📋 Plan du Cours
- Épidémiologie des ulcères de jambe
- Étiologies des ulcères veineux et artériels
- Physiopathologie de l’ulcère veineux
- Clinique des ulcères veineux et signes cutanés
- Bilan initial des ulcères de jambe
- Bactériologie et colonisation des ulcères
- Ulcères diabétiques : neuropathie et ischémie
- Points clés des escarres de décubitus
- Étiologies et physiopathologie des escarres
- Mécanismes lésionnels : hyperpression cisaillement macération
- Stades des escarres et complications
- Prévention et traitement local des escarres
📖 1. Épidémiologie des ulcères de jambe
🔑 Notions clés & Définitions
- Prévalence des ulcères de jambe : La prévalence mesure la proportion de personnes ayant un ulcère de jambe à un moment donné, toutes causes confondues.
- Ulcères veineux ou mixtes : Les ulcères veineux ou mixtes regroupent les ulcères dont la cause principale est liée au système veineux, parfois avec composante mixte.
- Ulcères artériels : Les ulcères artériels sont des ulcères dont l’origine principale est une insuffisance artérielle.
- Angiodermites : Les angiodermites correspondent à des ulcères liés à des troubles vasculaires non strictement veineux ou artériels.
- Maladie post-thrombotique : La maladie post-thrombotique est une séquelle de thrombose veineuse profonde responsable d’une atteinte veineuse chronique.
📝 Points essentiels
- La prévalence des ulcères de jambe toutes causes confondues est de 0,2 à 1% dans la population générale.
- La prévalence atteint environ 3% après 65 ans, soit 63 000 à 502 000 patients en France.
- L’évolution dure plus d’un an pour 24 à 54% des plaies.
- L’âge médian des patients est de 70 à 75 ans.
- Les ulcères veineux ou mixtes représentent 60 à 80% des cas, les ulcères artériels 10 à 30%, et les angiodermites et autres causes 10 à 15%.
- Parmi les ulcères veineux, la maladie post-thrombotique explique 50 à 60% et l’insuffisance veineuse superficielle 40 à 50%.
💡 Astuce mémo
Âge + fréquence : 0,2–1% (tout âge) → 3% après 65 ans, médiane 70–75 ans; causes : 60–80% veineux/mixtes, 10–30% artériels, 10–15% angiodermites.
📖 2. Étiologies des ulcères veineux et artériels
🔑 Notions clés & Définitions
- Insuffisance veineuse superficielle : Cause veineuse liée à un défaut de retour veineux au niveau superficiel, responsable d’une part importante des ulcères veineux.
- Insuffisance veineuse profonde : Atteinte veineuse profonde survenant soit après une insuffisance superficielle, soit après une thrombose veineuse profonde.
- Thrombose veineuse profonde : Antécédent thrombotique pouvant entraîner des séquelles veineuses responsables d’ulcères, notamment via une atteinte profonde.
- Index de pression systolique : Mesure hémodynamique obtenue par Doppler qui compare la pression systolique cheville/bras pour dépister une AOMI.
- Médiacalcose : Rigidité artérielle liée à l’âge ou au diabète qui peut fausser l’IPS et masquer une AOMI.
📝 Points essentiels
- Une insuffisance veineuse superficielle explique environ 40 à 50% des ulcères veineux.
- Une insuffisance veineuse profonde est souvent secondaire à une insuffisance superficielle ou à une thrombose veineuse profonde.
- Facteurs associés aux ulcères veineux : antécédent de TVP, obésité, sexe féminin.
- Bilan biologique : NFS, CRP pour inflammation/anémie, et albumine pour dépister une dénutrition.
- Prélèvement bactériologique : colonisation fréquente, intérêt surtout si BMR, et non systématique en routine.
- Échodoppler veineux : examen systématique pour confirmer la maladie veineuse et préciser reflux/topographie et séquelles de TVP, utile au bilan pré-opératoire et au suivi après chirurgie superficielle.
💡 Astuce mémo
Veineux = Superficiel (40–50%) puis Profond après TVP; Artériel = IPS (cheville/bras) mais Médiacalcose peut mentir.
📖 3. Physiopathologie de l’ulcère veineux
🔑 Notions clés & Définitions
- Dermohypodermite bactérienne péri ulcéreuse : Infection cutanéo-sous-cutanée autour de l’ulcère veineux pouvant diffuser et nécessiter une antibiothérapie générale.
- Ulcère de Marjolin : Ulcère veineux cancérisé correspondant le plus souvent à un carcinome épidermoïde, survenant sur une lésion ancienne.
- Carcinome épidermoïde : Type de cancer cutané pouvant se développer sur un ulcère veineux, notamment dans l’ulcère de Marjolin.
- Ankylose de la cheville : Complication fonctionnelle de l’ulcère veineux avec blocage articulaire, pouvant aller jusqu’à l’impotence fonctionnelle.
- Compression veineuse : Traitement central de l’insuffisance veineuse visant à diminuer l’hyperpression veineuse et favoriser la cicatrisation.
📝 Points essentiels
- Les complications à distance incluent un déséquilibre du diabète, un état de choc et une septicémie en cas d’infection sévère.
- La dermohypodermite bactérienne péri ulcéreuse et l’infection diffusant à distance sont des indications d’antibiothérapie générale.
- L’antibiothérapie générale est aussi envisagée sur terrain fragile (diabète, immuno-dépression, artérite sévère) ou après échec des soins locaux.
- L’antibiothérapie doit être probabiliste, sans prélèvement bactériologique local, avec couverture antistaphylococcique et antistreptococcique, pour une durée limitée (<10–14 jours).
- La prévention repose sur le contrôle du manu-portage et le rapprochement des pansements, sans prélèvement bactériologique et sans antibiotique local systématique.
- Les transformations malignes comprennent l’ulcère de Marjolin (ulcère cancérisé) : rare (0,5 à 0,8%) et surtout sur ulcère ancien >10 ans, avec zone hémorragique, dure et bourgeonnement excessif, pronostic sévère si tard
💡 Astuce mémo
Infection→général si diffusion/terrain fragile; Marjolin = ulcère ancien qui “cancérise” (0,5–0,8%); Compression = cicatrisation + confort.
📖 4. Clinique des ulcères veineux et signes cutanés
🔑 Notions clés & Définitions
- Bandes élastiques Biplast : Bandes élastiques utilisées pour la compression veineuse, avec un comportement d’élasticité permettant un étirement régulier lors de la marche.
- Bandes peu élastiques à étirement court : Bandes dont l’allongement reste limité (<120%), conçues pour une compression souvent mieux tolérée, notamment la nuit.
- Bandes élastiques à étirement long : Bandes qui s’allongent fortement (>120%), utiles pour la compression mais nécessitant une adaptation au rythme d’utilisation (ex. retrait nocturne).
- Bandes cohésives : Bandes qui gardent leur cohésion pendant la pose, facilitant le maintien de la compression sur la jambe.
- Bandage multi-couches : Système de compression combinant plusieurs couches pour atteindre un niveau de pression élevé et une meilleure efficacité.
📝 Points essentiels
- Complications allergiques possibles : eczéma aux caoutchoucs avec une fréquence de 3 à 12%.
- Complications traumatiques : phlyctène, purpura et érosion, surtout sur les saillies osseuses.
- HAS : viser une compression de haut niveau de pression de 30 à 40 mm Hg à la cheville si IPS entre 0,8 et 1,3.
- HAS : bandage multi-couches recommandé et bonne observance indispensable.
- Pose : débuter à la racine des orteils par une bande oblique sur le dessus du pied puis une circulaire au-dessus des métatarses.
- Pose : enrouler en remontant jusqu’à la cheville en remontant de 1/3 à 2/3 du tour précédent, avec talon placé au 1/3 moyen d’une spire et étirement constant (oblique, semi-oblique ou circulaire).
💡 Astuce mémo
Bande = Oblique (orteils) → Circulaire (métatarses) → Remonter 1/3 à 2/3 → Talon au 1/3 moyen → Fin à 5 cm du pli du genou.
📖 5. Bilan initial des ulcères de jambe
🔑 Notions clés & Définitions
- Compression médicale : La compression médicale est un traitement local des ulcères veineux qui nécessite une pression prescrite et une utilisation correcte par le patient.
- AOMI : L’AOMI est une atteinte artérielle des membres inférieurs qui peut participer à l’origine d’un ulcère de jambe.
- Classification de Leriche et Fontaine : La classification de Leriche et Fontaine classe l’atteinte artérielle selon l’évolution des signes cliniques.
- Ischémie critique : L’ischémie critique correspond à une forme sévère d’atteinte artérielle avec critères cliniques et/ou hémodynamiques.
- IPS : L’IPS est un index de pression mesurée pour estimer la sévérité de l’atteinte artérielle et interpréter la perfusion distale.
📝 Points essentiels
- La compression doit être expliquée au patient et à son entourage, avec un essayage préalable pour assurer l’adhérence et la bonne utilisation.
- La pression cible ne se mesure pas sur le patient : elle se choisit selon la notice du dispositif.
- En cas de superposition de compressions, les pressions se cumulent.
- Environ 20 à 30% des ulcères de jambe ont une participation artérielle (AOMI).
- Les facteurs de risque cardiovasculaires associés à l’AOMI incluent âge, tabac, diabète, dyslipidémie, HTA, obésité, sédentarité et antécédents d’athérosclérose.
- La classification de Leriche et Fontaine : stade I abolition d’un pouls sans symptôme, stade II claudication intermittente, stade III douleurs de décubitus, stade IV plaies.
💡 Astuce mémo
Leriche-Fontaine : I pouls absent, II claudication, III douleur la nuit, IV plaie.
📖 6. Bactériologie et colonisation des ulcères
🔑 Notions clés & Définitions
- Ulcère veineux : Ulcère lié à une insuffisance veineuse, souvent peu algique pendant les soins et douloureux en dehors, avec peau péri-ulcéreuse altérée.
- Ulcère artériel : Ulcère lié à une atteinte artérielle, douloureux (notamment au repos), avec peau péri-ulcéreuse pâle et pouls souvent absents.
- Ulcère mixte : Ulcère combinant composante veineuse et artérielle, nécessitant une évaluation vasculaire car la compression peut être contre-indiquée selon l’IPS.
- Angiodermite nécrotique : Forme d’ulcère nécrotique liée à une atteinte de la microcirculation, typiquement chez une femme âgée avec HTA ancienne et début après traumatisme.
- Ulcère diabétique : Ulcère survenant chez un diabète ancien mal équilibré, dominé par neuropathie et ischémie, souvent indolore et localisé au pied.
📝 Points essentiels
- Le risque infectieux impose une antibiothérapie à action large au moindre doute de cellulite.
- Les ulcères veineux touchent plus souvent les hommes, avec tabagisme et HTA fréquente, et une douleur surtout en dehors des soins.
- Les ulcères artériels sont plus fréquents chez la femme, avec douleur de décubitus et claudication intermittente.
- L’aspect de la plaie aide à orienter : ulcère veineux à bord net avec peau péri-ulcéreuse altérée, tandis que l’artériel a une peau péri-ulcéreuse pâle, atrophique et dépilée.
- Le diagnostic repose sur l’échodoppler veineux et l’IPS pour les ulcères veineux, puis sur l’échodoppler artério-veineux pour les formes mixtes.
- Ulcères mixtes à prédominance veineuse : IPS > 0,7 et compression autorisée (peu élastique) avec prise en charge veineuse; à prédominance artérielle : IPS < 0,5, douleurs ++ et pas de compression, prise en charge artéri-
💡 Astuce mémo
Cellulite = antibiotique large; IPS guide la compression (veineux >0,7, artériel <0,5).
📖 7. Ulcères diabétiques : neuropathie et ischémie
🔑 Notions clés & Définitions
- Ulcères diabétiques : Plaies chroniques du pied liées à un terrain diabétique, où neuropathie et/ou ischémie favorisent l’apparition et la non-cicatrisation.
- Neuropathie diabétique : Atteinte des nerfs périphériques du diabète entraînant une perte de sensibilité, donc une indolence et une absence de mobilisation protectrice.
- Ischémie tissulaire : Diminution de la perfusion des tissus entraînant une souffrance puis une nécrose, notamment sous compression prolongée.
- Escarre de décubitus : Nécrose ischémique des tissus mous due à la compression entre un plan dur et les saillies osseuses chez un patient immobilisé.
📝 Points essentiels
- Physiopathologie des ulcères diabétiques : la neuropathie réduit la perception de l’inconfort et l’ischémie compromet la vascularisation des tissus.
- Terrain typique des ulcères diabétiques : diabète mal équilibré et ancien, souvent avec un contexte de récidives.
- Clinique des ulcères diabétiques : souvent post-traumatique, localisés sur l’avant-pied ou la voûte plantaire, de petite taille, creusants, atones et indolores.
- Traitement des ulcères diabétiques : levée d’appui ++ et équilibre du diabète, avec prise en charge des surinfections fréquentes.
- En cas de nombreuses récidives (4) : rechercher une AOMI associée.
- Escarre : mécanisme = compression forte et/ou prolongée des tissus mous entre un plan dur et une saillie osseuse, aboutissant à une nécrose ischémique.
💡 Astuce mémo
Neuropathie = pas mal → on ne bouge pas ; Ischémie = pas de sang → tissus nécrosent.
📖 8. Points clés des escarres de décubitus
🔑 Notions clés & Définitions
- Escarre de décubitus : L’escarre de décubitus est une lésion cutanée et/ou sous-cutanée due à une ischémie provoquée par une compression prolongée sur un plan osseux.
- Hyperpression : L’hyperpression correspond à une pression trop élevée et/ou trop longue qui dépasse la perfusion tissulaire et entraîne une ischémie des tissus cutanés.
- Cisaillement : Le cisaillement est une force oblique qui crée des pressions tangentielles et provoque une dilacération des vaisseaux, surtout lors de transferts par glissement.
- Macération cutanée : La macération est une fragilisation de la peau liée à l’humidité, favorisant la pullulation microbienne et augmentant la sensibilité cutanée.
- Stades d’escarre : Les stades d’escarre classent la profondeur de la lésion, de la peau intacte à l’atteinte des tissus sous-cutanés.
📝 Points essentiels
- L’escarre résulte d’une compression forte et/ou prolongée des parties molles sur un relief osseux, avec ischémie superficielle et profonde rapidement irréversible.
- Les troubles de la sensibilité entraînent l’immobilité : le patient ne mobilise plus spontanément ses points d’appui (rachis, os iliaques, calcanéum).
- Les forces de cisaillement s’associent surtout en position assise instable et lors des transferts par glissement.
- Les frottements fragilisent la peau par mouvements répétés et éléments traumatisants.
- La macération augmente la sensibilité cutanée via pullulation microbienne, favorisée par incontinence urinaire/fécale et sudation.
- Siège : les zones de prédilection sont les points d’appui à faible épaisseur de revêtement cutané (talons, puis région sacrée, puis trochantérienne/ischiatique, puis malléoles).
💡 Astuce mémo
Compression prolongée = ischémie (hyperpression) ; glissement = cisaillement ; humidité = macération.
📖 9. Étiologies et physiopathologie des escarres
🔑 Notions clés & Définitions
- Escarre de décubitus : Plaie cutanée liée à une souffrance tissulaire provoquée par la pression et/ou le cisaillement lors d’un décubitus prolongé.
- Colonisation bactérienne : Présence constante de micro-organismes dans la plaie sans signes d’inflammation ni retentissement sur la cicatrisation.
- Infection patente : Infection avec signes inflammatoires locaux et/ou fièvre, à distinguer de la simple colonisation.
- Hypoxie tissulaire : Diminution de l’oxygénation des tissus, favorisée par la compression vasculaire, qui contribue à la nécrose de l’escarre.
- Cisaillement : Déplacement relatif des tissus lors du glissement, qui aggrave la destruction tissulaire au-delà de la simple pression.
📝 Points essentiels
- Deux facteurs majeurs expliquent l’apparition des escarres : mobilité réduite et troubles sensitifs.
- Les facteurs locaux aggravants incluent hyperpression, cisaillement, frottement et macération.
- Les facteurs généraux favorisent l’escarre via hypoxie, troubles circulatoires, âge, dénutrition, déshydratation, état psychologique et incontinence urinaire ou fécale.
- Des pathologies neurologiques, le diabète, l’obésité, l’alcool et certains médicaments (corticoïdes, ergotamine, α-bloquant) augmentent le risque.
- À l’échelle physiopathologique, la compression prolongée diminue la perfusion et l’oxygénation, entraînant une souffrance puis une nécrose tissulaire.
- La colonisation est fréquente et constante, mais ne compromet pas la cicatrisation contrairement à l’infection patente.
💡 Astuce mémo
Pression + glisse = manque d’oxygène → nécrose (P+G→O→N).
📖 10. Mécanismes lésionnels : hyperpression cisaillement macération
🔑 Notions clés & Définitions
- Hyperpression : Lésion cutanée liée à une pression trop élevée et prolongée sur une zone d’appui, qui réduit la perfusion locale et favorise l’escarre.
- Cisaillement : Déplacement relatif des tissus par rapport à l’os sous-jacent, qui étire et fragilise les structures cutanées et sous-cutanées.
- Macération : Ramollissement et fragilisation de la peau par un excès d’humidité, qui favorise la pullulation microbienne et retarde la cicatrisation.
- Prévention par hygiène : Ensemble des mesures visant à limiter l’humidité et la contamination de la peau pour réduire le risque d’escarre.
📝 Points essentiels
- La prévention repose sur des changements de position réguliers, avec mobilisation passive très fréquente par le personnel de soins.
- Les positions de référence sont le décubitus dorsal, le décubitus semi-latéral gauche et droit stabilisé par des coussins de mousse, et la position assise stabilisée avec appui sur les faces postérieures des cuisses.
- Les changes répétés doivent éviter la macération et la pullulation microbienne.
- Les massages, les frictions et les applications de glace ou d’air chaud sont interdits en prévention.
- Les supports anti-pression sont réservés aux patients à risque important d’escarre, avec des options comme surmatelas à eau, à gonflement alterné d’air ou à air statique.
- Les mousses découpées et les coussins en mousse offrent confort et bonne répartition des pressions, notamment en fauteuil.
💡 Astuce mémo
Pression = arrêt du sang, cisaillement = tissus qui glissent, macération = peau humide qui s’abîme.
📖 11. Stades des escarres et complications
🔑 Notions clés & Définitions
- Détersion mécanique : La détersion mécanique consiste à retirer les tissus nécrosés par action physique avec des instruments au lit du patient.
- Détersion chirurgicale : La détersion chirurgicale enlève rapidement les tissus nécrosés avec des instruments chirurgicaux, réalisée par un médecin ou chirurgien au bloc opératoire.
- Détersion autolytique : La détersion autolytique utilise des enzymes produites localement par les tissus nécrosés, avec des pansements maintenant un milieu humide.
- Détersion biologique : La détersion biologique repose sur l’action de larves de mouche bleue pour nettoyer des plaies, surtout quand la détersion mécanique n’est pas adaptée.
- Pansement hydrogel : Le pansement hydrogel sert à hydrater une plaie sèche et à ramollir une plaque de nécrose, souvent avec un recouvrement occlusif.
📝 Points essentiels
- Le choix de la technique de détersion dépend de la vitesse attendue, de la sélectivité nécessaire, de la douleur, de la quantité d’exsudat, de la présence d’infection et du coût.
- Détersion mécanique : réalisation au lit du patient avec pince à griffes, ciseaux, bistouri (15 précision, 23 tissus durs, 11 incision ou drainage) ou curette.
- Détersion mécanique : geste du centre vers la berge, sans saignement ni douleur, avec anesthésie locale possible (lidocaïne spray ~30 min avant).
- Détersion chirurgicale : méthode agressive au bloc opératoire, par chirurgien ou médecin, qui raccourcit le délai de cicatrisation.
- Détersion autolytique : utilise hydrogel ou alginates, maintient un milieu humide, est plus lente et indolore que la détersion mécanique.
- Détersion biologique : larves de mouche bleue indiquées pour des plaies étroites à bords irréguliers quand la détersion mécanique n’est pas retenue.
💡 Astuce mémo
Centre→berge + instruments (mécanique) ; Bloc→chirurgie (rapide) ; Humide→enzymes (autolytique) ; Larves→biologique.
📖 12. Prévention et traitement local des escarres
🔑 Notions clés & Définitions
- Pansement de recouvrement non absorbant : Un pansement de recouvrement non absorbant sert à protéger et maintenir le pansement primaire en place sans l’absorber.
- Alginate : Un alginate est un pansement à très forte capacité d’absorption, utilisé surtout pour les plaies très exsudatives et/ou infectées.
- Hydrofibre : Une hydrofibre est un pansement absorbant pour les plaies très exsudatives avec fibrine modérée.
- Hydrocellulaire : Un hydrocellulaire est un pansement semi-perméable, très absorbant, adapté aux plaies exsudatives bourgeonnantes.
- Interface tulles gras : Une interface tulle gras est un pansement non adhérent pour les plaies superficielles en phase de réépithélialisation.
📝 Points essentiels
- Pour les plaies nécessitant un recouvrement non absorbant, on utilise par exemple tulle ou hydrocolloïde avec une fréquence de 2 à 3 jours.
- Les alginates conviennent aux plaies creuses très exsudatives et/ou infectées, à tous les stades ou en cas de saignement.
- Les alginates se présentent en plaque ou en mèche et ont une capacité d’absorption très élevée.
- Pour poser un alginate, il faut humidifier l’Algostéril au sérum physiologique puis recouvrir d’un pansement secondaire.
- La fréquence de changement des alginates est de 1 à 2 jours.
- Les hydrofibres conviennent aux plaies très exsudatives avec fibrine modérément présente et nécessitent un pansement secondaire en général.
💡 Astuce mémo
Alginate = “A” comme Absorption maximale (1–2 j) ; HydroFibre = “F” comme Fibrine modérée (1–2 j).
📊 Tableaux de synthèse
Repères de compression et IPS (HAS)
| Situation | IPS | Conduite/objectif |
|---|
| Ulcère veineux avec risque artériel | 0,8 à 1,3 | Compression de haut niveau 30–40 mm Hg à la cheville |
| AOMI sévère (participation artérielle importante) | < 0,7 | AOMI sévère |
| AOMI modéré (ulcère veineux mixte) | 0,7 < IPS < 0,9 | AOMI modéré : ulcère veineux mixte |
| Pas de participation artérielle | 0,9 < IPS < 1,3 | Pas d’AOMI, pas de participation artérielle |
| Médiacalcose | IPS > 1,3 | Médiacalcose (IPS peut être surestimé) |
Orientation clinique ulcère veineux vs artériel vs mixte
| Type d’ulcère | Douleur | Peau/pouls |
|---|
| Ulcère veineux | Indolores pendant les soins, douloureux en dehors | Peau péri-ulcéreuse altérée (dermite ocre, lipodermatosclérose, atrophie blanche, œdème, dermite de stase) ; pouls périphériques présents |
| Ulcère artériel | Douloureux ++ (notamment au repos, la nuit) | Peau péri-ulcéreuse pâle, atrophique, dépilée ; pouls périphériques absents |
| Ulcère mixte (prédominance veineuse) | Plus creusant, atone | IPS > 0,7 ; compression autorisée (peu élastique) ; prise en charge veineuse |
| Ulcère mixte (prédominance artérielle) | Douleurs ++ | IPS < 0,5 ; revascularisation ; pas de compression |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre prévalence (proportion à un moment donné) et incidence (nouveaux cas), alors que le cours insiste sur la prévalence des ulcères de jambe.
- Croire que la présence de bactéries impose des antibiotiques : la colonisation est obligatoire et les antibiotiques ne sont pas automatiques sans signes d’infection.
- Interpréter l’IPS sans tenir compte de la médiacalcose : chez diabétique/sujet âgé, l’IPS peut être surestimé et masquer une AOMI.
- Appliquer une compression sans vérifier l’AOMI : en cas de pression distale < 50 mm Hg c’est contre-indiqué, et < 70 mm Hg impose une compression allégée.
- Mélanger ulcère veineux et artériel sur la douleur : l’ulcère veineux est typiquement peu algique pendant les soins, l’artériel est douloureux ++ au repos.
- Oublier que les ulcères mixtes nécessitent une évaluation vasculaire car la compression peut être contre-indiquée selon l’IPS.
- Penser que les massages/frictions ou la glace/air chaud font partie de la prévention des escarres : le cours les interdit en prévention.
✅ Checklist Examen
- Donner les chiffres de prévalence des ulcères de jambe (0,2–1% population générale ; 3% après 65 ans) et l’âge médian (70–75 ans).
- Classer les étiologies globales : 60–80% veineux/mixtes, 10–30% artériels, 10–15% angiodermites/autres, puis préciser la part post-thrombotique (50–60%) et insuffisance veineuse superficielle (40–50%) parmi les veineux.
- Expliquer la logique étiologique : insuffisance veineuse superficielle (40–50% des ulcères veineux) et insuffisance veineuse profonde souvent secondaire à superficielle ou TVP.
- Décrire le bilan initial : examens NFS/CRP/albumine, prélèvement bactériologique uniquement si BMR, et échodoppler veineux systématique.
- Réaliser l’interprétation de l’IPS : calcul cheville/bras (PAS cheville la plus basse, PAS brachiale la plus élevée) et seuils <0,7 sévère ; 0,7–0,9 modéré ; 0,9–1,3 pas d’AOMI ; >1,3 médiacalcose avec limite médiacalc.
- Savoir quand demander l’écho-doppler artério-veineux/angioTDM : abolition des pouls, symptômes/signes d’AOMI, et formes mixtes ; rappeler que l’écho-doppler veineux précise reflux/topographie et séquelles de TVP.
- Différencier clinique ulcère veineux vs artériel vs mixte : douleur, localisation (péri-malléolaire++ vs suspendu/face antéro-latérale jambe/cou/dos pied), aspect des bords/fond, peau péri-ulcéreuse et pouls.
- Citer les complications infectieuses et leur traitement : surinfection superficielle (traitement local) vs dermohypodermite péri ulcéreuse/infection à distance (antibiothérapie générale probabiliste <10–14 jours, sans AT
- prélèvement local systématique).
- Connaître les transformations malignes : ulcère de Marjolin (ulcère cancérisé, carcinome épidermoïde), rare 0,5–0,8%, sur ulcère ancien >10 ans, zone hémorragique/dure et pronostic sévère.
- Maîtriser la compression veineuse : objectifs (réduire œdème, raccourcir délais, être confortable), HAS 30–40 mm Hg à la cheville si IPS 0,8–1,3, bandage multi-couches recommandé, et règles d’utilisation (dès le lever ou
- 24 h/24 ; pression choisie selon notice ; pressions qui s’additionnent en superposition).
- Savoir poser une bande : début racine des orteils (oblique dessus du pied puis circulaire au-dessus des métatarses), remontée 1/3–2/3 du tour précédent, talon au 1/3 moyen, étirement constant, fin à 5 cm du pli du genou,
- Connaître les repères de Leriche-Fontaine : I abolition d’un pouls sans symptôme ; II claudication intermittente ; III douleurs de décubitus ; IV plaies, et rappeler la palpation des 4 pouls (fémoral, poplité, pédieux, t
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