Fiche de révision : Mémoire et apprentissages scolaires

Plan du Cours

  1. Cognition et apprentissage
  2. Architecture et registres sensoriels
  3. Mémoire de travail et capacité
  4. Composantes de la mémoire de travail
  5. Développement de la mémoire de travail
  6. Pédagogie et charge cognitive
  7. Systèmes de mémoire à long terme
  8. Oubli et récupération des souvenirs
  9. Stratégies de mémorisation durable
  10. Développement et synthèse pédagogique

1. Cognition et apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Cognition : Le Ny - L’ensemble des dispositifs dont la fonction est de produire et d’utiliser de la connaissance.
  • Apprentissage : Une modification durable d’un comportement et/ou d’une représentation, résultant d’une expérience antérieure et non d’une simple maturation ou d’un accident.
  • Mémoire : La mémoire permet d’enregistrer une information par encodage, de la maintenir par stockage à court ou long terme, puis de la rappeler par récupération volontaire ou parfois involontaire.

★ À maîtriser

  • Les processus et fonctions étudiés comprennent :
    • la perception
    • le langage
    • la mémoire
    • l’attention
    • les fonctions exécutives
    • la résolution de problème
    • l’émotion

Compléments

  • L’apprentissage mobilise la mémoire : il n’y a pas d’apprentissage sans mémoire.

2. Architecture et registres sensoriels

Notions clés & Définitions

  • Registres d’informations sensorielles : Les dispositifs qui enregistrent les informations perçues par les récepteurs sensoriels et les maintiennent brièvement avant leur traitement et leur sélection.

★ À maîtriser

  • Les RIS maintiennent l’information sensorielle pendant environ 250 ms à 2 ou 3 secondes, selon Kekenbosch (1994).

Compléments

  • Le modèle d’Atkinson et Shiffrin (1968) présente une organisation de la mémoire distinguant des registres sensoriels, une mémoire à court terme et une mémoire à long terme. - Atkinson & Shiffrin

  • Les informations sensorielles non prises en compte s’estompent rapidement.

  • Les modalités sensorielles comprennent :

    • la perception proprioceptive
    • la perception visuelle
    • la perception auditive
    • la perception olfactive
    • la perception gustative
    • la perception haptique ou tactile

Astuce mémo

Perception sensorielle → maintien bref → sélection par l’attention

3. Mémoire de travail et capacité

Notions clés & Définitions

  • Mémoire de travail : Un système de capacité limitée qui maintient temporairement l’information et la traite afin de réaliser une tâche cognitive.

★ À maîtriser

📌 La mémoire à court terme (MCT) correspond au stockage temporaire, tandis que la mémoire de travail (MDT) associe le stockage temporaire au traitement cognitif.

  • L’empan mnésique désigne la quantité limitée d’informations pouvant être maintenues en MDT pendant un court laps de temps.

  • Le chunking regroupe les informations en blocs ou catégories sémantiques afin de réduire le nombre d’unités à maintenir en MDT.

Compléments

  • La MDT est mobilisée pour :

    • réfléchir
    • suivre un raisonnement ou une conversation
    • calculer mentalement
    • épeler intérieurement
    • comprendre une phrase ou un texte
    • effectuer une recherche phonologique
  • Dans l’exemple du cours, regrouper la suite 18701914191819391945 en années permet de passer de 20 items à 5 chunks : 1870, 1914, 1918, 1939 et 1945.

  • Pour copier « CROCODILE », un enfant ayant un empan de 4 peut mieux maintenir les lettres en les regroupant syllabiquement qu’en les traitant une à une.

Astuce mémo

MCT stocke ; MDT stocke et traite

4. Composantes de la mémoire de travail

Notions clés & Définitions

  • Boucle phonologique : Le système qui traite le matériel verbal présenté auditivement ou visuellement en associant un stock phonologique temporaire et une auto-répétition articulatoire.
  • Calepin visuo-spatial : Le système qui maintient temporairement et manipule les images mentales, ainsi que les informations visuelles et spatiales.
  • Administrateur central : Un système de contrôle attentionnel qui répartit les ressources entre les sous-systèmes, coordonne les informations, sélectionne des stratégies et active des connaissances de la mémoire à long terme.
  • Buffer épisodique : Le système qui stocke temporairement des informations multimodales composites et sert d’interface entre les systèmes de stockage, l’administrateur central et la mémoire à long terme.

★ À maîtriser

  • Le modèle de Baddeley et Hitch (1974), actualisé par Baddeley (2000), décrit la MDT comme un système dynamique à plusieurs composantes.

  • Le stock phonologique passif maintient l’information pendant environ 1 à 2 secondes.

Compléments

  • La boucle phonologique est sensible à la similarité phonologique : des items aux sons proches entraînent davantage de confusions et un rappel sériel plus faible.

  • L’empan diminue lorsque les mots passent d’une syllabe à cinq syllabes, car les mots courts sont mieux retenus que les mots longs.

  • La suppression articulatoire réduit l’empan lorsqu’une personne doit répéter à voix haute une autre information pendant qu’elle encode le matériel verbal à mémoriser.

  • La parole interférente perturbe la MDT, car des mots, phrases ou chansons entendus empêchent l’auto-répétition et diminuent le rappel immédiat.

  • Le calepin visuo-spatial traite des informations visuelles comme les formes et les couleurs, ainsi que des informations spatiales comme la localisation et l’orientation.

  • Le test des blocs de Corsi en empan inverse demande de reproduire à l’envers une séquence croissante de positions spatiales montrées par l’examinateur.

  • Le fonctionnement de la MDT comprend la réception et le stockage temporaire des informations sensorielles, la réactivation temporaire des connaissances de la mémoire à long terme, leur synthèse et leur utilisation ou leur transfert vers la mémoire à long terme.

5. Développement de la mémoire de travail

★ À maîtriser

  • Aux alentours de 7 ans, les enfants évoluent d’un maintien passif, affecté par la durée de stockage, vers un maintien actif qui rafraîchit l’information et gère les buts de la tâche.

  • L’efficacité du traitement en MDT augmente avec l’âge grâce aux ressources attentionnelles disponibles, au coût du traitement, aux stratégies utilisées et à la vitesse de traitement.

Compléments

  • Dans l’étude de Camos et Barrouillet (2011), les enfants de CP ont eu un taux de rappel supérieur à celui des enfants de GS. - Camos & Barrouillet
  • Dans cette étude, les enfants de GS rappelaient moins bien lorsque la durée de maintien était allongée, tandis que leurs résultats étaient similaires entre une et deux couleurs avec un maintien court. - Camos & Barrouillet, 2011

  • Dans cette étude, les enfants de CP rappelaient moins bien lorsque la charge de traitement était forte et le temps disponible court que lorsque le temps était plus long. - Camos & Barrouillet, 2011

  • L’empan de chiffres passe d’environ 2 à 2 ans à 4–5 entre 5 et 7 ans, puis à 6 à 9 ans, selon Dempster (1981).

  • Le stock phonologique est fonctionnel dès 3 ans, tandis que l’auto-répétition articulatoire se développe plus tard, entre 7 et 12 ans, selon Thorn et Gathercole (2000). - Thorn & Gathercole

  • Les capacités de la boucle phonologique augmentent rapidement entre 6 et 8 ans, puis plus progressivement de 8 à 16 ans dans les données du WISC-V (2016).

6. Pédagogie et charge cognitive

★ À maîtriser

  • Une tâche qui n’est pas automatisée entraîne un coût cognitif élevé et peut contribuer à la surcharge de la MDT.

  • Pour éviter la surcharge de la MDT, l’enseignant peut alléger le maintien de l’information en utilisant des supports visuels et des messages courts.

  • Le principe de cohérence recommande de limiter les informations non pertinentes afin de faciliter le traitement en MDT.

  • Il faut laisser aux enfants le temps de traiter l’information, car leur vitesse de traitement est plus faible que celle des adultes.

Compléments

  • La contiguïté temporelle consiste à présenter simultanément la narration et le support auquel elle se rapporte.

  • La contiguïté spatiale consiste à placer proches les unes des autres les informations qui doivent être traitées ensemble.

  • La segmentation met en évidence les différentes étapes clés à réaliser.

  • La signalisation met en évidence les informations essentielles à traiter.

  • Pour soutenir l’apprentissage verbal, l’enseignant peut apprendre explicitement à l’enfant l’auto-répétition mentale et l’inciter à reformuler et condenser l’information entendue.

  • Le double codage consiste à associer verbalisation et imagerie mentale, par exemple en représentant en image une information verbale ou en verbalisant un schéma.

  • La supériorité du rappel des images sur les mots écrits ou entendus ne démontre pas l’existence de profils d’apprentissage « visuels » ou « auditifs », selon l’expérience de Lieury (1997).

7. Systèmes de mémoire à long terme

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à long terme : Un ou plusieurs systèmes permettant de stocker des informations sur de longues périodes.
  • Mémoire procédurale : La mémoire procédurale est une mémoire implicite correspondant au savoir-faire, ou « savoir comment ».

★ À maîtriser

  • La capacité de la MLT est considérée comme théoriquement illimitée, mais le stockage et la récupération des informations peuvent poser problème.

📌 La mémoire explicite ou déclarative comprend les mémoires sémantique et épisodique, tandis que la mémoire implicite ou non déclarative comprend notamment les mémoires procédurale, d’amorçage, de conditionnement et non associative, selon la taxonomie de Squire (1986).

📌 La mémoire sémantique contient des connaissances générales sur le monde, tandis que la mémoire épisodique porte sur des événements vécus situés dans un contexte personnel.

Compléments

  • Le souvenir épisodique peut inclure :
    • le lieu
    • le moment
    • les personnes
    • les sensations
    • les émotions

Astuce mémo

Sémantique : savoir que ; procédurale : savoir comment

8. Oubli et récupération des souvenirs

★ À maîtriser

  • Les souvenirs peuvent être modifiés après leur encodage, jusqu’à produire de faux souvenirs.

  • L’effet de récence correspond au meilleur rappel des derniers éléments d’une liste, lié à leur maintien encore actif en MDT.

Compléments

  • À chaque nouvelle évocation d’un souvenir, le contexte de cette évocation est encodé, ce qui peut contribuer à faire évoluer le souvenir, selon Bruck et Ceci (1999).

  • Une tâche interférente avant le rappel peut faire disparaître l’effet de récence, selon Glanzer et Cunitz (1966). - Glanzer & Cunitz

  • L’effet de primauté correspond au meilleur rappel des premiers éléments d’une liste, qui ont eu le temps d’être encodés en mémoire à long terme, selon Postman et Phillips (1965). - Postman & Philipps

Astuce mémo

Chaque évocation réencode son contexte → le souvenir peut se transformer

9. Stratégies de mémorisation durable

★ À maîtriser

📌 L’apprentissage distribué répète les apprentissages après un délai, tandis que l’apprentissage groupé les réalise sans interruption temporelle.

  • L’apprentissage distribué facilite généralement la mémorisation, avec un avantage important pour les informations verbales et moindre pour l’apprentissage moteur et les domaines conceptuels.

  • Le traitement profond, qui porte sur le sens d’un mot plutôt que sur sa casse ou sa rime, améliore sa reconnaissance, selon Craik et Tulving (1975).

  • La récupération est facilitée lorsque le contexte de rappel correspond au contexte d’encodage, et l’évocation du contexte d’encodage peut aider à retrouver l’information.

  • L’effet de test correspond à l’amélioration de la rétention à long terme produite par une phase de test après l’apprentissage, selon Roediger et Karpicke (2006).

Compléments

  • La courbe d’oubli d’Ebbinghaus illustre l’oubli au cours du temps et souligne le rôle de la répétition pour rendre l’apprentissage durable. - Hermann Ebbinghaus

  • L’indexation relie l’information à mémoriser à des connaissances sémantiques déjà acquises et peut s’appuyer sur des procédés mnémotechniques.

📌 Varier les contextes d’apprentissage peut améliorer la connaissance en réduisant la dépendance à un contexte unique.

  • L’effet de génération indique qu’une information est mieux restituée lorsqu’une partie est générée activement par l’apprenant plutôt que lue passivement, selon William James (1890).

  • Le sommeil est associé à la consolidation des apprentissages, et des études d’imagerie montrent pendant le sommeil une réactivation de patrons d’activité cérébrale observés durant la journée.

  • La qualité et la durée du sommeil, ainsi que le manque de sommeil, sont associés aux performances scolaires selon la méta-analyse de Dewald et al. (2010).

  • Dans l’étude de Wilhelm et al. (2013), les enfants de 8 à 11 ans ont davantage bénéficié du sommeil que les jeunes adultes de 18 à 35 ans pour rappeler explicitement une information apprise implicitement.

  • La sieste à l’école maternelle est profitable à la mémorisation, particulièrement chez les enfants habitués à la faire, selon Kurdziel et al. (2013).

Astuce mémo

Encoder profondément, espacer, récupérer, dormir

10. Développement et synthèse pédagogique

★ À maîtriser

📌 Les RIS maintiennent une grande quantité d’informations pendant une durée très courte, la MDT maintient une quantité limitée pendant une durée courte, et la MLT stocke une quantité théoriquement illimitée sur une durée permanente.

  • Pour favoriser la mémoire de travail, il faut : limiter les traitements inutiles, limiter les interférences, signaler l’essentiel, segmenter les étapes, encourager l’auto-répétition mentale, favoriser le double codage verbal et visuo-spatial

  • Pour optimiser la mémorisation à long terme, il faut :

    • comprendre l’information
    • la relier aux connaissances acquises
    • espacer les apprentissages
    • se tester
    • varier les contextes
    • dormir suffisamment

Compléments

  • L’amnésie infantile concerne l’absence de souvenirs accessibles d’avant l’âge de 2 à 3 ans et est liée à un oubli progressif, selon Tustin et Haynes (2010). - Tustin & Haynes

  • Les souvenirs personnels deviennent plus nombreux au cours du développement, selon Rubin (2000).

  • Les RIS utilisent un codage sensoriel conforme à la modalité de présentation, la MDT peut coder verbalement, visuellement ou sémantiquement, et la MLT est surtout codée de manière sémantique et conceptuelle.

Tableaux de synthèse

Systèmes de mémoire

SystèmeCapacitéDuréeCodage dominant
RISGrande quantitéTrès courte, moins de 3 secondesSensoriel, selon la modalité
MDTLimitéeCourteVerbal, visuel ou sémantique
MLTThéoriquement illimitéePermanenteSurtout sémantique et conceptuel

Effets de position dans une liste

EffetÉléments mieux rappelésExplication
RécenceDerniers élémentsMaintien encore actif en MDT
PrimautéPremiers élémentsEncodage en mémoire à long terme

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Mémoire et apprentissages scolaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans la définition de Le Ny, que désigne la cognition ?

2. Après plusieurs expériences de jardinage, une élève adopte durablement une nouvelle méthode pour prendre soin des plantes. Quel concept décrit ce changement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Mémoire et apprentissages scolaires avec 10 flashcards interactives.

Selon Le Ny, qu’est-ce que la cognition ?

L’ensemble des dispositifs qui produisent et utilisent la connaissance.

Quels processus étudie la psychologie cognitive ?

Les processus mentaux de traitement de l’information permettant de produire et d’utiliser la connaissance.

Que font les registres d’informations sensorielles avant le traitement et la sélection ?

Ils enregistrent les informations perçues et les maintiennent brièvement.

Voir les flashcards →

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