QCM : Pouvoir, domination et État (60 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Qu’est-ce qui caractérise un énoncé scientifique par rapport à une croyance personnelle ?

Il exprime une conviction cohérente avec l’expérience de celui qui l’énonce.
Il reflète les préférences du chercheur lorsqu’elles sont partagées par un groupe.
Il vise une objectivité indépendante des opinions et des convictions personnelles.
Il présente comme évident ce que la plupart des personnes tiennent pour vrai.

Il vise une objectivité indépendante des opinions et des convictions personnelles.

Explication

Un énoncé scientifique cherche à être objectif et à ne pas dépendre des opinions, croyances ou préférences personnelles. Une conviction personnelle peut sembler fondée à celui qui la défend sans pour autant répondre à cette exigence d’objectivité.

2. Une idée paraît naturelle et évidente, si bien que personne ne pense à la remettre en question : à quoi correspond-elle ?

À une explication issue de la sociologie spontanée et des expériences individuelles.
À une évidence relevant du sens commun et allant de soi.
À une hypothèse scientifique vérifiée par des observations répétées.
À une rupture épistémologique qui transforme les idées reçues.

À une évidence relevant du sens commun et allant de soi.

Explication

Le sens commun désigne ce qui semble évident, naturel et aller de soi sans examen spontané. Une hypothèse vérifiée relève d’une démarche de contrôle plutôt que d’une évidence simplement admise.

3. Pour étudier une affirmation sociale qui lui paraît évidente, quelle démarche correspond à une rupture épistémologique ?

S’appuyer sur son expérience personnelle pour confirmer l’interprétation la plus familière.
Prendre de la distance avec ses prénotions, puis vérifier et remettre à l’épreuve l’affirmation.
Adopter l’explication inverse afin de ne pas reproduire les idées courantes.
Écarter les croyances individuelles en choisissant l’explication la plus répandue.

Prendre de la distance avec ses prénotions, puis vérifier et remettre à l’épreuve l’affirmation.

Explication

La rupture épistémologique demande de mettre à distance ses croyances et préjugés afin d’interroger les évidences et de vérifier les affirmations. Penser simplement le contraire d’une idée reçue ne constitue pas cette démarche de vérification.

4. Une chercheuse interprète un phénomène selon ses croyances et ses préférences personnelles : quelle notion décrit cette influence de son point de vue individuel ?

La subjectivité, puisqu’elle dépend de caractéristiques propres à l’individu.
Le jugement de fait, puisqu’elle décrit des données observées.
L’objectivité, puisqu’elle formule une interprétation personnelle.
La neutralité axiologique, puisqu’elle explique le phénomène social.

La subjectivité, puisqu’elle dépend de caractéristiques propres à l’individu.

Explication

La subjectivité renvoie au point de vue individuel, notamment aux croyances, préférences et préjugés d’une personne. L’objectivité vise au contraire des énoncés qui ne dépendent pas des préférences personnelles.

5. Pourquoi l’objectivité exige-t-elle du chercheur un effort qui se poursuit au cours de ses recherches ?

Parce qu’il doit exclure toute interprétation afin de produire des faits sans examen.
Parce qu’il doit remplacer ses observations par des jugements moraux cohérents.
Parce qu’il doit remettre en question ses propres croyances pour éviter qu’elles orientent ses énoncés.
Parce qu’il doit conserver ses premières interprétations pour garantir la stabilité des résultats.

Parce qu’il doit remettre en question ses propres croyances pour éviter qu’elles orientent ses énoncés.

Explication

L’objectivité n’est pas acquise une fois pour toutes : elle suppose de réexaminer ses propres croyances. Conserver ses premières interprétations sans les questionner irait à l’encontre de cet effort continu.

6. Quelle formulation constitue un jugement de valeur ?

« Les données indiquent une hausse dans le groupe étudié. »
« Le taux observé diffère de celui de l’année précédente. »
« Ce résultat est défavorable et devrait être corrigé. »
« Le phénomène apparaît dans plusieurs des cas examinés. »

« Ce résultat est défavorable et devrait être corrigé. »

Explication

Un jugement de valeur évalue ce qui est bon, mauvais ou souhaitable et indique ce qui devrait être. Les autres formulations décrivent des observations sans énoncer directement une appréciation normative.

7. Dans une recherche sur un phénomène social controversé, que demande la neutralité axiologique selon Max Weber ?

De comprendre et d’expliquer les faits sans porter de jugement moral sur eux.
De présenter les conduites étudiées comme bonnes ou mauvaises selon leur impact.
D’exprimer une préférence morale, à condition de la distinguer des résultats.
D’éviter l’explication des faits lorsque ceux-ci suscitent des désaccords moraux.

De comprendre et d’expliquer les faits sans porter de jugement moral sur eux.

Explication

Pour Max Weber, la neutralité axiologique demande au chercheur de comprendre et d’expliquer les faits sociaux sans émettre de jugement moral à leur sujet. Une préférence morale, même signalée comme telle, ne correspond pas à cette exigence dans l’analyse des faits.

8. Quelle caractéristique définit une loi scientifique ?

Une association statistique entre des phénomènes qui ne précise pas leur lien causal.
Une tendance observée dans certains groupes, dont la force dépend des circonstances.
Une relation probable qui décrit ce qui arrive plus souvent dans un contexte donné.
Une relation stable, constante et universelle entre plusieurs phénomènes.

Une relation stable, constante et universelle entre plusieurs phénomènes.

Explication

Une loi scientifique établit une relation stable, constante et universelle entre deux ou plusieurs phénomènes. Une tendance observée dans certains groupes correspond plutôt à une régularité probable qu’à une loi universelle.

9. Dans une étude, deux phénomènes varient ensemble sur le plan statistique : que permet de conclure cette corrélation à elle seule ?

Qu’une hausse de l’un provoque une baisse de l’autre.
Qu’une relation statistique existe, sans établir automatiquement une causalité directe.
Qu’une loi universelle relie nécessairement les deux phénomènes.
Qu’un phénomène cause directement l’autre dans les cas observés.

Qu’une relation statistique existe, sans établir automatiquement une causalité directe.

Explication

Une corrélation établit une relation statistique entre deux phénomènes, mais ne suffit pas à démontrer une causalité directe. L’existence d’une association ne permet donc pas, à elle seule, d’affirmer que l’un des phénomènes provoque l’autre.

10. Comment formuler prudemment une relation causale observée en sciences sociales ?

Comme une simple corrélation, en affirmant qu’elle établit une cause directe.
Comme une tendance probable, par exemple en indiquant que le phénomène se produit plus souvent.
Comme une relation certaine dès lors que deux phénomènes évoluent ensemble.
Comme une règle universelle qui s’applique à chaque individu dans toutes les situations.

Comme une tendance probable, par exemple en indiquant que le phénomène se produit plus souvent.

Explication

Les relations causales en sciences sociales sont généralement formulées comme des tendances probables, par exemple avec l’expression « plus souvent ». Une relation statistique entre deux phénomènes ne suffit pas à établir une cause directe ni une règle universelle.

11. Quelle distinction caractérise les dimensions théorique et empirique du travail scientifique ?

La dimension théorique défend une cause, tandis que la dimension empirique construit une représentation abstraite.
La dimension théorique classe les institutions, tandis que la dimension empirique choisit les objectifs de la recherche.
La dimension théorique recueille les faits, tandis que la dimension empirique formule des prescriptions sur la réalité.
La dimension théorique interprète la réalité, tandis que la dimension empirique confronte les propositions aux faits.

La dimension théorique interprète la réalité, tandis que la dimension empirique confronte les propositions aux faits.

Explication

La dimension théorique construit une représentation et une interprétation de la réalité, alors que la dimension empirique met les propositions à l’épreuve des faits. Confondre ces fonctions reviendrait à attribuer à la dimension empirique la construction de l’interprétation.

12. Que fait un chercheur lorsqu’il réalise un test d’empiricité ?

Il classe les propositions selon leur popularité auprès des groupes concernés par le phénomène.
Il transforme une proposition théorique en prescription destinée à guider les acteurs politiques.
Il compare plusieurs interprétations théoriques afin de retenir celle qui paraît la plus cohérente.
Il confronte sérieusement et rigoureusement des propositions théoriques à des éléments observables et vérifiables.

Il confronte sérieusement et rigoureusement des propositions théoriques à des éléments observables et vérifiables.

Explication

Un test d’empiricité confronte rigoureusement les propositions théoriques à des éléments observables et vérifiables. La cohérence entre interprétations ne suffit pas à constituer cette confrontation aux faits.

13. Une proposition théorique n’est jamais confrontée à des faits observables : peut-elle relever d’une démarche scientifique ?

Oui, si la proposition est formulée par un chercheur dans un cadre théorique explicite.
Oui, si la proposition propose une interprétation cohérente du phénomène étudié.
Non, car une démarche scientifique exige une vérification empirique des propositions.
Non, car toute proposition théorique doit être remplacée par une description des faits.

Non, car une démarche scientifique exige une vérification empirique des propositions.

Explication

La vérification empirique est nécessaire à la démarche scientifique : sans elle, les propositions ne sont pas confrontées aux faits. Une interprétation cohérente, à elle seule, ne remplace pas cette vérification.

14. Quel est l’objet et le but général de la science politique ?

Déterminer les règles juridiques qui devraient encadrer les institutions et les gouvernants.
Étudier scientifiquement les phénomènes politiques afin de produire des connaissances sur l’ordre politique.
Évaluer les principes moraux qui devraient orienter les choix des acteurs politiques.
Défendre un programme politique afin d’obtenir l’adhésion à un ordre politique particulier.

Étudier scientifiquement les phénomènes politiques afin de produire des connaissances sur l’ordre politique.

Explication

La science politique étudie les phénomènes politiques selon une démarche scientifique et vise à produire des connaissances sur l’ordre politique. Défendre un programme relève plutôt de la persuasion politique que de cet objectif d’étude.

15. Quel phénomène la science politique peut-elle étudier lorsqu’un groupe cherche à influencer une décision publique et à faire reconnaître un enjeu social comme politique ?

La recherche d’attention publique par la mise en scène médiatique de l’enjeu.
La formulation des principes moraux qui devraient guider le groupe et les gouvernants.
La détermination des règles juridiques applicables à la décision et à ses effets.
Les tentatives d’influence sur le pouvoir et de politisation des phénomènes sociaux.

Les tentatives d’influence sur le pouvoir et de politisation des phénomènes sociaux.

Explication

L’étude des tentatives d’influence sur le pouvoir et des efforts visant à politiser des phénomènes sociaux fait partie des objets de la science politique. Déterminer les règles juridiques applicables correspond plutôt à une analyse juridique.

16. En quoi la visée de la science politique la distingue-t-elle notamment de la philosophie politique ?

Elle recherche l’attention du public, tandis que la philosophie défend les intérêts des gouvernants.
Elle prescrit des normes de gouvernement, tandis que la philosophie décrit les institutions existantes.
Elle interprète les règles juridiques, tandis que la philosophie cherche à convaincre les électeurs.
Elle analyse objectivement le fonctionnement politique, tandis que la philosophie réfléchit à ce qui devrait être.

Elle analyse objectivement le fonctionnement politique, tandis que la philosophie réfléchit à ce qui devrait être.

Explication

La science politique vise l’analyse objective du fonctionnement politique, tandis que la philosophie politique réfléchit notamment à ce qui devrait être. La prescription normative ne caractérise donc pas la visée propre de la science politique.

17. Une étude cherche à comprendre pourquoi une forme de gouvernement existe, sans défendre de cause ni recommander une conduite : quelle démarche adopte-t-elle ?

Une démarche explicative qui cherche à rendre compte d’un phénomène politique.
Une démarche militante qui défend une cause auprès des acteurs politiques.
Une démarche normative qui indique comment les acteurs devraient gouverner.
Une démarche juridique qui établit les règles applicables aux gouvernants.

Une démarche explicative qui cherche à rendre compte d’un phénomène politique.

Explication

La science politique cherche à expliquer pourquoi un phénomène existe plutôt qu’à défendre une cause ou prescrire une conduite. Recommander comment les acteurs devraient gouverner relèverait d’une démarche normative.

18. Pourquoi une définition de la science politique centrée sur l’État est-elle considérée comme restrictive ?

Parce que l’État varie selon les sociétés et que cette définition se concentre sur l’activité des gouvernants.
Parce que cette définition décrit les pratiques sociales sans s’intéresser aux institutions politiques.
Parce que cette définition écarte l’étude des sociétés dépourvues de gouvernants et de relations de pouvoir.
Parce que l’État englobe toutes les formes de pouvoir et que cette définition dépasse l’objet politique.

Parce que l’État varie selon les sociétés et que cette définition se concentre sur l’activité des gouvernants.

Explication

L’État n’existe pas partout sous la même forme, et une définition centrée sur lui tend à réduire l’étude à l’activité des gouvernants. À l’inverse, une définition fondée sur le pouvoir en général risque d’être trop large.

19. Quel problème pose une définition de la science politique comme science du pouvoir lorsqu’elle inclut toutes les formes de pouvoir ?

Elle devient trop étroite, car elle limite l’étude aux activités des gouvernants d’État.
Elle devient trop large, car certaines formes de pouvoir ne sont pas politiques.
Elle devient juridique, car elle assimile toute relation de pouvoir à une règle de droit.
Elle devient descriptive, car elle renonce à étudier les sociétés dépourvues d’État.

Elle devient trop large, car certaines formes de pouvoir ne sont pas politiques.

Explication

La définition par le pouvoir permet d’étudier des sociétés sans État, mais elle devient trop large si elle inclut des pouvoirs qui ne sont pas politiques. La restriction à l’activité des gouvernants correspond plutôt à la limite d’une définition centrée sur l’État.

20. Quel enchaînement décrit correctement la constitution progressive de la discipline française de science politique ?

Création de l’IEP de Paris et de la FNSP en 1945, association en 1954, cours en licence de droit en 1949, section autonome en 1969, traité en 1985.
Création de l’IEP de Paris et de la FNSP en 1945, association en 1949, cours en licence de droit en 1954, section autonome en 1969, traité en 1985.
Création de l’IEP de Paris et de la FNSP en 1945, association en 1949, section autonome en 1954, cours en licence de droit en 1969, traité en 1985.
Création de l’IEP de Paris et de la FNSP en 1945, cours en licence de droit en 1949, association en 1954, traité en 1969, section autonome en 1985.

Création de l’IEP de Paris et de la FNSP en 1945, association en 1949, cours en licence de droit en 1954, section autonome en 1969, traité en 1985.

Explication

La discipline se constitue par étapes : les institutions fondatrices apparaissent en 1945, l’association en 1949, les cours en licence de droit en 1954, la section autonome en 1969 et le traité en 1985. L’ordre qui place les cours avant la création de l’association inverse les étapes de 1949 et 1954.

21. Dans une campagne où plusieurs acteurs cherchent à obtenir des postes de décision, quel sens de « la politique » est illustré ?

La mise en œuvre de programmes destinés à organiser la société
La régulation des conflits par des normes et des sanctions
L’étude des relations entre États et organisations internationales
La compétition pour acquérir et exercer le pouvoir politique

La compétition pour acquérir et exercer le pouvoir politique

Explication

La politique peut désigner les activités menées par des acteurs en compétition pour acquérir et exercer le pouvoir politique. Les programmes d’action publique relèvent plutôt des politiques publiques.

22. Comment appelle-t-on les lignes de conduite par lesquelles des dirigeants entendent organiser un espace social ?

La politique, comprise comme une compétition pour le pouvoir
La sociologie politique, consacrée aux comportements des acteurs
Des politiques publiques, conçues comme des programmes d’action
Le politique, conçu comme une instance de régulation sociale

Des politiques publiques, conçues comme des programmes d’action

Explication

Les politiques publiques sont des lignes de conduite ou des programmes d’action publique visant à régir ou organiser des espaces sociaux. La compétition pour obtenir le pouvoir correspond à un autre sens de la politique.

23. Dans une société traversée par des conflits, quel rôle caractérise le politique ?

Organiser la compétition des groupes pour l’accès aux institutions
Permettre aux dirigeants de mener des programmes d’action publique
Étudier les rapports entre les États dans l’ordre international
Réguler la vie collective par des normes, des sanctions et des contrôles

Réguler la vie collective par des normes, des sanctions et des contrôles

Explication

Le politique contribue à la cohésion sociale en régulant les conflits au moyen de normes, de sanctions et de contrôles. Les programmes d’action publique sont plutôt désignés par l’expression « politiques publiques ».

24. Quelle liste rassemble les quatre grandes branches de la science politique ?

Théorie politique, sociologie politique, sociologie des politiques publiques et relations internationales
Théorie politique, économie internationale, sociologie électorale et relations diplomatiques
Philosophie politique, droit constitutionnel, économie publique et administration territoriale
Sociologie générale, histoire politique, droit international et gestion des institutions

Théorie politique, sociologie politique, sociologie des politiques publiques et relations internationales

Explication

Les quatre branches sont la théorie politique, la sociologie politique, la sociologie des politiques publiques et les relations internationales. Le droit constitutionnel et l’économie publique ne figurent pas dans cette liste.

25. Que cherche-t-on à établir lorsqu’on procède au repérage du politique ?

Si une politique publique a atteint les résultats prévus
Si un phénomène social doit être considéré comme politique
Si un conflit social peut être résolu par une décision juridique
Si un acteur a obtenu une fonction au sein d’une institution

Si un phénomène social doit être considéré comme politique

Explication

Le repérage du politique consiste à déterminer si un phénomène social relève du politique, ce qui peut être difficile à établir. Évaluer les résultats d’un programme public est une autre démarche.

26. Une mobilisation fait entrer un fait social dans le champ politique : quel processus décrit cette évolution ?

La dépolitisation, qui tend à retirer le fait du champ politique
La régulation, qui organise la société au moyen de sanctions
La socialisation, qui rend les normes collectives familières
La politisation, qui dépend du contexte et des rapports de force

La politisation, qui dépend du contexte et des rapports de force

Explication

La politisation est le processus par lequel un fait social devient politique dans une société et à un moment donnés, selon le contexte et les rapports de force. La dépolitisation tend au contraire à écarter un fait du champ politique.

27. Quelle affirmation correspond à la conception de Jean Leca sur les frontières du politique ?

Un phénomène est politique dès qu’il concerne un grand nombre de personnes
Les frontières du politique sont déterminées par des règles juridiques stables
Seuls les actes des institutions publiques relèvent du politique
Tout peut devenir politique, et les rapports de force sociaux en fixent les frontières

Tout peut devenir politique, et les rapports de force sociaux en fixent les frontières

Explication

Jean Leca soutient que tout est potentiellement politique et que les rapports de force entre groupes sociaux déterminent les frontières du politique. La conception institutionnelle qui limite le politique aux actes des pouvoirs publics est plus étroite.

28. Un responsable dispose d’une capacité personnelle à influencer une décision, sans que cette capacité soit liée à son poste, et l’exerce dans un échange avec d’autres acteurs. Quelles définitions du pouvoir sont illustrées ?

La définition interactionniste pour la capacité et la définition institutionnelle pour la relation
La définition institutionnelle pour la capacité et la définition substantialiste pour la relation
La définition substantialiste pour les deux, puisque le responsable agit personnellement
La définition substantialiste pour la capacité et la définition interactionniste pour la relation

La définition substantialiste pour la capacité et la définition interactionniste pour la relation

Explication

La définition substantialiste traite le pouvoir comme une capacité détenue par un acteur, tandis que la définition interactionniste le situe dans une relation entre individus. La définition institutionnelle rattache plutôt le pouvoir à une fonction liée à une institution.

29. Dans une relation sociale où les autres résistent, que désigne le pouvoir selon Max Weber ?

La fonction exercée par un individu au sein d’une institution
La capacité d’un individu à faire prévaloir sa volonté
L’influence qui masque aux individus la perception de leurs intérêts
L’acceptation d’une règle parce qu’elle paraît normale et évidente

La capacité d’un individu à faire prévaloir sa volonté

Explication

Pour Max Weber, le pouvoir est la capacité de faire prévaloir sa volonté dans une relation sociale, même face à la résistance d’autrui. Le fait de rendre ses intérêts imperceptibles renvoie plutôt à la conception de Steven Lukes.

30. Quelle forme de pouvoir Steven Lukes considère-t-il comme la plus poussée ?

Celle qui permet à un acteur de faire prévaloir sa volonté malgré une résistance
Celle qui conduit des individus à ne plus percevoir leurs intérêts ou à ne plus les défendre
Celle qui impose un ordre précis assorti d’une sanction en cas de désobéissance
Celle qui repose sur l’occupation d’une fonction au sein d’une institution

Celle qui conduit des individus à ne plus percevoir leurs intérêts ou à ne plus les défendre

Explication

Pour Steven Lukes, le pouvoir est particulièrement poussé lorsqu’il façonne les individus au point qu’ils ne perçoivent plus leurs intérêts ou ne cherchent plus à les défendre. Imposer un ordre précis relève du pouvoir d’injonction.

31. Un supérieur donne un ordre formel et précis, exige une obéissance immédiate et peut sanctionner le refus. De quel type de pouvoir s’agit-il ?

Du pouvoir lié à la socialisation, qui rend les contraintes normales ou évidentes
Du pouvoir substantialiste, qui correspond à une capacité détenue par un acteur
Du pouvoir interactionniste, qui se construit dans une relation entre individus
Du pouvoir d’injonction, qui prend la forme d’un ordre assorti d’une sanction possible

Du pouvoir d’injonction, qui prend la forme d’un ordre assorti d’une sanction possible

Explication

Le pouvoir d’injonction consiste en un ordre formel et précis demandant une obéissance immédiate, dont la désobéissance peut entraîner une sanction. Le pouvoir substantialiste désigne une capacité détenue par un acteur, et non cette forme particulière d’ordre.

32. Dans un contexte où les délinquants savent que les contrôles et les sanctions sont rarement appliqués, pourquoi une menace pénale risque-t-elle de moins dissuader ?

Parce qu’elle paraît peu crédible, ce qui peut inciter certains à risquer la sanction.
Parce qu’elle transforme automatiquement la sanction en privation de droits civiques.
Parce qu’elle remplace la surveillance par une négociation entre les personnes concernées.
Parce qu’elle rend les conséquences matérielles moins importantes que les conséquences symboliques.

Parce qu’elle paraît peu crédible, ce qui peut inciter certains à risquer la sanction.

Explication

Une menace favorise l’obéissance si les personnes pensent qu’elle peut réellement être mise à exécution. Une sanction sévère peut néanmoins dissuader moins efficacement si la politique pénale est peu présente ou peu appliquée.

33. Quelle conséquence peut sanctionner le refus d’obtempérer ?

Une attribution de fonctions de médiation au groupe récalcitrant.
Une exclusion d’une communion ou une menace d’exclusion sociale.
Une reconnaissance accrue de la légitimité de l’autorité contestée.
Une réduction automatique de la vitesse moyenne dans l’espace urbain.

Une exclusion d’une communion ou une menace d’exclusion sociale.

Explication

Le refus d’obtempérer peut entraîner des sanctions matérielles, juridiques, administratives ou symboliques, dont l’exclusion d’une communion ou une menace d’exclusion sociale. Une baisse de la vitesse moyenne relève plutôt de l’effet possible de la surveillance par radar.

34. Que désigne le pouvoir politique dans une société ?

Le système de sanctions qui intervient après chaque conflit entre individus.
La capacité d’un dirigeant à obtenir l’obéissance en raison de ses qualités personnelles.
L’ensemble des ressources économiques qui répartissent les richesses entre les groupes sociaux.
L’ensemble des fonctions et activités qui régulent les comportements des individus et des groupes.

L’ensemble des fonctions et activités qui régulent les comportements des individus et des groupes.

Explication

Le pouvoir politique rassemble les fonctions et les activités contribuant à réguler les comportements dans la société. La capacité d’un dirigeant fondée sur ses qualités personnelles correspond plutôt à un ressort de la domination charismatique.

35. Comment les inégalités de prestige, de richesse et de pouvoir peuvent-elles affecter la vie collective ?

Elles déplacent les conflits vers les seules institutions chargées de rendre la justice.
Elles conduisent les groupes sociaux à renoncer à leurs intérêts dans les conflits urbains.
Elles garantissent une répartition consensuelle des espaces entre les groupes concernés.
Elles produisent des tensions et des luttes, y compris autour de l’occupation de l’espace urbain.

Elles produisent des tensions et des luttes, y compris autour de l’occupation de l’espace urbain.

Explication

Les inégalités de prestige, de richesse et de pouvoir produisent des tensions et des luttes, et l’occupation de l’espace urbain peut elle aussi être conflictuelle. La présence de conflits ne garantit pas une répartition consensuelle des espaces.

36. Face à des conflits qui risquent de s’étendre, quel dispositif l’État peut-il mettre en place pour favoriser la paix ?

Des procédures de gestion des conflits et un arbitre chargé de proposer des solutions légitimes.
Des représentants chargés de faire appliquer les intérêts du groupe le plus puissant.
Des sanctions matérielles visant à supprimer les différences de prestige entre les groupes.
Des règles qui remplacent toute médiation par une décision prise dans chaque groupe.

Des procédures de gestion des conflits et un arbitre chargé de proposer des solutions légitimes.

Explication

L’aspiration à la paix favorise des procédures de gestion des conflits et le recours à un arbitre ou médiateur, qui limite les violences et propose des solutions légitimes. Imposer les intérêts du groupe le plus puissant ne correspond pas au rôle d’arbitrage décrit.

37. Quel double effet caractérise le pouvoir politique dans une société divisée ?

Il exerce une contrainte sur les groupes sans contribuer à organiser leur vie commune.
Il supprime les divisions en garantissant à chaque groupe une part égale de richesse.
Il favorise l’harmonie en renonçant à toute contrainte sur les comportements sociaux.
Il rend possible la vie commune tout en exerçant une contrainte sur les individus et les groupes.

Il rend possible la vie commune tout en exerçant une contrainte sur les individus et les groupes.

Explication

Le pouvoir politique contribue à l’harmonie et à la concorde en permettant la vie commune malgré les divisions, tout en contraignant les individus et les groupes sociaux. Il ne supprime pas pour autant les divisions ni les inégalités.

38. Dans la distinction de Max Weber, quelle différence sépare le pouvoir de la domination ?

Le pouvoir exprime le consentement à obéir, tandis que la domination désigne la capacité d’imposer une volonté.
Le pouvoir est la chance d’imposer sa volonté, tandis que la domination suppose des personnes prêtes à obéir à un ordre jugé normal.
Le pouvoir repose sur une tradition sacrée, tandis que la domination dépend des qualités particulières d’un chef.
Le pouvoir organise l’arbitrage des conflits, tandis que la domination désigne l’ensemble des fonctions politiques.

Le pouvoir est la chance d’imposer sa volonté, tandis que la domination suppose des personnes prêtes à obéir à un ordre jugé normal.

Explication

Chez Max Weber, le pouvoir désigne la chance d’imposer sa volonté, alors que la domination correspond à la chance de trouver des personnes disposées à obéir à un ordre considéré comme normal. L’inversion de ces deux notions confond précisément le pouvoir et la domination.

39. Pourquoi la force ne suffit-elle pas à garantir durablement l’exécution des décisions d’un pouvoir ?

Parce que les décisions durables dépendent des qualités personnelles du dirigeant.
Parce que la force ne peut intervenir qu’après que les décisions ont été acceptées.
Parce qu’une obéissance durable suppose aussi un minimum de consentement et de volonté d’obéir.
Parce que le consentement rend inutile toute décision prise par une autorité.

Parce qu’une obéissance durable suppose aussi un minimum de consentement et de volonté d’obéir.

Explication

La coercition peut imposer une décision par la force, mais elle ne suffit pas à en assurer durablement le respect ; les pouvoirs cherchent aussi un minimum de consentement. Les qualités personnelles d’un dirigeant relèvent plutôt de la croyance associée à la domination charismatique.

40. Pourquoi des personnes obéissent-elles à un pouvoir qu’elles jugent légitime ?

Elles pensent que ce pouvoir dispose de davantage de ressources matérielles.
Elles considèrent que les ordres ont été transmis par un chef aux qualités exceptionnelles.
Elles souhaitent éviter que l’autorité leur attribue un rôle de médiation.
Elles estiment que ce pouvoir est juste ou légitime.

Elles estiment que ce pouvoir est juste ou légitime.

Explication

La légitimité désigne ce qui conduit à obéir parce que le pouvoir est considéré comme juste ou légitime. La possession de ressources matérielles peut contribuer à un rapport de pouvoir, mais elle ne définit pas la légitimité.

41. Un groupe obéit à un dirigeant parce qu’il croit au caractère presque sacré de la tradition, plutôt qu’à ses qualités personnelles : quel type de domination cela illustre-t-il ?

La domination politique, fondée sur des procédures d’arbitrage des conflits sociaux.
La domination charismatique, fondée sur les qualités particulières reconnues à un chef.
La domination traditionnelle, fondée sur les vertus attribuées au temps et à la tradition.
La domination coercitive, fondée sur l’usage de la force pour imposer les décisions.

La domination traditionnelle, fondée sur les vertus attribuées au temps et à la tradition.

Explication

La domination traditionnelle repose sur la croyance dans les vertus du temps et dans le caractère presque sacré de la tradition. La domination charismatique s’appuie plutôt sur les qualités particulières attribuées à un chef.

42. Que désigne la légitimation d’un pouvoir politique ou social ?

Les mécanismes par lesquels un pouvoir impose ses décisions malgré le refus des gouvernés
Les processus par lesquels un pouvoir obtient des gouvernés qu’ils le reconnaissent comme légitime
Les règles qui organisent la répartition des fonctions politiques entre les gouvernés
Les stratégies par lesquelles les gouvernés remplacent les institutions qui les dirigent

Les processus par lesquels un pouvoir obtient des gouvernés qu’ils le reconnaissent comme légitime

Explication

La légitimation renvoie aux stratégies et aux processus qui conduisent les gouvernés à reconnaître un pouvoir comme légitime. Elle se distingue de la contrainte, qui peut imposer des décisions sans obtenir cette reconnaissance.

43. Pourquoi les détenteurs d’une domination doivent-ils réactiver les croyances qui la légitiment ?

Parce que ces croyances ne peuvent être transmises qu’en l’absence de contestation politique
Parce que la domination dépend de l’abolition des règles qui soutiennent les croyances collectives
Parce que les gouvernés cessent de reconnaître tout pouvoir dès que ses institutions changent
Parce que ces croyances peuvent s’éroder lorsque les faits les contredisent ou que des oppositions les combattent

Parce que ces croyances peuvent s’éroder lorsque les faits les contredisent ou que des oppositions les combattent

Explication

Les croyances légitimantes peuvent perdre leur force si les faits les contredisent ou si des oppositions et des minorités politiques les contestent. La contestation ne rend pas la reconnaissance impossible, mais oblige les détenteurs du pouvoir à entretenir sa légitimité.

44. Dans la société capitaliste décrite par Marx, quelle distinction oppose la bourgeoisie au prolétariat ?

La bourgeoisie possède les moyens de production, tandis que le prolétariat possède surtout sa force de travail
La bourgeoisie possède surtout sa force de travail, tandis que le prolétariat contrôle les moyens de production
La bourgeoisie dirige l’État, tandis que le prolétariat détient les institutions qui organisent la production
La bourgeoisie fournit le travail salarié, tandis que le prolétariat possède les entreprises où il travaille

La bourgeoisie possède les moyens de production, tandis que le prolétariat possède surtout sa force de travail

Explication

Marx distingue la bourgeoisie, propriétaire des moyens de production, du prolétariat, qui possède essentiellement sa force de travail. L’idée que le prolétariat contrôle les moyens de production inverse cette distinction.

45. Qu’est-ce qu’un champ social au sens de Bourdieu ?

Un groupe défini principalement par la propriété commune des moyens de production et la place dans le travail
Un réseau de relations où les individus échappent aux règles et aux luttes pour le pouvoir
Un espace relativement autonome où des individus rivalisent pour la reconnaissance, les positions et le pouvoir
Une institution centrale qui fixe des règles identiques à l’ensemble des espaces de la société

Un espace relativement autonome où des individus rivalisent pour la reconnaissance, les positions et le pouvoir

Explication

Un champ social est un espace relativement autonome, organisé par ses propres règles et traversé par des luttes pour la reconnaissance, les positions et le pouvoir. Une classe définie par la place dans la production correspond à une autre notion, associée à Marx.

46. Dans une société sans instance politique permanente, quelle conclusion est justifiée ?

La régulation sociale disparaît nécessairement lorsque personne n’occupe une fonction politique spécialisée
Le pouvoir politique se concentre dans un État dès que les fonctions politiques ne sont pas permanentes
Les sociétés dépourvues d’instance politique permanente ne disposent pas de règles collectives
Le pouvoir politique ou la régulation sociale peuvent exister sans institution politique permanente

Le pouvoir politique ou la régulation sociale peuvent exister sans institution politique permanente

Explication

L’absence d’instance politique permanente ou de fonctions spécialisées n’implique pas l’absence de pouvoir politique ni de régulation sociale. Confondre absence d’État et absence de pouvoir politique est précisément une erreur.

47. Quel phénomène Pierre Clastres étudie-t-il dans certaines sociétés ?

Leur recours à un chef héréditaire qui concentre les décisions et les ressources collectives
Leur organisation visant à empêcher l’apparition d’un pouvoir permanent, différencié et coercitif
Leur organisation visant à instaurer un pouvoir central permanent doté de moyens de contrainte
Leur transformation graduelle en sociétés où les fonctions politiques sont occupées par des spécialistes

Leur organisation visant à empêcher l’apparition d’un pouvoir permanent, différencié et coercitif

Explication

Clastres étudie des sociétés qui s’organisent pour empêcher la formation d’un pouvoir politique permanent, différencié et coercitif. L’installation d’un pouvoir central coercitif est donc l’inverse du phénomène étudié.

48. Comment Michel Foucault caractérise-t-il l’exercice du pouvoir dans les relations sociales ?

Il apparaît lorsque des groupes sociaux abolissent les règles qui structurent leurs relations
Il provient d’une institution centrale qui détient l’essentiel du pouvoir dans les relations sociales
Il se limite aux relations entre l’État et les individus soumis à ses décisions
Il circule dans une multitude de relations et de micro-pouvoirs, sans centre unique qui le possède entièrement

Il circule dans une multitude de relations et de micro-pouvoirs, sans centre unique qui le possède entièrement

Explication

Pour Foucault, le pouvoir s’exerce à travers une pluralité de relations et de micro-pouvoirs plutôt que depuis une source unique. Le réduire aux décisions d’une institution centrale méconnaît cette dispersion.

49. Que signifie la « servitude volontaire » chez Étienne de La Boétie ?

Le peuple contribue à sa domination en abandonnant sa liberté et en consentant à sa soumission
Le peuple renonce à toute règle collective afin de préserver son indépendance à l’égard des autorités
Le peuple subit une domination qui se maintient indépendamment de son obéissance et de son soutien
Le peuple accepte temporairement un dirigeant afin de transformer les institutions politiques

Le peuple contribue à sa domination en abandonnant sa liberté et en consentant à sa soumission

Explication

La servitude volontaire désigne une domination à laquelle le peuple contribue en consentant à sa soumission et en abandonnant sa liberté. Une domination indépendante de toute obéissance populaire ne correspond pas à cette idée.

50. Selon La Boétie, que peut faire un peuple pour se libérer d’un tyran dont le pouvoir dépend de son soutien ?

Attendre que le tyran abandonne le pouvoir après avoir obtenu l’accord de ses alliés
Remplacer ses conseillers tout en continuant de lui obéir et de soutenir son pouvoir
Cesser de le soutenir et de lui obéir, sans devoir le renverser directement
Prendre le contrôle de ses institutions avant de mettre fin à toute forme d’obéissance

Cesser de le soutenir et de lui obéir, sans devoir le renverser directement

Explication

La Boétie soutient que le pouvoir du tyran repose sur l’obéissance et le soutien du peuple, qui peut donc s’en libérer en les retirant. Le remplacer ou changer ses conseillers sans cesser de lui obéir ne supprime pas cette dépendance.

51. Quelle orientation générale caractérise l’anarchisme ?

Renforcer l’État afin qu’il limite les choix individuels au nom de l’autorité collective
Remplacer les institutions politiques par un pouvoir central contrôlant les échanges économiques
Supprimer l’État et défendre l’autonomie des individus face aux contraintes sociales et politiques
Maintenir l’État tout en réservant l’indépendance politique aux groupes organisés

Supprimer l’État et défendre l’autonomie des individus face aux contraintes sociales et politiques

Explication

L’anarchisme défend la suppression de l’État et l’indépendance des individus à l’égard des contraintes qui limitent leur autonomie. Renforcer un pouvoir central d’État va à l’encontre de cette orientation.

52. Quelle conception des règles est compatible avec l’anarchisme ?

Les individus peuvent s’organiser eux-mêmes et respecter des règles qu’ils ont librement choisies
L’ordre social repose sur l’absence de règles et sur la disparition des formes d’organisation commune
Les règles peuvent être librement choisies, mais leur respect dépend d’un État centralisateur
Les règles doivent être imposées par une autorité collective afin de rendre possible toute organisation

Les individus peuvent s’organiser eux-mêmes et respecter des règles qu’ils ont librement choisies

Explication

L’anarchisme ne suppose pas l’absence d’ordre ou de règles : il valorise l’auto-organisation et le respect de règles librement choisies. L’idée que toute règle doit être imposée par une autorité collective contredit cette distinction.

53. Quels éléments la théorie juridique réunit-elle pour définir l’État ?

Des frontières, une économie et une armée
Une population, une langue et une administration
Une nation, une constitution et une capitale
Un territoire, un peuple et un gouvernement

Un territoire, un peuple et un gouvernement

Explication

La définition juridique repose sur la réunion d’un territoire, d’un peuple et d’un gouvernement. Une administration peut participer à l’exercice du pouvoir, mais elle ne remplace pas l’un de ces trois éléments constitutifs.

54. Une personne vit dans un pays sans en posséder la nationalité : comment distinguer son statut de résident de celui de citoyen ou ressortissant ?

La résidence dépend du lieu de vie, tandis que la citoyenneté ou la qualité de ressortissant dépend de la nationalité.
La résidence dépend du droit de vote, tandis que la citoyenneté dépend du lieu de travail.
La résidence dépend de la nationalité, tandis que la citoyenneté dépend de la durée du séjour.
La résidence et la citoyenneté désignent deux catégories qui coïncident nécessairement.

La résidence dépend du lieu de vie, tandis que la citoyenneté ou la qualité de ressortissant dépend de la nationalité.

Explication

Le résident est défini par le fait de vivre sur le territoire, alors que le citoyen ou ressortissant est lié à l’État par la nationalité. La durée du séjour ne constitue pas le critère qui définit à elle seule la citoyenneté.

55. Pourquoi les décisions centrales d’un État peuvent-elles être appliquées de façon défaillante malgré l’existence d’institutions ?

Parce que les institutions et les agents peuvent avoir des intérêts, des valeurs et des cultures professionnelles différents.
Parce que les gouvernements ne disposent d’aucun pouvoir d’injonction sur les agents publics.
Parce que les administrations sont dépourvues de toute règle et de toute organisation communes.
Parce que les conflits internes surviennent uniquement entre les habitants et les frontières.

Parce que les institutions et les agents peuvent avoir des intérêts, des valeurs et des cultures professionnelles différents.

Explication

L’État n’est pas monolithique : des différences de valeurs, de croyances, d’intérêts ou de cultures professionnelles peuvent susciter des conflits internes et gêner l’application des décisions. L’existence de ces tensions ne signifie pas que les administrations sont dépourvues de règles.

56. Quelle conception de l’existence de l’État est associée aux juristes et rapprochée des travaux de Carré de Malberg ?

Une communauté partage une culture et une langue, même sans pouvoir juridiquement organisé.
Une autorité obtient l’obéissance par la force, indépendamment de règles juridiques.
Des pouvoirs d’injonction codifiés s’appliquent à une population sur un territoire délimité par des frontières.
Un gouvernement contrôle une population, même lorsque le territoire n’est pas délimité.

Des pouvoirs d’injonction codifiés s’appliquent à une population sur un territoire délimité par des frontières.

Explication

La définition juridique associe des pouvoirs d’injonction codifiés à une population vivant sur un territoire délimité. Une communauté culturelle peut exister sans réunir ces conditions juridiques de l’État.

57. Comment Max Weber définit-il l’État comme entreprise politique institutionnelle ?

Comme une communauté qui obtient l’obéissance grâce à l’accord moral de tous ses membres.
Comme une organisation qui détient le monopole de la production économique et de la redistribution des richesses.
Comme une organisation dont la direction administrative revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime.
Comme une administration qui exerce le pouvoir sans recourir à la contrainte physique.

Comme une organisation dont la direction administrative revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime.

Explication

Pour Weber, l’État est une entreprise politique institutionnelle dont la direction administrative revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime. La recherche d’un accord moral unanime ne constitue pas le cœur de cette définition.

58. Qu’est-ce qui caractérise une entreprise politique au sens de Weber ?

Une mobilisation ponctuelle, sans direction durable, visant à exprimer des préférences politiques.
Une organisation permanente, sans finalité de pouvoir, chargée de fournir des services administratifs.
Une activité continue et durable, dotée d’une direction identifiable et de règles stables, visant à conquérir et exercer le pouvoir.
Une association informelle, gouvernée par des règles changeantes, consacrée à la gestion économique.

Une activité continue et durable, dotée d’une direction identifiable et de règles stables, visant à conquérir et exercer le pouvoir.

Explication

L’entreprise politique est organisée de manière durable, avec une direction identifiable et des règles formalisées et stables, afin de conquérir et d’exercer le pouvoir. Une mobilisation ponctuelle sans organisation durable ne répond pas à cette définition.

59. Dans une conception wébérienne, que signifie le monopole étatique de la violence physique ?

L’État confie l’usage légitime de la force aux tribunaux, tandis que la police et l’armée en sont exclues.
L’État peut contraindre les personnes, mais les acteurs privés disposent d’une légitimité équivalente pour employer la force.
L’État peut imposer ses décisions par la force et est reconnu comme le seul acteur légitime pour l’exercer.
L’État détient la force matérielle, mais ne peut s’en servir pour faire appliquer ses décisions.

L’État peut imposer ses décisions par la force et est reconnu comme le seul acteur légitime pour l’exercer.

Explication

Le monopole signifie que l’État dispose de moyens de contrainte et qu’il est le seul acteur considéré comme légitime pour employer cette force, notamment par la police, l’armée et la justice. Les acteurs privés peuvent exercer une force matérielle, mais ils ne possèdent pas cette même légitimité étatique.

60. Que signifie la légitimité de la violence étatique chez Weber ?

Elle désigne la reconnaissance sociale du droit de l’État à exercer cette violence, sans garantir que chaque usage soit juste ou acceptable.
Elle signifie que la violence de l’État est acceptée par chaque membre de la société concernée.
Elle indique que l’État est légitime lorsqu’il renonce à employer la contrainte physique.
Elle établit que toute violence exercée par l’État est juste dès lors qu’elle respecte une procédure officielle.

Elle désigne la reconnaissance sociale du droit de l’État à exercer cette violence, sans garantir que chaque usage soit juste ou acceptable.

Explication

La légitimité renvoie à la reconnaissance sociale du droit de l’État à exercer la violence, et non à un jugement moral favorable sur chacun de ses actes. Le respect d’une procédure officielle ne suffit donc pas à rendre nécessairement toute violence juste ou acceptable.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 87 flashcards sur Pouvoir, domination et État.

Que cherche à produire la science ?

Des énoncés objectifs indépendants des opinions, des croyances, de la religion et des préférences personnelles.

Qu’est-ce que le sens commun ?

Ce qui paraît évident, naturel et aller de soi, sans être spontanément remis en question.

Que vise la rupture épistémologique face aux croyances et aux prénotions ?

Prendre de la distance avec les croyances, les prénotions et les préjugés.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Pouvoir, domination et État.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM