est estimée en France à 143 cas pour 105 habitants; les hémorragies basses représentent 20 % des hémorragies digestives.

8. Prévention après diverticulite

★ À maîtriser

📌 La sigmoïdectomie prophylactique, lorsqu’elle est décidée, doit être réalisée au moins deux mois après le dernier épisode de diverticulite et précédée si possible d’une coloscopie chez les patients de plus de 50 ans.

Compléments

  • Aucune mesure diététique riche en fibres ni aucun traitement par antiseptiques intestinaux, dérivés 5-amino-salicylés ou probiotiques n’a démontré d’efficacité pour prévenir une nouvelle poussée de diverticulite.

📌 Les corticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont globalement déconseillés car ils aggravent le risque de lésions infectieuses sévères lors d’une diverticulite survenant sous traitement.

9. Hémorragies digestives

★ À maîtriser

  • Les hémorragies digestives basses représentent 20 % des hémorragies digestives et sont d’origine colorectale ou anale dans plus de 80 % des cas.

  • Les AINS multiplient par 3 à 4 le risque de complications ulcéreuses et par 7 à 8 celui de complications ulcéreuses fatales.

📌 L’hématémèse correspond à du sang vomi et indique une hémorragie digestive haute, tandis que la rectorragie correspond à l’émission anale de sang rouge vif non digéré et indique généralement une hémorragie basse, sauf en cas d’hémorragie haute massive.

  • La prise en charge urgente comprend l’évaluation répétée du pouls et de la pression artérielle, la recherche des signes de mauvaise tolérance, la pose de deux voies veineuses périphériques de gros calibre, les prélèvements et la préparation de culots globulaires, puis la compensation de l’hémorragie si le retentissement hémodynamique le justifie.

  • Les objectifs du remplissage sont une fréquence cardiaque inférieure à 100 battements/min, une pression artérielle systolique supérieure à 100 mmHg, une hémoglobine supérieure à 8 g/dL et une diurèse supérieure à 30 mL/h.

Compléments

  • En France, l’incidence des hémorragies digestives est estimée à 143 cas pour 10⁵ habitants et tend à diminuer depuis une dizaine d’années.

  • La mortalité des hémorragies digestives hautes varie de 3 à 14 %, tandis que celle des hémorragies basses varie de 2 à 8 % et atteint environ 25 % chez les patients déjà hospitalisés.

Astuce mémo

Hématémèse en haut, rectorragie en bas — sauf hémorragie haute massive.

10. Ulcères gastro-duodénaux

Notions clés & Définitions

  • Ulcère gastro-duodénal : Perte de substance de la paroi gastrique ou duodénale qui atteint la musculeuse.

★ À maîtriser

  • L’ulcère gastro-duodénal résulte d’un déséquilibre entre l’agression chlorhydropeptique gastrique et les mécanismes de défense de la muqueuse, dont le mucus, les bicarbonates, les phospholipides, les cellules de surface et le flux sanguin muqueux.

  • Les AINS inhibent les cyclooxygénases et la synthèse des prostaglandines gastro-duodénales, ce qui altère les défenses muqueuses et favorise les ulcères, plus souvent gastriques que duodénaux.

  • L’éradication de H. pylori réduit le taux de récidive ulcéreuse à moins de 5 % à un an, contre 50 à 80 % sans éradication.

📌 Après un ulcère gastrique, le contrôle endoscopique avec biopsies de la zone cicatricielle est impératif, car un cancer ulcériforme peut cicatriser sous traitement.

Compléments

  • En France, environ 90 000 ulcères gastro-duodénaux sont diagnostiqués par endoscopie chaque année, dont environ 20 000 au stade de complications, et la mortalité des complications ulcéreuses est de l’ordre de 10 %.

Astuce mémo

H. pylori ou AINS → altération de la défense muqueuse → ulcère.

11. Gastrites et gastropathies

Notions clés & Définitions

  • Gastrite : Atteinte inflammatoire aiguë ou chronique de la muqueuse de l’estomac, définie par l’examen histologique.

★ À maîtriser

📌 Les gastrites chroniques atrophiantes exposent au risque de cancer, contrairement aux gastrites chroniques non atrophiantes.

  • La gastrite chronique à H. pylori peut évoluer vers une gastrite antrale avec risque d’ulcère duodénal chez le sujet hypersécréteur, ou vers une pangastrite avec atrophie multifocale et risque d’ulcère gastrique et d’adénocarcinome chez le sujet hyposécréteur.

Compléments

  • La gastrite chronique auto-immune de type A touche le corps gastrique et peut entraîner une carence en facteur intrinsèque, une malabsorption de vitamine B12 et une anémie macrocytaire arégénérative.

📌 Chez les patients de moins de 70 ans en bon état général atteints de gastrite chronique auto-immune avec atrophie fundique sévère, une surveillance endoscopique systématique est recommandée tous les 3 ans.

  • La gastrite chronique lymphocytaire est le plus souvent asymptomatique, peut être associée à une maladie cœliaque et reste généralement de cause indéterminée.

Astuce mémo

Gastrite = inflammation histologique ; gastropathie = atteinte sans infiltrat inflammatoire.

12. Gastrites aiguës et gastropathies

Notions clés & Définitions

  • Gastrite phlegmoneuse : Infection bactérienne sévère développée dans l’épaisseur de la paroi gastrique, le plus souvent chez un sujet immunodéprimé.

★ À maîtriser

  • La gastrite aiguë à H. pylori survient après la contamination orale, est souvent asymptomatique et peut provoquer des douleurs épigastriques, des nausées et des vomissements; les lésions prédominent dans l’antre.

  • Le diagnostic de gastrite aiguë à H. pylori repose sur les biopsies montrant la bactérie et une inflammation riche en polynucléaires neutrophiles; l’éradication entraîne une régression, tandis que l’absence de traitement conduit habituellement à la chronicité.

📌 Les gastropathies sont des affections diffuses de la muqueuse gastrique sans infiltrat inflammatoire, et se distinguent ainsi des gastrites.

  • La maladie de Ménétrier associe un épaississement majeur de la muqueuse fundique par hyperplasie des cryptes, des plis fundiques géants cérébriformes et une gastropathie exsudative pouvant entraîner un syndrome œdémateux par fuite protidique.

Compléments

  • La gastropathie radique survient après une irradiation gastrique d’au moins 45 Gray; après 6 mois, ses complications chroniques peuvent comprendre des ulcérations et des télangiectasies souvent hémorragiques.

Astuce mémo

Inflammation gastrique, sans infiltrat : gastropathie

13. Maladie de Crohn

Notions clés & Définitions

  • Maladie de Crohn : Affection inflammatoire chronique de cause inconnue pouvant atteindre tout le tube digestif, le plus souvent l’iléon et le côlon, et plus rarement la région anale.

★ À maîtriser

  • La confirmation de la maladie de Crohn repose sur une endoscopie œso-gastro-duodénale et une coloscopie avec iléoscopie rétrograde si possible, accompagnées de biopsies étagées même en muqueuse apparemment saine.

  • Les lésions endoscopiques évocatrices sont :

    • les ulcérations aphtoïdes
    • les ulcérations en carte de géographie
    • les ulcérations en rails
  • La maladie de Crohn évolue le plus souvent par poussées séparées de rémissions; ses complications fréquentes comprennent occlusions, sténoses, fistules, abcès et perforations, et l’atteinte colique étendue et ancienne accroît le risque de cancer colique.

Compléments

  • En France, la maladie de Crohn touche environ un habitant sur 1 000, avec 5 à 10 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants; son pic de fréquence se situe entre 20 et 30 ans.

  • Le tabagisme et les mutations de gènes de susceptibilité, notamment Nucleotide-binding oligomerization domain containing 2 sur le chromosome 16, accroissent faiblement le risque de maladie de Crohn, dont la cause est multifactorielle.

  • Les granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires sont présents dans 20 à 30 % des cas de maladie de Crohn et sont très évocateurs de l’affection.

14. Rectocolite et colites microscopiques

Notions clés & Définitions

  • Rectocolite hémorragique : Maladie inflammatoire chronique du côlon qui atteint constamment le rectum, s’étend de façon continue plus ou moins haut vers le cæcum et respecte l’intestin grêle.
  • Colites microscopiques : Affections associant une diarrhée chronique, une muqueuse d’aspect endoscopique normal et une inflammation chronique de la muqueuse colique en histologie.

★ À maîtriser

  • L’aspect endoscopique caractéristique de la rectocolite hémorragique est une inflammation continue débutant à la jonction ano-rectale, s’étendant vers l’amont et s’interrompant assez brusquement; un foyer périappendiculaire cæcal peut aussi être présent.

  • Les deux types histologiques principaux de colites microscopiques sont les colites lymphocytaires et les colites collagènes; l’épaississement de la bande collagène sous-épithéliale au-delà de 10 μm est propre à la colite collagène.

Compléments

  • En France, l’incidence de la rectocolite hémorragique est de 5 à 10 cas pour 100 000 habitants par an; elle touche plutôt les non-fumeurs, bien que le tabagisme puisse réduire l’intensité des symptômes.

  • La colite aiguë grave concerne environ 15 % des patients atteints de rectocolite hémorragique et expose notamment à une hémorragie, une perforation et une colectasie.

  • Le traitement d’entretien de la rectocolite hémorragique utilise d’abord les dérivés 5-amino-salicylés, puis les analogues des purines en cas d’échec, et des anticorps anti-TNF-alpha si l’échec persiste.

📌 La chirurgie de la rectocolite hémorragique est envisagée en cas d’échec du traitement médical ou de complication néoplasique; en cas de néoplasie, la coloproctectomie doit être préférée.

Astuce mémo

Rectocolite continue dès le rectum ; Crohn segmentaire

15. Parasitoses digestives

★ À maîtriser

  • Après ingestion, les kystes de Giardia intestinalis se transforment en trophozoïtes dans le duodénum, puis ceux-ci se fixent à la bordure en brosse des entérocytes du duodénum et du jéjunum.

  • 🔄 La migration des larves suit ces étapes :

    1. Les larves traversent la paroi intestinale.
    2. Elles gagnent le foie puis le poumon par voie sanguine.
    3. Elles traversent les alvéoles et remontent au pharynx par l’arbre bronchique.
    4. Elles sont dégluties et deviennent adultes dans le jéjunum.
  • L’oxyurose est une parasitose strictement humaine et familiale causée par Enterobius vermicularis; les femelles pondent le soir dans les plis anaux, provoquant un prurit et permettant l’autoinfection par les mains.

  • Entamoeba histolytica se transmet par ingestion de kystes selon la voie féco-orale; ses trophozoïtes peuvent envahir la muqueuse colique, phagocyter des hématies et se disséminer par voie sanguine.

Compléments

  • La recherche de Giardia dans les selles a une sensibilité d’environ 60 %, améliorée en répétant l’examen trois fois au total en raison de l’excrétion intermittente des kystes.

  • Les femelles Ascaris commencent à pondre deux mois après l’ingestion des œufs embryonnés; les adultes mesurent environ 15 cm chez le mâle et 20 cm chez la femelle.

  • Le diagnostic d’oxyurose peut être établi par le scotch test, appliqué le matin sur la marge anale avant toute toilette ou défécation, puis examiné au microscope après collage sur une lame.

Astuce mémo

Ascaris : intestin → foie → poumon → pharynx → intestin

16. Amoeboses et téniasis

★ À maîtriser

  • En cas d’abcès hépatique, la sérologie des anticorps anti-Entamoeba histolytica est réalisée dans tous les cas ; si elle est négative et qu’il n’existe pas d’argument pour une atteinte digestive, la ponction échoguidée permet l’analyse microbiologique du pus.

  • 🔄 Le traitement et le contrôle se déroulent ainsi :

    1. Administrer un nitro-imidazolé, par exemple métronidazole à 1,5 g/jour pendant 10 jours.
    2. Attendre trois jours après la fin du traitement.
    3. Administrer un amoebicide de contact pendant 10 jours.
    4. Contrôler les selles un mois plus tard et reprendre l’amoebicide de contact si des formes persistent.
  • Taenia saginata contamine l’homme par ingestion de viande bovine crue ou insuffisamment cuite contenant des cysticerques ; dans le jéjunum, la larve devient adulte en 3 mois et le ver non traité peut vivre plus de 30 ans.

Compléments

📌 Un pus brun foncé « chocolat » et une diminution rapide de la fièvre après métronidazole orientent vers un abcès amibien, tandis que cette réponse fébrile est exceptionnelle dans un abcès bactérien.

  • Les larves infestantes de Taenia saginata sont détruites par une cuisson au-delà de 45 °C ou par une congélation prolongée.

📌 Taenia solium peut provoquer une cysticercose humaine en situation de promiscuité avec les porcs et de mauvaise hygiène, tandis que Hymenolepis nana se transmet d’homme à homme et touche surtout les enfants des régions chaudes à bas niveau d’hygiène.

17. Maladie hémorroïdaire

Notions clés & Définitions

  • Plexus hémorroïdaires : Les plexus hémorroïdaires sont des structures anatomiques normales constituées de lacs veineux, de petites artérioles sous-muqueuses et d’un réseau anastomotique ; le plexus interne se situe au-dessus de la ligne pectinée et le plexus externe sous la peau des plis radiés de l’anus.

★ À maîtriser

📌 La crise hémorroïdaire provoque généralement chaleur ou pesanteur périnéale et dure deux à quatre jours, tandis que la thrombose se manifeste par une tuméfaction bleutée brutalement douloureuse et régresse en 5 à 15 jours.

  • Un saignement rouge rutilant après la défécation n’est pas spécifique des hémorroïdes et ne permet pas, à lui seul, d’en affirmer l’origine.

📌 Le diagnostic hémorroïdaire repose sur l’interrogatoire et l’examen clinique, notamment l’inspection et l’exploration endocanalaire ; aucune exploration supplémentaire n’est utile au diagnostic positif lui-même.

📌 Les hémorroïdes ne sont traitées que lorsqu’elles sont symptomatiques ; les médicaments sont généralement réservés aux symptômes aigus en cures courtes, tandis que les procédés instrumentaux et chirurgicaux constituent le traitement de fond de la maladie interne.

Compléments

  • Les facteurs de risque les mieux validés sont :
    • le troisième trimestre de grossesse
    • l’accouchement
    • le post-partum immédiat
    • les troubles du transit intestinal

Astuce mémo

La crise est brève ; la thrombose est brutale et plus douloureuse.

18. Fistules et cancers anaux

Notions clés & Définitions

  • Reflux gastro-œsophagien : Le reflux gastro-œsophagien est le passage d’une partie du contenu gastrique dans l’œsophage à travers le cardia, sans effort de vomissement ; il est physiologique sans symptômes ni lésion muqueuse, et pathologique lorsqu’il s’accompagne de symptômes ou de lésions.
  • Achalasie : L’achalasie est un trouble moteur primitif de cause inconnue, défini par l’absence complète de péristaltisme œsophagien, souvent associée à une relaxation absente ou incomplète et à une hypertonie de repos du sphincter inférieur de l’œsophage (SIO).

Points essentiels

  • Une fistule anale débute par l’infection des glandes de Hermann et Defosses à la ligne pectinée, forme un abcès intersphinctérien puis peut diffuser vers le haut ou le bas ; la méconnaissance de son orifice primaire intracanal entraîne une récidive.

📌 L’abcès anal sur fistule relève d’une urgence chirurgicale ; le traitement médical est antalgique, les antibiotiques sont peu efficaces et non indiqués, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués.

  • Les cancers du canal anal sont des carcinomes épidermoïdes dans 95 % des cas ; 85 % des cancers de l’anus siègent dans le canal anal et 15 % à la marge anale.

📌 Toute lésion ano-périnéale suspecte doit faire l’objet d’une biopsie avec examen anatomopathologique pour confirmer le diagnostic de cancer anal.

  • Le RGO implique principalement une défaillance du sphincter inférieur de l’œsophage, notamment lors de relaxations transitoires spontanées survenant hors déglutition ; la stase gastrique et l’hyperpression abdominale favorisent également le reflux.

📌 L’association du pyrosis et des régurgitations acides est quasi pathognomonique du RGO ; leur caractère postural ou post-prandial renforce l’orientation diagnostique.

  • Avant 50 ans, des symptômes digestifs typiques sans signe d’alarme ne nécessitent aucun examen complémentaire avant le traitement ; après 50 ans, une endoscopie haute est préconisée d’emblée.

  • Les options thérapeutiques du RGO comprennent les antiacides, les anti-H2 et les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), les alginates et les prokinétiques ; elles peuvent être utilisées seules ou associées, à la demande ou au long cours.

📌 En cas d’œsophagite peptique, un IPP à pleine dose est le traitement anti-sécrétoire de référence, les IPP étant supérieurs aux anti-H2 quelle que soit la sévérité de l’œsophagite.

📌 Dans l’endobrachyœsophage, les IPP sont indiqués si la forme est symptomatique ou associée à une œsophagite, mais les anti-sécrétoires au long cours et la chirurgie anti-reflux ne préviennent ni la dysplasie ni le cancer.

  • La dysphagie paradoxale, électivement marquée pour les liquides, et les régurgitations sont les principaux symptômes de l’achalasie ; les régurgitations nocturnes peuvent entraîner des complications respiratoires.

📌 Le critère manométrique obligatoire de l’achalasie est l’absence totale de péristaltisme en réponse aux déglutitions d’eau ; les anomalies du SIO peuvent manquer au stade initial.

  • Les tumeurs gastriques sont classées selon leur siège — cardia, corps ou fundus, antre — et leur type histologique ; les tumeurs épithéliales malignes représentent 90 % des tumeurs gastriques.

  • L’infection par H. pylori peut conduire de la gastrite chronique à l’atrophie, puis à la métaplasie, à la dysplasie et au cancer gastrique ; moins de 1 % des personnes infectées développent un cancer gastrique.

Astuce mémo

Orifice primaire intersphinctérien méconnu → récidive de la fistule.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Tumeurs colorectales et traitements avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels résultats réticulocytaires distinguent une anémie centrale d’une anémie périphérique ?

2. Quelle évolution caractérise la carence martiale lorsqu’elle s’aggrave ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Tumeurs colorectales et traitements avec 9 flashcards interactives.

Quels seuils d’hémoglobine définissent l’anémie selon l’âge et le sexe ?

Moins de 13 g/dl chez l’homme adulte, moins de 12 g/dl chez la femme adulte, 10,5 à 11 g/dl chez la femme enceinte et moins de 14 g/dl chez le nouveau-né.

Comment distinguer les anémies centrales des anémies périphériques selon les réticulocytes ?

Les anémies centrales sont arégénératives avec des réticulocytes bas, tandis que les anémies périphériques sont régénératives avec des réticulocytes élevés.

Quels symptômes caractérisent le syndrome de l’intestin irritable ?

Des douleurs abdominales chroniques associées à des troubles du transit, aggravés lors des poussées douloureuses.

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