QCM : Notion juridique et sens du politique (44 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle discipline étudie les phénomènes politiques et explique la vie politique d’une nation ?

La science politique
La philosophie morale
L’administration publique
Le droit constitutionnel

La science politique

Explication

La science politique étudie les phénomènes politiques et explique la vie politique d’une nation. Le droit constitutionnel porte sur certains aspects de la vie politique de l’État, tandis que l’administration publique et la philosophie morale ne désignent pas cette discipline.

2. Une communauté veut organiser durablement la vie de ses membres. Quels domaines d’organisation peuvent répondre à ce besoin collectif ?

Les domaines administratif, militaire et culturel
Les domaines politique, juridique et culturel
Les domaines économique, judiciaire et religieux
Les domaines politique, économique et administratif

Les domaines politique, économique et administratif

Explication

La vie collective nécessite une organisation qui peut être politique, économique et administrative. Réduire celle-ci au politique omet deux dimensions, et les autres combinaisons substituent des domaines qui ne figurent pas dans cette caractérisation.

3. Dans un État démocratique, une institution est élue, mais elle ne dialogue pas avec la société organisée et ne rend pas son action compréhensible ni contestable. Quel aspect de sa légitimité, selon Pierre Rosanvallon, fait défaut ?

La relation continue avec la société et la possibilité de discuter l’action publique
La délégation de ses compétences à plusieurs organes de l’État
La capacité d’adopter des décisions sans intervention des acteurs sociaux
La conformité de ses décisions aux seules procédures électorales

La relation continue avec la société et la possibilité de discuter l’action publique

Explication

Pour Rosanvallon, l’élection ne suffit pas : la légitimité dépend aussi de relations continues avec la société, de l’intégration des critiques et d’une action publique intelligible et contestable. La seule élection omet cette dimension relationnelle, la délégation entre organes concerne l’organisation du pouvoir, et l’efficacité administrative ne remplace pas le dialogue démocratique.

4. Dans un État démocratique, une décision est prise par une autorité publique, mais la légitimité de son pouvoir est mise en doute. Quel principe général s’applique ?

Le pouvoir doit être légitime
Le pouvoir doit être décentralisé
Le pouvoir doit être administratif
Le pouvoir doit être élu directement

Le pouvoir doit être légitime

Explication

Dans un État démocratique, le pouvoir doit être légitime. La légalité, l’élection directe ou la capacité de faire respecter les règles ne se substituent pas à ce principe général.

5. Dans une communauté, des règles sont adoptées, mais aucun pouvoir n’est en mesure d’en faire respecter l’application. Quel élément nécessaire à la vie en société manque ?

Des assemblées chargées de débattre des règles
Des règles supplémentaires définissant les institutions
Des élections permettant de renouveler les autorités
Des pouvoirs capables de faire respecter les règles

Des pouvoirs capables de faire respecter les règles

Explication

La vie en société requiert à la fois des règles et des pouvoirs capables de les faire respecter. L’adoption de règles ou la délibération ne garantit pas leur application, et le renouvellement électoral ne remplit pas directement cette fonction.

6. Une équipe de recherche examine les règles qui organisent la vie politique, les élus, les militants et les idées défendues dans un pays. Quel est l’objet de son étude ?

Les phénomènes et les acteurs de la vie politique
Les résultats des scrutins et la formation des gouvernements
Les militants et les campagnes électorales
Les institutions et les services administratifs

Les phénomènes et les acteurs de la vie politique

Explication

La science politique étudie les conditions d’organisation de la vie politique, ses acteurs et les idées politiques. Se limiter aux institutions, aux militants ou aux résultats électoraux réduit cet objet plus large.

7. Dans une représentation en niveaux superposés des acteurs de la vie politique française, quel ordre place correctement les groupes du sommet vers la base ?

Sympathisants, militants, personnel politique
Personnel politique, sympathisants, militants
Militants, personnel politique, sympathisants
Personnel politique, militants, sympathisants

Personnel politique, militants, sympathisants

Explication

Les acteurs sont présentés en niveaux superposés : le personnel politique au sommet, puis les militants et enfin les sympathisants. Placer les militants au sommet ou inverser les deux niveaux inférieurs méconnaît cet ordre.

8. Quel événement marque une rupture politique avec l’Ancien Régime en France ?

La Révolution française de 1789
La réunion des États généraux
La professionnalisation progressive de la politique
La centralité des assemblées représentatives

La Révolution française de 1789

Explication

La Révolution française de 1789 marque la rupture politique avec l’Ancien Régime. La réunion des États généraux s’inscrit dans le contexte révolutionnaire, tandis que les deux autres éléments décrivent des évolutions distinctes.

9. Sous l’Ancien Régime, un mouvement politique spontané agit indépendamment des organes du pouvoir. À quelle forme de vie politique correspond-il ?

À la vie politique officielle
À la délibération en assemblée
À la vie politique officieuse
À la consultation de l’opinion publique

À la vie politique officieuse

Explication

Sous l’Ancien Régime, la vie politique officieuse regroupait les mouvements spontanés indépendants des organes du pouvoir. La vie officielle passait, elle, par les institutions; la délibération et la consultation caractérisent d’autres principes politiques.

10. Au début de la Révolution, un projet politique prévoit de consulter l’opinion, d’élire des représentants, de débattre en assemblée et de reconnaître les libertés nécessaires à la vie politique. À quels principes correspond ce projet ?

Aux mouvements spontanés indépendants des organes du pouvoir
Aux décisions politiques fondées sur le droit divin
Aux principes démocratiques de la vie politique révolutionnaire
Aux pratiques institutionnelles de la vie politique officielle de l’Ancien Régime

Aux principes démocratiques de la vie politique révolutionnaire

Explication

Au début de la Révolution, la vie politique s’organise autour de la consultation de l’opinion, de l’élection, de la délibération en assemblée et de libertés reconnues. Les mouvements spontanés et le droit divin renvoient à des notions différentes.

11. Une élue continue d’exercer son métier d’avocate et consacre ses loisirs à la politique ; son collègue tire ses revenus de fonctions politiques exercées à plein temps. Comment les classer selon la distinction de Max Weber ?

La première est une amateur et le second un professionnel
Tous deux sont des amateurs puisqu’ils sont élus
Tous deux sont des professionnels puisqu’ils font de la politique
La première est une professionnelle et le second un amateur

La première est une amateur et le second un professionnel

Explication

Pour Max Weber, l’amateur exerce une autre profession et fait de la politique occasionnellement, tandis que le professionnel tire ses revenus de fonctions politiques à plein temps. Inverser les catégories confond leurs critères ; assimiler l’élection au professionnalisme ignore la profession et les revenus exercés.

12. Quelle évolution caractérise la vie politique française au fil de sa professionnalisation ?

Elle a instauré la parité en supprimant les fonctions politiques professionnelles
Elle s’est ouverte par l’alternance, sans transformation liée à la féminisation
Elle s’est professionnalisée en renforçant le monopole d’une élite masculine
Elle s’est professionnalisée et ouverte davantage, notamment par la féminisation et la parité

Elle s’est professionnalisée et ouverte davantage, notamment par la féminisation et la parité

Explication

La professionnalisation de la vie politique française s’est accompagnée d’une ouverture au-delà d’une élite, notamment grâce à la féminisation et à la parité. Le monopole élitaire nie cette ouverture ; l’alternance ne remplace pas ces évolutions et la parité n’abolit pas le professionnalisme.

13. Dans la théorie de Gaetano Mosca, qui constitue l’élite d’une société ?

La minorité qui détient le pouvoir et forme la classe dirigeante
L’ensemble des citoyens qui participent à la vie politique
La majorité qui obéit aux décisions de la classe dirigeante
Les personnes qui exercent une autre profession que la politique

La minorité qui détient le pouvoir et forme la classe dirigeante

Explication

Pour Mosca, l’élite est la minorité qui détient le pouvoir et forme la classe dirigeante. La majorité gouvernée n’est pas cette élite ; exercer une autre profession renvoie à la distinction de Weber, et la participation citoyenne ne définit pas la classe dirigeante.

14. Dans un groupe où les désaccords menacent la cohésion et le respect des règles communes, quelle fonction générale le pouvoir politique remplit-il ?

Remplacer les échanges sociaux par l’obéissance à une autorité religieuse
Garantir l’accord de tous en supprimant les divergences politiques
Défendre l’autonomie individuelle en écartant les règles communes
Contribuer à l’unité du groupe, au maintien de l’ordre et à la cohésion sociale

Contribuer à l’unité du groupe, au maintien de l’ordre et à la cohésion sociale

Explication

Le pouvoir politique contribue à l’unité du groupe, au maintien de l’ordre et à la cohésion sociale. L’autonomie individuelle ou l’autorité religieuse ne résument pas cette fonction, et la cohésion n’exige pas la disparition des désaccords.

15. Comment saint Augustin concilie-t-il l’égalité et la liberté des êtres humains avec l’existence d’un gouvernement ?

Ils sont égaux et libres par leur création divine, mais la vie sociale requiert une structure gouvernante
Ils sont égaux et libres, ce qui rend toute structure gouvernante illégitime
Ils sont inégaux par leur création divine, ce qui autorise certains à gouverner les autres
Ils deviennent égaux par la loi, tandis que le gouvernement provient des volontés humaines

Ils sont égaux et libres par leur création divine, mais la vie sociale requiert une structure gouvernante

Explication

Saint Augustin tient les êtres humains pour égaux et libres en raison de leur création et de leur filiation divines, tout en reconnaissant que la vie en société requiert une structure gouvernante. L’inégalité naturelle contredit cette égalité, et celle-ci n’implique pas l’absence de gouvernement.

16. Un dirigeant soutient que son autorité vient du consentement humain et qu’il n’a pas à viser une justice supérieure. Quelle analyse correspond à la pensée de saint Augustin ?

L’autorité vient des volontés humaines et la justice dépend des choix du dirigeant
L’autorité vient de Dieu et la justice se limite aux règles en vigueur
L’autorité vient de Dieu et son détenteur doit viser une justice absolue et transcendante
L’autorité vient de la société et la justice est une préférence politique variable

L’autorité vient de Dieu et son détenteur doit viser une justice absolue et transcendante

Explication

Pour saint Augustin, Dieu est la seule source de l’autorité et le détenteur du pouvoir doit viser la justice, valeur absolue et transcendante. Le consentement humain comme source inverse cette thèse ; réduire la justice aux règles ou aux préférences politiques écarte son caractère transcendant.

17. Dans une communauté, chaque personne poursuit des intérêts particuliers et les conflits compliquent la vie collective. Selon saint Thomas d’Aquin, à quoi sert un gouvernement ?

À administrer des accords temporaires, puisque la société est un choix artificiel
À faire prévaloir les intérêts particuliers, puisque l’être humain vit séparément
À faire prévaloir l’intérêt commun, puisque l’être humain est destiné à vivre en société
À remplacer la vie sociale par des décisions imposées sans finalité commune

À faire prévaloir l’intérêt commun, puisque l’être humain est destiné à vivre en société

Explication

Selon saint Thomas d’Aquin, l’être humain est naturellement destiné à vivre en société ; un gouvernement est donc nécessaire pour faire prévaloir l’intérêt commun. Les intérêts particuliers ne constituent pas cette finalité, et réduire le gouvernement à la contrainte ou à une convention artificielle méconnaît ce fondement.

18. Dans une ville où des groupes défendent des intérêts concurrents, quelle fonction politique vise à les concilier au bénéfice de la collectivité ?

Exercer le pouvoir pour imposer l’intérêt du groupe majoritaire
Protéger les intérêts particuliers sans rechercher de finalité commune
Organiser la vie sociale et harmoniser les intérêts en vue du bien commun
Appliquer des règles juridiques sans organiser les relations sociales

Organiser la vie sociale et harmoniser les intérêts en vue du bien commun

Explication

La politique organise la vie sociale et harmonise les intérêts concurrents en vue du bien commun. L’exercice du pouvoir seul, la défense d’un groupe et la seule application du droit ne rendent pas compte de cette fonction.

19. Quel rôle le droit joue-t-il à l’égard du pouvoir politique ?

Il remplace le pouvoir politique et assure seul la conduite de la société
Il désigne les gouvernants sans encadrer l’exercice de leur pouvoir
Il mesure et limite le pouvoir, tout en contribuant à sa légitimation
Il reçoit sa mesure du pouvoir, qui contribue ensuite à le légitimer

Il mesure et limite le pouvoir, tout en contribuant à sa légitimation

Explication

Le droit constitue à la fois une mesure et une limite du pouvoir politique, et contribue à en assurer la légitimation. Dire que le pouvoir fonde le droit inverse ce rapport; remplacer le pouvoir ou seulement désigner les gouvernants réduit à tort ce rôle.

20. Des juridictions françaises contrôlent davantage les responsables politiques et ceux-ci doivent se conformer à un nombre croissant de règles juridiques. Quel phénomène cette évolution illustre-t-elle ?

La limitation du cumul des mandats politiques
La constitutionnalisation des conditions du droit de vote
La juridicisation de la vie politique
Le renouvellement périodique des pouvoirs politiques

La juridicisation de la vie politique

Explication

La juridicisation désigne la soumission croissante de la vie politique aux règles de droit et le contrôle accru des responsables par les juridictions françaises. Le renouvellement des pouvoirs, les règles constitutionnelles du vote et la limitation du cumul sont des notions distinctes.

21. Une réforme doit établir les conditions d’éligibilité, la fréquence des élections, les compétences des pouvoirs et leurs relations. Quel texte fixe ce cadre institutionnel de la vie politique ?

La Constitution
La règle de financement politique
La règle de parité électorale
La loi électorale

La Constitution

Explication

Les constitutions fixent le cadre institutionnel, notamment les conditions du vote et de l’éligibilité, le renouvellement des pouvoirs, leurs relations et leurs compétences. Les lois électorales encadrent des règles électorales, tandis que le financement et la parité sont des domaines particuliers.

22. Quelle définition distingue correctement la société de formes collectives comme l’État, la nation ou la famille ?

Un ensemble de relations entre individus et une forme d’institution ou de groupe humain
Une institution politique souveraine exerçant son autorité sur un territoire
Un groupe fondé principalement sur des liens communautaires hérités
Une organisation économique constituée pour produire ou échanger

Un ensemble de relations entre individus et une forme d’institution ou de groupe humain

Explication

La société désigne à la fois un ensemble de relations entre individus et une forme d’institution ou de groupe humain, à distinguer notamment de l’État, de la communauté et de l’entreprise. Les autres définitions réduisent la société à l’une de ces formes distinctes.

23. Dans la conception de Thomas Hobbes, quelle caractéristique oppose la société civile à l’état de nature ?

Elle est organisée par un pouvoir politique qui assure la paix
Elle attribue à chacun une place définie par sa naissance et son statut
Elle laisse les individus libres vivre sous la loi du plus fort
Elle repose sur la propriété et l’échange entre particuliers

Elle est organisée par un pouvoir politique qui assure la paix

Explication

Pour Hobbes, la société civile est organisée par un pouvoir politique qui assure la paix, contrairement à l’état de nature, associé à une vie individualisée et à la loi du plus fort. La propriété et l’échange renvoient à Locke, tandis que la place fixée par naissance décrit un autre ordre social.

24. Dans un débat sur les affaires publiques, des citoyens discutent des décisions politiques et de l’exercice du pouvoir. Quel sens de l’expression « société civile » s’applique ici ?

La sphère publique du débat politique
La sphère institutionnelle de l’État
La sphère économique des échanges entre particuliers
La sphère privée des relations entre individus

La sphère publique du débat politique

Explication

La société civile peut désigner une sphère publique où se déroule le débat politique et s’exerce le pouvoir. La sphère privée concerne les relations interindividuelles; l’économie et l’État désignent d’autres dimensions.

25. Quelle conception du politique Crozier et Friedberg défendent-ils en affirmant que le pouvoir est partout ?

L’approche maximaliste, selon laquelle toute activité humaine est politique
L’approche foucaldienne, selon laquelle les activités reproduisent l’ordre social
L’approche contextualiste, selon laquelle certaines activités peuvent être politisées
L’approche institutionnelle, selon laquelle le politique se limite à l’État

L’approche maximaliste, selon laquelle toute activité humaine est politique

Explication

Crozier et Friedberg justifient l’optique maximaliste par l’idée que le pouvoir est partout. La politisation variable décrit une autre approche, la reproduction de l’ordre social renvoie à Foucault, et la réduction aux institutions ne correspond pas à cet argument.

26. Dans un pays, les rapports entre hommes et femmes, longtemps considérés comme privés, font désormais l’objet de débats et de décisions publiques. Quelle analyse correspond à cette évolution ?

Cette question peut devenir politique selon la période et le pays
Cette question devient politique parce que toute activité l’est nécessairement
Cette question cesse d’être politique dès qu’elle concerne la société entière
Cette question était politique de la même manière à toutes les époques

Cette question peut devenir politique selon la période et le pays

Explication

Une activité ou une question peut devenir politique selon les périodes, les États et les pays, comme l’illustre l’évolution des rapports entre hommes et femmes en Occident. La politisation n’est pas constante, ne suppose pas que toute activité soit déjà politique et n’efface pas les rapports de pouvoir.

27. Un État annonce une décision collective, dispose de ressources matérielles pour la faire appliquer et obtient un soutien variable de la population. Quel principe décrit le mieux son pouvoir politique ?

Il combine des moyens matériels d’imposition et un consentement plus ou moins direct du groupe
Il repose sur un consentement unanime qui rend inutile toute capacité d’imposition
Il s’appuie sur des moyens matériels, mais son fonctionnement ne dépend pas du consentement du groupe
Il désigne la division entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent dans chaque groupe humain

Il combine des moyens matériels d’imposition et un consentement plus ou moins direct du groupe

Explication

Le pouvoir politique est indispensable au fonctionnement de l’État : il dispose de moyens matériels pour imposer ses décisions et repose plus ou moins directement sur le consentement du groupe. L’unanimité est une exigence excessive, tandis que les moyens matériels et la division générale des rôles ne suffisent pas à décrire l’ensemble du principe.

28. Une citoyenne veut contribuer à la formation de la loi, directement ou par l’intermédiaire d’élus. Quel principe de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen soutient sa démarche ?

La loi exprime la volonté générale et les citoyens peuvent concourir à sa formation
La loi exprime la volonté des institutions et les citoyens en assurent l’application
La souveraineté appartient au peuple et s’exerce par représentants ou référendum
Les citoyens participent à la loi uniquement en élisant leurs représentants

La loi exprime la volonté générale et les citoyens peuvent concourir à sa formation

Explication

L’article 6 présente la loi comme l’expression de la volonté générale et reconnaît aux citoyens le droit d’y concourir personnellement ou par leurs représentants. La souveraineté exercée par référendum relève de l’article 3 de la Constitution, et la participation ne se limite pas à élire des représentants.

29. Un projet constitutionnel prévoit que le peuple exerce sa souveraineté par des représentants ou par référendum. À quelle disposition ce principe correspond-il ?

À une disposition qui prévoit la participation personnelle sans référendum
À l’article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958
À une disposition qui confie la souveraineté aux représentants élus
À l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

À l’article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958

Explication

L’article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose que la souveraineté appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ou par référendum. L’article 6 de la Déclaration porte sur la volonté générale et le droit de concourir à la formation de la loi; les autres réponses modifient le titulaire ou les modalités d’exercice.

30. Dans une société, des interactions répartissent des biens et des valeurs au moyen de décisions faisant autorité. Quelle notion David Easton définit-il ainsi ?

Le régime politique
Le système politique
La légitimité politique
La volonté générale

Le système politique

Explication

Pour David Easton, le système politique est l’ensemble des interactions par lesquelles des objets de valeur sont répartis par voie d’autorité dans une société. La légitimité est un élément nécessaire à son fonctionnement, le régime désigne les règles du mode de gouvernement, et la volonté générale est liée à la loi.

31. Quel terme désigne le cadre géographique délimité par des frontières où se déroule la vie humaine et s’exerce le pouvoir politique ?

La souveraineté
Le territoire
La population
La circonscription administrative

Le territoire

Explication

Le territoire est le cadre géographique délimité par des frontières où se déroulent la vie humaine et l’exercice du pouvoir politique. La population désigne les habitants, la souveraineté renvoie à la puissance publique, et la circonscription désigne un découpage administratif.

32. Un État possède une population et une puissance publique, mais ne dispose d’aucun territoire. Quelle conclusion découle de la place du territoire dans la constitution de l’État ?

Son existence étatique exige seulement une reconnaissance extérieure
Son existence étatique est compromise faute de territoire
Son existence étatique reste assurée par sa population
Son existence étatique dépend uniquement de sa puissance publique

Son existence étatique est compromise faute de territoire

Explication

Le territoire est à la fois un élément constitutif de l’État et une condition de son existence, avec la population et la puissance publique comme autres éléments constitutifs. La population seule ou la puissance publique seule ne remplace pas le territoire.

33. Pour administrer un État, les pouvoirs publics divisent son espace en unités territoriales, comme la Corse, La Réunion et la Guadeloupe. À quoi sert principalement ce découpage ?

À délimiter les frontières de l’État
À conquérir le pouvoir politique
À constituer la population de l’État
À gouverner et administrer le territoire

À gouverner et administrer le territoire

Explication

Les pouvoirs publics découpent le territoire afin de le gouverner et de l’administrer. Délimiter les frontières, conquérir le pouvoir et constituer la population ne décrivent pas la fonction de ce découpage.

34. Dans un pays, des acteurs développent des relations et des activités dans un espace organisé autour de la conquête et de l’exercice du pouvoir. Comment la politique est-elle définie au sens juridique ?

Un ensemble d’activités et de relations sociales structuré par la lutte pour le pouvoir
Une compétition électorale limitée à la concurrence entre les partis
Un ensemble de tâches administratives consacré à la gestion des services publics
Un espace de délibération citoyenne consacré à la formulation de l’intérêt général

Un ensemble d’activités et de relations sociales structuré par la lutte pour le pouvoir

Explication

Au sens juridique, la politique rassemble les activités, interactions et relations sociales qui se structurent dans l’espace de lutte pour conquérir et exercer le pouvoir. La gestion administrative, la délibération citoyenne et la seule concurrence électorale sont des définitions plus restreintes.

35. Dans une société, une compétition politique se déroule sans violence autour du pouvoir d’imposer la coercition, d’édicter le droit et d’en assurer l’application. Quelle notion décrit cette scène ?

La compétition entre partis et professionnels
La scène politique selon Philippe Braud
La lutte pour le pouvoir au sens juridique
Les produits politiques selon Pierre Bourdieu

La scène politique selon Philippe Braud

Explication

Pour Philippe Braud, la scène politique est le lieu d’une compétition pacifique autour du pouvoir de monopoliser la coercition, de dire le droit et d’en garantir l’effectivité. Les produits choisis par les citoyens-consommateurs relèvent de la définition associée à Bourdieu, tandis que les autres réponses réduisent la notion à des aspects plus généraux de la lutte politique.

36. Dans une collectivité où les membres ne s’entraident pas, quelle fonction fondamentale la politique doit-elle néanmoins remplir ?

Répartir les postes de pouvoir entre les membres
Organiser le vivre-ensemble pour permettre au moins la coexistence
Imposer un accord commun sur les valeurs de la collectivité
Obtenir l’entraide entre les membres de la collectivité

Organiser le vivre-ensemble pour permettre au moins la coexistence

Explication

La politique organise le vivre-ensemble afin que les membres puissent au moins coexister, même sans s’aimer ni s’entraider. L’entraide, la conquête du pouvoir et l’accord sur les valeurs ne définissent pas cette fonction fondamentale.

37. Un enjeu jusque-là traité comme privé devient un sujet de débat collectif à une période donnée. Quelle conclusion convient à cette évolution ?

La question ne devient politique que si elle relève directement de l’État
La question peut devenir politique au cours de l’histoire
La question devient politique dès qu’un programme public est appliqué
La question appartenait déjà à un domaine politique fixe

La question peut devenir politique au cours de l’histoire

Explication

Aucun domaine ni problème social n’est définitivement politique : une question peut le devenir à un moment de l’histoire. L’idée d’un classement fixe, l’application d’un programme et le seul rattachement à l’État imposent des critères qui ne sont pas requis.

38. Dans quelle œuvre Max Weber définit-il la politique comme l’ensemble des efforts visant à participer au pouvoir ou à influer sur sa répartition ?

L’État et la société
La scène politique
La politique et l’art de gouverner
Le savant et le politique

Le savant et le politique

Explication

Max Weber formule cette définition dans Le savant et le politique, publié en 1919. L’art de gouverner évoque une autre conception, tandis que La scène politique et L’État et la société ne sont pas l’œuvre citée.

39. Un gouvernement fixe des objectifs pour le réseau de transports de son pays. En quel sens le mot « politique » est-il employé ici ?

Une décision isolée sans objectifs d’action publique
Un enjeu social apparu indépendamment des gouvernants
Un domaine d’activité défini par des objectifs gouvernementaux
Une compétition entre groupes pour conquérir le pouvoir

Un domaine d’activité défini par des objectifs gouvernementaux

Explication

Dans une politique des transports, le terme désigne un domaine d’activité et les objectifs définis par les gouvernants. La compétition pour le pouvoir, une décision isolée et un enjeu apparu indépendamment des objectifs gouvernementaux correspondent à d’autres idées.

40. Une administration prépare un programme de rénovation des écoles, le soumet aux décideurs puis adopte des mesures pour le réaliser. Quelle séquence caractérise cette politique ?

Évaluer les résultats, puis remplacer le programme par une consultation
Proposer un programme, puis s’en tenir à sa présentation publique
Prendre des décisions, puis élaborer le programme correspondant
Élaborer et proposer un programme, puis le mettre en œuvre par des décisions

Élaborer et proposer un programme, puis le mettre en œuvre par des décisions

Explication

Une politique consiste à élaborer et proposer un programme d’action, puis à le mettre en œuvre au moyen de décisions. Se limiter à la présentation, élaborer après les décisions ou substituer une évaluation à l’action modifie cette séquence.

41. Une analyste distingue les institutions et l’organisation de la cité, la lutte pour accéder au pouvoir et un programme cohérent d’action. Quelle association entre ces trois dimensions et les termes correspondants est correcte ?

Polis ou politeia : compétition pour le pouvoir ; politikos : cité ; policy : programme d’action
Polis ou politeia : cité ; politikos : compétition pour le pouvoir ; policy : programme d’action
Polis ou politeia : cité ; politikos : programme d’action ; policy : compétition pour le pouvoir
Polis ou politeia : programme d’action ; politikos : compétition pour le pouvoir ; policy : cité

Polis ou politeia : cité ; politikos : compétition pour le pouvoir ; policy : programme d’action

Explication

Polis ou politeia renvoie à la chose publique et à l’organisation de la cité, politikos à la compétition pour détenir le pouvoir, et policy à un programme d’action cohérent. Confondre polis avec la compétition, politikos avec le programme, ou policy avec la cité revient à permuter les trois sens.

42. Une citoyenne fait campagne pour obtenir un siège au parlement et, une fois élue, exerce une fonction dans cette institution. À quel sens de « faire de la politique » cette activité correspond-elle ?

Au sens de politikos, par la compétition et l’exercice du pouvoir étatique
Au sens de polis ou politeia, par l’organisation de la chose publique
Au sens de policy, par la conduite d’un programme cohérent d’action
Au sens de polis ou politeia, par la définition des valeurs collectives

Au sens de politikos, par la compétition et l’exercice du pouvoir étatique

Explication

Participer à la compétition pour le pouvoir étatique et occuper une fonction dans une institution relèvent de politikos. L’organisation de la cité et ses valeurs renvoient à polis ou politeia, tandis que policy désigne un programme cohérent d’action.

43. Quelle distinction Ferdinand Tönnies établit-il entre la communauté et la société ?

La société repose sur la parenté, contrairement à la communauté fondée sur l’échange.
La société repose sur le contrat et l’échange, contrairement à la communauté.
La société repose sur des liens communs, contrairement à la communauté contractuelle.
La société désigne une organisation autonome, contrairement à la communauté politique.

La société repose sur le contrat et l’échange, contrairement à la communauté.

Explication

Pour Tönnies, la société se caractérise par le contrat et l’échange, tandis que la communauté s’en distingue. L’association à des liens communs confond les deux notions, l’organisation autonome renvoie à la cité, et la parenté ne correspond pas à la distinction énoncée.

44. Dans l’origine grecque du terme « politique », que désigne « polis » ?

Un État-cité conçu comme une organisation autonome.
Une nation composée de citoyens unis par une identité commune.
Une communauté locale organisée autour de liens sociaux.
Un territoire délimité sans organisation autonome.

Un État-cité conçu comme une organisation autonome.

Explication

Le terme politique vient de « polis », qui désignait l’État-cité conçu comme une organisation autonome. La communauté locale, le territoire sans organisation et la nation renvoient à des notions différentes.

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Qu’étudie et explique la science politique ?

Elle étudie les phénomènes politiques et explique la vie politique d’une nation.

Quelles formes peut prendre l’organisation nécessaire à la vie collective ?

Elle peut être politique, économique et administrative.

Selon Pierre Rosanvallon, de quoi dépend aussi la légitimité des institutions au-delà de l’élection ?

De leur capacité à entretenir des relations continues avec la société organisée, à intégrer les critiques et à rendre l’action publique contestable et intelligible.

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