QCM : Le pouvoir politique (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle conception assimile le pouvoir politique au pouvoir de l’État, symbolisé par les autorités et les gouvernants ?

L’approche institutionnaliste
L’approche interactionniste
L’approche comportementaliste
L’approche substantialiste

L’approche institutionnaliste

Explication

L’approche institutionnaliste identifie le pouvoir politique à celui de l’État et à ses autorités. L’approche interactionniste, contrairement à cette conception, étudie une relation entre acteurs.

2. Comment l’approche substantialiste conçoit-elle le pouvoir ?

Comme une fonction de coordination des communications
Comme un capital détenu par un individu ou un groupe
Comme une relation entre acteurs autour d’un ordre
Comme un ensemble de décisions prises pour le groupe

Comme un capital détenu par un individu ou un groupe

Explication

L’approche substantialiste traite le pouvoir comme un capital qu’un individu ou un groupe possède. La conception relationnelle ne le présente pas comme une chose détenue, mais comme une relation entre acteurs.

3. Dans une analyse interactionniste, qu’est-ce qui caractérise le pouvoir entre deux acteurs ?

L’un organise les communications sans adresser d’ordre
L’un représente l’État auprès de l’ensemble du groupe
L’un peut donner un ordre auquel l’autre obéit
L’un détient un capital que l’autre ne possède pas

L’un peut donner un ordre auquel l’autre obéit

Explication

Le pouvoir interactionniste est une relation entre au moins deux acteurs, où l’un peut donner un ordre auquel l’autre obéit. La détention d’un capital relève plutôt de l’approche substantialiste.

4. Quelles fonctions le pouvoir remplit-il pour la société ?

Définir les valeurs, choisir les gouvernants et transmettre les traditions
Organiser les échanges, représenter l’État et sélectionner les dirigeants
Produire et distribuer les biens, organiser les communications et maîtriser la violence
Répartir les autorités, légitimer les ordres et limiter les contestations

Produire et distribuer les biens, organiser les communications et maîtriser la violence

Explication

Le pouvoir remplit les fonctions de production et de distribution des biens, d’organisation des communications et de maîtrise de la violence. La transmission des traditions peut contribuer à la légitimité, mais elle ne remplace pas ces trois fonctions.

5. Quelle caractéristique distingue le pouvoir politique des autres pouvoirs dans la société ?

Il s’exerce sur l’ensemble de la société et définit les contours des autres pouvoirs
Il concerne les relations entre deux acteurs dans une situation particulière
Il désigne la chance de trouver des personnes prêtes à obéir à un ordre
Il repose sur les traditions ancestrales et se transmet par la religion

Il s’exerce sur l’ensemble de la société et définit les contours des autres pouvoirs

Explication

Le pouvoir politique concerne la société dans son ensemble et définit les contours des autres pouvoirs. La domination, elle, désigne la chance de trouver des personnes prêtes à obéir à un ordre déterminé.

6. Sur quelle base le pouvoir politique repose-t-il dans une démocratie ?

Sur la transmission des traditions par les ancêtres
Sur l’obéissance à un ordre de contenu déterminé
Sur la capacité d’imposer une volonté malgré les résistances
Sur le choix des gouvernés

Sur le choix des gouvernés

Explication

Dans une démocratie, le pouvoir politique repose sur le choix des gouvernés. La légitimité traditionnelle se fonde plutôt sur des traditions transmises, notamment par les ancêtres.

7. Comment Max Weber définit-il la puissance dans une relation sociale ?

Comme le choix collectif des gouvernants par les membres du groupe
Comme la chance de faire triompher sa volonté, même contre des résistances
Comme la reconnaissance d’un ordre parce qu’il est conforme aux valeurs
Comme la chance de trouver des personnes prêtes à obéir à un ordre précis

Comme la chance de faire triompher sa volonté, même contre des résistances

Explication

Pour Weber, la puissance est la chance de faire triompher sa volonté dans une relation sociale, même face à des résistances. La disponibilité de personnes à obéir à un ordre précis caractérise plutôt la domination.

8. Sur quoi repose la légitimité traditionnelle ?

Sur la conformité d’une demande aux valeurs personnelles des individus
Sur des traditions transmises par les ancêtres, parfois appuyées par la religion
Sur le choix des gouvernés et la participation démocratique
Sur la capacité d’obtenir l’obéissance à un ordre déterminé

Sur des traditions transmises par les ancêtres, parfois appuyées par la religion

Explication

La légitimité traditionnelle s’appuie sur les traditions transmises par les ancêtres et peut notamment être renforcée par la religion. Le choix des gouvernés relève plutôt du fondement démocratique du pouvoir politique.

9. Que désigne le pouvoir relationnel ?

La possession d’un capital politique par un individu ou un groupe
La capacité d’un acteur à modifier le comportement d’un autre acteur
La faculté d’un gouvernement à représenter l’ensemble de la société
La transmission de valeurs qui rendent les ordres légitimes

La capacité d’un acteur à modifier le comportement d’un autre acteur

Explication

Le pouvoir relationnel est la capacité d’un acteur à modifier le comportement d’un autre. La possession d’un capital correspond plutôt à la conception substantialiste du pouvoir.

10. Selon Robert Dahl, dans quelle situation A exerce-t-il un pouvoir sur B ?

Lorsqu'A peut amener B à faire quelque chose qu’il n’aurait pas fait autrement
Lorsqu'A façonne les institutions pour écarter les questions qui lui nuisent
Lorsqu'A propose à B une récompense sans modifier son comportement
Lorsque B estime légitime l’ordre de A parce qu’il correspond à ses valeurs

Lorsqu'A peut amener B à faire quelque chose qu’il n’aurait pas fait autrement

Explication

Pour Dahl, A exerce un pouvoir sur B s’il peut obliger B à faire quelque chose que B n’aurait pas fait autrement. La limitation des questions que B envisage de contester correspond à l’analyse de Bachrach et Baratz.

11. Face à une résistance, quel moyen caractérise davantage l’influence que l’injonction ?

La transmission de valeurs par l’école et les médias
La séduction, la négociation ou la promesse d’une récompense
La définition institutionnelle des questions politiques
La menace destinée à obtenir l’exécution d’un ordre

La séduction, la négociation ou la promesse d’une récompense

Explication

L’influence mobilise notamment la séduction, la négociation ou la promesse d’une récompense, tandis que l’injonction peut s’accompagner de menaces. La menace est donc davantage associée à l’injonction dans cette distinction.

12. Quel résultat l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité a-t-elle mis en évidence ?

Plus de 65 % des participants administraient des décharges allant jusqu’à 450 V
Les participants obéissaient surtout lorsque l’ordre était choisi par les gouvernés
Plus de 65 % des participants refusaient d’administrer une décharge supérieure à 150 V
La majorité des participants obéissait après avoir négocié une récompense

Plus de 65 % des participants administraient des décharges allant jusqu’à 450 V

Explication

L’expérience a montré que plus de 65 % des participants administraient des décharges pouvant atteindre 450 V. Le résultat ne décrivait pas un refus majoritaire d’aller au-delà d’un faible voltage.

13. Comment une relation de pouvoir peut-elle être à la fois réciproque et déséquilibrée ?

L’acteur qui cède renonce à toute ressource, tandis que l’autre acquiert un pouvoir absolu.
Les deux acteurs contrôlent les mêmes ressources, mais appliquent des règles différentes.
Les deux acteurs disposent de ressources identiques, mais l’un peut imposer seul ses décisions.
L’acteur qui cède conserve des ressources, mais l’autre en possède davantage dans la situation.

L’acteur qui cède conserve des ressources, mais l’autre en possède davantage dans la situation.

Explication

La relation reste réciproque parce que l’acteur qui cède conserve des ressources, mais elle est déséquilibrée puisque l’autre dispose de ressources supérieures dans cette situation. L’idée de ressources identiques écarterait précisément le déséquilibre décrit.

14. Que prend en compte la théorie des jeux pour étudier les relations de pouvoir ?

Des acteurs qui interagissent selon des règles communes et disposent de ressources pour agir.
Des institutions qui déterminent les conduites sans tenir compte des ressources des acteurs.
Des acteurs isolés qui choisissent leurs actions sans règles communes ni interactions.
Des groupes qui partagent des objectifs identiques et évitent toute interaction stratégique.

Des acteurs qui interagissent selon des règles communes et disposent de ressources pour agir.

Explication

La théorie des jeux analyse des acteurs en interaction, qui suivent des règles communes et mobilisent des ressources. L’étude d’acteurs isolés ne rendrait pas compte de l’interdépendance au cœur de cette approche.

15. Dans une relation stratégique, comment un acteur peut-il obtenir un avantage en maîtrisant l’incertitude ?

En choisissant ses actions sans tenir compte des réactions possibles de l’adversaire.
En anticipant la conduite de l’adversaire tout en rendant la sienne difficile à prévoir.
En révélant ses intentions et en supposant que l’adversaire ne changera pas de conduite.
En appliquant des règles fixes qui rendent les conduites des deux acteurs prévisibles.

En anticipant la conduite de l’adversaire tout en rendant la sienne difficile à prévoir.

Explication

L’avantage stratégique revient à l’acteur qui prévoit le comportement adverse tout en gardant le sien imprévisible. Rendre prévisibles les conduites des deux acteurs ne lui permettrait pas de contrôler l’incertitude de cette manière.

16. Dans le dilemme du prisonnier de Tucker, quel est le sort prévu pour un détenu qui dénonce l’autre ?

Le dénonciateur reçoit la peine maximale de dix ans et l’autre détenu est libéré.
Les deux détenus sont libérés dès que l’un d’eux dénonce son complice.
Le dénonciateur est libéré et l’autre détenu reçoit la peine maximale de dix ans.
Les deux détenus reçoivent la peine maximale, quelle que soit leur décision.

Le dénonciateur est libéré et l’autre détenu reçoit la peine maximale de dix ans.

Explication

Dans ce dilemme, les détenus sont séparés et ne peuvent pas communiquer ; celui qui dénonce est libéré, tandis que l’autre reçoit la peine maximale de dix ans. L’issue inverse les sorts respectifs du dénonciateur et du détenu dénoncé.

17. Comment l’absence d’État dans certaines sociétés a-t-elle longtemps été interprétée ?

Comme une forme avancée de centralisation des pouvoirs politiques.
Comme un signe de retard ou de primitivité de ces sociétés.
Comme la preuve que ces sociétés ne possédaient aucune organisation politique.
Comme la conséquence d’un refus universel de toute règle collective.

Comme un signe de retard ou de primitivité de ces sociétés.

Explication

L’absence d’État a longtemps été interprétée à tort comme un signe de retard ou de primitivité. Elle ne signifie pas que ces sociétés sont dépourvues de toute organisation politique.

18. Quelle conclusion les recherches sur les sociétés sans État ont-elles entraînée pour l’étude de la politique ?

Il n’est pas nécessaire d’étudier l’État pour étudier la politique.
L’État constitue la seule forme possible d’organisation du pouvoir politique.
L’étude de la politique doit se limiter aux sociétés dotées d’un État.
Les sociétés sans État relèvent de l’anthropologie plutôt que de la politique.

Il n’est pas nécessaire d’étudier l’État pour étudier la politique.

Explication

L’étude de sociétés sans État a conduit à abandonner l’idée que l’analyse de la politique exige celle de l’État. Réserver l’étude politique aux sociétés étatiques maintiendrait précisément cette idée.

19. Selon Pierre Clastres, pourquoi les Guayakis n’ont-ils pas d’État ?

Parce qu’ils n’en ont pas besoin et cherchent à préserver leur liberté contre la dépossession.
Parce qu’ils attendent que des conditions matérielles permettent de créer un pouvoir central.
Parce qu’un chef absolu garantit déjà leur liberté et rend l’État superflu.
Parce qu’ils ne possèdent pas de règles communes pour organiser leur vie collective.

Parce qu’ils n’en ont pas besoin et cherchent à préserver leur liberté contre la dépossession.

Explication

Clastres explique l’absence d’État chez les Guayakis par le fait qu’ils n’en ont pas besoin et cherchent à éviter la dépossession de leur liberté. L’absence de règles communes n’est pas son explication.

20. Comment Pierre Clastres caractérise-t-il le pouvoir chez les Guayakis ?

Il est détenu par les anciens, qui imposent leurs décisions aux autres membres.
Il appartient au groupe, et le responsable n’est pas un chef absolu, ce qui évoque l’autodirection.
Il appartient à un chef absolu, qui dirige le groupe selon ses décisions personnelles.
Il est concentré dans une autorité centrale chargée de représenter les villages.

Il appartient au groupe, et le responsable n’est pas un chef absolu, ce qui évoque l’autodirection.

Explication

Chez les Guayakis, le pouvoir appartient au groupe et le responsable n’est pas un chef absolu ; Clastres y voit une forme d’autodirection proche de la démocratie directe. La concentration du pouvoir dans une autorité centrale contredit cette caractérisation.

21. Quelle thèse Pierre Clastres défend-il à propos du pouvoir politique chez les Guayakis ?

Il se réduit à une contrainte exercée par les hommes sur les femmes et les anciens sur les jeunes.
Il n’existe pas chez les Guayakis, puisqu’ils ne possèdent pas d’État.
Il peut être non coercitif, ce qui remet en cause l’idée que la politique exige la contrainte.
Il est nécessairement coercitif, car toute société politique repose sur un chef.

Il peut être non coercitif, ce qui remet en cause l’idée que la politique exige la contrainte.

Explication

Clastres considère que le pouvoir politique guayaki peut être non coercitif, remettant en question son association nécessaire à la contrainte. L’idée que tout pouvoir politique est coercitif correspond à la position de Lapierre, non à celle de Clastres.

22. Comment J. W. Lapierre explique-t-il la contrainte dans la société politique guayaki ?

La société l’exerce sur le responsable, et elle apparaît aussi dans les rapports entre hommes et femmes ainsi qu’entre anciens et jeunes.
Elle est absente des rapports sociaux, puisque les Guayakis vivent sans chef.
Le responsable l’exerce sur la société, sans que les rapports entre groupes sociaux soient concernés.
Un chef central l’exerce sur le responsable, tandis que les rapports entre générations restent égalitaires.

La société l’exerce sur le responsable, et elle apparaît aussi dans les rapports entre hommes et femmes ainsi qu’entre anciens et jeunes.

Explication

Lapierre reconnaît une société politique sans chef, mais situe la contrainte dans l’action du groupe sur le responsable ainsi que dans les rapports entre hommes et femmes et entre anciens et jeunes. L’absence de chef ne signifie donc pas, pour lui, l’absence de contrainte sociale.

23. Quelle distinction faut-il faire entre l’existence d’un État et celle du pouvoir politique ?

Le pouvoir politique n’existe que si une autorité étatique le centralise.
Toute société dotée d’un pouvoir politique possède aussi un État.
Une société peut être dépourvue d’État tout en ayant un pouvoir politique.
Une société sans État est nécessairement dépourvue de pouvoir politique.

Une société peut être dépourvue d’État tout en ayant un pouvoir politique.

Explication

Il existe des sociétés sans État, mais aucune société n’est sans pouvoir politique. Assimiler absence d’État et absence de pouvoir confond deux notions distinctes.

24. Quelle conséquence générale découle du fait que tout pouvoir implique une hiérarchie ?

Le pouvoir supprime les différences de statut entre les individus concernés.
Le pouvoir entraîne des inégalités entre individus ou groupes sociaux.
Le pouvoir garantit une répartition égale des ressources entre les groupes.
Le pouvoir remplace les rapports hiérarchiques par des décisions unanimes.

Le pouvoir entraîne des inégalités entre individus ou groupes sociaux.

Explication

Une hiérarchie distingue les positions des individus ou des groupes et implique donc des inégalités entre eux. Une répartition égale des ressources ne découle pas de l’existence d’une hiérarchie.

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Comment l’approche institutionnaliste définit-elle le pouvoir politique ?

Comme le pouvoir de l’État, symbolisé par les autorités et les gouvernants.

Comment l’approche substantialiste conçoit-elle le pouvoir ?

Comme un capital détenu par un individu ou un groupe.

Qu’est-ce que le pouvoir interactionniste ?

Une relation entre au moins deux acteurs, où l’un peut donner un ordre auquel l’autre obéit.

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