QCM : Gouvernance et états d’exception en droit français — 12 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne la gouvernance de l’action publique dans le cadre étudié ?

Une manière de gérer et d’organiser l’action des institutions publiques
Une théorie décrivant uniquement la hiérarchie administrative
Un ensemble de règles constitutionnelles imposées aux citoyens
Une action en justice portée devant la juridiction pénale

Une manière de gérer et d’organiser l’action des institutions publiques

Explication

La gouvernance de l’action publique renvoie à une façon d’agir et d’organiser l’action des institutions publiques. Elle ne désigne ni une discipline juridique ni, contrairement à l’action publique au sens juridique du cours, une procédure pénale.

2. Quel élément caractérise l’état d’exception lorsqu’une crise survient ?

Le remplacement complet du droit par la morale
La disparition durable de tout contrôle juridictionnel
La suspension ou la dérogation à la légalité normale pour répondre à une menace
L’application renforcée de toutes les règles ordinaires sans adaptation

La suspension ou la dérogation à la légalité normale pour répondre à une menace

Explication

L’état d’exception correspond à une suspension ou à une dérogation à la légalité ordinaire pour faire face à une crise. Le cours insiste aussi sur l’invocation d’un intérêt supérieur pour justifier cette rupture.

3. Quel régime d’exception français transfère le maintien de l’ordre au pouvoir militaire ?

Le régime de la copropriété publique
La théorie des circonstances exceptionnelles
L’état de siège
L’état d’urgence sanitaire

L’état de siège

Explication

L’état de siège est le régime qui confie le maintien de l’ordre au pouvoir militaire et élargit la compétence des juridictions militaires. L’état d’urgence, lui, reste un régime civil déclenché par décret.

4. Quel est l’enjeu principal de l’articulation entre état de droit et état d’exception ?

Confier durablement le pouvoir normatif au juge administratif
Écarter tout contrôle politique au profit de l’exécutif
Supprimer toute hiérarchie des normes en période de crise
Permettre une action urgente tout en évitant l’abdication du droit

Permettre une action urgente tout en évitant l’abdication du droit

Explication

L’enjeu est de concilier la réaction à la crise avec le maintien d’un cadre juridique, sans basculer dans une logique purement extra-juridique. Le contrôle a posteriori du juge reste central dans cette articulation.

5. Quelle idée correspond à la banalisation de l’exception ?

Le recours répété aux régimes d’urgence jusqu’à fragiliser leur caractère exceptionnel
L’interdiction totale de toute mesure dérogatoire en temps de crise
La disparition des contrôles juridictionnels au profit du Parlement
La transformation automatique de toute urgence en régime constitutionnel

Le recours répété aux régimes d’urgence jusqu’à fragiliser leur caractère exceptionnel

Explication

La banalisation de l’exception désigne le fait de traiter les régimes d’urgence comme des instruments récurrents. Le cours l’illustre notamment par la contamination du droit commun et la pérennisation de certains outils d’urgence.

6. Que signifie la privatisation de la décision publique ?

La délégation exclusive du contentieux public aux juridictions privées
Le passage de toute décision publique au vote populaire direct
Le transfert, même partiel, de la conception ou de l’orientation des politiques publiques vers des acteurs privés
La suppression des cabinets de conseil au profit des seuls ministères

Le transfert, même partiel, de la conception ou de l’orientation des politiques publiques vers des acteurs privés

Explication

La privatisation de la décision publique correspond au fait de confier tout ou partie de la conception ou de l’orientation des politiques publiques à des acteurs privés. Le cours associe cette logique à la captation possible de la fabrique de la décision.

7. Que désigne l’externalisation de la conception des politiques publiques ?

Le remplacement du ministre par le juge dans l’élaboration des politiques
Le fait de soumettre toute politique publique à une consultation référendaire
Le fait de confier à un acteur privé la création, la mise en place ou la gestion d’une activité publique
L’interdiction des prestataires privés dans toute action publique

Le fait de confier à un acteur privé la création, la mise en place ou la gestion d’une activité publique

Explication

L’externalisation de la conception consiste à confier à un prestataire privé une tâche de création, de mise en place ou de gestion relevant de l’action publique. C’est précisément le rôle attribué aux cabinets de conseil dans plusieurs exemples du cours.

8. Quel est l’objectif principal de la circulaire du 19 janvier 2022 concernant les prestations de conseil ?

Supprimer toute évaluation de la qualité des prestations
Encadrer le recours aux cabinets de conseil en amont et en aval
Confier le contrôle des dépenses de conseil aux seuls citoyens
Rendre obligatoire le recours à un cabinet privé pour toute réforme

Encadrer le recours aux cabinets de conseil en amont et en aval

Explication

La circulaire vise à encadrer le recours aux prestations intellectuelles de conseil, notamment par une rationalisation en amont et une évaluation en aval. Elle recommande aussi de privilégier les ressources internes avant de recourir à l’externe.

9. Quelle idée résume le mieux la représentation d’intérêts dans la co-construction de la décision ?

Les citoyens remplacent entièrement le Parlement dans l’adoption des lois
Seuls les juges peuvent contribuer à l’élaboration des politiques
Toute influence extérieure est exclue du débat public
Des acteurs organisés cherchent à influencer la décision publique pour défendre des intérêts particuliers

Des acteurs organisés cherchent à influencer la décision publique pour défendre des intérêts particuliers

Explication

La représentation d’intérêts renvoie à l’action d’acteurs organisés qui cherchent à peser sur la décision publique. Le cours insiste sur la reconnaissance de cette influence, à condition qu’elle soit encadrée et déclarée.

10. Quel critère est nécessaire pour qu’un acteur soit qualifié de représentant d’intérêts ?

Appartenir obligatoirement à une entreprise de communication
Déposer une contribution anonyme auprès d’une assemblée
Exercer à titre principal ou régulier une activité d’influence sur la décision publique
Être élu au suffrage universel direct

Exercer à titre principal ou régulier une activité d’influence sur la décision publique

Explication

Le cours retient des critères cumulatifs, dont un critère matériel tenant à une activité principale ou régulière d’influence sur la décision publique. Les élus, partis politiques et syndicats sont notamment exclus du champ.

11. Pourquoi la mesure du jeu d’influence est-elle difficile devant le Conseil constitutionnel ?

Parce que l’intérêt spécial est mal défini et que les décisions peuvent rejeter sans motivation
Parce que les parties ne reçoivent jamais les observations déposées
Parce que toute tierce intervention est automatiquement publique et motivée
Parce que le Conseil constitutionnel interdit toute contribution extérieure

Parce que l’intérêt spécial est mal défini et que les décisions peuvent rejeter sans motivation

Explication

La difficulté vient du fait que la notion d’intérêt spécial est peu définie et que le Conseil constitutionnel peut écarter une tierce intervention sans motiver précisément sa décision. Cela rend l’appréciation des critères de recevabilité incertaine.

12. Que révèle la crise de la représentation dans la relation entre participation citoyenne et institutions ?

La disparition de toute doctrine autour des décisions du Conseil constitutionnel
Le transfert de toute décision constitutionnelle à des assemblées citoyennes
Le besoin de canaliser l’activité doctrinale et de fixer une interprétation institutionnelle des décisions
L’impossibilité totale pour les institutions de dialoguer avec l’université

Le besoin de canaliser l’activité doctrinale et de fixer une interprétation institutionnelle des décisions

Explication

Le cours montre que le Conseil constitutionnel cherche à canaliser et orienter l’interprétation des décisions, notamment par une doctrine endogène et un commentaire officiel. Cette logique traduit une volonté institutionnelle de maîtriser le sens des décisions face à la pluralité des interprétations.

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Gouvernance de l’action publique — définition ?

Une gestion organisée des activités des institutions publiques.

Action publique — rôle ?

Action en justice ou activité des institutions publiques.

Bonne gouvernance — principes ?

Transparence, participation, responsabilité, efficacité, cohérence.

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