Fiche de révision : Déclin des populations et habitats

Plan du Cours

  1. Crises d’extinction et causes
  2. Biodiversité menacée et indicateurs
  3. Biomasse et bouleversement du vivant
  4. Anthropocène et amnésie environnementale
  5. Concepts écologiques fondamentaux
  6. Causes du déclin de la biodiversité
  7. Facteurs intrinsèques du déclin
  8. Diminution des populations et effet Allee
  9. Destruction des habitats agricoles
  10. Fragmentation et dynamique des populations
  11. Disparition des habitats naturels
  12. Pollutions agricoles et lumineuses
  13. Espèces exotiques envahissantes
  14. Changement climatique et biodiversité
  15. Relations vitales et niches écologiques

Repères chronologiques

  1. -445 Maune extinction massive survient, probablement liée à une période glaciaire courte mais intense
  2. -360 Maune extinction massive survient, possiblement liée à l’anoxie marine et peut-être à un impact d’astéroïde
  3. -248 Masurvient l’extinction massive la plus importante, possiblement associée à la formation de la Pangée, au volcanisme sibérien, à l’extension des eaux marines anoxiques et, de manière controversée, à un impact d’astéroïde
  4. -206 Maune extinction massive survient, possiblement liée à une activité volcanique multiple
  5. -65 Maune extinction massive possiblement liée à l’impact de l’astéroïde de Chicxulub et au volcanisme du Deccan survient

1. Crises d’extinction et causes

★ À maîtriser

  • Lors des cinq grandes extinctions passées, environ 75 % de la biodiversité s’est éteinte en moyenne, et 90 % des organismes ayant vécu sur Terre n’existent plus que sous forme fossilisée ou ont disparu.

  • Les extinctions massives sont suivies de phases de spéciation à partir d’ancêtres communs selon la sélection naturelle, car la disparition d’espèces libère des niches écologiques et favorise l’augmentation du nombre de familles.

Compléments

  • L’explosion évolutive du Cambrien, il y a environ 540 millions d’années, voit apparaître en quelques millions d’années la majorité des phylums des différents règnes.

  • Les causes possibles des extinctions massives sont : extraterrestres, comme les impacts de météorites et l’augmentation des rayons cosmiques, terrestres, comme le volcanisme intense et les changements climatiques, biologiques, comme l’appauvrissement génétique, la prédation et les maladies ou parasites

2. Biodiversité menacée et indicateurs

Notions clés & Définitions

  • Liste rouge de l’UICN : indicateur de la biodiversité mondiale fondé sur des critères précis d’évaluation du risque d’extinction
  • Indice planète vivante : indicateur de l’état de la biodiversité mondiale fondé sur l’abondance de 21 000 populations de vertébrés et calculé comme la moyenne des pourcentages de variation de leurs populations
  • Taux naturel d’extinction : G. Ceballos et all, 2015 - correspond aux disparitions en l’absence de facteurs humains et hors période de catastrophe

★ À maîtriser

  • Parmi les espèces étudiées par l’UICN, les proportions classées menacées sont :

    • 41 % des amphibiens
    • 13 % des oiseaux
    • 27 % des mammifères
    • 37 % des requins et raies
    • 36 % des coraux constructeurs de récifs
    • 34 % des conifères
  • L’IPBES estime qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction ; selon Ceballos et ses collègues (2015), le taux d’extinction des vertébrés peut atteindre cent fois le taux naturel de référence, hors extinctions de masse.

  • En 2023, six des neuf limites planétaires avaient été franchies; ces limites visent à maintenir le système planétaire dans un état environnemental stable proche de celui de l’Holocène (Rockström, Steffen et al. 2009).

  • L’indice planète vivante indique une diminution de 69 % des animaux vertébrés entre 1970 et 2016.

  • En Europe, les populations d’insectes ont diminué de 70 à 80 %; les insectes représentent les trois quarts des espèces connues et la majorité des espèces encore inconnues.

Compléments

  • L’UICN est une organisation intergouvernementale fondée en 1948 et dédiée à la conservation de la nature.

  • L’IPBES, créée en 2012, est une plateforme intergouvernementale scientifique et politique chargée d’assister les gouvernements sur les questions de biodiversité et de services écosystémiques.

3. Biomasse et bouleversement du vivant

★ À maîtriser

  • Les plantes représentent 82,5 % et les bactéries 12,8 % de la biomasse terrestre.

  • La biomasse humaine est dix fois celle des mammifères sauvages, tandis que la biomasse des animaux d’élevage en est quatorze fois supérieure.

Compléments

  • Environ la moitié de la masse des animaux terrestres est constituée d’arthropodes, notamment les araignées, les coléoptères, les insectes et les crustacés.

  • La biomasse totale du vivant est estimée à 550 Gt C, et 1 Gt C équivaut à 10¹⁵ g de carbone.

  • Durant des dizaines de milliers d’années, l’activité humaine a contribué à l’extinction de la mégafaune, notamment du mammouth laineux, du mastodonte d’Amérique, du castor géant du Nebraska et des paresseux géants.

  • Paul Crutzen a proposé le terme « Anthropocène » en 2000; il a reçu le prix Nobel de chimie en 1995 pour ses travaux sur la décomposition de l’ozone.

4. Anthropocène et amnésie environnementale

Notions clés & Définitions

  • Anthropocène : Nouvelle ère géologique dans laquelle l’Homme est le premier agent à modifier son environnement, contrairement aux agents naturels qui ont façonné les temps géologiques.
  • Amnésie environnementale : Peter Kahn - Acclimatation des êtres humains, au fil des générations, à la dégradation de leur environnement.

★ À maîtriser

  • Les activités anthropiques modifient la trajectoire des écosystèmes et peuvent provoquer des ruptures.

📌 La réalité des changements liés à l’Anthropocène est constatée, mais le concept d’Anthropocène reste débattu.

Compléments

  • Les traces durables de l’ère industrielle et urbaine comprennent :

    • les gaz à effet de serre
    • les radionucléides
    • les pesticides
    • les PFAS
    • les déchets
    • le béton
    • les sols désertifiés
  • L’amnésie environnementale rend difficile la prise de conscience de l’ampleur de la crise environnementale.

  • Certains changements environnementaux sont perceptibles à l’échelle d’une génération humaine, comme le remembrement agricole vers les années 1950 et l’urbanisation.

Astuce mémo

L’Anthropocène désigne une transformation réelle, mais son statut d’ère géologique reste débattu.

5. Concepts écologiques fondamentaux

Notions clés & Définitions

  • Écologie : Étude des rapports entre les organismes vivants et leur milieu de vie; le terme a été introduit en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel.
  • Écosystème : Unité écologique fonctionnelle comprenant un milieu physico-chimique, le biotope, et les organismes vivants qui lui sont inféodés, la biocénose; le terme a été introduit en 1935 par le botaniste anglais Arthur George Tansley.
  • Biodiversité : Wilson - Diversité des êtres vivants, des écosystèmes où ils vivent et de leurs interactions intra- et interspécifiques; le terme date de 1987 et a été diffusé à Rio en 1992.
  • Biologie de la conservation : Discipline qui traite des questions de perte, de maintien ou de restauration de la biodiversité.
  • Écosphère : Ensemble des éléments terrestres nécessaires à la vie qui englobe la géosphère ou la biosphère, la pédosphère, la lithosphère, l’atmosphère et l’hydrosphère dans sa totalité; le terme date de 1958 et est attribué à Lamont.
  • Biosphère : Système formé par la lithosphère, l’atmosphère et l’hydrosphère occupées par des organismes vivants; elle correspond à l’ensemble des écosystèmes où interagissent matière, énergie et êtres vivants, et le terme est attribué à Wladimir Vernadsky en 1928.

★ À maîtriser

  • La biologie de la conservation poursuit trois démarches :
    • documenter toute la gamme de diversité biologique
    • étudier les impacts des activités humaines sur les espèces, les communautés et les écosystèmes
    • élaborer des approches pratiques pour prévenir les extinctions, maintenir la diversité génétique et protéger

Compléments

  • La biodiversité comprend trois niveaux fondamentaux :

    • la diversité génétique
    • la diversité spécifique
    • la diversité écologique
  • La biologie de la conservation a émergé comme discipline à la fin des années 1970 en réponse à la diminution alarmante de la diversité biologique.

  • L’Occitanie couvre 72 724 km² et compte 6 101 005 habitants, soit une densité humaine de 84 habitants par km².

  • Les grands repères géographiques de l’Occitanie sont : les bassins versants de la Garonne, de la Loire et du Rhône, les massifs des Pyrénées et du Massif central, les domaines climatiques méditerranéen, océanique et montagnard

  • La cartographie distingue trois catégories d’espaces :

    • les espaces naturels
    • les espaces semi-naturels, comprenant les terres agricoles, les terres en déprise et les prairies
    • les espaces anthropisés, comprenant les zones urbaines et les axes routiers

6. Causes du déclin de la biodiversité

★ À maîtriser

  • HIPPO désigne cinq menaces (EO Wilson, 2005) :

    • la perte d’habitat
    • les espèces envahissantes
    • la pollution
    • la population humaine
    • la surexploitation
  • 🔄 Les effets écologiques des facteurs anthropiques peuvent s’enchaîner ainsi : réduction des interactions dans les biocénoses, perte de stabilité et dégradation des écosystèmes, pertes de biodiversité, extinction de populations et d’espèces, érosion de la diversité génétique et du potentiel évolutif

📌 Les variations naturelles des populations résultent de facteurs environnementaux, comme les fluctuations climatiques soudaines, les cyclones, les incendies et les épidémies, ainsi que de facteurs démographiques, comme le sex-ratio, le succès reproductif, le taux de croissance et la compétition intra- et interspécifique.

Compléments

  • Dans HIPPO, la perte d’habitat inclut celle causée par le changement climatique induit par l’être humain.

  • Les espèces envahissantes nuisibles comprennent : les prédateurs, les agents de maladies, les compétiteurs qui déplacent les espèces indigènes

  • La surexploitation comprend :

    • la chasse
    • la pêche
    • la collecte
  • Dans l’acronyme HIPPO, la surpopulation humaine est présentée comme une cause fondamentale des quatre autres facteurs.

  • Les facteurs anthropiques de régression de la biodiversité comprennent : le commerce international d’espèces vivantes, l’urbanisation et la construction de routes, l’industrie et l’usage de combustibles fossiles, l’exploitation forestière, l’agriculture, les espèces invasives et les maladies, la surexploitation, les pollutions, la dégradation, la fragmentation et la perte d’habitats, le changement climatique

Astuce mémo

HIPPO : Habitat, Invasives, Pollution, Population, Overharvesting.

7. Facteurs intrinsèques du déclin

Notions clés & Définitions

  • Niche écologique : Regroupe toutes les conditions de vie d’une espèce, dont son habitat, son régime alimentaire, ses activités et ses relations intraspécifiques et interspécifiques.
  • Espèce spécialiste : Peut s’installer et prospérer dans un milieu particulier, où sa valeur adaptative est élevée, mais elle est nettement désavantagée en dehors de ce milieu ; sa niche écologique est restreinte.
  • Espèce généraliste : Peut s’installer et prospérer dans de nombreux milieux, avec une valeur adaptative modérée dans un milieu donné et une niche écologique large.

★ À maîtriser

  • Les facteurs intrinsèques associés au déclin sont :

    • la rareté
    • l’aire géographique
    • la mobilité
    • la taille corporelle
    • la spécialisation écologique
  • Plus une espèce est spécialiste, plus son risque d’extinction est élevé.

  • Entre 1989 et 2021, 23 % des oiseaux communs spécialistes ont disparu de métropole, reflétant des perturbations qualitatives et/ou quantitatives des habitats, notamment la diminution des ressources alimentaires, l’augmentation du dérangement et la diminution des sites de nidification disponibles.

Compléments

  • La compétition intra et interspécifique fait partie des facteurs démographiques susceptibles d’influencer les populations.

  • Une population de petite taille a moins de chances de se remettre de catastrophes écologiques.

  • Plus l’aire géographique d’une espèce endémique est limitée, plus son risque d’extinction est élevé.

  • Moins les capacités de dispersion d’une espèce sont élevées, plus elle est affectée par les perturbations de son habitat.

  • Plus une espèce est grande, plus son risque d’extinction est élevé, notamment en lien avec la taille de son espace vital.

  • Les spécialistes sont fortement compétitives dans les conditions de leur habitat de prédilection, mais résistent peu aux perturbations.

  • Les généralistes sont moins compétitives que les spécialistes dans un habitat donné, mais résistent fortement aux perturbations grâce à leur maintien dans des habitats variés.

8. Diminution des populations et effet Allee

Notions clés & Définitions

  • Principe d’Allee : Décrit une spirale de régression dans laquelle une population devenue trop peu nombreuse peut continuer à décliner jusqu’à l’extinction, même lorsque les facteurs limitants diminuent.
  • Extinction : Lorsqu’aucun individu n’a été observé après un certain laps de temps.

Points essentiels

  • Quand une population devient petite, les rencontres entre partenaires et la coopération peuvent diminuer, ce qui réduit la reproduction et la survie.

  • Chez les espèces grégaires, la diminution des effectifs peut rompre l’intégration sociale lorsque le rassemblement est essentiel à la nutrition ou à la reproduction.

  • La diminution des effectifs peut réduire la taille de la population reproductive et le succès reproducteur des espèces solitaires, comme l’ours.

  • La diminution des effectifs peut réduire l’efficacité de nutrition des prédateurs grégaires, comme les lions, et la capacité des proies à se défendre contre les prédateurs, comme dans les troupeaux de bœufs musqués qui placent les petits au centre.

  • Le pigeon migrateur américain, Ectopistes migratorius, nichait dans les forêts de chênes et d’autres feuillus de la région des Grands Lacs et formait au début du XIXe siècle d’immenses colonies, dont certaines du Wisconsin dépassaient 100 millions d’individus.

  • La chasse effrénée du pigeon migrateur américain allait jusqu’à scier les arbres pour capturer les jeunes au nid, et le dernier individu périt en 1914 au zoo de Cincinnati.

Astuce mémo

Effectifs trop faibles → reproduction et survie diminuent → spirale de régression.

9. Destruction des habitats agricoles

Notions clés & Définitions

  • Goulet d’étranglement : Épisode de réduction sévère d’une population suivi d’une nouvelle expansion démographique, après lequel la population ne représente qu’une petite partie de la diversité génétique initiale.
  • Population minimale viable : Taille minimale nécessaire pour qu’une population ait 90 % de chances de survie au cours des 100 prochaines années.
  • Imperméabilisation des sols : Résulte notamment du goudronnage et du bétonnage liés aux bâtiments et aux infrastructures de transport.
  • Mitage : Implantation dispersée dans le paysage qui, avec l’étalement urbain, contribue à détruire, fragmenter et déstructurer les écosystèmes.
  • Agri-photovoltaïsme : Associe la production d’électricité par photovoltaïsme et la production agricole.
  • Remembrement : Opération française qui transforme un parcellaire morcelé afin de faciliter la motorisation de l’agriculture.
  • Openfield : Paysage agraire de champs ouverts dominé par les grandes cultures, où l’habitat est groupé.

★ À maîtriser

  • La révolution verte, entre 1960 et 1990, a intensifié les pratiques agricoles par l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, le développement de nouvelles techniques d’irrigation et l’accroissement du machinisme.

  • Le labour et la mécanisation tassent les sols, exercent des effets mécaniques sur la faune et dégradent la matière organique par oxygénation, ce qui diminue les ressources des hétérotrophes.

Compléments

  • Une population réduite amplifie la dérive génétique, qui est plus rapide dans les petites populations.

  • La réduction du nombre de partenaires possibles accroît la consanguinité, pouvant augmenter la fréquence des allèles récessifs et entraîner une diminution de la valeur sélective appelée dépression de consanguinité.

📌 La viabilité démographique est l’aptitude à résister à l’extinction due aux aléas de survie et de fécondité, plus importants lorsque les effectifs sont restreints.

📌 La viabilité génétique est la capacité à conserver un potentiel génétique suffisant pour s’adapter aux changements environnementaux à l’échelle des temps géologiques.

  • Le seuil de population minimale viable cité pour le loup est de 500 individus, un seuil désormais dépassé.

  • Les impacts environnementaux de l’agri-photovoltaïsme sont peu documentés, notamment pour la pollinisation et la fragmentation des habitats.

  • La grande période de remembrement en France s’étend de 1955 à 1975 et accompagne la modernisation de l’agriculture.

10. Fragmentation et dynamique des populations

Notions clés & Définitions

  • Fragmentation des habitats : Processus par lequel un habitat est converti en plusieurs fragments plus petits à la suite d’un changement d’usage des terres ou de la création d’infrastructures de transport.
  • Insularisation : Isolement physique ou génétique d’une population ou d’un groupe de populations sur un territoire.
  • Métapopulation : Ensemble de populations d’individus d’une même espèce, séparées dans l’espace ou le temps, mais interconnectées par la dispersion.

★ À maîtriser

  • La réduction des effectifs dans les fragments rend les populations très sensibles aux aléas de survie et de reproduction et augmente leur risque d’extinction.

Compléments

  • La fragmentation des habitats peut concerner des habitats ouverts ou fermés, terrestres ou aquatiques.

  • L’agriculture intensive est un facteur d’insularisation écologique.

  • Dans une métapopulation, une population source envoie des propagules vers des sous-populations dites puits, ce qui assure un brassage génétique.

  • Les êtres vivants parcourent l’espace pour rechercher : des ressources alimentaires, des lieux de repos, des partenaires sexuels, des habitats correspondant aux différentes étapes de leur vie, un nouvel espace à coloniser

  • L’isolement des populations peut favoriser l’adaptation aux conditions écologiques locales, la diversification et l’émergence de nouvelles espèces.

  • La perte de diversité génétique dans les fragments augmente le risque de consanguinité et diminue le potentiel adaptatif.

  • L’optimum de migration indiqué est de 1 à 10 individus par fragment.

Astuce mémo

La fragmentation réduit les échanges entre populations, ce qui accroît leur isolement.

11. Disparition des habitats naturels

★ À maîtriser

  • Entre 1700 et 1980, au moins 85 % des zones humides ont disparu.

  • Entre 1970 et 2015, environ 35 % des zones humides du monde ont disparu, et leur rythme de disparition s’est accéléré depuis 2000.

  • Depuis 1990, 240 millions d’hectares de forêts naturelles ont disparu dans le monde.

Compléments

  • Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts.

  • Les récifs coralliens pourraient disparaître d’ici 2050.

  • En 25 ans, la moitié des coraux de la Grande Barrière de corail en Australie a disparu.

  • Parmi les chênes, 113 espèces sur 430, soit 31 %, sont menacées d’extinction.

12. Pollutions agricoles et lumineuses

Notions clés & Définitions

  • Pesticide : Substance utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles; les pesticides comprennent les insecticides, les fongicides, les herbicides et les parasiticides conçus pour avoir une action biocide.
  • Indice de fréquence de traitement : Nombre de doses de produits phytosanitaires appliquées par hectare pendant une campagne culturale.

★ À maîtriser

  • La bromadiolone, pesticide utilisé depuis les années 1970 contre les campagnols, peut tuer indirectement des rapaces comme les milans, qui s’empoisonnent en mangeant des rongeurs contaminés.

  • Les néonicotinoïdes, insecticides commercialisés depuis les années 1980, sont interdits en France depuis septembre 2018 et sont associés au déclin des abeilles et des trois quarts des insectes.

  • En France, 55 000 à 70 000 tonnes de produits phytopharmaceutiques sont vendues chaque année.

  • Deux tiers des espèces européennes d’oiseaux migrateurs sont nocturnes et s’orientent grâce à la géographie du sol, aux reflets des cours d’eau et à la position des étoiles.

Compléments

  • Les vermifuges administrés aux chevaux, vaches et moutons contre des parasites comme les strongles et les douves peuvent empoisonner des oiseaux insectivores tels que la bergeronnette, le tarier et l’étourneau, qui mangent des insectes coprophages.

  • En Allemagne, la biomasse des insectes aurait diminué de 80 % à cause des néonicotinoïdes, et le manque d’insectes empêche les oiseaux de nourrir correctement leurs oisillons.

  • L’IFT total hors biocontrôle concerne les produits de synthèse suivants :

    • herbicides
    • insecticides
    • fongicides
    • traitements de semences
    • autres produits
  • Le texte adopté par l’Assemblée nationale le 8 juillet 2025 introduit, dans son article 2, la possibilité de déroger à l’interdiction de certains pesticides de la famille des néonicotinoïdes.

  • La loi Duplomb considère les mégabassines comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM).

  • La pollution lumineuse peut provenir :

    • des villes
    • des phares en bord de mer
    • des lampadaires publics dans les parcs
    • des lanternes de jardin
  • Chez les oiseaux des villes, la pollution lumineuse dérègle l’horloge biologique en influant sur les cycles hormonaux ou nerveux; le manque de mélatonine perturbe le sommeil et la reproduction.

  • La lumière artificielle constitue un danger ou une source de stress pour les crapauds et les insectes; les papillons de nuit mâles attirés par les lampadaires ne fécondent pas les femelles.

  • Chez les plantes, l’alternance jour-nuit est vitale et la pollution lumineuse peut perturber la croissance et les rythmes biologiques.

  • Chez les mammifères, les points lumineux constituent des barrières qui fragmentent les habitats, comme les routes.

13. Espèces exotiques envahissantes

Notions clés & Définitions

  • Espèce exotique envahissante : Introduite par l’homme, volontairement ou involontairement, hors de son aire de répartition naturelle et menaçant les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales.

★ À maîtriser

  • Les activités humaines ont introduit 37 000 espèces exotiques, impliquées dans 60 % des extinctions globales, dont 90 % ont lieu dans les îles, selon le rapport de l’IPBES.

Compléments

  • Les introductions d’espèces exotiques sont accidentelles, notamment par les transports modernes, ou intentionnelles à des fins alimentaires et de commerce ornemental.

  • L’introduction d’une espèce exotique est souvent infructueuse en raison de ses exigences écologiques, mais une acclimatation favorisée par des conditions écologiques favorables et l’absence d’ennemis ou de parasites peut permettre son expansion.

  • La tortue de Floride, originaire d’Amérique du Nord et importée massivement dans les animaleries européennes dans les années 1970, menace la cistude d’Europe.

  • Chaque pied d’herbe de la pampa, originaire d’Amérique du Sud, peut produire un million de graines, et cette espèce est hautement adaptable et prolifique.

14. Changement climatique et biodiversité

Notions clés & Définitions

  • Scénarios RCP : Quatre scénarios de forçage radiatif élaborés par le GIEC pour son cinquième rapport, publié en 2014, et correspondant à des efforts plus ou moins importants de réduction des gaz à effet de serre.

★ À maîtriser

  • Le changement climatique affecte les milieux par : l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes, inondations, incendies et sécheresses, la montée des eaux qui affecte les zones humides et côtières, l’acidification des océans qui menace la biodiversité marine

  • Le dernier maximum glaciaire, il y a 18 000 ans, correspond à une période où la température était environ 4 à 5 °C sous la moyenne actuelle et où le niveau des mers était 125 m sous son niveau actuel.

Compléments

  • Le changement climatique désynchronise les espèces interdépendantes, comme les pollinisateurs et les plantes ou les prédateurs et leurs proies, et peut créer de nouvelles synchronies entre hôtes et parasites.

  • Les espèces ayant une faible capacité de migration, comme les arbres et certains insectes, présentent un risque accru d’extinction face au changement climatique.

  • Le déplacement vers le nord d’espèces animales hôtes et de vecteurs de maladies climato-sensibles est favorisé par le changement climatique, notamment pour les trypanosomes en Afrique et les tiques et moustiques responsables d’encéphalites dans le monde.

  • Le changement climatique favorise l’arrivée d’espèces généralistes de milieux tempérés vers de plus hautes latitudes, où elles entrent en compétition avec des espèces spécialistes.

  • Entre le dernier maximum glaciaire et l’optimum climatique holocène, certaines associations végétales comme les steppes ont disparu et la toundra alpine s’est limitée en altitude avec la remontée du pin.

Astuce mémo

Réchauffement → déplacements d’espèces → nouvelles compétitions

15. Relations vitales et niches écologiques

Notions clés & Définitions

  • Niche écologique potentielle : L’ensemble des facteurs abiotiques permettant le maintien d’une espèce dans l’écosystème en situation de solitude.
  • Niche écologique réalisée : L’ensemble des facteurs abiotiques et biotiques permettant l’existence et la survie d’une espèce dans l’écosystème ; elle correspond à la niche effectivement occupée.

★ À maîtriser

  • Les vers de terre et la faune du sol contribuent à la fertilité des sols, tandis que les pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans la reproduction des plantes.

  • Dans les années 1990, la population de vautours en Inde a chuté de 99 %, passant de 40 millions d’individus à 20 000, notamment en raison du diclofénac utilisé sur les vaches et mortel pour les vautours qui le consomment.

Compléments

  • En France, la valeur du service de pollinisation était estimée entre 2,3 et 5,2 milliards d’euros en 2010.

  • Les renards et les fouines peuvent limiter la contamination humaine par la bactérie Borrelia, qui transmet la maladie de Lyme par l’intermédiaire des tiques.

  • La quasi-extinction des vautours en Inde a laissé les carcasses de vaches sans consommateurs, favorisant la progression d’animaux porteurs de maladies comme la rage et la contamination des sources d’eau potable par les carcasses en décomposition.

  • Les cyanobactéries, apparues il y a 3,7 milliards d’années, sont les premiers organismes photosynthétiques ; l’oxygène qu’elles émettaient a d’abord été consommé pendant un milliard d’années par l’oxydation de substances réductrices des eaux marines.

  • L’événement de la Grande Oxydation, entre 2,4 et 2 milliards d’années, est associé à la chute du méthane par oxydation, à une diminution de l’effet de serre et des températures, ainsi qu’à la consommation de CO₂ lors de la formation de roches sédimentaires carbonatées.

  • Les innovations techniques et technologiques ont permis aux humains de se substituer à certaines relations interspécifiques, mais les limites planétaires concernant les ressources énergétiques et minières restreignent cette dépendance réduite.

Astuce mémo

Niche fondamentale : facteurs abiotiques ; niche réalisée : facteurs abiotiques et biotiques

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Déclin des populations et habitats avec 52 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle extinction massive est considérée comme la plus importante et survient vers -248 Ma ?

2. Quel bilan moyen est associé aux cinq grandes extinctions passées ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Déclin des populations et habitats avec 98 flashcards interactives.

Quelle extinction massive est la plus importante, vers 248 Ma ?

L’extinction de la fin du Permien.

Quelle proportion moyenne de biodiversité s’est éteinte lors des cinq grandes extinctions passées ?

Environ 75 %.

Quel est le rôle de la Liste rouge de l’UICN ?

C’est un indicateur de la biodiversité mondiale fondé sur des critères précis d’évaluation du risque d’extinction.

Voir les flashcards →

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