Fiche de révision : Développement perceptivo-moteur

Plan du Cours

  1. Contrôle moteur et développement
  2. Maturation et développement moteur
  3. Motricité et perception prénatales
  4. Mouvements et perception à la naissance
  5. Préhension et manipulation
  6. Posture et locomotion du nourrisson
  7. Transitions entre les postures
  8. Acquisitions motrices de l’enfance
  9. Maturation du système nerveux
  10. Entraînement et apprentissage moteur

1. Contrôle moteur et développement

Notions clés & Définitions

  • Contrôle moteur : Champ d’étude du comportement moteur, de la perception et de leurs interactions.

Points essentiels

  • Le contrôle perceptivo-moteur mobilise :

    • les neurosciences
    • la biologie
    • la psychologie
    • l’étude du comportement du mouvement
  • Le développement perceptivo-moteur relève de la psychologie du développement.

2. Maturation et développement moteur

Notions clés & Définitions

  • Maturation : Processus psychogénétiquement déterminé par lequel un organe ou un ensemble d’organes arrive à maturité et permet à sa fonction de s’exercer librement et avec un maximum d’efficacité.
  • Développement : Passage progressif de stades inférieurs à des stades supérieurs et d’un état élémentaire à un état plus complexe.
  • Développement moteur : Apparition et évolution naturelle et continue des fonctions motrices propres à l’espèce et des caractéristiques motrices liées à l’âge de l’enfant, indépendamment d’un apprentissage structuré par l’adulte.

Points essentiels

📌 Une aptitude est innée, tandis qu’une habileté est apprise.

Astuce mémo

La maturation atteint un terme ; le développement se poursuit.

3. Motricité et perception prénatales

★ À maîtriser

  • La motricité commence à l’état embryonnaire, avant trois mois, tandis que le fœtus possède ses organes en place.

  • Des contractions musculaires expressives et incontrôlées font bouger l’embryon dès 6 à 9 semaines, et les fœtus peuvent réaliser des contractions musculaires vers 10 semaines.

  • L’audition est presque entièrement développée dès le milieu de la grossesse, et le fœtus peut reconnaître des musiques répétées, la voix maternelle et la langue maternelle.

Compléments

  • Les mouvements intra-utérins évitent l’ankylose et les adhérences aux parois, tout en posant les premières bases du mouvement par le renforcement lié à l’activité.

  • Le toucher apparaît très tôt et pourrait être le premier sens développé ; le fœtus peut ressentir la douleur et son activité augmente lorsque sa mère est stressée.

  • Le fœtus est généralement plus sensible au sucré, mais peut être davantage sensible au sel si sa mère a été plus malade, et le nouveau-né préfère des saveurs consommées par sa mère pendant la grossesse.

4. Mouvements et perception à la naissance

★ À maîtriser

  • Les réflexes présents chez les nouveau-nés comprennent :

    • la succion
    • la déglutition
    • la posture
    • l’agrippement
    • la marche automatique
    • le réflexe de Moro
    • le réflexe d’évitement
    • le réflexe de Babinski
    • le réflexe natatoire
    • le réflexe de Magnus
  • Les mouvements désordonnés du nourrisson, sans but immédiat, contribuent à long terme au renforcement musculaire, à la coordination et à l’apprentissage par essai-erreur.

  • Les mouvements volontaires s’organisent selon un axe céphalo-caudal, de la tête au bassin, et un axe proximo-distal, du tronc à l’extrémité du membre.

  • À la naissance, le bébé distingue des formes et est attiré par le visage, mais son acuité visuelle est faible et il ne peut pas accommoder avant deux mois.

Compléments

  • À la naissance, le bébé perçoit les quatre saveurs — sucré, salé, acide et amer — et préfère le sucré.

  • Le bébé entend dès les premières heures, se calme à la voix de sa mère et ne commence à imiter la parole qu’à partir de 10 mois.

  • L’odorat du bébé se développe avant la naissance, atteint une performance presque identique à celle de l’adulte et lui permet de distinguer l’odeur de sa mère de celle d’autres mères.

5. Préhension et manipulation

★ À maîtriser

  • 🔄 La préhension et la manipulation comprennent trois processus distincts :

    1. le guidage
    2. la saisie de l’objet
    3. la manipulation de l’objet
  • Avant quatre mois, le bébé possède un guidage rudimentaire ; à partir de 4 à 5 mois, il pointe et touche presque toujours la cible et ajuste son geste à la distance de l’objet.

  • Avant cinq mois, la saisie est inadéquate ; à partir de cinq mois, le bébé commence à saisir et peut adapter la prise à la taille de l’objet.

  • À partir de neuf mois, le bébé saisit efficacement les objets grâce à l’anticipation et aux ajustements spatiaux, y compris lorsqu’ils se déplacent à 120 cm/s.

Compléments

  • Les prises évoluent de la saisie entre les bras et les mains à cinq mois, à la prise cubito-palmaire à six mois, palmaire à sept mois, avec intervention du pouce à huit mois, puis à la pince digitale à neuf mois.

  • Avant cinq mois, la manipulation est passive et conduit surtout l’objet à la bouche ; à cinq mois, la position assise libère la main, puis le bébé manipule avec ses deux mains.

  • À 12 mois, le bébé s’intéresse aux couleurs et aux sons des objets, tout en accordant davantage d’importance aux formes ; à partir de deux ans, les manipulations dépendent des faits culturels.

Astuce mémo

Guidage → saisie → manipulation.

6. Posture et locomotion du nourrisson

Notions clés & Définitions

  • Posture : Position relative des différentes parties du corps dans une position générale.
  • Posture fondamentale : Posture qui procure à l’enfant de nouvelles possibilités d’action.

★ À maîtriser

  • La posture contribue à :

    • l’équilibre du corps
    • les mouvements finalisés
    • la locomotion
  • Les trois postures fondamentales sont :

    • la position assise
    • la position à quatre pattes
    • la position érigée
  • La position assise apparaît vers cinq mois et permet à l’enfant de contrôler sa posture pendant d’autres actions, de voir à hauteur des adultes et de libérer ses mains pour manipuler.

  • Le cruising permet à l’enfant de soutenir le poids de son corps sur ses jambes, de les renforcer et d’apprendre à marcher en recueillant des informations visuelles et vestibulaires.

Compléments

  • Le crawling prend des formes variées, environ 22, et il n’existe pas de déplacement considéré comme meilleur que les autres.

  • En moyenne, la moitié des bébés commencent par le belly crawling avant de passer à quatre pattes, tandis qu’une partie saute l’étape du crawling.

  • La marche débutante dite « en Charlot » se caractérise par :

    • les bras levés et écartés
    • les jambes écartées
    • une base de sustentation large
    • des pas courts et hésitants
    • un tronc relativement raide
  • La marche nécessite le contrôle de la posture, des articulations des jambes et du tronc, de l’appui unipodal, ainsi que le renforcement des muscles des jambes et du dos.

7. Transitions entre les postures

★ À maîtriser

  • Les enfants peuvent adopter des ordres différents de postures, en sauter certaines et atteindre chaque posture à des âges différents.

  • Les transitions observées suivent notamment les séquences assis → crawling → cruising → marche dans 60 % des cas, assis → cruising → crawling → marche dans 9 % des cas, et assis → crawling et cruising → marche dans 25 % des cas.

  • L’apprentissage d’une nouvelle posture ne se transfère pas directement depuis une autre, car la perception, les systèmes perceptifs, les articulations, les muscles et l’équilibre sollicités diffèrent.

  • La posture, la locomotion et les manipulations se développent simultanément, mais le développement moteur n’est pas linéaire et varie selon l’enfant, ses motivations et les stimulations de son entourage.

Compléments

  • L’ordre d’acquisition des postures dépend des stimulations de l’enfant ; au Kenya, les enfants apprennent à s’asseoir plus tôt que les enfants occidentaux parce qu’ils y sont encouragés.

8. Acquisitions motrices de l’enfance

★ À maîtriser

  • Les patrons moteurs de base se répartissent en :

    • habiletés locomotrices
    • réceptions d’objet
    • projections d’objet
  • À partir de 6 à 7 ans, les enfants ont acquis leur motricité de base.

  • À 11 à 12 ans, les enfants ont atteint le stade final des patrons moteurs de base.

  • À partir de 12 ans, les adolescents commencent à apprendre des habiletés motrices complexes, et vers 15 à 16 ans leur motricité ne présente plus de différence avec celle des adultes.

📌 La spécialisation sportive ne doit commencer qu’après l’atteinte du dernier niveau des exercices de base dans l’activité ; les exercices de base doivent continuer à être travaillés.

Compléments

  • Vers 10 ans, les coordinations manuelles peuvent atteindre une complexité comparable à celle des adultes, mais le répertoire gestuel et la force restent moindres.

9. Maturation du système nerveux

★ À maîtriser

  • Le cerveau poursuit sa maturation au-delà de 10 ans, et les connexions entre le système nerveux central et le monde extérieur continuent d’évoluer.

  • Entre deux et dix ans, le système nerveux est très instable et une privation trop longue d’exercice ou de stimulations sensorielles peut entraîner des déficits permanents.

Compléments

  • Une restriction d’exercice de courte durée peut entraîner un rattrapage à court terme plus rapide que l’apprentissage normal, sans effet à long terme.

  • La coordination visuo-motrice exige de voir le membre et d’expérimenter conjointement la vision et la motricité.

  • La maturation du système nerveux implique l’épigenèse et la myélinisation, et une carence alimentaire peut provoquer un problème visuel chez le nouveau-né.

Astuce mémo

Privation prolongée pendant la maturation → déficits permanents.

10. Entraînement et apprentissage moteur

★ À maîtriser

  • L’enfance constitue une période favorable à l’apprentissage rapide de nombreuses habiletés et à l’affinement des bases motrices.

  • Dans l’expérience de McGraw, l’entraînement intensif n’a pas d’effet sur les activités phylogéniques comme marcher, s’asseoir et ramper, mais le jumeau A est meilleur dans les activités ontogéniques comme la natation et le patinage.

Compléments

  • Dans l’expérience de McGraw de 1935 menée sur des jumeaux monozygotes, le jumeau A s’entraînait jusqu’à l’épuisement tandis que le jumeau B arrêtait à l’apparition de la fatigue, puis suivait un entraînement intensif pendant 2,5 mois.

  • Après six ans, aucune différence n’est observée entre les jumeaux de l’expérience de McGraw.

Astuce mémo

L’exercice excessif favorise certaines habiletés ontogéniques, mais pas les activités phylogéniques.

Teste tes connaissances

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1. Quel domaine étudie le comportement moteur, la perception et leurs interactions ?

2. À quel champ relève l’étude du développement perceptivo-moteur ?

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Qu’étudie le contrôle moteur ?

Le comportement moteur, la perception et leurs interactions.

Qu’est-ce que la maturation ?

Un processus psychogénétiquement déterminé par lequel un organe ou un ensemble d’organes arrive à maturité.

Que permet la maturation d’un organe ou d’un ensemble d’organes ?

L’exercice libre et efficace de sa fonction.

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