Dans l’Antiquité grecque, le terme « politique » désignait les affaires de la Cité.
Pour raymon Aron, la politique est l’activité des hommes politiques, des partis et des citoyens lorsqu’ils deviennent militants, et elle permet aux individus et aux groupes de rivaliser pour conquérir le pouvoir de l’État ou l’influencer directement.
Quelle que soit la définition proposée, la politique s’adresse à un groupe de personnes.
La politique publique peut concerner :
📌 Une policy peut être menée par un acteur politique, comme un gouvernement ou une collectivité territoriale, ou par un acteur non politique, comme une entreprise ou un responsable d’institution.
Dans les sociétés contemporaines, le politique comprend les institutions, les valeurs et les acteurs qui forment l’État.
Faire de la politique au sens de « politics » consiste à participer à la compétition pour l’exercice du pouvoir étatique, notamment en occupant des fonctions dans les institutions de l’État.
Politics désigne la compétition pour le pouvoir, tandis que policy désigne un programme d’action.
★ À maîtriser
📌 « La politique » désigne une action ou un programme gouvernemental ainsi que la vie politique où les responsables s’affrontent pour conquérir le pouvoir, tandis que « le politique » peut désigner un acteur professionnel qui gouverne ou détient le pouvoir.
Compléments
Les acteurs désignés par l’expression « le politique » comprennent :
En France, les parlementaires sont considérés comme des hommes politiques sans distinction de sexe.
Pour aristote, l’homme politique est prudent, avisé et prévoyant, et sait reconnaître le moment opportun pour agir.
Le pouvoir est présent dans divers domaines de la vie sociale, notamment les entreprises, les familles et les Églises, où il peut être économique ou financier.
Max weber présente la politique comme l’instance qui permet le vivre-ensemble et la résolution des conflits d’intérêts liés à la vie en société.
La politique est l’action ou la compétition ; le politique désigne notamment l’acteur qui gouverne.
★ À maîtriser
Compléments
📌 Se politiser peut signifier s’intéresser à la politique ou s’engager activement dans celle-ci, par exemple en devenant militant.
La politisation peut affecter des individus, des groupes, des institutions, des pratiques sociales et des discussions, et confronter les individus à la nécessité de se positionner sur un enjeu.
En science politique, la politisation et la dépolitisation n’ont pas de connotation morale.
Le tabagisme, d’abord considéré comme une question privée, est devenu un enjeu public après que des associations ont mis en avant les effets nocifs du tabac et que les pouvoirs publics ont interdit de fumer dans les lieux publics.
Quand un enjeu privé est porté dans le débat public, il peut devenir politique.
La religion a occupé une place centrale dans toutes les sociétés humaines.
Dans certains États, la religion occupe une place essentielle sous la forme d’une religion d’État.
★ À maîtriser
📌 Les Églises peuvent soit se limiter à leur rôle religieux sans concurrencer l’État, soit bâtir une contre-société contestant sa légitimité ou sa politique.
Compléments
Les rapports entre les Églises et l’État peuvent aller de la reconnaissance à l’intégration d’une Église dominante.
En Italie, l’Église catholique conserve une influence prédominante en raison de son histoire, de son implantation géographique et de son monopole religieux.
En Allemagne, les rapports entre l’État et les Églises sont caractérisés par le pluralisme religieux, une évolution de l’équilibre entre confessions après la Seconde Guerre mondiale et la persistance de liens juridiques et financiers.
L’Église anglicane a pu apparaître aux XIXe et XXe siècles comme l’un des piliers du système politique et constitutionnel britannique, en raison de sa position particulière.
L’influence sociale et idéologique des Églises a considérablement diminué de nos jours.
La religion chrétienne a constitué un facteur d’intégration dans la plupart des États, malgré des rapports souvent conflictuels entre religion et politique.
Église cantonnée au religieux ou contre-société face à l’État
★ À maîtriser
Une conception d’inspiration médiévale affirme la supériorité absolue de la religion sur la politique et subordonne la seconde à la première; elle est illustrée par Luther et Joseph de Maistre.
Une conception donne la primauté à la politique et réduit la religion à sa fonction sociale; elle est associée à Machiavel, à Montesquieu avec prudence, ainsi qu’à Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau, qui préconisent une union étroite entre religion et politique.
La conception libérale sépare religion et politique afin d’éviter les conflits et de maintenir chacune dans son domaine; esquissée par John Locke, elle est développée par Benjamin Constant et Alexis de Tocqueville.
Compléments
À partir du XIXe siècle, une conception critique conteste d’abord les formes religieuses traditionnelles et propose une religion laïque inspirée par la science, puis Karl Marx et Friedrich Engels critiquent la religion comme aliénante et envisagent sa disparition complète.
Benjamin Constant défend une séparation stricte entre religion et politique, la liberté religieuse et l’incompétence du pouvoir politique en matière religieuse.
★ À maîtriser
📌 L’approche substantialiste traite le pouvoir comme une chose que l’on peut posséder ou perdre, tandis que l’approche institutionnaliste l’identifie à l’État et à ses institutions.
Compléments
Dans la théorie de l’État, le pouvoir désigne les fonctions d’autorité ou les compétences des organes politiques et des pouvoirs publics de l’État.
Dans les démocraties représentatives, les dirigeants exercent provisoirement le pouvoir en vertu d’une délégation et de la fonction qu’ils occupent.
L’approche relationnelle conçoit le pouvoir non comme une chose, mais comme une relation sociale, un pouvoir exercé sur autrui et un ensemble de pratiques.
Le pouvoir politique suppose un appareil composé d’entités instituées, de structures spéciales, d’agents investis et de financements mobilisés.
Le pouvoir politique s’exerce à destination des gouvernés répartis sur un territoire et repose sur des structures, des procédures et des processus institués, prévus et réglementés.
Pouvoir-chose, pouvoir-institution ou pouvoir-relation
★ À maîtriser
📌 Le pouvoir politique ne doit pas être confondu avec les pouvoirs social, économique, religieux et culturel.
Le pouvoir est théoriquement au service de la communauté politique, car il est nécessaire pour gouverner, mais il s’exerce aussi dans des domaines non politiques comme la famille, l’Église et l’entreprise.
Dans la conception institutionnaliste, le pouvoir est associé au gouvernement, notamment aux branches étatiques qu’il incarne, et ses détenteurs aspirent à être reconnus et acceptés par les citoyens.
Compléments
Marie-Claude Bartholy et Jean-Pierre Despin écrivent que toute définition du pouvoir recouvre une conception de l’homme et de la société ainsi qu’une option politique. - madame marie claude bartholy et monsieur jean pierre despin
Dans Le savant et le politique, Max Weber estime que les citoyens acceptent de se soumettre aux décisions des gouvernants lorsqu’ils les jugent conformes à l’intérêt de tous et de chacun.
Les actions de l’État se veulent légitimes parce que leurs décideurs et leurs exécutants sont présumés agir dans le cadre des règles juridiques en vigueur.
Pour les États, le cadre formel de l’autorité constituée est la Constitution de 1958, et cette notion renvoie au concept général d’État de droit.
★ À maîtriser
Dans l’approche philosophique, le pouvoir a pour fonction de commander au nom du bien commun, ce qui fonde l’obéissance des membres de la société aux dirigeants.
Les trois propriétés du pouvoir sont (Betrand) :
Compléments
Selon Bertrand de Jouvenel, le pouvoir ne possède de force que par les moyens que les hommes croient devoir lui prêter.
Selon Bertrand de Jouvenel, le pouvoir n’est légitime que s’il est conforme à ce que les hommes estiment être le mode légitime d’exercice du pouvoir.
Selon Bertrand de Jouvenel, le pouvoir n’est bienfaisant que si ses buts sont conformes à ce que les hommes croient être bon pour eux.
★ À maîtriser
Le pouvoir est une réalité sociologique qui ne se rencontre que dans une société humaine.
Thomas Hobbes distingue trois causes de conflit :
Le pouvoir peut pacifier les relations conflictuelles entre les individus, mais il peut également générer des conflits et des guerres.
Le pouvoir existe dans toute société humaine et trouve son origine dans des rapports interindividuels de domination.
Compléments
Selon le doyen Maurice, le pouvoir suppose l’existence d’un groupe humain à gouverner, petit ou grand.
Pour Thomas Hobbes, aussi longtemps que les hommes vivent sans pouvoir commun, ils sont en guerre.
La définition de Robert est opérationnelle et ne présuppose pas de théorie particulière sur l’essence du pouvoir.
Bertrand de Jouvenel définit l’autorité comme la cause efficiente des rassemblements volontaires. - Betrand
L’autorité ne s’exerce que sur ceux qui l’acceptent.
Le groupement humain rend nécessaire un pouvoir commun, qui peut pacifier les conflits mais aussi les générer.
★ À maîtriser
Pour George Burdeau, le pouvoir est une force née de la conscience sociale, mise au service d’une idée et destinée à conduire le groupe vers le bien commun en imposant l’attitude qu’elle commande.
Selon Léon Duguit, la puissance politique a pour but de réaliser le droit et doit agir dans la mesure de ses moyens pour assurer son règne.
Compléments
📌 Pour Léon Duguit, la force de l’État n’est légitime que lorsqu’elle s’exerce conformément au droit.
Raymond de Malaire définit la puissance de l’État comme le pouvoir qu’a l’État de vouloir, par ses organes et sous sa responsabilité, et d’imposer sa volonté.
Dans les sociétés étatiques, l’État, investi de la puissance publique, est le seul à pouvoir recourir à la force.
Pour Maurice Hauriou, le pouvoir politique est une énergie libre qui, grâce à sa supériorité, gouverne un groupe humain par la création continue de l’ordre et du droit.
La force n’est légitime que lorsqu’elle respecte le droit
📌 Selon Max Weber, la coercition obtient l’obéissance par la force, la violence ou la répression, tandis que la domination repose sur l’acceptation du pouvoir légitime par les gouvernés.
La coercition impose par la force ; la domination repose sur l’acceptation
★ À maîtriser
Pour Maurice Hauriou, le pouvoir a une dimension fonctionnelle : il conduit le gouvernement d’un groupe et crée l’ordre et le droit.
Selon Maurice Duverger, le pouvoir politique est un phénomène naturel de force et de croyance, et la notion de pouvoir demeure indéterminée.
Compléments
Édicter la loi est un exercice de la puissance étatique et une fonction du pouvoir.
La politique est présentée comme l’art d’administrer une société, de maintenir la paix sociale, d’adapter la législation, de contrôler les activités humaines, de rendre les institutions justes et efficaces et de régler les relations entre États. - Pierre burgela
Le pouvoir politique permet à l’appareil dirigeant de prévoir, de coordonner et de conduire l’ensemble de la politique nationale, dans ses dimensions internes et internationales.
Le pouvoir organise la vie en société et l’activité humaine, modifie les comportements et constitue une capacité d’agir présente dans les relations humaines.
★ À maîtriser
📌 L’état naturel désigne une situation où les rapports entre individus ne sont pas réglementés, tandis que l’état social correspond à des rapports réglés et contrôlés par une autorité reconnue.
📌 John Locke soutient que le pouvoir politique doit être limité par la loi afin de prévenir les abus des autorités publiques contre les libertés naturelles.
Pour Thomas Hobbes, à l’état naturel, les individus sont entraînés dans des conflits perpétuels par des instincts et des pulsions égoïstes orientés vers leurs besoins et leur bien personnels.
Thomas Hobbes qualifie l’absence d’autorité régulatrice et le conflit qui en résulte d’« état de guerre de chacun contre chacun ».
Pour Thomas Hobbes, les individus concluent un contrat politique en transférant une partie de leurs droits à une autorité supra-individuelle, qui forme un pouvoir commun chargé d’arbitrer les intérêts divergents et de préserver la paix sociale.
Compléments
Chez Thomas Hobbes, le pouvoir commun est incarné soit par un souverain unique, soit par une assemblée de personnes, et les individus lui obéissent parce qu’il peut les défendre contre les attaques étrangères et les atteintes qu’ils pourraient se porter mutuellement.
Pour Thomas Hobbes, le pouvoir souverain peut demander l’obéissance parce qu’il représente les individus, qui reconnaissent leur volonté dans les lois adoptées par la communauté civile.
Pour les auteurs anglais évoqués, la communauté politique et ses institutions assurent la paix sociale, la propriété et les libertés, encadrent le pouvoir par le droit et préviennent les abus de pouvoir.
Conflit généralisé → contrat → pouvoir commun chargé d’assurer la paix
Conceptions des rapports entre religion et politique
| Conception | Rapport privilégié | Penseurs cités |
|---|---|---|
| Supériorité religieuse | La politique est subordonnée à la religion | Luther, Joseph de Maistre |
| Primauté politique | La religion est réduite à sa fonction sociale | Machiavel, Montesquieu, Hobbes, Rousseau |
| Libérale | Séparation des deux domaines | Locke, Constant, Tocqueville |
| Critique | Critique de la religion et possible disparition | Saint-Simon, Auguste Comte, Marx, Hegel |
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1. Dans quel ouvrage et en quelle année Max Weber définit-il la politique comme l’ensemble des efforts visant à participer au pouvoir ou à influencer sa répartition ?
2. Une collectivité prépare un programme d’action, le soumet comme proposition puis le met en œuvre par l’intermédiaire des pouvoirs publics. Comment qualifie-t-on ce programme ?
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Dans quelle œuvre et en quelle année Max Weber définit-il la politique comme des efforts pour participer au pouvoir ou influencer sa répartition ?
Dans *Le savant et le politique*, en 1919.
À quoi renvoie la polis, ou politeia ?
À la chose publique et à l’ensemble des acteurs et des institutions de la Cité.
Que désigne le politique au sens large ?
Un pouvoir coercitif reconnu comme légitime, exercé sur une collectivité pour prévenir les conflits et imposer des règles communes fondées sur des valeurs partagées.
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