📋 Plan du Cours
- Sous-espaces stables et vecteurs propres
- Polynôme caractéristique et diagonalisation
- Trigonalisation et polynôme minimal
- Décomposition de Jordan
- Formes bilinéaires et quadratiques
- Produit scalaire et polynômes orthogonaux
- Endomorphismes auto-adjoints et SVD
- Isométries vectorielles et groupe orthogonal
- Outils d'algèbre et de dénombrement
- Matrices, rang et mineurs
📖 1. Sous-espaces stables et vecteurs propres
🔑 Notions clés & Définitions
- Sous-espace stable : Un sous-espace A est stable par un endomorphisme u lorsque l’image de tout vecteur de A par u reste dans A.
- Sous-espace cyclique : Le sous-espace cyclique Eu(x) est le plus petit sous-espace stable par u qui contient le vecteur x.
- Valeur propre : Une valeur propre λ de u est un scalaire pour lequel il existe un vecteur non nul x vérifiant u(x)=λx.
- Vecteur propre : Un vecteur propre associé à λ est un vecteur non nul x satisfaisant u(x)=λx.
- Sous-espace propre : Pour une valeur propre λ, le sous-espace propre Eλ=ker(u−λ idE) est l’ensemble des vecteurs vérifiant u(x)=λx et il est stable par u.
📝 Points essentiels
- Si A est stable par u, alors la restriction u|A définit un endomorphisme de A appelé endomorphisme induit sur A.
- Si u et v commutent (u∘v=v∘u), alors v stabilise Im(u), ker(u) et plus généralement ker(u−λ idE) pour tout scalaire λ.
- Un scalaire λ est une valeur propre de u si et seulement si u−λ idE n’est pas injectif, ce qui équivaut à ker(u−λ idE) ≠ {0E}.
- Les sous-espaces propres associés à des valeurs propres deux à deux distinctes sont en somme directe.
- Dans un espace de dimension n finie, un endomorphisme possède au plus n valeurs propres distinctes.
- Un vecteur propre x associé à λ donne, pour tout entier k≥0, uk(x)=λ^k x, donc tout polynôme P vérifie P(u)(x)=P(λ)x.
💡 Astuce mémo
Stable = fermé par u (u(A)⊂A) ; propre = noyau u−λid (u(x)=λx).
📖 2. Polynôme caractéristique et diagonalisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Polynôme caractéristique : Le polynôme caractéristique d’un endomorphisme u est le polynôme χu(X)=det(XIdE−u), dont les zéros donnent les valeurs propres de u.
- Ordre de multiplicité algébrique : L’ordre de multiplicité algébrique d’une valeur propre λ est sa multiplicité comme racine du polynôme caractéristique χu.
- Endomorphisme diagonalisable : Un endomorphisme u est diagonalisable s’il existe une base de E formée de vecteurs propres de u.
📝 Points essentiels
- λ est une valeur propre de u si et seulement si χu(λ)=0, via χu(X)=det(XIdE−u).
- Si λ est valeur propre d’ordre de multiplicité algébrique mλ, alors 1≤dim(Eλ)≤mλ.
- Une matrice (ou u) est diagonalisable si et seulement si χu est scindé sur K et, pour chaque valeur propre λ, dim(Eλ)=mλ.
- Si u est diagonalisable, alors E est somme directe des sous-espaces propres Eλ correspondants.
- Si u est diagonalisable, une base de diagonalisation fournit une factorisation M=PDP−1 avec D diagonale contenant les valeurs propres.
- Deux endomorphismes diagonalisables sont codiagonalisables (dans une même base) si et seulement s’ils commutent.
💡 Astuce mémo
Diagonalisable ⇔ χu scindé et mλ = dim Eλ : la multiplicité « algébrique » doit égaler la multiplicité « géométrique ».
📖 3. Trigonalisation et polynôme minimal
🔑 Notions clés & Définitions
- Endomorphisme trigonalisable : Un endomorphisme est trigonalisable s’il existe une base où sa matrice est triangulaire supérieure.
- Polynôme caractéristique scindé : Un endomorphisme a un polynôme caractéristique scindé lorsque ce polynôme se factorise en produit de facteurs linéaires sur le corps considéré.
- Polynôme minimal : Le polynôme minimal d’un endomorphisme est un polynôme annulateur unitaire de degré minimal, unique et diviseur de tout polynôme annulateur.
- Polynôme annulateur : Un polynôme est annulateur d’un endomorphisme u lorsque le polynôme d’endomorphisme correspondant P(u) est nul.
📝 Points essentiels
- Un endomorphisme est trigonalisable si et seulement si son polynôme caractéristique est scindé sur le corps K.
- Tout endomorphisme sur un espace complexe est trigonalisable car tout polynôme complexe est scindé (théorème de d’Alembert–Gauss).
- Le polynôme minimal μu est unique, unitaire, de plus petit degré parmi les polynômes annulateurs, et il divise tout polynôme annulateur de u.
- Les racines du polynôme minimal de u sont exactement les valeurs propres de u.
- Si χu(X)=∏{i=1}^p (X-λ_i)^{m{λ_i}} avec λ_i distinctes, alors μu(X)=∏{i=1}^p (X-λ_i)^{ℓ{λ_i}} avec 1≤ℓ_{λ_i}≤m_{λ_i}.
- Si χu est scindé sur K, alors u est diagonalisable si et seulement si μu est scindé à racines simples.
💡 Astuce mémo
Caractéristique scindée ⇒ triangle; minimal en racines simples ⇒ diagonale.
📖 4. Décomposition de Jordan
🔑 Notions clés & Définitions
- Bloc de Jordan nilpotent : Bloc de Jordan associé à la valeur propre 0 décrivant un comportement nilpotent avec une taille fixée.
- Réduction de Jordan : Forme normale de Jordan d’un endomorphisme lorsque le polynôme caractéristique est scindé, obtenue par une base adaptée en concaténant des bases sur les sous-espaces caractéristiques.
- Invariants de similitude : Quantités attachées à un endomorphisme décrivant, indépendamment des choix de vecteurs, le nombre et les tailles des blocs de Jordan par valeur propre.
- Décomposition de Jordan–Chevalley : Décomposition unique d’un endomorphisme u en somme u=s+n où s est diagonalisable, n nilpotent, et s commute avec n.
- Partie diagonalisable s : Endomorphisme de la décomposition Jordan–Chevalley qui agit comme une homothétie sur chaque sous-espace caractéristique.
📝 Points essentiels
- La réduction de Jordan existe si le polynôme caractéristique de u est scindé sur K, et la matrice obtenue a des blocs dont les scalaires sur la diagonale sont les valeurs propres de u.
- Pour chaque valeur propre λ, l’endomorphisme u restreint au sous-espace caractéristique Nλ s’écrit u|Nλ=λId+ (endomorphisme nilpotent), ce qui permet d’empiler des blocs de Jordan relatifs à λ.
- La réduction de Jordan est unique à permutation des blocs près, et les invariants (nombre et tailles de blocs) ne dépendent que de u.
- Pour une valeur propre λ : le nombre de blocs associés à λ vaut dim Nλ, la taille maximale des blocs associés à λ vaut ℓλ (puissance dans le polynôme minimal) et la somme des tailles des blocs vaut mλ (multiplicité algébrique dans le polynôme caractéristique).
- Si M est une matrice et λ une valeur propre scindée, le nombre de blocs associés à λ est aussi dim ker(M−λIn).
- Dans la décomposition Jordan–Chevalley u=s+n, on a s diagonalisable, n nilpotent, n∘s=s∘n, et u est diagonalisable si et seulement si n=0.
💡 Astuce mémo
Pour une valeur propre λ : Nb blocs = dim Nλ ; Plus grand bloc = ℓλ (polynôme minimal) ; Somme des tailles = mλ (polynôme caractéristique) ; et u = s+n avec s=sémisimple, n=nilpotent.
🔑 Notions clés & Définitions
- Forme bilinéaire : Une forme bilinéaire est une application bilinéaire de E×E dans K, donc bilinéaire en chacune des deux variables.
- Symétrie bilinéaire : Une forme bilinéaire symétrique vérifie b(x,y)=b(y,x) pour tous x,y, tandis qu’elle est antisymétrique si b(x,y)=−b(y,x).
- Matrice d’une forme bilinéaire : La matrice d’une forme bilinéaire b relativement à deux bases de E et F encode l’application partielle et sert à calculer b(x,y) à partir des coordonnées.
- Forme quadratique : Une forme quadratique est une application q:E→K obtenue en posant q(x)=b(x,x) pour une forme bilinéaire b sur E×E.
📝 Points essentiels
- Une application bilinéaire est linéaire en chaque variable séparément, et l’ensemble L(E,F;G) des applications bilinéaires est un espace vectoriel sur K.
- La forme bilinéaire b est symétrique (resp. antisymétrique) exactement quand b(x,y)=b(y,x) (resp. b(x,y)=−b(y,x)) pour tout x,y∈E.
- Si B et C sont des bases et M la matrice de b relativement à B et C, alors b(x,y)=(MatB(x))⊤MMatC(y).
- La matrice de b relativement à B est symétrique (resp. antisymétrique) si et seulement si b est symétrique (resp. antisymétrique).
- La non-dégénérescence à gauche (resp. à droite) équivaut à l’injectivité de L(b) (resp. R(b)), et si dimE=dimF alors les non-dégénérescences à gauche et à droite sont équivalentes.
- Si la caractéristique de K est différente de 2, toute forme quadratique q admet une unique forme bilinéaire symétrique polaire c, donnée par c(x,y)=41(q(x+y)−q(x−y)).
💡 Astuce mémo
Polarisation : pour car(K)=2, lis c(x,y) avec q(x+y) et q(x−y) via 41. (Carrés à la place de b(x,x).)
📖 6. Produit scalaire et polynômes orthogonaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Produit scalaire : Un produit scalaire est une application E×E→R bilinéaire, symétrique, non dégénérée et positive.
- Poids : Un poids est une fonction continue strictement positive utilisée pour pondérer l’intégrale qui définit le produit scalaire des polynômes.
- Polynômes orthogonaux : Les polynômes orthogonaux sont une suite de polynômes deux à deux orthogonaux construits par orthonormalisation dans l’espace des polynômes.
📝 Points essentiels
- Dans un espace réel E, le produit scalaire est bilinéaire, symétrique, non dégénéré et positif, ce qui rend <x,x>≥0 pour tout x∈E.
- Sur E=R[X] avec un poids w sur ]a,b[, on définit <P,Q>=∫_a^b P(t)Q(t)w(t)dt pour (P,Q)∈E².
- En appliquant Gram–Schmidt à (X^k){k∈N}, on obtient une suite unique (Pk){k∈N} telle que deg(Pk)=k et que les polynômes soient deux à deux orthogonaux.
- Les familles classiques dépendent de (a,b,w) : Legendre pour ]-1,1[, w(x)=1 ; Tchebychev (1re espèce) pour ]-1,1[, w(x)=1/√(1-x^2) ; Jacobi pour ]-1,1[, w(x)=(1-x)^α(1+x)^β avec α>-1 et β>-1 ; Laguerre pour [0,+∞[, w(x)=e^{-x} ; Hermite pour (-∞,+∞), w(x)=e^{-x^2}.
- La normalisation des polynômes orthogonaux n’est pas unique : on peut imposer par exemple une valeur en un point ou le coefficient dominant (par ex. Laguerre de degré n a un coefficient dominant (−1)^n n!).
💡 Astuce mémo
Gram–Schmidt = “orthogonaliser” (X^k) pour fabriquer Pk : même degré k et orthogonalité deux à deux via le poids dans l’intégrale.
📖 7. Endomorphismes auto-adjoints et SVD
🔑 Notions clés & Définitions
- Endomorphisme auto-adjoint : Un endomorphisme auto-adjoint est un endomorphisme u vérifiant la relation de l’adjoint u* = u pour le produit scalaire de l’espace.
- Décomposition spectrale : La décomposition spectrale est le fait qu’un auto-adjoint admet une base orthonormée de vecteurs propres et une représentation diagonale dans cette base.
- Décomposition en valeurs singulières : La décomposition en valeurs singulières (SVD) écrit une matrice M comme UΣV^T (réel) ou UΣV* (complexe) avec U et V orthogonales/unitaires et Σ diagonale rectangulaire.
- Valeurs singulières : Les valeurs singulières d’une matrice M sont les réels σ1≥…≥σr>0 qui apparaissent dans Σ et valent les racines carrées des valeurs propres non nulles de M^TM (ou MM*).
📝 Points essentiels
- Un auto-adjoint a un polynôme caractéristique scindé et ses valeurs propres sont réelles, avec des sous-espaces propres deux à deux orthogonaux.
- Il existe une base orthonormale de vecteurs propres pour un auto-adjoint, donc l’endomorphisme est diagonalisable.
- Une matrice réelle symétrique (resp. complexe hermitienne) est diagonalisable par conjugaison orthogonale (resp. unitaire) en une matrice réelle diagonale.
- Si M ∈ Mm,n(R) est de rang r, il existe U (m×m orthogonale), V (n×n orthogonale) et Σ (m×n par blocs) tels que M=UΣV^T avec Σ contenant σ1≥…≥σr>0.
- Les σi sont les racines carrées des valeurs propres strictement positives de M^TM ou MM^T, et r est le nombre de σi non nuls.
- Le rang de M est égal au nombre de valeurs singulières non nulles, donc au nombre de coefficients non nuls sur la diagonale de Σ.
💡 Astuce mémo
Auto-adjoint: orthogonalité des vecteurs propres; SVD: σ = racines des valeurs propres de M^TM; rang = nombre de σ non nuls.
📖 8. Isométries vectorielles et groupe orthogonal
🔑 Notions clés & Définitions
- Groupe orthogonal : Le groupe orthogonal regroupe les isométries vectorielles d’un espace euclidien et forme un sous-groupe du groupe linéaire via la composition.
- Matrice orthogonale : Une matrice orthogonale est une matrice réelle M telle que M⊤M=In (et donc M−1=M⊤), représentant une isométrie dans une base orthonormée.
- Groupe spécial orthogonal : Le groupe spécial orthogonal SO(E) (ou SO(n,R)) est l’ensemble des isométries (ou matrices orthogonales) de déterminant 1.
- Isométries positives et négatives : On dit qu’une isométrie est positive si elle appartient à SO(E) et négative si elle appartient à O−(E), selon le signe de son déterminant.
📝 Points essentiels
- L’ensemble des isométries vectorielles O(E) est un sous-groupe de GL(E), car il est non vide (contient idE), stable par composition et que la réciproque d’une isométrie est encore une isométrie.
- Une matrice M∈O(n,R) vérifie M⊤M=In et son inverse est M−1=M⊤.
- Pour toute M∈O(n,R), on a det(M)=±1, ce qui implique que toute isométrie u d’un espace euclidien vérifie aussi det(u)=±1.
- Les ensembles SO(E) et O−(E)=O(E)∖SO(E) correspondent respectivement aux isométries de déterminant 1 et −1.
- Dans une matrice orthogonale d’ordre n, les colonnes (et les lignes) forment une base orthonormale de Mn,1(R) (et de M1,n(R)).
- Toute isométrie u d’un espace euclidien de dimension n se met sous forme diagonale par blocs avec des blocs Ip, −Iq et des blocs de rotation (cosθisinθi−sinθicosθi), avec p+q+2r=n.
💡 Astuce mémo
Déterminant signe = orientation : det(u)=1 (positive) préserve l’orientation, det(u)=−1 (négative) la renverse.
📖 9. Outils d'algèbre et de dénombrement
🔑 Notions clés & Définitions
- Partition d'un ensemble : Une partition d’un ensemble est une famille de sous-ensembles non vides deux à deux disjoints dont l’union vaut tout l’ensemble.
- Équipotence : Deux ensembles sont équipotents lorsqu’il existe une bijection entre eux, donc ils ont la même taille au sens du dénombrement.
- Ensemble dénombrable : Un ensemble est dénombrable s’il est équipotent à l’ensemble des entiers naturels.
- Cardinal d’un ensemble fini : Le cardinal d’un ensemble fini est l’entier n tel que l’ensemble soit équipotent à obreak{1,…,n} (et vaut 0 pour l’ensemble vide).
📝 Points essentiels
- Pour une partition P d’un ensemble E, chaque élément x de E appartient à un unique bloc A de P.
- Un ensemble est dénombrable s’il existe une bijection entre cet ensemble et N.
- Si E est fini et card(E)=card(A), alors A=E.
- Pour une matrice d’isométrie vectorielle, on peut choisir une base orthonormée où la matrice est bloc-diagonale avec des blocs ±Ip, ±Iq et des blocs de rotation Ri de taille 2, tels que p+q+2r=n.
- On a p=dim(ker(u−idE)) et q=dim(ker(u+idE)), et u∈SO(E) (resp. O−(E)) si et seulement si q est pair (resp. impair).
💡 Astuce mémo
Bloc-diagonal : p∣q∣2r⇒n, et l’orientation dépend seulement de la parité de q (pair pour SO(E, impair pour O−(E)).
📖 10. Matrices, rang et mineurs
🔑 Notions clés & Définitions
- Mineur d’ordre p : Un mineur d’ordre p d’une matrice est le déterminant d’une sous-matrice carrée obtenue en conservant p lignes et p colonnes.
- Mineur principal : Un mineur principal est un mineur obtenu à partir des mêmes indices de lignes et de colonnes, c’est-à-dire avec I égal à J.
- Matrice des cofacteurs : La matrice des cofacteurs regroupe, en position (i,j), le cofacteur associé à l’élément m_{ij} de la matrice considérée.
- Rang d’une matrice : Le rang d’une matrice est la dimension de son image, c’est-à-dire la dimension de l’espace engendré par ses colonnes vues comme vecteurs.
📝 Points essentiels
- Le rang d’une matrice est égal au plus grand ordre d’un mineur non nul de cette matrice.
- Le rang vérifie aussi rang(M)=rang(M^⊤) et rang(M)=rang(M^*).
- Un cofacteur cofi,j(M) vaut (−1)^{i+j} fois le mineur d’ordre n−1 obtenu en supprimant la i-ème ligne et la j-ème colonne.
- La comatrice com(M) est la matrice dont les entrées sont tous les cofacteurs cofi,j(M), rangée par rangée en (i,j).
- Si M est inversible, on a la formule M^{-1}=(1/det(M)) (com(M))^⊤.
💡 Astuce mémo
Rang = taille maximale d’un mineur non nul : plus grand mineur ≠ 0 ⇔ rang(M).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 27 février 2026 | Version du document du cours |
| Jor70 | Référence bibliographique : Jordan, Traité des substitutions et des équations algébriques |
| 1840 | Référence bibliographique : Le Verrier (article sur les variations séculaires) |
📊 Tableaux de synthèse
Diagonalisable vs trigonalisable (conditions)
| Notion | Condition sur χu | Condition supplémentaire |
|---|
| Diagonalisable | χu scindé sur K | pour chaque λ : dim(Eλ)=mλ (ordre multiplicité algébrique) |
| Trigonalisable | χu scindé sur K | aucune condition sur les dimensions des sous-espaces propres |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre « stable par u » avec « invariant par u » au sens de u(A)⊂A, et oublier que c’est une condition sur l’image des vecteurs de A.
- Croire que si χu est scindé alors u est automatiquement diagonalisable : il faut encore dim(Eλ)=mλ (multiplicité géométrique = multiplicité algébrique).
- Se tromper entre valeur propre et racine : un λ est valeur propre ⇔ χu(λ)=0, mais une racine d’un polynôme annulateur n’est pas forcément une valeur propre.
- Prendre l’ordre de multiplicité algébrique mλ pour la taille maximale d’un bloc de Jordan : la taille maximale vaut ℓλ (multiplicité dans le polynôme minimal).
- Penser que la somme des sous-espaces propres Eλi est une somme directe sans demander des valeurs propres distinctes : la somme directe est garantie pour λi deux à deux distinctes.
- Oublier le lien trigonalisation/diagonalisation–Jordan–Chevalley : un endomorphisme trigonalisable n’est pas forcément diagonalisable (partie nilpotente n peut être non nulle).
- Pour les formes quadratiques, confondre forme quadratique q avec la forme bilinéaire polaire c ; quand car(K)≠2, la polarisation implique les formules avec 1/4 et 1/2.
✅ Checklist Examen
- Identifier et utiliser la définition de sous-espace stable : vérifier que u(A)⊂A et en déduire l’endomorphisme induit u|A.
- Déterminer les valeurs propres et sous-espaces propres via équivalences : λ valeur propre ⇔ ker(u−λidE)≠{0E} ⇔ χu(λ)=0 (dim finie).
- Préciser les ordres de multiplicité : mλ dans χu et dim(Eλ) ; conclure à la diagonalisabilité avec χu scindé et dim(Eλ)=mλ pour chaque λ.
- Passer de trigonalisable à diagonalisable : utiliser le fait que u trigonalisable ⇔ χu scindé sur K, sans exiger l’égalité dim(Eλ)=mλ.
- Construire ou exploiter des polynômes annulateurs : utiliser que P(u)=0 pour une valeur propre x impose P(λ)=0, et rappeler Cayley-Hamilton χu(u)=0.
- Déterminer le polynôme minimal μu : l’unicité unitaire de degré minimal qui divise tout polynôme annulateur ; utiliser aussi que ses racines sont exactement les valeurs propres.
- Raisonner en réduction de Jordan : pour chaque λ, lire/relier le nombre de blocs à dim(Nλ), la taille maximale à ℓλ, et la somme des tailles à mλ ; relier les blocs à ker(M−λIn).
- Décrire la décomposition Jordan–Chevalley u=s+n : s diagonalisable, n nilpotent, s et n commutent, et u diagonalisable ⇔ n=0.
- Travail sur formes bilinéaires/quadratiques : écrire la matrice de b et calculer b(x,y) ; pour car(K)≠2, utiliser la polarisation (formules 1/4 et 1/2) pour retrouver la forme polaire.
- Utiliser la partie euclidienne : définir produit scalaire (symétrique, non dégénéré, positif) et orthogonalité ; pour auto-adjoint, conclure diagonalisabilité avec base orthonormée et valeurs propres réelles.
- Appliquer SVD : décrire M=UΣV^T (ou UΣV*), interpréter σi comme racines des valeurs propres non nulles de M^T M (ou MM*), et conclure rang(M) = nombre de σi non nuls.
- Connaître la structure des isométries : matrices orthogonales (M^T M=I) et groupes O(E), SO(E) ; donner la forme par blocs avec I_p, −I_q et rotations 2×2, et relier la déterminant/orientation à p+q+2r=n et la parité de q pour SO/O−.
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