Fiche de révision : Perception et mémoire

Plan du Cours

  1. Origines de la psychologie expérimentale
  2. Behaviorisme et apprentissage
  3. Cognitivisme et traitement mental
  4. Perception et systèmes sensoriels
  5. Psychophysique et seuils sensoriels
  6. Profondeur et illusions visuelles
  7. Illusions entre modalités sensorielles
  8. Gestalt et perception écologique
  9. Attention et cécités perceptives
  10. Systèmes et tâches de mémoire
  11. Mémoire implicite et explicite
  12. Modèle sériel d’Atkinson et Shiffrin
  13. Arguments pour distinguer MCT et MLT
  14. Capacité et oubli en mémoire courte
  15. Codage et mémoire de travail
  16. Modèle multicomposant de la mémoire de travail
  17. Fonctions exécutives et contrôle attentionnel
  18. Fonctions exécutives spécifiques

1. Origines de la psychologie expérimentale

Notions clés & Définitions

  • Introspection : Observation par une personne de ses propres sensations ou états mentaux.

★ À maîtriser

  • Wilhelm Wundt est considéré comme le fondateur de la psychologie expérimentale et a créé le premier laboratoire de psychologie expérimentale à Leipzig en 1879.

  • Ebbinghaus a défini quatre façons de tester la mémoire :

    • le rappel libre
    • le rappel sériel
    • la reconnaissance
    • le temps de remémoration, mesuré par le nombre de répétitions nécessaires pour maîtriser à nouveau une liste après

Compléments

  • Benjamin Bourdon a fondé à Rennes, en 1896, le premier laboratoire universitaire de psychologie et de linguistique expérimentale, sur le modèle du laboratoire de Wundt.

  • Hermann Ebbinghaus a étudié la relation entre le temps et la courbe de l’oubli en expérimentant sur lui-même.

2. Behaviorisme et apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Renforcement : Conséquence d’un comportement qui augmente la probabilité que ce comportement soit reproduit.
  • Punition : Conséquence d’un comportement qui diminue la probabilité que ce comportement soit reproduit.
  • Extinction : Disparition d’un comportement lorsqu’aucun renforcement ni aucune punition ne lui sont plus associés.
  • Façonnement : Le façonnement consiste à renforcer progressivement des comportements qui se rapprochent du comportement souhaité jusqu’à son aboutissement.

★ À maîtriser

  • Dans son texte fondateur publié en 1913, John B. Watson présente la psychologie behavioriste comme une branche expérimentale objective des sciences naturelles visant la prédiction et le contrôle du comportement. - Psychology as the Behaviorist views it

  • Le behaviorisme étudie les stimuli observables et les comportements visibles, tandis qu’il exclut de son objet les états mentaux non observables.

  • Selon la loi de l’effet formulée par Thorndike en 1911, un comportement suivi d’une récompense est associé à la situation qui l’a déclenché.

  • Selon la loi de l’exercice formulée par Thorndike en 1911, la répétition d’un comportement dans une situation renforce l’association entre cette situation et ce comportement.

  • Le conditionnement classique associe des stimuli à des réactions réflexes, tandis que le conditionnement opérant dépend des conséquences de comportements qui sont renforcés ou punis.
  • Dans le conditionnement classique de Pavlov, un stimulus neutre associé à un stimulus inconditionnel qui provoque une réponse inconditionnelle devient un stimulus conditionnel capable de déclencher une réponse conditionnelle.

📌 Dans le conditionnement opérant, « positif » signifie l’ajout d’un stimulus et « négatif » son retrait, que la conséquence soit un renforcement ou une punition.

Compléments

  • Norbert Wiener a développé en 1948 le concept de « boîte noire », qui désigne un système dont les entrées et les sorties sont identifiées mais dont le fonctionnement interne reste masqué.

Astuce mémo

Pavlov associe un signal à un réflexe ; Skinner relie une action à ses conséquences.

3. Cognitivisme et traitement mental

Notions clés & Définitions

  • Psychologie cognitive : Étude des processus mentaux qui permettent à l’être humain de saisir, comprendre et appréhender le monde qui l’entoure.

★ À maîtriser

  • La cognition désigne l’ensemble des informations que l’organisme accumule, stocke et utilise.

  • Pour Neisser (1967), l’input sensoriel est :

    • transformé
    • réduit
    • élaboré
    • stocké
    • récupéré
    • utilisé

📌 La mémoire à court terme maintient une information active pour une durée inférieure à 20 secondes, tandis que la mémoire de travail est impliquée dans des fonctions comme le langage, la compréhension, les opérations mathématiques, la logique et l’orientation visuo-spatiale.

  • La mémoire à long terme assure le stockage et la récupération des informations pour une utilisation ultérieure et permet d’apprendre des expériences passées.

  • La psychologie cognitive étudie l’adaptation humaine à l’environnement, notamment la saisie des informations, leur interprétation et les réactions appropriées.

Compléments

  • La psychologie cognitive contribue à l’éducation par le bilan et l’accompagnement cognitifs des personnes en apprentissage et par le développement d’interfaces d’apprentissage adaptées.

  • En santé, la psychologie cognitive contribue à la remédiation cognitive et à l’évaluation du fonctionnement cognitif de personnes présentant des atteintes neurologiques ou psychiatriques.

  • En industrie, la psychologie cognitive intervient dans les activités impliquant des interactions homme-machine, notamment l’automobile, l’aéronautique, les jeux vidéo et le nucléaire.

📌 Le psychologue évalue et remédie aux processus cognitifs, l’ergonome adapte les outils aux besoins et contraintes des utilisateurs, et le chercheur explique les processus impliqués dans des tâches.

Astuce mémo

Saisir, réduire, élaborer, stocker, récupérer, utiliser.

4. Perception et systèmes sensoriels

Notions clés & Définitions

  • Perception : Activité par laquelle l’être humain prend connaissance de son environnement en recevant et en interprétant les informations qui l’entourent.
  • Stimulus : Élément extérieur du monde physique capable d’exciter des récepteurs sensoriels spécifiques d’une modalité sensorielle donnée.

★ À maîtriser

  • Les cinq modalités sensorielles sont :
    • visuelle
    • olfactive
    • auditive
    • gustative
    • tactile

Compléments

  • La perception permet notamment de reconnaître un objet, de le trouver ou de le saisir.

  • 🔄 La perception d’une couleur suit cette chaîne :

    1. Une onde lumineuse stimule un photorécepteur de la rétine.
    2. Le photorécepteur émet un signal électrique transmis au cerveau.
    3. Le cerveau interprète le signal comme une représentation perceptive de la couleur.

5. Psychophysique et seuils sensoriels

Notions clés & Définitions

  • Psychophysique : Branche de la psychologie scientifique qui établit expérimentalement des lois générales du fonctionnement sensoriel en reliant les grandeurs physiques aux grandeurs perçues.
  • Seuil absolu de perception : Intensité d’un stimulus qui permet de le détecter dans 50 % des cas.
  • Seuil différentiel : Plus petit rapport entre deux grandeurs, relativement à un stimulus-étalon, qui peut être perçu.

★ À maîtriser

  • La perception varie de façon logarithmique avec l’intensité de la stimulation physique : de faibles variations suffisent à faible intensité, tandis que des variations plus importantes sont nécessaires à forte intensité.

Compléments

  • En vision, les grandeurs physiques classiquement mesurées sont la luminosité, exprimée en lux, et la chrominance, caractérisée par une longueur d’onde en nanomètres.

  • En audition, les grandeurs physiques classiquement mesurées sont l’intensité, exprimée en décibels (dB), et la fréquence, exprimée en hertz (Hz).

  • Gustav Fechner et Ernst Heinrich Weber sont les pionniers de la psychophysique et ont étudié les plus petites différences perceptibles entre deux stimulations.

  • Avec des poids de référence de 100 g et de 1 000 g, une différence de 10 g est perçue dans le premier cas, mais pas dans le second.

  • Pour distinguer deux poids, un écart de 2,5 % suffit, tandis que deux pressions tactiles doivent différer de 5 %.

6. Profondeur et illusions visuelles

★ À maîtriser

  • La perception de la profondeur s’appuie sur la vision binoculaire, qui intègre les images légèrement différentes des deux yeux, et sur des indices monoculaires accessibles à un seul œil.

  • Les indices monoculaires de profondeur décrits sont :

    • l’interposition
    • la perspective atmosphérique
    • le gradient de texture
    • la taille relative ou familière des objets

Compléments

  • Pour un objet proche, la disparité entre les images des deux yeux contribue surtout à la perception de la profondeur, car la différence d’angle entre les yeux diminue avec la distance.

  • L’interposition fait percevoir comme plus éloigné l’objet dont la vue est complètement ou partiellement bloquée par un autre objet placé devant lui.

  • La perspective atmosphérique fait paraître un objet lointain plus voilé et diffus en raison des particules de poussière et d’humidité suspendues dans l’air.

  • Dans un gradient de texture, une surface regardée en oblique paraît plus dense et moins détaillée à mesure qu’elle s’éloigne.

  • Quand deux objets sont connus comme identiques sans que leur taille exacte soit connue, celui qui projette la plus petite image rétinienne est interprété comme plus éloigné.

  • La chambre d’Ames, de forme trapézoïdale, paraît cubique grâce à des repères visuels déformés, et une personne placée dans son coin le plus éloigné semble rapetisser.

  • L’illusion de Müller-Lyer fait paraître plus court le trait bordé de flèches orientées vers l’intérieur et plus long celui bordé de flèches orientées vers l’extérieur.

7. Illusions entre modalités sensorielles

★ À maîtriser

  • L’effet McGurk (McGurk et McDonald, 1976) montre que la vision des lèvres peut modifier la perception auditive de la parole : l’audition de /ba/ associée à des lèvres articulant /ga/ peut produire la syllabe perçue /da/.

Compléments

  • Dans le phénomène de ventriloquie, le mouvement de la bouche de la marionnette conduit à lui attribuer la parole du ventriloque, même si celui-ci évite de bouger les lèvres.

  • Shams et al. (2000, 2002) ont montré que plusieurs bips auditifs accompagnant un flash lumineux peuvent faire percevoir celui-ci comme plusieurs flashs.

  • Dubose et al. (1980) ont montré qu’une boisson aromatisée à la cerise est jugée comme ayant le goût de la cerise si elle est rouge, mais comme ayant celui de l’orange si elle est orange.

  • Morrot et al. (2001) ont montré qu’un vin blanc coloré en rouge peut être décrit comme ayant l’odeur du vin rouge.

  • L’illusion des roues en vision périphérique cesse pour la roue que l’on fixe, tandis que les roues restées en périphérie semblent encore bouger.

Astuce mémo

Lèvres vues → syllabe entendue modifiée

8. Gestalt et perception écologique

Notions clés & Définitions

  • Affordances : Gibson - Possibilités d’action qu’un objet de l’environnement invite le sujet à réaliser.

★ À maîtriser

  • La Gestalt, courant apparu en Allemagne dans les années 1920, considère que le tout perceptif diffère de la somme de ses parties et que des lois organisent les traits élémentaires en formes. - Koffka, Khöler et Wertheimer, début du 20ème

  • Les huit lois de structuration de la perception de la Gestalt sont :

    • la proximité
    • la similitude
    • la continuité
    • la symétrie
    • la clôture
    • le destin commun
    • la figure-fond
    • la bonne forme
  • La théorie écologique de Gibson (1950, 1966, 1979) décrit la perception comme directe, immédiate et spontanée, avec des informations nécessaires présentes dans l’environnement et une perception indissociable de l’action.

Compléments

  • La loi de proximité regroupe spontanément les éléments proches, tandis que la loi de similitude regroupe les formes qui se ressemblent par leur forme, couleur ou orientation.

  • La clôture complète perceptivement une forme partielle pour en faire un tout cohérent, tandis que la loi figure-fond permet de distinguer une forme de son arrière-plan.

  • Chez Gibson, la lumière est le stimulus visuel, tandis que la structure ambiante correspond à l’information portée par cette lumière et rend la perception possible.

Astuce mémo

Gestalt : organisation ; Gibson : information directe

9. Attention et cécités perceptives

Notions clés & Définitions

  • Cécité au changement : Rensinck, O ’Regan, & Clark, 1996 - Incapacité à percevoir les modifications apportées aux éléments d’une scène visuelle.

★ À maîtriser

  • Dans la cécité inattentionnelle, une cible inattendue peut ne pas être perçue lorsque l’attention est concentrée sur une autre tâche, même si elle est traitée par les yeux.
  • Le modèle de Van Zomeren et Brouwer (1994) organise les fonctions attentionnelles autour de l’intensité et de la sélectivité, sous le contrôle du système attentionnel superviseur (SAS).

📌 L’alerte phasique est une modification soudaine et transitoire de l’éveil déclenchée par un indice endogène ou exogène, tandis que la vigilance tonique correspond à des variations plus lentes, de quelques minutes au rythme circadien.

  • L’attention sélective focalise les ressources sur un stimulus pertinent tout en ignorant les distracteurs, tandis que l’attention divisée partage les ressources entre plusieurs stimuli ou tâches parallèles.

Compléments

  • Dans l’expérience du gorille, compter les passes des joueurs en blanc détourne l’attention du gorille, qui ne partage pas de traits communs avec les cibles suivies. - Most et al., 2005

  • La cécité au changement rend les modifications d’éléments centraux plus faciles à détecter que celles d’éléments marginaux ou périphériques.

  • La méthode des juges classe comme central un élément rappelé par au moins la moitié des participants, et comme périphérique un élément rappelé par moins de la moitié.

  • Les changements centraux sont perçus par la majorité des sujets dès le premier essai, tandis que les changements marginaux peuvent nécessiter jusqu’à 10 essais.

  • Le système attentionnel superviseur coordonne et régule stratégiquement l’attention lors de tâches nouvelles ou de décisions exigeant des stratégies d’adaptation, apportant ainsi de la flexibilité à l’organisme.

Astuce mémo

Central : changements détectés tôt ; marginal : tardivement

10. Systèmes et tâches de mémoire

Notions clés & Définitions

  • Mémoire : Tulving, 2000 - Fonction cognitive qui permet d’encoder, de stocker et de récupérer des informations.
  • Mémoire procédurale : Cohen et Squire, 1980 - Représentations d’aptitudes cognitives et motrices qui ne sont pas consciemment évoquées et sont difficilement verbalisables.
  • Mémoire procédurale : La mémoire procédurale concerne les représentations d’aptitudes cognitives et motrices difficilement verbalisables, indissociables de l’action et exprimées sans conscience pendant l’activité.
  • Mémoire déclarative : La mémoire déclarative concerne des représentations de faits ou d’événements accessibles à une récupération consciente et verbalisable, exprimées dans le langage ou sous forme d’images mentales.

★ À maîtriser

  • 🔄 La mémorisation comprend :

    1. l’encodage des informations
    2. leur stockage sous forme de traces mnésiques
    3. leur récupération pour les utiliser
  • Les tâches de rappel exigent une recherche active pour produire une réponse, tandis que les tâches de reconnaissance demandent d’identifier un élément appris parmi des éléments nouveaux et donnent généralement de meilleures performances.

  • La mémoire à court terme maintient un nombre limité d’informations pendant une durée brève, tandis que la mémoire à long terme permet de conserver des informations de manière durable.

  • La mémoire épisodique porte sur des événements vécus que l’on peut replacer dans leur contexte spatio-temporel, tandis que la mémoire sémantique conserve des connaissances générales dépourvues de ce contexte. - Tulving, 1972

  • La mémoire procédurale et la mémoire déclarative fonctionnent en parallèle, et la mémoire déclarative se subdivise en composantes épisodique et sémantique.

Compléments

  • Hermann Ebbinghaus (1885) est considéré comme le premier à avoir appliqué la démarche expérimentale à l’étude de la mémoire.

  • La mémoire humaine comprend plusieurs systèmes, dont les durées de stockage vont de fractions de seconde à plusieurs années et dont les capacités varient de tampons limités à une mémoire à long terme d’une capacité apparemment quasi illimitée.

  • Les tâches de rappel peuvent être (Lockhart, 2000) : sérielles, lorsque les éléments doivent être restitués dans leur ordre de présentation, libres, lorsque l’ordre est libre, indicées, lorsqu’un indice lié à l’élément est fourni

📌 Les approches fonctionnelles étudient surtout les processus de mémoire, tandis que les approches structurales mettent l’accent sur les systèmes mnésiques distincts.

  • Dans l’approche structurale, une lésion cérébrale peut altérer un système mnésique tout en laissant d’autres systèmes intacts, ce qui constitue le principe de dissociation.

  • Tulving (1983) définit la mémoire épisodique comme à l’origine du souvenir d’événements propres à l’expérience individuelle, localisés dans le temps et l’espace.

  • La mémoire sémantique conserve des connaissances générales sur le sens des mots et des objets, les événements et le monde, ainsi que les relations et règles qui les organisent; elle est nécessaire à l’utilisation du langage.

Astuce mémo

Encodage → stockage → récupération

11. Mémoire implicite et explicite

Notions clés & Définitions

  • Mémoire explicite : La mémoire explicite concerne les situations où le sujet récupère consciemment ou volontairement une information particulière.
  • Mémoire implicite : La mémoire implicite reflète l’influence d’une expérience préalable sur certaines tâches sans impliquer le souvenir intentionnel et conscient d’un événement passé.

★ À maîtriser

  • Les termes de mémoire implicite et explicite ont été proposés par Graf et Schacter (1985) pour distinguer des systèmes mnésiques agissant respectivement de manière inconsciente et consciente.

Compléments

  • La mémoire explicite est évaluée par trois tâches :
    • rappel libre
    • rappel indicé
    • reconnaissance

📌 La distinction entre mémoire implicite et explicite recoupe en partie celles entre mémoire sémantique et épisodique, ainsi qu’entre mémoire déclarative et procédurale.

Astuce mémo

Explicite : souvenir volontaire ; implicite : influence d’une expérience sans souvenir intentionnel.

12. Modèle sériel d’Atkinson et Shiffrin

Notions clés & Définitions

  • Registre d’informations sensorielles : Le registre d’informations sensorielles (RIS) enregistre brièvement les stimuli dans leur modalité sensorielle et les conserve de façon exhaustive afin que le traitement en extraie l’information utile à leur identification.
  • Mémoire à court terme : La mémoire à court terme (MCT) reçoit du RIS les informations sélectionnées par l’attention, les stocke provisoirement sous une forme qui peut différer du stimulus et les maintient grâce à la répétition mentale.
  • Mémoire à long terme : La mémoire à long terme (MLT) conserve les informations traitées sans limite de capacité et peut les maintenir de manière permanente selon leurs dimensions sensorielles et leurs propriétés sémantiques.

★ À maîtriser

📌 La mémoire à court terme permet d’utiliser une information pendant une durée très brève, tandis que la mémoire à long terme permet d’utiliser des informations acquises lors d’expériences lointaines.

  • Le modèle distingue trois structures : (Atkinson et Shiffrin, 1968) :
    • le registre d’informations sensorielles (RIS)
    • la mémoire à court terme (MCT)
    • la mémoire à long terme (MLT)
  • En 1960, Sperling a présenté 12 lettres en trois lignes de quatre pendant 50 millisecondes ; le rappel libre immédiat était d’environ quatre lettres, tandis que le rappel sélectif d’une ligne indiquait qu’environ neuf lettres étaient brièvement disponibles.

Compléments

  • Les processus de contrôle concernent : (Atkinson et Shiffrin, 1968) :

    • le codage des informations
    • la répétition mentale
    • la recherche en mémoire
  • Dans le modèle d’Atkinson et Shiffrin, les informations restent dans le RIS moins d’une seconde avant d’être traitées à l’étape suivante ou perdues.

  • Chez Sperling, lorsque le signal sonore de rappel était retardé de plus d’une seconde, le rappel tombait à environ la moitié des lettres.

  • Dans le modèle d’Atkinson et Shiffrin, la MCT conserve provisoirement les informations pendant environ 30 secondes et sa capacité est limitée.

  • Dans le modèle d’Atkinson et Shiffrin, la MCT est l’élément central du système et contribue au stockage ainsi qu’aux processus de contrôle reliant la mémoire à long terme.

  • La MLT est organisée par les apprentissages du sujet, et cette organisation joue un rôle important dans la récupération des informations.

Astuce mémo

Stimulus → RIS → MCT → MLT

13. Arguments pour distinguer MCT et MLT

Notions clés & Définitions

  • Effet de primauté : L’effet de primauté est le meilleur rappel des items présentés au début d’une liste.
  • Effet de récence : L’effet de récence est le meilleur rappel des items présentés à la fin d’une liste.

★ À maîtriser

  • Brenda Milner (1959) rapporte qu’après une opération retirant une partie importante des lobes temporaux, le patient H.M. présente une amnésie et une mémoire à long terme sévèrement atteinte, alors que sa mémoire à court terme est préservée.

  • Shallice et Warrington (1970) décrivent le patient K.F., dont la mémoire à court terme est très faible alors que les capacités d’apprentissage à long terme semblent préservées.

📌 Les cas H.M. et K.F. constituent une double dissociation neuropsychologique montrant que la MCT et la MLT sont distinctes et que la MCT n’est pas un passage obligatoire pour apprendre à long terme.

  • Dans l’expérience de Murdock (1962), les premiers et les derniers mots d’une liste sont mieux rappelés que les mots du milieu.
  • Murdock (1962) associe l’effet de récence à la MCT et l’effet de primauté ainsi que la partie centrale de la courbe à la MLT.

Compléments

  • Dans l’expérience de Murdock (1962), augmenter le temps de présentation des mots améliore le rappel des premiers items sans modifier la partie de la courbe associée à la MCT.
  • Dans l’expérience de Postman et Phillips (1965), compter à rebours après la présentation d’une liste réduit l’avantage de rappel des derniers mots, sans altérer le rappel des premiers mots ni des mots du milieu.

Astuce mémo

Primauté associée à la MLT, récence à la MCT.

14. Capacité et oubli en mémoire courte

Notions clés & Définitions

  • Empan mnésique : L’empan mnésique est la plus longue séquence d’items qui peut être rappelée dans l’ordre après une seule présentation et sert à mesurer la capacité de la MCT.

★ À maîtriser

  • Miller (1956) estime l’empan moyen de la MCT à 7 ± 2 éléments, soit généralement de 5 à 9 items.

  • Dans l’épreuve de Brown-Peterson, le rappel des consonnes diminue lorsque le délai de rétention augmente et devient presque nul après 18 secondes de comptage à rebours.

📌 L’oubli en MCT peut s’expliquer soit par l’effacement de la trace avec le temps, soit par l’interférence de nouvelles informations qui remplacent les anciennes.

  • Waugh et Norman (1965) montrent que, dans leur tâche de rappel d’un chiffre après un chiffre témoin, la probabilité de rappel diminue surtout lorsque le nombre d’items interférents augmente, davantage qu’avec le délai de rétention.

Compléments

  • Le regroupement en chunks permet de dépasser la limite apparente de l’empan : la séquence 1, 4, 0, 7, 1, 7, 8, 9 peut être regroupée en trois unités sous la forme de la date 14-07-1789. - Miller, 1956

📌 L’interférence rétroactive est produite par les nouveaux items qui entrent en MCT, tandis que l’interférence proactive est produite par les items déjà présents en MCT.

Astuce mémo

Le nombre d’items interférents pèse davantage que le délai dans l’oubli.

15. Codage et mémoire de travail

Notions clés & Définitions

  • Paradigme de charge mentale : Le paradigme de charge mentale demande au sujet de retenir un ou plusieurs items tout en réalisant une autre tâche, comme du raisonnement ou de l’apprentissage.

★ À maîtriser

  • Shepard et Metzler (1971) observent que le temps de réponse à une tâche de comparaison de figures identiques en rotation est proportionnel à l’angle de rotation, ce qui soutient l’existence d’un codage visuel en MCT.

  • Baddeley et Hitch (1974) proposent la mémoire de travail car le modèle de la MCT comme registre unique de stockage et de traitement rend mal compte des résultats de tâches concurrentes.

  • Dans l’expérience de Baddeley et Hitch (1974), retenir six chiffres en parallèle d’une tâche d’apprentissage entraîne une baisse importante des performances, contrairement à une charge de trois chiffres, qui n’a pas cet effet.

Compléments

  • Les erreurs de confusion acoustique, comme le remplacement de F par S ou de C par T, soutiennent l’hypothèse d’un codage verbal des informations en MCT.

  • Dans l’expérience de Wickelgren (1965), le rappel de quatre lettres est moins exact lorsque les lettres interférentes sont phonétiquement proches des lettres à retenir.

  • Wickens, Dalezman et Eggemeier (1976) montrent que l’interférence proactive dans la tâche de Brown-Peterson diminue davantage lorsque la distance sémantique entre les catégories d’essais augmente. - Wickens, Dalezman & Eggemeier

  • Baddeley et Hitch concluent que la compétition entre stockage et traitement apparaît lorsque la charge en mémoire approche l’empan mnésique.

16. Modèle multicomposant de la mémoire de travail

Notions clés & Définitions

  • Mémoire de travail : Selon Baddeley (1990), la mémoire de travail est un système de maintien temporaire et de manipulation de l’information, nécessaire aux activités cognitives complexes comme la compréhension, l’apprentissage et le raisonnement.
  • Boucle phonologique : La boucle phonologique traite et maintient temporairement les informations verbales, présentées auditivement ou visuellement, et intervient notamment dans les activités arithmétiques et le langage oral ou écrit.
  • Centre exécutif : Le centre exécutif est un système attentionnel de contrôle qui coordonne les sous-systèmes de stockage, gère les échanges entre eux et la mémoire à long terme, et sélectionne les actions les plus efficaces.
  • Buffer épisodique : Baddeley, 2000 - Le buffer épisodique est un système de stockage temporaire à capacité limitée, contrôlé par le centre exécutif, qui combine des informations de codes différents en une représentation multidimensionnelle cohérente.

★ À maîtriser

📌 La mémoire à court terme (MCT) assure uniquement la rétention brève de l’information, tandis que la mémoire de travail (MDT) stocke temporairement l’information et permet de la traiter.

  • Le modèle multicomposant de Baddeley est un modèle structural hiérarchisé comprenant un centre exécutif et des sous-systèmes esclaves : la boucle phonologique, le calepin visuo-spatial et le buffer épisodique. - Baddeley & Hitch, 1974

  • La boucle articulatoire rafraîchit les traces phonologiques par répétition subvocale et convertit les informations verbales présentées visuellement en codes phonologiques, tandis que les informations auditives accèdent directement au stockage phonologique.

  • Le calepin visuo-spatial maintient et manipule temporairement les informations visuelles et spatiales et intervient dans la génération et la manipulation d’images mentales.

Compléments

  • L’unité de stockage phonologique conserve brièvement les informations verbales sous forme de codes phonologiques, pendant environ 1,5 à 2 secondes, et ne peut en maintenir qu’une quantité limitée.

📌 D’après Logie (1995), le cache visuel maintient temporairement les configurations visuelles, notamment la forme et la couleur, tandis que le scribe interne traite les informations spatiales et le mouvement par répétition active.

  • Baddeley (1996) attribue au centre exécutif quatre fonctions :

    • le partage de l’attention entre deux tâches
    • la flexibilité attentionnelle
    • la sélection de l’information pertinente
    • le stockage et le traitement simultanés d’informations de la mémoire à long terme
  • Le buffer épisodique intègre temporairement des informations issues des autres composants de la mémoire de travail et de la mémoire à long terme, en les organisant dans une structure cohérente à la fois spatialement et temporellement, telle qu’une scène ou un épisode. - Baddeley, 2000 ; 2001

  • Dans une étude de Baddeley, Vallar et Wilson (1987), les participants rappelaient environ 5 mots non reliés, mais jusqu’à 16 mots lorsqu’ils pouvaient organiser les mots en phrases.

17. Fonctions exécutives et contrôle attentionnel

Notions clés & Définitions

  • Fonctions exécutives : Dubois et al., 1994 - Les fonctions exécutives sont des processus de haut niveau qui contrôlent et régulent les activités cognitives et les comportements dirigés vers un but, en particulier dans les situations complexes et nouvelles.

★ À maîtriser

📌 Dans l’approche fonctionnelle, la mémoire de travail n’est pas une structure cognitive indépendante, mais une zone activée de la mémoire à long terme sur laquelle des opérations sont engagées. - Anderson, 1993

  • Dans les théories de l’activation, la présentation d’une information active automatiquement des concepts de la mémoire à long terme, et un élément devient accessible à la tâche lorsqu’il dépasse son seuil d’activation. - Cowan, 1988

  • Le modèle de Cowan comprend un registre sensoriel, un registre à long terme et un registre à court terme, ou mémoire activée, qui constitue un sous-ensemble actif de la mémoire à long terme.

📌 Le syndrome frontal dorsolatéral se caractérise par une perte d’initiative, de l’inertie et des difficultés à générer des concepts ou à élaborer des plans, tandis que le syndrome orbitofrontal se manifeste par la désinhibition, l’hyperactivité, l’impulsivité, un jugement social altéré et une dépendance accrue à l’environnement.

  • Le modèle de Norman et Shallice distingue les schémas d’action automatiques, le gestionnaire de conflits qui sélectionne entre des routines concurrentes et le système attentionnel superviseur, sollicité notamment dans les situations nouvelles ou lorsque les routines sont insuffisantes.

Compléments

  • Dans l’approche fonctionnelle, la capacité limitée de la mémoire de travail est définie en termes de quantité d’activation inhérente à la mémoire à long terme.

📌 Le modèle de Cowan distingue un processus d’activation automatique d’éléments de la mémoire à long terme par les stimuli externes et un processus de contrôle à capacité limitée qui sélectionne les éléments et régule le focus attentionnel ainsi que les traitements.

  • Rabbitt (1997) décrit les fonctions exécutives comme comprenant l’adaptation à la nouveauté, la planification et la mise en œuvre de stratégies, le contrôle et la régulation de l’action, l’ajustement à partir des informations en retour et l’inhibition des informations non pertinentes.

  • Les fonctions exécutives sont majoritairement associées aux structures cérébrales préfrontales.

  • Le système attentionnel superviseur intervient dans les situations nouvelles qui exigent planification ou prise de décision, l’inhibition de réponses habituelles, le maintien de buts à long terme et le contrôle ou le changement de stratégie. - Norman et Shallice, 1986

  • Baddeley (1986) considère que le centre exécutif de la mémoire de travail est équivalent au système attentionnel superviseur parce qu’il organise l’action lorsque les routines ne suffisent pas et qu’une attention délibérée est requise.

Astuce mémo

Schémas automatiques → gestionnaire de conflits → SAS en situation nouvelle

18. Fonctions exécutives spécifiques

Notions clés & Définitions

  • Shifting : Monsell, 1996 - Le shifting, ou flexibilité mentale, est la capacité à changer de tâche ou de stratégie mentale en se désengageant d’une activité devenue inappropriée pour s’engager dans une activité plus adaptée.
  • Mise à jour : Morris & Jones, 1990 - La mise à jour contrôle et code les informations entrant en mémoire de travail selon leur pertinence pour la tâche, puis remplace les éléments devenus moins pertinents par d’autres qui le sont davantage.
  • Inhibition : Hasher & Zacks, 1988 - L’inhibition est la capacité à supprimer délibérément une réponse dominante et automatique ou une information non pertinente pour la tâche.

Points essentiels

  • Dans le Wisconsin Card Sorting Test, le participant classe des cartes selon la couleur, la forme ou le nombre et doit changer de critère après six réponses consécutives correctes suivies d’un retour d’erreur.

  • Dans le N-Back Letter test, le participant écoute une séquence aléatoire de 27 lettres et indique pour chaque lettre si elle appartient aux trois dernières lettres présentées.

  • Dans la condition d’interférence de la tâche de Stroop, le participant doit nommer la couleur d’impression d’un mot désignant une autre couleur, en inhibant la tendance à lire le mot.

Teste tes connaissances

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1. Que désigne l’introspection en psychologie ?

2. Après une période de rétention, une personne réapprend une liste et l’on compte les répétitions nécessaires pour la maîtriser à nouveau. Quelle méthode de test de la mémoire utilise-t-on ?

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Révisez avec les flashcards

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Qu’est-ce que l’introspection ?

L’observation de ses propres sensations ou états mentaux.

Qui est considéré comme le fondateur de la psychologie expérimentale ?

Wilhelm Wundt, en 1879.

Quel objectif poursuit la psychologie behavioriste selon Watson (1913) ?

La prédiction et le contrôle du comportement.

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