Fiche de révision : Nutrition minérale des végétaux

Plan du Cours

  1. Histoire et principes de nutrition
  2. Phases et ions du sol
  3. Colloïdes et échanges ioniques
  4. pH et disponibilité minérale
  5. Racines et absorption des nutriments
  6. Mycorhizes et nutrition végétale
  7. Éléments essentiels et besoins
  8. Interactions et cultures nutritives
  9. Rôles de l’azote et du phosphore
  10. Rôles du potassium, magnésium et calcium
  11. Soufre et transport membranaire
  12. Classification des systèmes de transport
  13. Pompes ioniques et force proton motrice
  14. Transporteurs membranaires
  15. Canaux ioniques
  16. Transport radial et chargement du xylème
  17. Transport longitudinal dans le xylème
  18. Transport et déchargement du phloème
  19. Absorption foliaire des solutés

1. Histoire et principes de nutrition

Notions clés & Définitions

  • Nutrition végétale : L’ensemble des processus d’absorption dans le milieu et d’assimilation des éléments nutritifs nécessaires aux fonctions physiologiques, dont la croissance, le développement et la reproduction.

★ À maîtriser

  • En 1840, Julius Von Liebig considère les végétaux chlorophylliens comme autotrophes et nourris principalement de matière minérale, tandis que les végétaux non chlorophylliens, comme les champignons, sont hétérotrophes et dépendent aussi de la matière organique de l’humus.

📌 La nutrition hydrique concerne l’eau, la nutrition minérale l’absorption de nutriments minéraux et la nutrition carbonée l’obtention de carbone à partir du CO₂ par photosynthèse.

Compléments

  • À partir du XIXe siècle, Théodore de Saussure met en évidence l’importance des prélèvements minéraux effectués par les plantes.

  • Le carbone est tiré du CO₂ atmosphérique par photosynthèse chez les plantes autotrophes, tandis que les plantes hétérotrophes dépendent des organismes autotrophes pour leur nutrition carbonée.

2. Phases et ions du sol

Notions clés & Définitions

  • Sol : La région superficielle de la croûte terrestre modifiée par les agents atmosphériques et par l’activité des êtres vivants.

★ À maîtriser

  • Le sol comprend trois phases :

    • une phase solide issue notamment de la roche mère
    • une phase gazeuse d’échanges avec l’atmosphère et les racines
    • une phase liquide constituée de la solution du sol
  • Dans la solution du sol, les éléments minéraux sont présents sous forme d’ions dissous ou fixés sur les colloïdes, et un équilibre existe entre ces deux formes.

  • Les ions minéraux dissous proviennent notamment de l’altération progressive de la roche mère et de la dégradation minéralisante de la matière organique par les bactéries et les champignons.

  • La solution du sol est très diluée et sa concentration en éléments minéraux est comprise entre 5 et 10 mM.

Compléments

  • La phase liquide du sol contient des ions minéraux dissous, des particules colloïdales en suspension et des gaz dissous.

  • La texture d’un sol est déterminée par le diamètre moyen de ses fragments, ce qui permet d’établir sa composition granulométrique.

  • Les ions les plus présents sont :

    • K⁺
    • Ca²⁺
    • SO₄²⁻
    • Na⁺
    • NO₃⁻
    • Mg²⁺
    • HCO₃⁻

3. Colloïdes et échanges ioniques

Notions clés & Définitions

  • Complexe argilo-humique : L’association des colloïdes argileux et organiques qui améliore et stabilise la structure du sol.
  • Capacité d’échange cationique : La capacité d’un sol à adsorber et échanger des cations ; une valeur élevée est associée à une fertilité plus élevée.
  • Colloïde : Un système où de très petites particules solides sont réparties dans un liquide et dont le comportement dépend notamment des forces attractives ou répulsives entre particules.

★ À maîtriser

  • Les colloïdes du sol sont des réserves d’éléments minéraux qui libèrent progressivement des ions et contribuent à la structure du sol.

  • Les colloïdes minéraux sont notamment des argiles issues de minéraux silicatés, dont les fragments ont un diamètre inférieur à 2 µm, tandis que les colloïdes organiques comprennent des composés humiques issus de la dégradation de la matière organique.

📌 Des colloïdes tous chargés négativement se repoussent et forment un système dispersé compact et peu aéré, tandis que la neutralisation des particules favorise leur agglomération en agrégats poreux.

Compléments

  • La substitution d’ions Al³⁺ ou Si⁴⁺ par des cations de valence inférieure dans les argiles crée une charge négative à leur surface.
  • Les colloïdes négatifs peuvent fixer des cations par attraction électrostatique et former des complexes neutres, par exemple en fixant Ca²⁺.

  • La CEC est déterminée en conditions standard, notamment sur un sol sec et à pH 7, en mesurant la quantité de cations adsorbée par 100 g de sol.

Astuce mémo

Colloïdes chargés négativement dispersés : boue compacte ; colloïdes neutralisés : agrégats poreux.

4. pH et disponibilité minérale

Notions clés & Définitions

  • Chélation : La formation d’un complexe organométallique stable dans lequel un métal est lié à une molécule organique appelée chélateur ou ligand.

★ À maîtriser

  • Un pH du sol compris entre 5,5 et 6,5 favorise la croissance des racines.
  • Un pH acide favorise le relargage de :

    • K⁺
    • Mg²⁺
    • Ca²⁺
    • Mn²⁺
  • Au-dessus de pH 6 à 7, les micronutriments métalliques deviennent relativement insolubles et peuvent précipiter en oxydes métalliques ; les chélateurs les maintiennent en solution.

Compléments

  • Un pH acide favorise les champignons du sol, tandis qu’un pH élevé favorise les bactéries.

  • La pluviométrie et la décomposition de la matière organique contribuent à la diminution du pH du sol.

  • Les chélateurs cités comprennent :

    • l’EDTA ou versène, chélateur artificiel
    • les acides humiques
    • certains composés phénoliques
    • certains phosphates
    • certains acides aminés
    • certains acides organiques
  • Les cations divalents forment des chélats, contrairement aux cations monovalents qui ne forment pas de chélats stables.

Astuce mémo

pH élevé → précipitation des micronutriments métalliques ; chélateur → maintien en solution.

5. Racines et absorption des nutriments

Notions clés & Définitions

  • Rhizosphère : Le volume du sol occupé ou influencé par le système racinaire.

★ À maîtriser

  • L’effet rhizosphère comprend :

    • l’ameublissement du sol
    • son acidification par émission de H⁺
    • l’épuisement du sol en eau et en nutriments
    • son enrichissement en substances organiques
  • Les mécanismes de mise en contact sont : la croissance racinaire, le flux de masse qui entraîne ensemble l’eau et les nutriments, la diffusion des nutriments selon leur gradient de concentration

  • Les racines sont la voie majeure d’entrée des éléments minéraux dans la plante, et une absorption optimale dépend à la fois de la capacité d’absorption racinaire et de la croissance du système racinaire.

📌 Chez les monocotylédones, le système racinaire part de 3 à 6 axes primaires puis forme des racines adventives ramifiées, tandis que les dicotylédones développent un axe principal appelé pivot portant des racines latérales.

Compléments

  • La coiffe protège les cellules de la racine et sécrète le mucigel, tandis que les poils absorbants augmentent sa surface d’absorption.

  • L’endoderme comporte un cadre de Caspari qui imperméabilise les parois radiales et transversales et empêche ainsi la circulation apoplastique de l’eau, sans imperméabiliser les membranes cellulaires.

  • Chez l’avoine, l’absorption de Ca²⁺ est limitée à l’apex, tandis que K⁺ et phosphate sont absorbés sur toute la surface racinaire ; le fer est absorbé à l’apex chez l’avoine mais sur toute la surface chez le maïs.

6. Mycorhizes et nutrition végétale

Notions clés & Définitions

  • Mycorhize : Une association symbiotique entre un champignon non ou faiblement pathogène et des cellules racinaires vivantes, principalement corticales et épidermiques.

★ À maîtriser

  • Dans la symbiose mycorhizienne, la plante fournit au champignon des molécules qu’il ne peut fabriquer lui-même, et le champignon augmente l’absorption d’eau et de nutriments par la plante.

📌 Les ectomycorhizes ne pénètrent pas dans les cellules et forment un réseau d’hyphes appelé réseau de Hartig, tandis que les endomycorhizes croissent dans les espaces intercellulaires et à l’intérieur des cellules corticales.

Compléments

  • Les ectomycorhizes sont signalées principalement chez les arbres et les arbustes, notamment les Gymnospermes et les angiospermes ligneuses, mais aussi chez certaines plantes herbacées.

  • Les endomycorhizes sont associées aux racines d’environ toutes les espèces d’angiospermes, à l’exception des chénopodiacées comme les épinards et des crucifères comme les choux.

  • Les mycorhizes favorisent notamment l’absorption du phosphore, du cuivre et du zinc.

Astuce mémo

Ecto : autour des cellules ; endo : dans les cellules.

7. Éléments essentiels et besoins

Notions clés & Définitions

  • Nutriment minéral : Un élément chimique inorganique essentiel à la plante.

★ À maîtriser

  • Les plantes supérieures possèdent 17 éléments essentiels, dont 14 nutriments minéraux ; le carbone, l’hydrogène et l’oxygène sont essentiels mais ne sont pas des nutriments minéraux.

  • Les critères d’essentialité sont (Arnon & Stout, 1939) : l’impossibilité d’achever le cycle de vie sans l’élément, sa non-substituabilité par un autre élément, son implication directe dans le métabolisme

  • Les 14 nutriments minéraux sont l’azote, le phosphore, le potassium, le magnésium, le soufre, le calcium, le fer, le cuivre, le zinc, le bore, le manganèse, le molybdène, le chlore et le nickel.

  • Les six macronutriments minéraux sont N, P, K, Mg, S et Ca, tandis que les huit micronutriments sont Fe, Cu, Zn, B, Mn, Mo, Cl et Ni.

  • La concentration critique est la concentration tissulaire d’un nutriment qui permet d’obtenir 90 % de la croissance de la plante.

Compléments

  • Le sodium, l’aluminium et le silicium sont cités comme éléments inertes, même s’ils peuvent parfois favoriser la vie de la plante.

  • La zone de consommation de luxe correspond à une augmentation de la concentration tissulaire en nutriment au-delà de 90 % de croissance, avec un faible gain supplémentaire de croissance.

8. Interactions et cultures nutritives

Notions clés & Définitions

  • Antagonisme : L’interaction où un nutriment freine l’action ou l’absorption d’un autre, phénomène fréquent entre ions de propriétés électrochimiques semblables.
  • Synergie : L’interaction où la présence d’un nutriment favorise l’absorption d’un autre, souvent entre ions de charges opposées.

★ À maîtriser

📌 Selon la loi du minimum, la croissance de la plante est limitée par le nutriment présent à la concentration la plus faible.

Compléments

  • Les couples antagonistes cités sont :

    • Ca²⁺/Mg²⁺
    • Ca²⁺/Fe²⁺
    • Mg²⁺/Mn²⁺
    • Fe²⁺/Mn²⁺
    • Mg²⁺/H⁺
  • Les couples synergiques cités sont Cl⁻/NO₃⁻ avec K⁺/Ca²⁺, K⁺/Mg²⁺ et Mg²⁺/phosphate.

  • La culture hydroponique utilise des solutions nutritives et nécessite leur renouvellement régulier ainsi que l’oxygénation des racines ; des supports inertes comme le sable ou le vermiculite peuvent être employés.

  • Vers 1860, Sachs et Knop mettent en place la culture des plantes en solutions nutritives pour étudier leurs besoins minéraux.

Astuce mémo

Antagonisme : un élément freine l’autre ; synergie : un élément favorise l’autre.

9. Rôles de l’azote et du phosphore

★ À maîtriser

  • L’azote entre dans la composition des protéines, des acides nucléiques, de la chlorophylle et de certaines phytohormones.

  • Les plantes absorbent l’azote principalement sous forme de nitrate NO₃⁻ ou d’ammonium NH₄⁺, et peuvent aussi utiliser des composés azotés de faible masse moléculaire comme les acides aminés.

  • Le phosphore participe aux phospholipides, aux acides nucléiques et aux réactions métaboliques de transfert d’énergie.

Compléments

  • Dans les sols peu aérés, l’azote est surtout sous forme NH₄⁺, tandis que dans les autres sols il est surtout sous forme NO₃⁻ ; l’ammonium ajouté au sol est rapidement oxydé en nitrate.

  • Les nitrates, anions non adsorbés par les colloïdes, sont facilement lessivés et les sols sont souvent déficients en azote.

  • Le phosphore du sol est souvent présent dans les minéraux, tandis que 25 à 60 % du phosphore du sol est sous forme organique et peut être libéré sous forme de phosphate lors de la dégradation.

  • L’absorption du phosphate diminue en présence de fortes concentrations de NO₃⁻, Ca²⁺ ou fer, tandis qu’elle augmente avec une forte concentration de Mg²⁺.

  • La croissance optimale est associée à une teneur en phosphore d’environ 0,3 à 0,5 % du poids sec, tandis qu’une teneur supérieure à 1 % du poids sec est toxique.

10. Rôles du potassium, magnésium et calcium

★ À maîtriser

  • Le potassium n’est pas un constituant des structures organiques végétales et intervient dans l’osmorégulation, l’équilibre électrochimique et la régulation des stomates.

  • Le potassium active de nombreuses enzymes de la respiration et de la photosynthèse, notamment certaines kinases, et une carence peut perturber la synthèse des protéines ou la photosynthèse.

  • Le magnésium est un cofacteur de nombreuses enzymes, notamment des ATPases, et participe aux transferts de phosphate et de nucléotides.

  • Le magnésium est nécessaire à la synthèse des protéines en favorisant l’agrégation des sous-unités ribosomiques, et il est un constituant de la chlorophylle.

  • Le calcium contribue à la structure des membranes, des lamelles moyennes et du complexe argilo-humique, et intervient comme messager secondaire et cofacteur enzymatique.

Compléments

  • La concentration de K⁺ est de 100 à 200 mM dans le cytoplasme et de 10 à 500 mM dans la vacuole.

  • Un excès de Ca²⁺ ou une déficience de K⁺ diminue l’absorption de Mg²⁺, tandis qu’une déficience en Ca²⁺ ou un excès de K⁺ l’augmente.

  • La concentration cytoplasmique de Ca²⁺ est maintenue entre 100 et 200 nM, alors que sa concentration dans la vacuole et les parois est de l’ordre du millimolaire.

  • Le calcium stabilise les parois et les membranes, réduit la perméabilité membranaire et contribue à la cohésion des tissus par sa présence dans la lamelle moyenne.

11. Soufre et transport membranaire

Notions clés & Définitions

  • Système de transport : Une protéine transmembranaire qui lie un soluté, change de conformation pour le faire franchir la membrane, puis le libère de l’autre côté.

★ À maîtriser

  • Le soufre entre dans la composition de certains acides aminés et protéines, et les ponts disulfure contribuent à la structure tertiaire des protéines.

  • À valence égale, les cations traversent les membranes plus facilement que les anions, et la vitesse de passage des molécules hydrophiles non ionisées diminue lorsque leur taille augmente.

📌 Les systèmes de transport primaires utilisent la rupture de liaisons covalentes, tandis que les systèmes secondaires reposent sur la rupture de liaisons non covalentes.

Compléments

  • Les plantes absorbent le soufre principalement sous forme sulfate SO₄²⁻, mais peuvent aussi utiliser SO₂, H₂S et certains composés soufrés organiques.
  • Les groupements thiols du soufre participent aux réactions catalytiques enzymatiques, et le soufre entre dans les hétérocycles de la thiamine et de la biotine.
  • L’eau et les gaz dissous traversent rapidement les membranes cellulaires, tandis que la pénétration des molécules hydrophobes dépend de leur solubilité dans les lipides.

12. Classification des systèmes de transport

★ À maîtriser

📌 Un transport passif s’effectue dans le sens du gradient de potentiel électrochimique, tandis qu’un transport actif s’effectue contre ce gradient.

📌 Le transport actif primaire couple directement le transport contre le gradient électrochimique à l’énergie chimique, tandis que le transport actif secondaire utilise l’énergie d’un autre système de transport.

Compléments

  • Les canaux transportent plus de 10^6 molécules par seconde, les pompes moins de 500 et les transporteurs de 500 à 10 000.

📌 Dans un symport, les solutés sont transportés dans le même sens, tandis que dans un antiport ils le sont en sens opposés.

13. Pompes ioniques et force proton motrice

Notions clés & Définitions

  • Transduction chimio-osmotique : La transformation d’énergie chimique en énergie osmotique ou inversement.

★ À maîtriser

  • Les pompes ioniques primaires utilisent directement l’énergie de l’hydrolyse de l’ATP ou du PPi pour transporter des ions contre leur gradient électrochimique.

  • Les pompes génèrent des gradients transmembranaires d’ions qui servent à synthétiser de l’ATP dans les membranes mitochondriales et chloroplastiques ou à énergiser des cotransports.

  • La force proton motrice résulte de la combinaison d’un gradient électrique et d’un gradient de pH créés par les pompes à H+.

Compléments

📌 Les P-ATPases passent par un état intermédiaire autophosphorylé stable, tandis que les V-ATPases comportent les complexes périphérique V1 et membranaire V0 reliés par un axe.

  • La F0-F1 des mitochondries et chloroplastes fonctionne le plus souvent comme ATP synthase, mais peut aussi fonctionner comme H+-ATPase.

  • Le cyanure bloque l’activité mitochondriale, diminue la synthèse d’ATP et l’activité des pompes ioniques, ce qui dépolarise la membrane jusqu’au potentiel de diffusion.

  • Le pH extracellulaire et le pH vacuolaire sont d’environ 5,6, contre environ 7,1 dans le cytoplasme.

Astuce mémo

Pompe à H⁺ → gradients électrique et de pH → force proton motrice.

14. Transporteurs membranaires

★ À maîtriser

  • Les transporteurs comprennent les uniports, qui facilitent le transport d’un soluté sans utiliser directement l’ATP ou le PPi, ainsi que les symports et antiports actifs secondaires.

Compléments

  • Chez les plantes, des symports couplent le transport de H+ à celui d’acides aminés, de glucose ou de saccharose.

  • Les symports H+-glucides redistribuent les assimilats des tissus photosynthétiques vers les tissus non chlorophylliens.

  • Les antiports du tonoplaste échangent Ca2+ et H+, tandis que ceux du plasmalemme assurent aussi un échange Ca2+/H+.

  • Les membranes chloroplastiques échangent des trioses-phosphates contre du phosphate, tandis que les mitochondries échangent ADP et ATP.

  • Chez les plantes supérieures autres que les graminées, le fer est absorbé après réduction extracellulaire du fer des complexes Fe3+-chélateur en Fe2+, puis les ions Fe2+ libérés sont transportés dans les cellules racinaires.

Astuce mémo

Symport : même sens ; antiport : sens opposé.

15. Canaux ioniques

Notions clés & Définitions

  • Canal ionique : Une protéine formant un pore qui permet le transport passif et rapide d’ions selon leur gradient électrochimique.

★ À maîtriser

  • Les canaux ioniques permettent le passage d’environ 10^6 à 10^8 ions par seconde, tandis que la diffusion simple à travers une bicouche lipidique est environ 10^11 fois plus lente.

📌 Les canaux ligand-dépendants s’ouvrent en réponse à la liaison d’un composé, les canaux voltage-dépendants répondent à la polarisation membranaire et les canaux mécano-dépendants à une déformation mécanique.

Compléments

  • La sélectivité d’un canal dépend de la charge et de la taille de l’ion, de l’énergie nécessaire à sa déshydratation, de la taille du pore et de la densité des charges dans le pore.

  • L’ouverture des canaux peut être influencée par le voltage, Ca2+, H+, la phosphorylation, les protéines G et la liaison de composés tels que les hormones.

16. Transport radial et chargement du xylème

Notions clés & Définitions

  • Apoplaste : L’ensemble des parties végétales accessibles sans franchissement des membranes et représente 5 à 20 % du volume des tissus végétaux.
  • Symplaste : L’ensemble du cytoplasme relié par les plasmodesmes, dont le diamètre est de 20 à 60 nm.

★ À maîtriser

  • Le trajet radial suit les étapes suivantes :
    • Surface racinaire.
    • Cortex.
    • Stèle et xylème.
  • La bande de Caspary, constituée d’incrustations hydrophobes de subérine dans l’endoderme, sépare l’apoplaste du cortex de celui de la stèle et limite le flux passif.

Compléments

  • L’entrée des solutés dans l’apoplaste est passive et peu sélective, et les groupements carboxylates des parois échangent notamment des cations.
  • Le transport radial de l’eau et des ions vers le xylème n’est jamais exclusivement apoplastique ou symplastique.

Astuce mémo

Surface racinaire → cortex → stèle → xylème.

17. Transport longitudinal dans le xylème

★ À maîtriser

  • Le xylème transporte la sève brute, composée d’eau et de nutriments minéraux, des racines vers les parties aériennes.

  • Le transport longitudinal dans le xylème est principalement ascendant et emprunte les vaisseaux morts, des racines vers les tiges et les organes aériens.

  • Le flux xylémien est entraîné par un gradient de pression hydrostatique et de potentiel hydrique, avec une sève brute sous tension et à pression négative.

Compléments

  • La sève xylémienne contient environ 0,1 à 0,4 % de matière solide et présente un pH de 5,6 à 5,9.

  • La vitesse de la sève brute est d’environ 1 m/h et dépend de la pression racinaire et du taux de transpiration.

  • La sève xylémienne contient moins de NH4+ que d’autres formes d’azote, et sa composition dépend notamment de l’espèce, de l’approvisionnement minéral, de l’assimilation et de la transpiration.

  • En cas de carence minérale, la capacité d’absorption de l’ion augmente, avec une hausse de Vmax et une baisse de Km.

Astuce mémo

Transpiration foliaire → tension de la sève brute → flux ascendant.

18. Transport et déchargement du phloème

Notions clés & Définitions

  • Force du puits : La capacité d’un tissu à accumuler ou à métaboliser les photoassimilats en maintenant un gradient de concentration entre les tubes criblés et les cellules puits.

★ À maîtriser

  • Le phloème redistribue les photoassimilats des feuilles matures, sources, vers les organes puits tels que les racines, apex racinaires, graines, fruits et jeunes feuilles.

  • La concentration en sucre dans le phloème est de 200 à 1000 mM, et le symport H+-saccharose peut être énergisé par le gradient de H+ établi par une H+-ATPase.

  • Le modèle de Munch (1930) explique le transport phloémien par une différence de pression de turgescence entre source et puits, qui entraîne un flux de masse vers la région de plus faible pression.

📌 Le transport phloémien dans les cellules vivantes est bidirectionnel selon les besoins nutritifs, tandis que le transport xylémien est unidirectionnel ascendant.

Compléments

📌 Les gymnospermes possèdent des cellules criblées, tandis que les angiospermes possèdent des éléments de tubes criblés.

  • Le chargement phloémien du saccharose peut être apoplastique ou symplastique, et les deux voies peuvent coexister dans une même plante.

  • La sève phloémienne contient jusqu’à 90 % de saccharose parmi les matières solides chez certaines plantes, et présente un pH d’environ 7 à 8.

  • La sève phloémienne est riche en acides aminés, amides, citrate et malate, tandis que le nitrate et l’ammonium y sont généralement peu concentrés.

  • La vitesse du transport phloémien est d’environ 10 à 150 cm/h pendant la période de végétation et peut ralentir ou s’arrêter en hiver sous l’effet de bouchons de callose.

Astuce mémo

Un tube criblé chargé en sucres attire l’eau à la source et pousse la sève vers le puits.

19. Absorption foliaire des solutés

★ À maîtriser

  • La cuticule comporte des voies lipophiles pour les solutés apolaires et des voies hydrophiles, stomatales ou cuticulaires, pour les solutés polaires et les ions.

  • Le lessivage des feuilles peut entraîner la perte d’environ 80 à 90 % du K+ et de 50 à 60 % du Ca2+ présents dans les tissus concernés.

Compléments

  • Le xylème et le phloème sont séparés par quelques couches cellulaires, ce qui permet des échanges d’eau et de solutés tels que les acides aminés entre les deux sèves.

  • Le potassium peut circuler en alternance entre xylème et phloème, contrairement à la plupart des autres composés comme le saccharose.

  • Les stomates permettent les échanges de O2 et de CO2 ainsi que l’entrée de gaz minéraux tels que SO2, NH3 et NO2.

  • L’absorption foliaire de solutés est plus forte lorsque les feuilles sont humides et que l’intensité lumineuse est élevée.

  • Les pores aqueux cuticulaires sont estimés entre 0,45 et 1,18 nm de rayon et peuvent laisser passer des solutés de masse molaire de l’ordre de 800 g/mole.

  • Les stomates peuvent favoriser l’absorption foliaire, mais l’entrée des solutés ne se fait pas nécessairement directement par le pore stomatique.

  • Les principales voies de perte de nutriments sont :

    • Lessivage.
    • Abscission.
    • Pertes racinaires.
    • Sécrétion ou émission volatile.
    • Translocation vers une autre partie de la plante ou vers un autre organisme.

Astuce mémo

Voie lipophile dans les lipides ; voie hydrophile par stomates ou pores aqueux.

Tableaux de synthèse

Comparaison des sèves conductrices

CaractéristiqueXylèmePhloème
Contenu principalEau et nutriments minérauxPhotoassimilats et autres solutés
Direction généraleAscendante et unidirectionnelleBidirectionnelle selon les besoins
État des conduitsPrincipalement vaisseaux mortsCellules conductrices vivantes
Vitesse indiquéeEnviron 1 m/hEnviron 10 à 150 cm/h

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Nutrition minérale des végétaux avec 61 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle interprétation Julius Von Liebig propose-t-il en 1840 au sujet de la nutrition des végétaux chlorophylliens et des champignons ?

2. Un végétal absorbe des éléments nutritifs dans son milieu puis les utilise pour croître et se reproduire. Quel terme désigne l’ensemble de ces processus ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Nutrition minérale des végétaux avec 99 flashcards interactives.

En quelle année Julius Von Liebig présente-t-il sa conception de la nutrition végétale ?

En 1840.

Comment les végétaux chlorophylliens sont-ils qualifiés chez Julius Von Liebig ?

D’autotrophes nourris principalement de matière minérale.

Que désigne la nutrition végétale ?

L’ensemble des processus d’absorption et d’assimilation des éléments nutritifs nécessaires aux fonctions physiologiques.

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