Fiche de révision : Ordre mondial et BRICS+

Plan du Cours

  1. États membres et observateurs de l’ONU
  2. Héritage colonial et décolonisation
  3. Tiers-monde et non-alignement
  4. Mondialisation et crises de l’après-guerre froide
  5. Sud global et stratégies nationales
  6. Formation et ambitions des BRICS+
  7. Intérêts divergents des membres
  8. Émotions et scénarios internationaux
  9. Bilan de la dynamique des BRICS+

Repères chronologiques

  1. 1961La conférence de Belgrade fonde officiellement le mouvement des non-alignés.
  2. 2 décembre 1989Mikhaïl Gorbatchev rencontre George H. W. Bush et déclare que l’URSS n’est plus intéressée par la compétition avec l’Occident.
  3. 1991La disparition de l’URSS ouvre un moment d’unipolarité américaine.
  4. 2001L’entrée de la Chine à l’OMC symbolise son intégration à la mondialisation.
  5. 2009Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine tiennent leur premier sommet de dirigeants.
  6. 2014–2015Les BRICS créent la Nouvelle Banque de développement et un accord de réserves de contingence.

1. États membres et observateurs de l’ONU

★ À maîtriser

  • L’ONU compte 193 États membres et deux États observateurs, le Vatican et l’État de Palestine.

  • Les États non membres cités sont :

    • Taïwan
    • le Kosovo
    • Chypre du Nord
    • l’Abkhazie
    • l’Ossétie du Sud
    • la Transnistrie
    • le Somaliland

Compléments

  • Une résolution de 1971 stipule que les représentants de la République populaire de Chine sont les seuls représentants légitimes de la Chine à l’ONU, ce qui explique l’absence de représentation permanente de Taïwan.

2. Héritage colonial et décolonisation

★ À maîtriser

  • Les matières premières extraites comprenaient :

    • les minerais
    • le coton
    • le caoutchouc
    • les produits agricoles
  • En 1944, la conférence de Bretton Woods organise le système monétaire et financier autour du FMI et de la Banque mondiale, avec le dollar américain convertible en or à taux fixe.

📌 L’ONU proclame l’égalité souveraine des États, mais son Conseil de sécurité accorde un statut particulier à cinq membres permanents.

  • La décolonisation, de 1945 à 1975, contraint progressivement les puissances impériales à renoncer à leur domination territoriale et fait des peuples colonisés des acteurs souverains des relations internationales.

Compléments

  • Après les indépendances, les anciennes métropoles cherchent à maintenir leur influence et les relations restent marquées par des rapports de pouvoir, notamment entre la France et les pays du Sahel et dans les débats sur le franc CFA.

  • Bertrand Badie décrit le renversement des rapports de puissance lié à la décolonisation par la formule « L’impuissance de la puissance ».

Astuce mémo

La décolonisation met fin à la domination territoriale, mais les rapports de pouvoir persistent.

3. Tiers-monde et non-alignement

★ À maîtriser

  • Alfred Sauvy emploie pour la première fois par écrit l’expression « tiers-monde » dans l’article « Trois mondes, une planète », publié dans L’Observateur le 14 août 1952.

  • La division de Sauvy comprend (Alfred Sauvy, 1952) : le premier monde, bloc occidental dominé par les États-Unis et les économies capitalistes, le deuxième monde, bloc communiste dominé par l’URSS, le tiers-monde, pays sous-développés souvent colonisés ou récemment décolonisés et marginalisés dans l’ordre

  • La conférence de Bandung de 1955 réunit des États d’Asie et d’Afrique récemment indépendants ou engagés dans la décolonisation, qui défendent l’égalité des droits, l’aide au développement et le refus de l’alignement automatique.

Compléments

📌 Le mouvement des non-alignés et le tiers-monde se recoupent, sans désigner exactement la même réalité.

4. Mondialisation et crises de l’après-guerre froide

★ À maîtriser

  • En 2024, les économies en développement reçoivent 867 milliards de dollars d’IDE, dont environ 70 % sont captés par l’Asie en développement, tandis que les pays les moins avancés ne reçoivent qu’environ 2 % des flux mondiaux.

  • La crise des subprimes révèle la vulnérabilité des interdépendances financières mondiales et contribue à une récession mondiale en 2009.

📌 Francis Fukuyama présente l’effondrement du bloc soviétique comme consacrant la démocratie libérale et l’économie de marché en horizons politiques dominants, tandis que Samuel Huntington voit les conflits futurs structurés davantage par les identités culturelles, religieuses et civilisationnelles. - La « fin de l’histoire »

Compléments

  • Dans les années 1990, la mondialisation est associée à la confiance dans le « doux commerce » de Montesquieu, à l’élargissement des institutions et à la diffusion des normes libérales.

  • Les six promesses examinées sont (Ghassan Salamé) :

    • la démocratisation
    • la mondialisation pacificatrice
    • la technologie
    • l’ouverture culturelle
    • la régulation de la force
    • la non-prolifération

5. Sud global et stratégies nationales

Notions clés & Définitions

  • Sud global : Forum politique dont le dénominateur commun est un sentiment d’exclusion des affaires du monde, et non un continent, une alliance ou un acteur unifié.

★ À maîtriser

📌 L’expression « Sud global » évite de réduire les pays concernés à la pauvreté ou au retard économique et souligne leur capacité d’action collective dans les négociations internationales.

  • L’adhésion de la Chine à l’OMC a favorisé son intégration aux échanges mondiaux, et la Chine est devenue la deuxième économie mondiale tout en conservant un système politique distinct.

  • L’Inde combine sa participation aux BRICS+, au G20 et à l’Organisation de coopération de Shanghai avec une coopération dans le Quad avec les États-Unis, le Japon et l’Australie, des liens avec la Russie et Israël, et une rivalité frontalière avec la Chine.

📌 L’Inde refuse que les objectifs climatiques compromettent, selon elle, son développement et son accès à l’énergie, et réclame que les pays industrialisés financent davantage la transition des pays en développement en invoquant leurs responsabilités historiques.

Compléments

  • La catégorie de Sud global présente des limites géographiques, économiques, politiques et historiques : l’Inde est dans l’hémisphère Nord et l’Australie dans l’hémisphère Sud, le Qatar est riche tandis que de nombreux pays africains sont pauvres, les grands pays concernés ont des intérêts différents et leurs expériences coloniales ne sont pas identiques.

📌 La Chine soutient certaines règles multilatérales tout en cherchant à redéfinir l’équilibre du pouvoir et à accroître la prise en compte des pays du Sud.

  • Dans les négociations climatiques et commerciales, une objection de l’Inde peut contraindre les autres délégations à renégocier une formulation.

Astuce mémo

L’Inde pratique le multi-alignement, tandis que la Chine combine intégration économique et rivalité systémique.

6. Formation et ambitions des BRICS+

★ À maîtriser

  • L’acronyme BRIC est popularisé par Goldman Sachs comme catégorie d’analyse économique et ne désigne initialement ni une alliance ni une organisation internationale.

  • La décision d’élargir les BRICS entre 2023 et 2025 concerne l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis et l’Indonésie, tandis que l’Arabie saoudite et l’Argentine n’ont pas formalisé leur adhésion.

  • Les BRICS élargis représentent environ 4 milliards d’habitants, près de la moitié de la population mondiale, et 40 % des richesses du monde.

Compléments

  • Entre 2010 et 2011, l’Afrique du Sud est invitée puis intégrée au groupe, dont le nom devient BRICS.

Astuce mémo

BRIC en 2001 → sommet en 2009 → Afrique du Sud → élargissement.

7. Intérêts divergents des membres

★ À maîtriser

  • La Chine, première économie des BRICS en PIB nominal et principal pôle industriel et commercial du groupe, cherche à internationaliser le yuan face au dollar et à gagner du poids dans la gouvernance mondiale.

  • L’Inde défend une ligne réformiste visant à rendre l’ordre international existant plus représentatif, plutôt qu’à le remplacer entièrement.

  • La Russie utilise les BRICS comme plateforme diplomatique et les échanges énergétiques avec la Chine et l’Inde atténuent certains effets des sanctions, sans que ses partenaires reprennent tous sa position sur l’Ukraine.

📌 Les BRICS réclament une réforme des institutions et une représentation accrue de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine, mais leurs membres ne s’accordent pas aisément sur les nouveaux membres permanents ni sur les modalités de réforme.

  • Les principes de souveraineté, d’égalité des États, de multilatéralisme, de droit au développement et de coopération financière ne produisent pas toujours une position commune sur les crises concrètes, notamment en raison de la rivalité entre la Chine et l’Inde et des désaccords sur l’Ukraine.

Compléments

📌 La Chine peut soutenir l’élargissement des BRICS pour accroître l’influence du groupe, mais certains membres redoutent une domination chinoise.

  • Le Brésil valorise la réforme des institutions et la coopération Sud-Sud, tandis que l’Amazonie et le climat lui donnent une capacité de mise à l’agenda.

  • L’Afrique du Sud relie les BRICS à l’histoire de l’apartheid, à l’Afrique et à la revendication d’une représentation internationale plus juste.

📌 Les intérêts des nouveaux membres sont disparates : l’Iran cherche des partenaires face à l’isolement et aux sanctions, les Émirats arabes unis diversifient leurs partenariats, l’Égypte et l’Éthiopie ont des intérêts différents sur les eaux du Nil, et l’Indonésie relie le groupe à ses priorités de développement et d’autonomie.

Astuce mémo

Les principes communs des BRICS ne garantissent pas une position commune sur les crises.

8. Émotions et scénarios internationaux

★ À maîtriser

  • Dominique Moisi retient trois émotions :

    • la peur
    • l’humiliation ou la colère
    • l’espoir
  • Les trois scénarios d’avenir présentés sont la réforme négociée, la fragmentation et la multipolarité transactionnelle.

Compléments

📌 La peur renvoie à la crainte du déclassement, de l’insécurité ou de la perte de contrôle, l’humiliation ou la colère à la mémoire de la domination et au besoin de reconnaissance, et l’espoir à la croissance, à la modernisation et à la perspective de retrouver une place dans le monde.

  • Les scénarios de réforme, de fragmentation et de multipolarité transactionnelle peuvent coexister selon les domaines de la sécurité, du climat, de la finance et de la technologie.

9. Bilan de la dynamique des BRICS+

Points essentiels

📌 Les BRICS+ expriment une demande de représentation, de souveraineté et de réforme des règles internationales, mais ne constituent ni une alliance militaire ni un bloc idéologiquement homogène.

  • L’impact des BRICS+ dépend de leur capacité à convertir leur poids collectif en institutions, en financements et en compromis durables.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Ordre mondial et BRICS+ avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est le statut de l’ONU en matière de membres et d’observateurs ?

2. Pourquoi Taïwan ne dispose-t-il pas d’une représentation permanente à l’ONU ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Ordre mondial et BRICS+ avec 10 flashcards interactives.

Combien d’États membres l’ONU compte-t-elle ?

193 États membres.

Quels États non membres de l’ONU sont cités ?

Taïwan, le Kosovo, Chypre du Nord, l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud, la Transnistrie et le Somaliland.

Autour de quelles activités les empires coloniaux organisaient-ils leurs économies ?

L’extraction de matières premières.

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