QCM : Effets électroniques en chimie — 23 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle combinaison d’effets peut être exercée par un même groupe substituant ?

Un effet −M accompagné d’un effet −I dans tous les cas
Un effet +M accompagné d’un effet +I dans tous les cas
Un effet +M accompagné d’un effet −I
Un effet nul en mésomérie accompagné d’un effet nul en induction

Un effet +M accompagné d’un effet −I

Explication

Les signes des effets mésomère et inductif ne sont pas nécessairement corrélés : un groupe peut être donneur par mésomérie et attracteur par induction. Il est donc incorrect de déduire automatiquement le signe de M à partir de celui de I.

2. Quelle conséquence électronique caractérise un effet −I exercé par un substituant ?

Il retire de la densité électronique et rend le site concerné plus δ+
Il apporte de la densité électronique et rend le site concerné plus δ−
Il délocalise un doublet non liant sans modifier la polarisation des liaisons
Il neutralise les charges partielles présentes sur les atomes voisins

Il retire de la densité électronique et rend le site concerné plus δ+

Explication

Un effet −I appauvrit le site concerné en densité électronique, ce qui le rend davantage δ+. L’enrichissement électronique et le caractère plus δ− correspondent à un effet +I.

3. Quelle relation entre charge et comportement acido-basique est correcte ?

Un hydrogène plus chargé négativement est associé à une acidité plus élevée, tandis qu’un atome plus positif est plus basique
La basicité augmente lorsque l’atome concerné devient moins riche en densité électronique
Un hydrogène plus chargé positivement est associé à une acidité plus élevée, tandis qu’un atome plus négatif est plus basique
Une charge positive augmente simultanément l’acidité de l’hydrogène et la basicité de l’atome porteur

Un hydrogène plus chargé positivement est associé à une acidité plus élevée, tandis qu’un atome plus négatif est plus basique

Explication

L’acidité augmente lorsque l’hydrogène perdu est davantage positif, tandis que la basicité augmente avec le caractère négatif de l’atome. Les propositions inversant ces tendances confondent l’effet de la charge sur ces deux propriétés.

4. Quelles positions du noyau benzénique sont les plus susceptibles de réagir avec un électrophile ?

Les positions appauvries électroniquement du noyau
Les positions dépourvues de toute liaison π
Les positions portant une charge négative formelle
Les positions enrichies électroniquement du noyau

Les positions enrichies électroniquement du noyau

Explication

Un électrophile recherche une région riche en électrons, donc les positions électroniquement enrichies du noyau benzénique réagissent plus facilement. Les positions appauvries sont moins favorables à une attaque électrophile, et les autres descriptions ne constituent pas le critère pertinent.

5. Pourquoi les bases nucléiques réagissent-elles difficilement sur les atomes de leur noyau aromatique ?

Les bases nucléiques sont dépourvues de liaisons π susceptibles de participer à une réaction
Une telle réaction pourrait rompre l’aromaticité et déstabiliser fortement le système
Une telle réaction augmenterait nécessairement le nombre d’électrons délocalisés du système
Leur noyau aromatique est rendu totalement inerte par la présence des hétéroatomes

Une telle réaction pourrait rompre l’aromaticité et déstabiliser fortement le système

Explication

Les bases nucléiques sont aromatiques et très stables, si bien qu’une réaction sur le noyau pourrait entraîner une perte de cette aromaticité. Elles possèdent bien des liaisons π, et leur stabilité n’implique pas une inertie absolue ni une augmentation obligatoire de la délocalisation.

6. Pourquoi le carbone d’un ester ou d’un amide est-il moins chargé positivement que celui d’un aldéhyde ou d’une cétone ?

Parce que les effets mésomères y prédominent sur les effets inductifs
Parce que les effets inductifs y prédominent sur les effets mésomères
Parce que le carbone carbonylé y ne possède pas d’orbitale vacante
Parce que les fonctions ester et amide ne contiennent pas de liaison C=O\mathrm{C=O}

Parce que les effets mésomères y prédominent sur les effets inductifs

Explication

Dans un ester ou un amide, la conjugaison avec l’atome voisin réduit la charge positive du carbone carbonylé, car les effets mésomères prédominent sur les effets inductifs. Ces fonctions possèdent bien une liaison C=O\mathrm{C=O}, contrairement à la dernière proposition.

7. Quelle interaction est attendue entre un carbone électrophile d’une fonction carbonylée et un nucléophile ?

Le carbone riche en électrons réagit avec l’espèce nucléophile appauvrie en électrons
Le carbone carbonylé évite le nucléophile parce que les deux espèces portent des charges opposées
Le carbone appauvri en électrons réagit avec l’espèce nucléophile riche en électrons
Le carbone électrophile transfère un doublet au nucléophile qui en possède moins

Le carbone appauvri en électrons réagit avec l’espèce nucléophile riche en électrons

Explication

Un carbone électrophile, appauvri en électrons et chargé positivement, peut recevoir un doublet fourni par une espèce nucléophile riche en électrons. La proposition opposée inverse les caractéristiques électroniques respectives de l’électrophile et du nucléophile.

8. Quelle modification rend l’effet inductif d’un substituant plus faible le long d’une chaîne carbonée ?

L’augmentation de la différence d’électronégativité entre les deux atomes liés
L’augmentation du nombre de liaisons σ séparant le substituant du site étudié
La proximité immédiate du substituant avec la liaison examinée
L’ajout de plusieurs substituants agissant dans le même sens électronique

L’augmentation du nombre de liaisons σ séparant le substituant du site étudié

Explication

L’effet inductif diminue lorsque le nombre de liaisons σ parcourues augmente. Une plus grande différence d’électronégativité ou des substituants concordants renforcent au contraire l’effet.

9. Un cycle contenant dix électrons π\pi satisfait-il la règle de Hückel, et quelle valeur de nn faut-il lui associer ?

Oui, car 4n+2=104n+2=10 pour n=2n=2
Non, car la règle exige 4n+2=84n+2=8 pour n=2n=2
Non, car un cycle aromatique doit contenir six électrons π\pi
Oui, car 4n=104n=10 pour n=2n=2

Oui, car $$4n+2=10$$ pour $$n=2$$

Explication

Dix électrons π\pi vérifient 4n+2=104n+2=10 lorsque n=2n=2, ce qui satisfait la règle de Hückel. L’aromaticité ne se limite donc pas aux cycles possédant six électrons π\pi.

10. Lorsqu’une délocalisation d’électrons p modifie l’hybridation et la géométrie d’une molécule, quelle propriété reste inchangée ?

La géométrie autour de chaque atome concerné
La charge globale de la molécule
L’hybridation de tous les atomes du système
La répartition locale des électrons dans chaque liaison

La charge globale de la molécule

Explication

La délocalisation peut modifier l’hybridation et la géométrie, mais elle ne change pas la charge globale de la molécule. Les autres propriétés citées peuvent être affectées par cette réorganisation électronique.

11. Quelle condition définit l’aromaticité d’un système cyclique selon la règle de Hückel ?

Le cycle doit être saturé et contenir 2n+22n+2 électrons π\pi délocalisés, avec nn entier positif
Le cycle doit être linéaire et contenir 4n+24n+2 électrons π\pi localisés, avec nn entier positif
Le cycle doit être plan et contenir 4n+24n+2 électrons π\pi délocalisés, avec nn entier positif
Le cycle doit être plan et contenir 4n4n électrons π\pi localisés, avec nn entier positif

Le cycle doit être plan et contenir $$4n+2$$ électrons $$\pi$$ délocalisés, avec $$n$$ entier positif

Explication

Un système aromatique est un cycle plan contenant 4n+24n+2 électrons π\pi délocalisés, où nn est un entier positif. La présence d’électrons π\pi localisés ou d’une structure linéaire ne satisfait pas cette définition.

12. Quelle équation représente l’oxydation d’un alcool en cétone par NAD(P)+ ?

RHC=CHR+NAD(P)H+H+→RCH2CH2R+NAD(P)+RHC{=}CHR + NAD(P)H + H^+ \rightarrow RCH_2CH_2R + NAD(P)^+
RRC=O+NAD(P)H→RRCH−OH+NAD(P)+RRC{=}O + NAD(P)H \rightarrow RRCH{-}OH + NAD(P)^+
RCH2CH2R+NAD(P)+→RHC=CHR+NAD(P)H+H+RCH_2CH_2R + NAD(P)^+ \rightarrow RHC{=}CHR + NAD(P)H + H^+
RRCH−OH+NAD(P)+→RRC=O+NAD(P)H+H+RRCH{-}OH + NAD(P)^+ \rightarrow RRC{=}O + NAD(P)H + H^+

$$RRCH{-}OH + NAD(P)^+ \rightarrow RRC{=}O + NAD(P)H + H^+$$

Explication

L’oxydation transforme le motif alcool RRCH−OHRRCH{-}OH en cétone RRC=ORRC{=}O, tandis que NAD(P)+ est réduit en NAD(P)H avec formation d’un proton. La deuxième équation décrit au contraire la réduction d’un alcène en alcane.

13. Dans une liaison σ entre deux atomes d’électronégativités différentes, comment se répartissent les charges partielles ?

Les deux atomes portent des charges partielles δ− identiques
Les deux atomes portent des charges partielles δ+ identiques
L’atome le plus électronégatif porte δ− et l’autre porte δ+
L’atome le plus électronégatif porte δ+ et l’autre porte δ−

L’atome le plus électronégatif porte δ− et l’autre porte δ+

Explication

L’atome le plus électronégatif attire davantage le doublet de liaison et devient partiellement négatif, noté δ−. L’atome moins électronégatif perd relativement de la densité électronique et devient δ+.

14. Pourquoi l’effet −M-M de l’azote dans C=N\mathrm{C=N} est-il moins marqué que celui de l’oxygène dans C=O\mathrm{C=O} ?

Parce que l’azote est plus électronégatif que l’oxygène dans une liaison multiple
Parce que la liaison C=N\mathrm{C=N} ne comporte pas d’électrons π\pi délocalisables
Parce que l’électronégativité de l’azote est inférieure à celle de l’oxygène
Parce que l’azote possède davantage de doublets non liants que l’oxygène

Parce que l’électronégativité de l’azote est inférieure à celle de l’oxygène

Explication

L’azote exerce un effet −M-M moins fort car son électronégativité est inférieure à celle de l’oxygène, soit χ(N)<χ(O)\chi(\mathrm{N})<\chi(\mathrm{O}). La différence ne vient donc pas de l’absence d’électrons π\pi dans C=N\mathrm{C=N}.

15. Pourquoi le noyau benzénique de l’aniline est-il plus enrichi en électrons que celui de l’anisole ?

L’azote combine un effet −I plus faible avec un effet +M plus marqué
L’azote retire les électrons par −M tandis que l’oxygène les fournit par +I
L’oxygène combine un effet −I plus faible avec un effet +M plus marqué
L’oxygène ne possède aucun effet inductif sur le noyau benzénique

L’azote combine un effet −I plus faible avec un effet +M plus marqué

Explication

L’aniline enrichit davantage le noyau parce que l’azote attire moins les électrons par effet −I et les donne davantage par effet +M que l’oxygène. L’idée selon laquelle l’oxygène exercerait un effet −I plus faible inverserait la comparaison établie entre les deux substituants.

16. Que décrit l’effet mésomère dans un système conjugué ?

La dissociation des molécules conjuguées en ions indépendants
La polarisation progressive des électrons σ entre atomes d’électronégativités différentes
La migration complète des noyaux atomiques vers une position plus stable
La délocalisation d’électrons π et de certains doublets non liants

La délocalisation d’électrons π et de certains doublets non liants

Explication

L’effet mésomère correspond à la délocalisation d’électrons π ou de certains doublets non liants dans un système conjugué. La polarisation des liaisons σ caractérise principalement l’effet inductif.

17. Quelle démarche permet d’évaluer l’aromaticité d’un hétérocycle ?

Compter les atomes du cycle et comparer leur masse atomique à celle des substituants
Repérer les charges formelles et déterminer si le cycle contient un atome d’oxygène
Mesurer les longueurs de liaison et comparer la polarité des différentes liaisons du cycle
Compter les liaisons σ, les liaisons π et les doublets délocalisables, puis comparer le total aux règles de Hückel

Compter les liaisons σ, les liaisons π et les doublets délocalisables, puis comparer le total aux règles de Hückel

Explication

L’analyse consiste à comptabiliser les liaisons σ, les liaisons π et les doublets non liants pouvant être délocalisés, puis à comparer le nombre d’électrons délocalisés à 4n+24n+2 ou 4n4n. La masse, la polarité ou la seule présence d’un hétéroatome ne permettent pas de déterminer directement l’aromaticité.

18. Dans une fonction carbonyle C=O\mathrm{C=O}, comment s’orientent les effets mésomères des deux atomes ?

L’oxygène exerce un effet −M-M sur le carbone et le carbone exerce un effet +M+M sur l’oxygène
Les deux atomes exercent un effet −M-M l’un sur l’autre dans la liaison carbonyle
Les deux atomes exercent un effet +M+M l’un sur l’autre dans la liaison carbonyle
Le carbone exerce un effet −M-M sur l’oxygène et l’oxygène exerce un effet +M+M sur le carbone

L’oxygène exerce un effet $$-M$$ sur le carbone et le carbone exerce un effet $$+M$$ sur l’oxygène

Explication

Dans C=O\mathrm{C=O}, l’oxygène attire les électrons par effet −M-M, tandis que le carbone les donne vers l’oxygène par effet +M+M. Inverser ces rôles conduit à la confusion entre donneur et accepteur mésomère.

19. Dans la pyridine, où se trouve le doublet non liant de l’azote et combien d’électrons sont délocalisés dans le cycle ?

Dans une orbitale p délocalisée, avec quatre électrons délocalisés
Dans une orbitale sp² non délocalisée, avec six électrons délocalisés
Dans une orbitale p non délocalisée, avec deux électrons délocalisés
Dans une orbitale sp² délocalisée, avec huit électrons délocalisés

Dans une orbitale sp² non délocalisée, avec six électrons délocalisés

Explication

Dans la pyridine, le doublet de l’azote reste dans une orbitale sp² non délocalisée, tandis que le système cyclique contient six électrons délocalisés. La confusion avec le pyrrole vient du fait que, dans ce dernier, le doublet de l’azote participe à la délocalisation.

20. Quelle espèce est la plus acide parmi deux espèces dont les pKa valent respectivement 3 et 6 ?

L’espèce dont le pKa vaut 6
L’espèce dont la base conjuguée possède le pKa le plus élevé
Les deux espèces ont la même acidité
L’espèce dont le pKa vaut 3

L’espèce dont le pKa vaut 3

Explication

Une acidité plus forte correspond à un pKa plus faible ; l’espèce de pKa égal à 3 est donc la plus acide. Le pKa égal à 6 indique une acidité moindre, et l’égalité d’acidité ne correspond pas à ces valeurs distinctes.

21. Quelle comparaison décrit correctement la réactivité d’un amide et d’un ester vis-à-vis d’un nucléophile ?

L’amide est plus réactif que l’ester, car l’azote attire davantage les électrons
L’amide est moins réactif que l’ester, car χ(N)<χ(O)\chi(\mathrm{N})<\chi(\mathrm{O})
L’amide et l’ester ont une réactivité équivalente, car leurs carbones sont carbonylés
L’amide est moins réactif que l’ester, car l’azote ne peut pas participer à la mésomérie

L’amide est moins réactif que l’ester, car $$\chi(\mathrm{N})<\chi(\mathrm{O})$$

Explication

L’amide est moins réactif envers un nucléophile parce que l’azote attire moins les électrons que l’oxygène, avec χ(N)<χ(O)\chi(\mathrm{N})<\chi(\mathrm{O}). L’azote participe toutefois à la mésomérie, de sorte que sa non-participation n’explique pas cette différence.

22. Quelle comparaison entre un carbocation et un carbanion est correcte ?

Le carbocation est électrophile et favorisé par des effets donneurs, tandis que le carbanion est nucléophile et favorisé par des effets attracteurs
Le carbocation est nucléophile et favorisé par des effets attracteurs, tandis que le carbanion est électrophile et favorisé par des effets donneurs
Le carbocation et le carbanion sont tous deux électrophiles et stabilisés par des effets donneurs
Le carbocation et le carbanion sont tous deux nucléophiles et stabilisés par des effets attracteurs

Le carbocation est électrophile et favorisé par des effets donneurs, tandis que le carbanion est nucléophile et favorisé par des effets attracteurs

Explication

Le carbocation possède une lacune électronique, ce qui le rend électrophile et permet sa stabilisation par des effets donneurs. Le carbanion possède au contraire un doublet non liant, se comporte comme un nucléophile et est stabilisé par des effets attracteurs.

23. Quelle description définit correctement l’effet inductif dans une molécule ?

La polarisation des électrons d’une liaison σ due à une différence d’électronégativité
Le déplacement d’un proton vers l’atome le plus électronégatif de la molécule
La rupture homolytique d’une liaison σ sous l’action d’un substituant
La délocalisation des électrons π à travers plusieurs liaisons conjuguées

La polarisation des électrons d’une liaison σ due à une différence d’électronégativité

Explication

L’effet inductif décrit la polarisation des électrons d’une liaison σ en fonction de la différence d’électronégativité entre les atomes liés. La délocalisation des électrons π relève plutôt de l’effet mésomère.

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Qu'est-ce que l'effet inductif en chimie ?

La polarisation des électrons d'une liaison σ selon la différence d'électronégativité.

Quelle charge partielle porte l'atome le plus électronégatif dans une liaison σ ?

Une charge partielle δ−.

Quelle charge partielle porte l'atome le moins électronégatif dans une liaison σ ?

Une charge partielle δ+.

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